Accord du participe passé avec avoir et COD
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Cher Jehan, bonsoir.
Je vous prie de m'excuser pour la ponctuation défaillante dans la citation de Stendhal, rapportée de tête.
Dans "Le complément direct objet de mes ressentiments", M. Wilmet distingue quatre sortes de propositions pronominales:
1° les réfléchies;
2° les réciproques;
3° les neutres (par exemple "Marie et Pierre se sont évanouis")
4° les passives (comme "Les feuilles mortes se ramassent à la pelle").
Voilà ensuite ce qu'il écrit:
"Quoi qu'il en soit, les participes passés en 3° et 4° suivent le modèle de l'auxiliaire "être" et S'ACCORDENT AVEC LE SUJET; les participes passés en 1° et 2° suivent le modèle de l'auxiliaire "avoir" et s'accordent le cas échéant avec le C.O.D."
Il attaque ensuite les règles de M. Grevisse, qui lui paraissent absurdes, et enchaîne:
"Il y a mieux. Quand le champion du monde d'orthographe (sic) mitonne à l'intention de "juniors", de "seniors" et "d'adultes professionnels" (resic) une petite dictée savamment vicelarde, il y glisse évidemment la couleuvre d'un participe passé: "Combien de télescopes, de caméscopes et de longues-vues se sont ainsi approprié le ciel…," qui provoque à son étonnement réprobateur une cascade de masculins pluriels "appropriés". Les coupables — que diable, aussi, allaient-ils faire dans cette galère? asinus asinum fricat — auraient mérité les félicitations d'un jury éclairé: ou bien "s'approprier" est neutre (le 3° de Dangeau) avec un "se" sémantiquement persistant nécessaire à la compréhension de "s'approprier"="accaparer"), et c'est le cas, d'où L'ACCORD AVEC LE SUJET; ou bien, mais ce n'est pas le cas, le "se" est caduc, ce qui donnerait à "approprier" le sens inadéquat "d'adapter". Tel est cependant l'accord que prescrivent les Dictionnaires de Robert ("La famille s'est approprié cette terre en y plaçant ses morts…: RATIONNELLEMENT, IL FAUDRAIT "APPROPRIÉE") ou de Hanse ("Les idées qu'elle s'est appropriées…": IL FAUDRAIT À NOUVEAU "APPROPRIÉE")."
Comment pouvez-vous prétendre après cela que je trahis la pensée de M. Wilmet.
Je regrette d'avoir à vous le signaler, mais les accords que vous faites dans votre réponse antérieure sont conformes aux règles de M. Grevisse, mais PAS À CELLES DE M. WILMET, telles qu'elles ressortent de sa communication.
Quant aux inconvénients de cette position de M. Wilmet, je crois les avoir déjà expliqués.
Amicalement et respectueusement.
"
Bonjour, Michel.
Je n'ai pas appliqué le protocole de Grevisse, mais la méthode Wilmet, puisque je n'évoque aucunement la recherche du COD…
Ce n'est pas Wilmet qui a distingué les quatre groupes que vous mentionnez. Il précise bien que c'est Louis de Dangeau au XVIIIe siècle. Wilmet ne fait que les citer entre guillemets et se moque d'ailleurs gentiment de cette terminologie, "tranche de pain bénit dont se repaîtra dare-dare l'École". C'est dire s'il la trouve appropriée !
Ne vous méprenez pas. Les règles qu'il évoque ensuite sont celles de la grammaire traditionnelle, qui fait selon lui inutilement appel, pour les cas 1 et 2, à la transposition avec l'auxiliaire avoir, et donc à la recherche obligée du COD … Notion dont lui-même se passe. Ce ne sont donc pas "ses règles".
Analyse classique, suivant la règle du COD antéposé au verbe avoir :
Elle s'est lavée = "Elle a lavé elle". Accord avec le COD antéposé s', représentant "elle".
Elle s'est lavé les mains = "Elle a lavé les mains à elle". Pas d'accord avec le COD postposé.
Méthode Wilmet, sans user du terme COD, sans contorsions ni métamorphoses.
Elle s'est lavée.Qui est lavée ? Elle, écrit avant. Accord.
Elle s'est lavé les mains.
Ce qui est lavé ? les mains, écrit après. Pas d'accord.
Wilmet n'attaque pas les règles de Grevisse.
