Jehan a écrit :À propos des dénombrables, tu expliques donc que la ou les unités supplémentaires……se différencient au moins l'une de l'autre par la place dans la succession des consommations.
Ce qui permet donc le "autre(s)" dans ce cas. D'accord.
Mais pour les indénombrables, le supplément se différencie aussi du café déjà bu par sa place dans la succession des consommations… Alors, le "autre" peut se justifier là aussi, non ? !
À propos des indénombrables, tu expliques que Le supplément se mêle à la masse, et ne se distingue pas du reste.
Ce qui justifierait selon toi l'impossiblité d'utiliser "autre" après le partitif. Mais quand on propose "d'autre café" à quelqu'un, en quoi ce supplément même pas encore servi se mêlerait-il de façon indifférenciée à la masse du café déjà bu ? !
Dans un bar, on me proposera un autre café, et non pas d'autre café : on raisonne à l'unité. Une tasse de café s'ajoute à une autre.
Dans le deuxième emploi, avec partitif (je prendrais bien du café en plus) je supposais une autre situation : en famille, il y a une carafe pleine de café, qu'on verse. Par exemple ma tasse n'est pas assez pleine, et je veux en prendre en plus. Dans le premier cas, le café (c'est à dire, la tasse de café) n'est pas la même, et dans le second cas, il s'agit toujours de la même substance. La quantité globale peut varier selon les apports, mais l'unité reste. Une tasse, et une autre tasse, ça fait deux. Mais du café en plus de ce que j'ai déjà, ça fait toujours du café : le même, d'ailleurs. Le supplément de café fait donc partie, dès l'origine, de l'ensemble du café (c'est pourquoi on parle de partitif). Le café que j'ai bu, et celui que je boirai, forment une et même chose. Si on décompose "du café", on arrive au sens de "portion de café", mais que se passe-t-il si on fait de même avec "d'autre café"? On obtient
portion de l'autre café . Or je veux bien une autre portion, mais du même café. Il y aurait un sophisme à considérer que deux parts d'un gâteau, c'est la même chose que deux gâteaux. On a certes un supplément de gâteau dans les deux cas, mais dans un cas il s'agit d'un autre gâteau, et dans l'autre il s'agit toujours du même, mais divisé en deux.
Tu constateras bien, Jehan, si tu n'es pas de mauvaise foi, la différence entre les deux phrases suivantes : "je prendrais bien du café en plus" et "je prendrais bien de l'autre café". Dans cette dernière phrase, on comprend qu'il y a deux sortes de cafés : par exemple une carafe de robusta, une autre d'arabica.
Ce qui est étrange, c'est que tu comprendras "je prendrais bien d'autre café" comme ayant le sens de "je prendrais bien du café en plus". On ne peut donc pas considérer ici le "de" comme l'équivalent de l'article partitif qui se serait simplifié devant un adjectif pour des raisons d'élégance, puisque le sens n'est pas le même. Par ailleurs si on met un autre adjectif à la place d'
autre : "je prendrais bien de bon café", la phrase fonctionne encore moins bien.
Je ne vois donc pas comment analyser
d'autre café en isolant "de" ou "autre" ; et je dois supposer qu'ils forment un tout solidaire, une sorte de locution figée, qui doit sans doute sa naissance à une série de confusions. Des usages épars relevés ici et là n'empêchent pas la tournure d'être fautive, et de procéder de gauchissements multiples. Il me parait préférable d'éviter de l'employer, d'autant qu'il est possible d'exprimer la même chose beaucoup plus correctement, y compris dans le sud-ouest.