Hérodiade (ou Hérodias)

Entraide scolaire

7 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
Livres sur Amazon
bonjour

est ce que quelqu'un pourrait me raconter le mythe d'hérodiade svp?


merci
Bonjour Amélie,

Hérodiade ou Hérodias n'est pas un mythe, mais un personnage historique.
Hérodias renvoie à un épisode évangélique horrible : la décapitation de St Jean-Baptiste sur ordre d'Hérode. Ce sont surtout les circonstances qui sont horribles.
"Le roi Hérode entendit parler de Jésus, car son nom était devenu célèbre, et l'on disait : "C'est Jean-Baptiste ressuscité d'entre les morts ; voilà pourquoi se manifeste en lui le pouvoir des miracles". D'autres disaient : "C'est Elie". D'autres encore : "C'est un prophète comme les autres prophètes". Entendant ces mots, Hérode disait : "C'est Jean que j'ai fait décapiter. Il est ressuscité".

En effet, Hérode avait fait arrêter Jean, l'avait fait charger de chaînes et jeté en prison, à cause d'Hérodiade, la femme de son frère Philippe, qu'il avait épousée. Car Jean disait à Hérode : "Il ne t'est pas permis d'avoir la femme de ton frère". Ainsi Hérodiade le haïssait-elle et elle aurait bien voulu le faire mourir, mais elle ne le pouvait pas, car Hérode craignait Jean, sachant que c'était un homme juste et saint, et il le protégeait. Quand il l'avait entendu, il restait fort perplexe, et cependant il l'écoutait avec plaisir.

Mais vint un jour propice, lorsque Hérode, pour son anniversaire, donnait un banquet à ses dignitaires, à ses officiers et aux notables de Galilée. La fille d'Hérodiade entra, dansa et plut à Hérode et à ses convives. Le roi dit alors à la jeune fille : "Demande-moi ce que tu voudras et je te le donnerai". Et il lui en fit serment : "Tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai, fût-ce la moitié de mon royaume". Elle sortit donc et dit à sa mère : "Que dois-je demander ?". Celle-ci répondit : "La tête de Jean-Baptiste". En toute hâte, elle revint auprès du roi et lui fit cette demande : "Je veux qu'à l'instant tu me donnes sur un plat la tête de Jean-Baptiste". Le roi fut contristé, mais à cause de son serment et des convives, il ne voulut pas refuser. Et aussitôt il envoya un garde avec l'ordre d'apporter la tête de Jean. Celui-ci alla le décapiter dans sa prison, puis il apporta la tête sur un plat, la donna à la jeune fille et la jeune fille la donna à sa mère. A cette nouvelle, les disciples de Jean vinrent prendre son cadavre et le mirent au tombeau. (Marc VI, 14-29)"
La fille d'Hérodiade n'est-elle pas Salomé ?
Tout à fait.

Mais les évangiles ne citent pas son nom.

Salomé, fille d'Hérodiade et de son premier époux Hérode Philippe, épousa son oncle Aristobule III, tétrarque de l'Iturée, puis le roi de la Petite Arménie, qui lui donna trois garçons. Décédée en 72, elle devait être très jeune au moment de la décapitation de Jean Baptiste.

Les historiens estiment qu'il semble improbable qu'une princesse ait pu danser seule devant un banquet d'hommes. Les usages de la cour de Galilée devaient proscrire de telles pratiques.

Le mythe de Salomé semble être l'oeuvre des Pères et des Docteurs de l'Église qui mettaient ainsi en garde les croyants contre les effets pervers de la danse et de la séduction féminine. Salomé devaient, à leurs yeux, apparaître impudique, cruelle et lascive. Saint Ambroise, l'un des grands moralistes chrétiens du IVe siècle, précisera que la danse dévoilait "les parties de son corps que les moeurs apprennent à cacher".

Les auteurs germaniques ont enrichi le mythe, au XIXe siècle, de l'amour de Salomé pour Jean-Baptiste et du scandaleux baiser à la tête coupée. Oscar Wilde inventera ensuite l'expression de la Danse des sept voiles.

On la retrouve en France dans Herodias de Flaubert, un des Trois contes. Elle figure dans le fameux tableau de Gustave Moreau qui fait les délices de des Esseintes dans le chapitre 5 d'A rebours de Huysmans mais non dans l'Hérodiade de Mallarmé (bien qu'en fait le personnage d'Hérodiade soit confondu avec celui de Salomé).
merci beaucoup, c'est bien plus clair que ce que j'avais trouvé sur le net

bonne journée !

bisous !
Les deux Salomé de Gustave Moreau ; d'autres toiles sur ce thème ; la lecture de des Esseintes et des commentaires sur cette page
https://lesvoilesdesalome.hautetfort.com/tag/Peinture

Un des plus beaux poèmes de Mallarmé évoque la décollation (décapitation) de saint Jean-Baptiste
Cantique de Saint Jean

Le soleil que sa halte
Surnaturelle exalte
Aussitôt redescend
Incandescent

Je sens comme aux vertèbres
S'éployer des ténèbres
Toutes dans un frisson
À l'unisson

Et ma tête surgie
Solitaire vigie
Dans les vols triomphaux
De cette faux

Comme rupture franche
Plutôt refoule ou tranche
Les anciens désaccords
Avec le corps

Qu'elle de jeûnes ivre
S'opiniâtre à suivre
En quelque bond hagard
Son pur regard

Là-haut où la froidure
Éternelle n'endure
Que vous le surpassiez
Tous ô glaciers

Mais selon un baptème
Illuminée au même
Principe qui m'élut
Penche un salut.
Cher Jean-Luc,
c'est un véritable cadeau de Noël que tu nous fais dans ce message. Bravo!
Pour moi c'est une révélation que le nom de Salome n'est pas évoqué dans les évangiles. (J'ai vérifié! Dans les évangiles synoptiques ou seul est raconté cette histoire, il n'y a effectivement pas mention! Cf Sainte Marie Madeleine: la confusion de trois personnages bibliques différents)

J'ajoute simplement que chez Oscar Wilde, il ne s'agit pas d'un banquet réservé aux hommes: il y a bien des femmes présentes. Richard Strauß en fait écho en reprenant le texte pour son opéra "Salome".