Dans ce document, il se gausse surtout de ses contorsions langagières et de son inutile transposition avec l'auxiliaire avoir à seule fin de pouvoir appliquer la fameuse règle du COD antéposé. Dans les phrases suivantes, mêmes accords pour Grevisse et Wilmet, mais l'un des protocoles de recherche est moins tordu. Trouvez lequel :
Grevisse : la tâche qu'elles se sont imposée = "qu'elles ont imposée à elles". On accorde avec le COD antéposé "qu' ", ayant pour antécédent "tâche", accord au féminin singulier.
Wilmet :ce qui est imposé, c'est "la tâche", écrit avant; accord au féminin singulier.
Grevisse : Elles se sont croisé les bras = "Elles ont croisé les bras à elles". Le COD "les bras" est postposé. Pas d'accord.
Wilmet : ce qui est croisé, ce sont "les bras", écrit après; pas d'accord.
Cher Jehan, bonjour.
Je vous remercie de votre réponse.
Je laisse de côté les analyses que vous faites dans votre message n°162, car vous n'y considérez que des propositions pronominales de sens réfléchi.
Je reviens donc à votre message n°160. Vous considérez la phrase "Ce précepteur qu'elle s'était figuré comme un prêtre sale et mal vêtu", et vous demandez "qui est figuré?"; la réponse étant "le percepteur", vous justifiez ainsi le "figuré". Vous analysez de même la phrase "Elle s'était figuré une préceptrice à la démarche de bonne soeur" en posant la question de savoir "ce qui est figuré?".
Maintenant, considérons la phrase "La famille s'est approprié cette terre". Vous poseriez de même la question de savoir "ce qui est approprié?" et vous concluriez de même "cette terre", ce qui vous conduirait à écrire "approprié", accord que, cependant, M. Wilmet a frappé d'anathème. De même, considérons la phrase "Les idées qu'elle s'était appropriées" et vous poseriez la question de savoir "ce qui était approprié", ce qui vous conduirait à écrire "appropriées", accord que là encore M. Wilmet a proscrit.
Il me semble que vos analyses sont erronées. La raison en est que le verbe "s'approprier" n'a sémantiquement RIEN À VOIR avec le verbe "approprier", ainsi que l'explique M. Wilmet lui-même; reportez-vous à ce que j'ai rapporté dans mon message n°161. De même, et ne vous en déplaise, le verbe "se figurer" n'a sémantiquement rien à voir avec le verbe "figurer".
Je pense que M. Wilmet est assez clair, en ce qui concerne le verbe "s'approprier".
Concluez donc que M. Wilmet, dont vous semblez être un thuriféraire, eût proscrit vos accords. Par contre, M. Grevisse les aurait approuvés car, en fin de compte, vous n'avez fait rien d'autre que de rechercher le COD du verbe "se figurer".
À partir du moment où vous adoptiez les règles de M. Wilmet, il me semble que vous deviez écrire "figurée" dans chaque cas.
Vous devez bien voir vous-même que les propositions pronominales "La femme peintre, sur son tableau, s'est figurée sous l'aspect d'une nymphe" et "Le précepteur qu'elle s'était figuré comme un être sale et mal vêtu" NE SONT PAS DE MÊME NATURE. La première est de sens réfléchi, alors que la seconde ne l'est pas.
M. Wilmet aurait donc analysé la seconde proposition (celle de Stendhal) comme n'étant pas de sens réfléchi, et il aurait écrit "figurée", me semble-t-il, comme il a recommandé "appropriée" dans "Les idées qu'elle s'était appropriées".
Je confirme donc mon impression que, selon M. Wilmet, il était bien nécessaire, PRÉALABLEMENT à tout accord du participe passé, de savoir que "Le précepteur qu'elle s'était figuré comme un être sale et mal vêtu" n'était pas à la forme réfléchie.
Le problème est que la nécessité de cette analyse préalable se retrouvera alors dans toutes sortes d'autres exemples, et que, pour certains de ces exemples, l'analyse risque d'être extrêmement ardue.
Amicalement et respectueusement.
Bonjour, Michel.
Même si j'apprécie ce grammairien un peu frondeur (il en faut), je ne suis pas un thuriféraire inconditionnel de Wilmet.
Il me semble que, tout comme lui-même, je sais faire la part des mérites (indéniables) de sa méthode et des quelques cas qu'elle est impuissante à résoudre. En revanche, de votre côté, vous semblez dénigrer cette méthode en bloc, sans nuance aucune… Pour vous, rien à sauver là-dedans. Et plus le problème est localisé, particulier, plus votre réprobation se généralise. Mais bon, si vous fonctionnez comme ça… Seulement, ça ne fait pas beaucoup avancer le schmilblick.
