Je n'ai pas trouvé ce sujet. Peut-être ai-je mal cherché, mais je me suis permis d'ouvrir une nouvelle discussion.
Comment se conjugue-t-il? Autrement dit, est-ce que le participe passé prend un s au pluriel?
Ils se sont laissé(s) emporter.
Bonjour.
Tout dépend du sens de la phrase.
1) Ils s'emportent = Ils se mettent en colère.
"Ils se laissent emporter."
"Ils se sont laissés emporter."
Ce sont eux qui s'emportent.
Ils ont laissé eux-mêmes ( = se) s'emporter.
On considère "se" comme COD de "ont laissé" : accord.
Même chose avec:"Ils se sont laissés mourir."
Ils ont laissé eux-mêmes mourir. Ce sont eux qui meurent.
2) On les emporte, on les enlève.
"Ils se laissent emporter."
"Ils se sont laissé emporter."
Ils ont laissé emporter qui ? "eux-mêmes " (= se), COD de "emporter" et non de "ont laissé".
Le participe ne s'accorde donc pas.
Même chose avec : "Ils se sont laissé berner."
Ils ont laissé berner qui ? "eux-mêmes". Ce ne sont pas eux qui bernent.
Bonsoir Yeochoua,
Je précise que les rectifications orthographiques de 1990 autorisent ceci :
[…]
Il faut bien appuyer sur le fait qu’il ne s’agit que de recommandations ; ces rectifications ne sont pas imposées, mais seulement recommandées
officiellement
[…]
Participe passé de laisser suivi d’un infinitif
Comme celui de faire, le participe passé de laisser suivi d’un infinitif est invariable.
Ancienne orthographe Nouvelle orthographe
elle s’est laissée maigrir elle s’est laissé maigrir
je les ai laissés partir je les ai laissé partir
https://fr.wiktionary.org/wiki/Annexe:Rectifications_orthographiques_fran%C3%A7aises_de_1990
Muriel
Au temps pour moi pour mon excès de zèle… 😜
J'avais pourtant connaissance de cette tolérance.
Mais le Robert 2009, qui a par ailleurs entériné pas mal de rectifications proposées en 1990, n'a pas tenu compte de celle-ci dans sa double page consacrée à l'accord du participe.
Cela dit, si l'on tient compte de la fameuse règle d'accord en fonction du COD, l'ancien distinguo avait sa logique.
Tout comme "Je les ai entendus siffler" et "Je les ai entendu siffler."
Bonsoir à tous !
Allez, un ptit de plus !
Ils se sont laissés convaincre.
Convaincre n'est pas le cod puisque il s'agît du groupe verbal indissociable
"se laisser convaincre", n'est-ce pas ?
Si cela est correct, "se" est cod alors ; ai-je tort ?
D'avance, merci
medrian a écrit :Ils se sont laissés convaincre.
Convaincre n'est pas le cod puisque il s'agît du groupe verbal indissociable
"se laisser convaincre", n'est-ce pas ?
Si cela est correct, "se" est cod alors ; ai-je tort ?
Juste pour vérifier mes connaissances en attendant les avis autorisés :
participe passé suivi d'un infinitif → jamais d'accord.Bonjour,
Oui, "se" doit être Complément d'objet direct… Dans quel cas le pronominal doit exprimer la réciprocité ! C'est tout du moins ce que souligne Edy, si j'ai bien compris () :
(g) La définition regroupe des verbes et des emplois DIFFÉRENTS, mais leur TRAIT COMMUN est, j’y insiste : le sujet et le complément sont CORÉFÉRENTIELS.
* JE ME soigne. = Réfléchi ou réflexif.
* ILS SE détestent. = Réciproque.
* LES JOURS SE suivent. = Successif.
* JE ME souviens. = Lexicalisé. Essentiellement pronominal.
* JE ME promène. = Lexicalisé. Accidentellement pronominal.
* ÇA SE vend bien. = Sens passif.
(i) Certains verbes admettent PLUSIEURS CONSTRUCTIONS.
* Il aperçoit LE CLOCHER. (Non pronominale : verbe + COD)
* Je M’aperçois dans la vitrine. (Réflexif)
* Les armées SE sont aperçues de loin. (Réciproque)
* Je M’en suis aperçu. (Lexicalisé)
* Le clocher S’aperçoit de loin. (Sens passif)
* Je LE vois dans la glace. (LE est analysable : COD, non réfléchi.)
* Je ME vois dans la glace. (ME est analysable : COD, réfléchi.)
* Nous NOUS verrons dimanche. (NOUS est analysable : COD, réciproque.)
* L’incendie SE voit de loin. (SE n’est pas analysable : sens passif « EST VU ».)
cf.
Exposé sur le sens et la syntaxe.
Reste plus qu'à attendre des précisions pour une analyse
plus poussée tout court 😜 !
Cordialement,
Zadek
Bonsoir.
C'est vrai, "se" est bien COD.
Mais il est ici COD de l'infinitif "convaincre", et pas du participe.
On n'a donc pas à accorder le participe.
Ils se sont laissé convaincre = Ils ont laissé convaincre qui ? eux-mêmes.
Merci pour ta rapidité, Jehan.
Quelle chance d'être aussi doué 😉
La subtilité m'a complètement échappé. Oups !
https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/425/accord-du-participe-passe-des-verbes-pronominaux
Merci à toi.
Jehan a écrit :C'est vrai, "se" est bien COD.
