Metropolis a écrit :Je trouve ce sujet de dissertation formidable, même s'il semble difficile à traiter!
Nous voilà ouvertement d'accord ! A mon tour désormais :
Problématique : L'acteur bâtit-il librement le personnage qu'il doit incarner ? Est-ce lui qui modèle, qui construit son propre actant ?
I- Certes, l'acteur crée le personnage car il est le seul intermédiaire avec le public.a) Il doit s'oublier lui-même pour incarner un rôle.
- capacité à s'effacer pour donner la vie à son personnage : "tâchez donc de bien prendre tous le caractère de vos rôles, et de vous figurer que vous êtes ce que vous représentez", L'impromptu de Versailles, Molière.
- Son travail à se construire lui-même (j'aurais du penser au mot "masque") = travail qui vise à intégrer le personnage, à le vivre : "Je me trouve être un autre", Le Véritable Saint-Genest, Rotrou.
- Il est l'acteur de la transmission de caractères, de types : "La Comédie peint les caractères", Stendhal et j'ai élargit, mais je ne sais plus comment !
b) "Mais le comédien n'est pas le personnage, il le joue" (Diderot) > exprime une sensibilité plus personnelle
- son jeu est unique, il lui est propre et témoigne d'une sensibilité personnelle = "c'est par cette gesticulation précise, qui actualise les sentiments et qui se modifie avec les époques, que l'on peut retrouver la profonde humanité de ce théâtre", Le Théâtre et son double, Artaud + illustration avec l'étude du personnage Médée par l'actrice dans l'adaptation de Pasolini.
- Sa présence sur scène est déterminante car elle donne du sens : incarner Antigone d'Anouilh nécessite d'articuler une enveloppe tragique et une carapace vide, incohérente à la fois.
c) Le jeu de l'acteur détermine l'efficacité de la pièce = il crée non seulement le personnage mais il crée la pièce.
- Le spectateur voit la scène à travers un comédien qui joue un acteur et non à travers un personnage (#lecture) ;
- Personnage crée l'intrigue, le langage = au centre de la création artistique ;
- Identification n'est possible que de par la crédibilité du jeu de l'acteur = j'ai développé la théorie de l'identification par Brecht.
II- Néanmoins, il est assigné à des limites qu'il ne peut transgresser :a) Son jeu doit s'appuyer sur le texte original
- Doit respecter un texte, une parole, un langage = théâtre de l'absurde : parole prédominante et donc impossibilité de travailler sur le langage > "Pas d'intrigue, (alors) pas d'architecture, pas d'énigmes à résoudre, mais de l'inconnu insoluble", Ionesco > toute la pièce repose sur la logorrhée (que j'ai mal orthographié).
- Particularité du texte théâtral, c'est qu'il se double d'indications didascaliques > L'auteur imagine sa pièce et oriente le travail de représentation : Que serait le Tartuffe sans Orgon caché sous la table ? Que serait le Barbier de Séville sans son Chérubin dissimulé derrière un fauteuil ?
- Doit transmettre une atmosphère fidèle à la pièce = "je le vis, je rougis, je…" : respecter une gestuelle et une tonalité représentatifs de la fatalité qui caractérise la pièce.
b) Son travail est encadré par la mise en scène
- Le metteur s'efforce de donner au texte une nouvelle cohérence (interprétation) = "La part de création et de recréation d'un metteur en scène est très considérable, il est l'auteur d'un nouveau texte didascalique, complément et précision voire contradiction du texte littéraire", Ubersfeld.
- L'auteur ne doit donc pas détruire la logique, la cohérence de la mise en scène : illustration avec la (pitoyable) adaptation du Dom Juan par Dan Jemmet.
III- Finalement, le théâtre est un lieu où s'exerce une parole multiple, plurielle :a) Parole de l'auteur ;b) Parole du metteur en scène ;c) Parole du comédien.
Je n'illustre pas la dernière partie, car c'est suffisamment limpide, n'est-ce pas 🙂 ! Mais du moins, j'ai la nette sensation d'avoir dépassé les limites de ce qui m'était demandé… Un hors-sujet des plus banaux !
Conclusion : Mon élargissement porte sur le pouvoir créateur de la lecture, un thèse d'Aubignac en somme… Rien de très original, mais si mes souvenirs sont exacts, je termine en ces mots : Proposer une définition du théâtre, on le remarque parfaitement, serait risible et réducteur mais quoiqu'il en soit, "le théâtre est en un point si haut que chacun l'idolâtre" (Corneille).
P.-S. J'y pense, j'ai oublié une transition, par mégarde !