Même si parler d'anathème à propos de son analyse du cas "s'approprier" me semble un peu excessif, thuriféraire ou pas, là, je ne suis pas tout à fait d'accord avec lui. Le sens originel et devenu inusité du verbe "approprier" comme le rappelle le Robert, est "attribuer". Et c'est ce vieux sens qui a perduré dans le pronominal. S'approprier quelque chose, c'est s'attribuer quelque chose. Ici, il y a accord avec ce qui est "approprié" au sens ancien, c'est-à-dire attribué. Même chose avec "s'arroger", qui fonctionne de façon analogue. Et ne vous en déplaise, "figurer" et "représenter" sont sémantiquement équivalents. Et que "se figurer" soit un vrai réfléchi ou pas selon la phrase, l'élément "figurer" garde le même sens. Au fait, monsieur Wilmet ne se pose pas vraiment la question de savoir si un verbe est réfléchi ou pas. Il parle plutôt de "se" caduc ou persistant. Et l'on rencontre des cas, comme ceux-ci, où il est permis d'hésiter et de discuter au lieu de s'enfermer dans une nomenclature rigide.
Bien sûr qu' ici, en cherchant ce qui est…, je débusque le COD.
Dans d'autres cas, en cherchant ce qui est…, je débusquerais le sujet.
Par ce procédé fondé sur le sens, on trouve la plupart du temps le terme qui "commande" l'accord du participe, sans avoir à se demander si ledit terme doit être le sujet ou le COD, et sans avoir à changer l'auxiliaire être en auxiliaire avoir pour trouver un COD éventuel.
Puisque de toute façon, quoi que je dise et de quelque façon que j'argumente, vous garderez l'intime conviction que la méthode Wilmet ne vaut strictement rien, je me demande si cela vaut la peine que nous éternisions ce débat… Cela n'apporterait rien à personne, me semble-t-il.
Cordialement.
Cher Jehan bonjour.
J'admets finalement que la proposition "Le précepteur qu'elle s'était figuré comme un être sale et mal vêtu" peut être regardée comme de sens réfléchi si l'on donne à "figurer" le sens, signalé comme désuet dans le petit Robert, de "représenter". E. Littré cite Molière: "Une vieille tante qui… nous figure tous les hommes comme des diables qu'il faut fuir."
En ce qui concerne le verbe "s'arroger", je n'ai vu nulle part qu'un verbe "arroger" existât. Cependant, on trouve les citations "Les fonctions de Tribune du Peuple que s'étaient arrogées l'Assemblée des Jacobins n'étaient alors que trop faciles à remplir" (Louis-Philippe) et "Elle s'était arrogé le droit de tout dire" (Bosco). Comme vous le constatez l'accord a pris en compte la position du COD du verbe "s'arroger".
Or, voici ce qu'écrit M. Wilmet:
"Le phénomène s'amplifie avec le "se" morphologiquement persistant de "s'arroger" qui devrait accorder son participe passé AVEC LE SUJET à l'instar des essentiellement pronominaux… sauf que "s'arroger" a l'infortune de requérir un COD dont il subira illico la tyrannie."
M. Wilmet maintient donc ici son point de vue: dans les formes pronominales qui ne sont ni de sens réfléchi ni de sens réciproque, l'accord du participe passé doit se faire avec LE SUJET.
Votre analyse de la phrase de Stendhal "Le précepteur qu'elle s'était figuré comme un être sale et mal vêtu" n'a donc été sauvée de l'erreur que parce que, dans un usage désuet, "se figurer" signifiait "figurer à soi".
Quant à vos analyses avec "s'approprier", M. Wilmet les a condamnées en termes formels.
L'enjeu de notre débat n'est évidemment que marginal, mais, il a peut-être sa place dans un forum tel que celui-ci.
Dans la littérature, je trouve:
"Mme de Rênal s'était trouvé assez de sens pour oublier bientôt comme absurde tout ce qu'elle avait appris au couvent." (Stendhal)
"Elle ne partageait pas son humiliation, elle en éprouvait une autre: c'était de s'être imaginé qu'un pareil homme pût valoir quelque chose." (Flaubert)
"Elle n'avait point de religion, mais elle s'était imaginé brusquement que ce prêtre allait lui donner quelque chose." (Zola)
Alors, doit-on écrire "trouvé, "imaginé" et "imaginé", ou "trouvée", "imaginée" et "imaginée"? S'il advenait que "se trouver" et "s'imaginer" n'étaient pas de sens réfléchi, les citations ci-dessus seraient correctement orthographiées selon M. Grevisse mais pas selon M. Wilmet.