Mais il est ici COD de l'infinitif "convaincre", et pas du participe.
On n'a donc pas à accorder le participe.
J'aimerais mieux comprendre (pardonnez ma lenteur). Dans la phrase « Elle s'est laissé prendre au piège. », on n'accorde pas car « s' » est C.O.D. de l'infinitif et non du participe, c'est bien cela ? Elle a laissé prendre qui au piège ? (Qui a-t-elle laissé prendre au piège ?) Elle-même.
Auriez-vous des exemples pour l'autre cas, car je ne me sens pas encore à l'aise avec tout ça - en effet, il faut peu…
Bonsoir Medrian,
Voir aussi les recommandations orthographiques de 1990 au message n° 3.
Muriel
Les locuteurs lambda de mon espèce ( 😜 ) utilisent un truc mnémotechnique simple : remplacement du participe du verbe du premier groupe par celui d'un verbe du 3e. Elles se sont laissé prendre → elles se sont fait prendre et non elles se sont faites prendre qui m'écorche les oreilles. Ça vaut ce que ça vaut.
Bon, soyons clairs ! 🙂
Qui préfère la stricte et simple nouvelle règle d'orthographe, citée par Muriel, à l'ancienne règle peu intelligible mais néanmoins plus logique de Jehan ?
C'est toujours pareil , les linguistes contrecarrent les grammairiens ; n'est-ce pas ?
Merci Volapuk, je suis soulagé d'avoir à peu près compris =) !
Qui préfère la stricte et simple nouvelle règle d'orthographe, citée par Muriel, à l'ancienne règle peu intelligible mais néanmoins plus logique de Jehan ?
Je préfère la logique de Jehan, car ça fait du bien de s'arracher les cheveux parfois - je ne suis donc pas atteint d'
oligotrichie 😀 …
Bonsoir Volapuk,
Pour « Faire + infinitif », il n'y a pas le choix : le participe « fait » reste invariable :
Extrait de l'exposé d'Edy :
[…] 7- Le PARTICIPE PASSÉ « fait » est toujours invariable, quelle que soit l’analyse.
* Je les ai FAIT jurer sur la Bible.
* La maison que j’ai FAIT construire. […]
Faire + infinitif. Exposé.
Muriel
Puisque Zadek demandait un exemple contraire d'accord avec "se laisser" :
Traditionnellement, le participe peut ici varier si le sujet du verbe conjugué est le même que celui de l'infinitif.
Dans "Ils se sont laissés tomber",
ce sont eux-mêmes qui font l'action de tomber.
Ils ont laissé qui ? eux-mêmes quoi faire ? tomber.
Ici, le COD est bien COD du participe, donc accord.
"Se" ne pourrait d'ailleurs pas être COD de l'infinitif : "tomber" est ici intranstif !
Mais depuis 1990, l'invariabilité est tolérée aussi dans ce cas.
C'est ça qui est pratique ! 😉
Et Muriel, dans sa grande sagesse, ne cesse de le rappeler…
Muriel - et Edy, merci (ou pas 😜).
Incroyable, je n'avais pas connaissance de cela. J'ai toujours accordé le participe passé du verbe "faire".
Une difficulté de plus - qui n'en est pas vraiment une puisque la règle est ici radicale et fondamentale dans n'importe qu'elle construction si j'ai bien compris.
J'ai le mal de lire. Les toilettes !!… Vite ! 🙂
Non, pour "se faire", pas dans n'importe quelle construction,
pas pour n'importe quel sens du verbe.
L'invariabilité n'est sûre que si le participe est suivi d'un infinitif, comme on vient de voir.
Mais si "se faire" a un COD placé avant, on accorde comme il se doit, selon la règle bien connue.
Ils se sont fait des farces.
Les farces qu'ils se sont faites.
Ces dames se sont faites belles. (ont fait belles, rendu belles elles-mêmes).
Arg… Je suis perdu avec votre rectification orthographique ! Je crois que mon incompréhension provient d'une difficulté à voir si le C.O.D. se rapporte au p.p. ou à l'infinitif. Pour votre exemple, Jehan, ça passe ! Mais ceux de
Muriel Edy me dérangent légèrement (uniquement pour l'analyse) :
* Je les ai FAIT jurer sur la Bible.
* La maison que j’ai FAIT construire.
La question est de savoir si "les" et "que" sont C.O.D. du participe ou de l'infinitif - jusque là, ça va. Alors, on se pose les bonnes questions :
J'ai fait jurer qui ? Eux. Donc "les" est C.O.D. de l'infinitif, donc logiquement on devrait accorder si ce n'est que dans la construction "faire + infinitif", le participe "fait" est invariable. C'est cela ?
J'ai fait construire quoi ? La maison. D'où "que" est C.O.D. de construire et non du participe. On se retrouve dans le même cas que tout à l'heure. C'est bien cela ?
Mais, que ce soit dans le cadre des pronominaux ou pas, la règle du p.p. + infinitif doit être la même puisque les exemple ci-dessus ne sont pas pronominaux !
* Je les ai FAIT jurer sur la Bible.
* La maison que j’ai FAIT construire.
Ce ne sont pas "eux" que j'ai faits, je ne les ai pas fabriqués…
Ce n'est pas la maison que j'ai faite, ce n'est pas moi qui l'ai fabriquée.
Aucune raison donc d'accorder avec "les" (eux) ou "la maison").