En ce qui concerne "s'imaginer", je vous renvoie au Petit Robert, qui a bien l'air d'envisager deux cas. "Elle s'imaginait à quarante ans" serait réfléchi et "Imaginez-vous une grande salle tapissée de fusils" ne le serait pas, pour autant que je comprenne.
M. Wilmet, vu sa haute culture, n'aurait aucune peine à démêler les cas. Mais croyez-vous que ce genre de gymnastique, imposée par ses règles, telles qu'elles ressortent de "Le complément direct objet de mes ressentiments", soit à la portée de tous?
Je propose effectivement d'arrêter ce débat.
Amicalement et respectueusement.
Wilmet n'est pas si manichéen et formaliste. Ni condamnation, ni anathème… Et il n'impose pas de "règles". Il propose simplement un protocole pour aider à déterminer l'accord. Protocole dont l'application, dans quatre-vingt-dix pour cent des cas, ne demande pas une gymnastique hors de portée du tout venant… Ce protocole a d'ailleurs déjà fait ses preuves et rendu bien des services. C'est l'essentiel. Bon, j'arrête là moi aussi, j'ai déjà suffisamment rabâché tout ça !
S'arroger est la première exception, peut-être la seule, que l'on apprend avec la règle :"les verbes essentiellement pronominaux s'accordent avec leur sujet". Comment une méthode, quelle qu'elle soit pourrait donner la bonne réponse !
Cher Jehan, bonjour.
Je me dis que notre discussion peut intéresser quelques lecteurs comme Anne 345, Lucretius ou Zadek. Je la reprends donc. N'oubliez pas d'ailleurs que c'est vous-même qui m'avez initialement fait sortir de mon mutisme.
Je vais essayer de me placer dans l'optique de M. Wilmet et, hors de ce paragraphe vous ne trouverez plus les expressions "complément d'objet direct" et "forme réfléchie ou réciproque". Comme je ne suis pas expert dans le maniement de cette méthode Wilmet, je vous prie d'excuser mon éventuelle naïveté. Je vais tester sa simplicité (plutôt que sa fiabilité) sur quelques exemples.
Si j'ai bien compris, les recommandations de son auteur sont les suivantes, quand il s'agit d'accorder un participe passé dans une forme pronominale:
1) on se pose la question "qui est+participe passé?" ou "ce qui est+participe passé?";
2) si le "se" est nécessaire à la conservation du sens, on se pose la question "qui s'est+participe passé?" ou "ce qui s'est+participe passé?".
Ainsi, comme le verbe "s'apercevoir" (dans le sens de "prendre conscience") n'a sémantiquement rien à voir avec le verbe "apercevoir", dans la phrase "Elle s'est aperçue qu'il mentait", on doit poser la question "Qui s'est aperçu?" pour trouver le support "Elle".
Maintenant, reprenons l'exemple "Quoi, c'était là ce précepteur qu'elle s'était figuré comme un prêtre sale et mal vêtu, qui viendrait gronder et fouetter ses enfants!". La question à poser est-elle de savoir "ce qui est figuré" ou "qui s'est figuré"? On devra, selon M. Wilmet, écrire "figuré", dans la première hypothèse, et "figurée" dans la seconde. Si l'on privilégie la première hypothèse, comme vous le faites, on doit considérer que "se figurer" veut dire "figurer à soi" et donner à "figurer" le sens désuet qu'il a dans la phrase "L'aventure dont vous vous plaignez a été causée par une vieille tante qui… nous figure les hommes comme des diables qu'il faut fuir" (Molière). N'eût-il pas été plus naturel de poser la question "Qui s'est figuré"? Je vous signale qu'avec les règles de M. Grevisse, il n'y a pas d'ambiguïté: c'est bien "figuré" qu'il faut écrire.
De même, reprenons l'exemple "La famille s'est approprié cette terre". La question à poser est-elle de savoir "ce qui est approprié" ou "qui s'est approprié"? Si l'on privilégie la première hypothèse, comme vous le faites, on doit admettre que "s'approprier" veut dire "approprier à soi" et donner à "approprier" le sens désuet de "attribuer", comme dans "L'intérêt de Votre Majesté lui doit conseiller de faire cesser les misères que sa compassion lui approprie" (Guez de Balzac). Là encore, n'eût-il pas été plus naturel de poser la question "Qui s'est approprié"? Et là encore M. Grevisse conclut qu'il faut écrire "approprié", quelle que soit l'hypothèse retenue, alors que M. Wilmet, parce qu'il exclut l'hypothèse que vous privilégiez, penche pour "appropriée".
Mes observations sont identiques pour "Mme de Rênal s'était trouvé assez de sens pour oublier bientôt, comme absurde, tout ce qu'elle avait appris au couvent" (Stendhal). La seule différence est que, si l'on veut poser la question de savoir "ce qui est trouvé", il faut considérer que "se trouver" signifie "trouver à soi" et donner à "trouver" le sens, encore usuel, de "reconnaître en quelqu'un une qualité bonne ou mauvaise", comme dans "Rome, sur les autels prodiguant les victimes, Fussent-ils innocents leur trouvera des crimes" (Racine).
Maintenant, considérons l'exemple "Elle n'avait point de religion, mais elle s'était imaginé brusquement que ce prêtre allait lui apporter quelque chose". Là encore, M. Grevisse confirme l'orthographe "imaginé" et, là encore, selon M. Wilmet, tout dépend de l'analyse que vous faites du verbe "s'imaginer". Usuellement "imaginer" signifie "représenter dans son esprit". Doit-on interpréter "s'imaginer" comme "imaginer à soi" donc "imaginer dans son esprit à soi", pour maintenir que "se" n'est pas sémantiquement persistant et, donc, maintenir l'orthographe "imaginé", conformément à ce que M. Grevisse prescrit lui sans ambiguïté?
Et si l'on examinait des phrases comme "Elle s'est saisie d'un couteau" ou "Elle s'est essayée au chant", quelles questions poseriez-vous? De savoir "ce qui est saisi", "qui s'est saisi", "ce qui est essayé", "qui s'est essayé"?
Je vous prie encore de m'excuser si certaines de ces questions vous paraissent naïves ou si vous pensez que je coupe les cheveux en quatre.
Amicalement et respectueusement.
Bonjour, Michel.
N'oubliez pas d'ailleurs que c'est vous-même qui m'avez initialement fait sortir de mon mutisme.
N'oubliez pas qu'initialement, c'est plutôt Anne qui vous a fait sortir de votre mutisme
en relevant dans votre contribution ce qu'elle estimait être une contradiction…
N'oubliez pas non plus qu'hier, nous sommes convenus tous deux de ne pas éterniser cette discussion.
Cela dit, si d'autres personnes intéressées veulent poursuivre la discussion avec vous,
je leur passe volontiers le relais.
Pour ma part, je ne trouverais rien à vous dire de bien neuf.
La méthode d'aide Wilmet ne vous a "pas paru simple".
Elle serait selon vous inapplicable par l'usager moyen parce qu'il est des cas
où elle obligerait à réfléchir de façon alambiquée.
Les "règles" (semble-t-il infaillibles à vos yeux) de Grevisse sont-elles plus simples ?
Et ses exceptions aussi ?
Dans votre contribution, vous dites bien vous-même que pour accorder correctement
dans ces cas-là, de toute façon, il faut "se creuser la cervelle".
Et il y a effectivement de quoi se la creuser - surtout quand on est lycéen -
pour déterminer clairement, à la lecture de vos pages de conribution, comment il conviendrait exactement d'accorder le participe passé de "se figurer" (que vous classez dans les "autonomes").
Pour ceux qui voudraient bien continuer à commenter et à débattre,
je redonne ci-dessous les liens vers ces pages :
La forme (ou tournure) pronominaleAccord des participes passés dans les formes pronominales.
Cordialement.
Bonsoir.
Michel a écrit :
Je me dis que notre discussion peut intéresser quelques lecteurs comme Anne 345, Lucretius ou Zadek.
Vous avez raison, c'est très intéressant, mais assez complexe et obscur pour moi, par moments… Je lis toujours, mais passe certains paragraphes, qui m'échappent totalement ! Veuillez donc bien m'en excuser =|.
Cordialement.
Chers tous, bonsoir.
Voilà, maintenant je vais rentrer dans ma coquille.
Je remercie particulièrement Jehan pour ses explications, dont certaines m'ont été très profitables, et pour le temps qu'il a bien voulu me consacrer. J'espère qu'il ne prendra pas mal mon observation "Vous m'avez contraint à sortir de mon mutisme", ce dont, je viens de le dire, j'ai tiré bénéfice.
Des citations que j'ai analysées dans mon message n°168, seules trois étaient vraiment instructives.
"Quoi, c'était là ce précepteur qu'elle s'était figuré comme un prêtre sale et mal vêtu, qui viendrait gronder et fouetter ses enfants!"
"La famille s'est approprié cette terre."
"Elle n'avait pas de religion, mais elle s'était imaginé brusquement que ce prêtre allait lui apporter quelque chose."
Pour celles-là le problème était de savoir quelle question poser lorsqu'on applique la méthode Wilmet. Pour les autres, il n'y a pas de doute possible.
Cordialement et respectueusement.
Bonsoir,
J'ai un doute sur l'accord de ce participe passé :
"ce que l'on peut appeler l’oralité de la tragédie grecque était voué à subir une érosion".
A priori, me semble-t-il, "voué" se rapporte à "ce" et non pas à "l'oralité".
Ai-je raison de ne pas écrire "vouée" ?
Merci d'avance de votre aide.
Bonjour.
Tu as raison. On n'accorde pas avec "l'oralité", on accorde avec tout le groupe sujet
"ce que l'on peut appeler l'oralité", et qui est du genre neutre (pronom ce).
Donc voué.
Grand merci.
Bonjour, j'ai une petite question :
est-ce : "Cette boisson que l'on m'a forcé à boire"
ou : "Cette boisson que l'on m'a forcée à boire" ?
le COD est-il "m'" ou est-il "l'" ?
Merci d'avance.
On a forcé moi à boire cette boisson :
m est COD de forcé, que est COD de boire
Il y a donc accord avec "m" : forcé pour un homme, forcée pour une femme.
merci beaucoup, c'est très clair.
Bonne journée.
De plus, le l' ne pouvait pas ici être COD : l'on est simplement une autre façon d'écrire le sujeton.
Une question pour Jehan, au sujet de laquelle j'espère il saura m'éclairer. Ça tient surtout sur de la " logique " , en fin de compte.
On sait que, dans la langue française, le participe passé s'accorde avec l'auxiliaire " être " car le sujet subit l'action. " ( ' elle est faite ' ) . En revanche, pas d'accord avec " avoir " car le sujet fait l'action ( ' elle a fait ' ).
Dites-moi si je me trompe.
Cependant, le participe passé s'accorde lorsque le COD est placé avant le verbe, car le participe subit l'action du verbe.
Ma question est celle-ci : Dans un dictionnaire, la règle ci-contre : Le participe passé reste invariable lorsque le sujet du pronominal est objet de l'action exprimée par l'infinitif.
EX : Elles se sont senties mourir.
Mais : Elles se sont senti entraîner par le courant.
Dans la seconde phrase, " elles " subissent l'action de se faire entraîner par le courant.
Pourquoi l'accord ne se fait-il pas alors que le participe passé, à l'exemple de l'auxiliaire " être ", subit l'action ?
Ps : J'ai tout de même l'impression de me tromper qqpart mais je ne discerne pas réellement où…
Bonsoir.
Les règles de base de l'accord du participe ne se font pas en fonction de l'action faite ou subie.
Auxiliaire être :
"Elle est convoquée" (action subie par le sujet) :
"Elle est venue"… (action faite par le sujet)
Que le sujet fasse ou subisse l'action, avec "être", accord avec le sujet.
Auxiliaire avoir :
"J'ai cueilli les fleurs."
"Les fleurs que j'ai cueillies"
Que le COD du participe soit placé avant ou après, ce sont toujours les fleurs qui subissent l'action.
Mais quand le COD est écrit avant, on accorde le participe avec ce COD.
A la forme pronominale, quand le participe a un COD, l'accord se fait comme avec l'auxiliaire avoir, en fonction de la place de ce COD :
"Elles se sont senties mourir."
= Elles ont senti qui ? elles-mêmes ("se")
Le "se" étant COD du participe et écrit avant lui, on accorde.
"Elles se sont senti entraîner par le courant."
= Elles ont senti entraîner qui ? → elles-mêmes ("se")
Ici le "se" (elles-mêmes) n'est pas COD du participe, mais de l'infinitif "entraîner".
On entraine des personnes…
Comme "se" n'est pas le COD du participe, celui-ci reste invariable.