Bonjour à tous, je suis une petite nouvelle sur ce forum.
J'ai une dissertation sur le livre Bel Ami de Maupassant pour mardi 26 mai dont le sujet est le suivant :
"La victoire est aux audacieux. Tout n'est que de l'égoïsme. L'égoïsme pour l'ambition et la fortune vaut mieux que l'égoïsme pour la femme et pour l'amour".
En quoi cet extrait vous semble-t-il illustrer Bel Ami ?
J'ai déja trouvé plusieurs pistes : Ce sujet dit tout d'abord que ce qui compte c'est réussir dans le domaine professionnel, le domaine sentimental passe après, mais ces deux domaines sont dominés par l'égoïsme.
La problématique est donc : Par quels aspects Bel Ami fait-il l'éloge de l'égoïsme ?
Mais j'ai quelques problèmes à réaliser un plan pertinent.
La dissertation réside dans la nuance des points de vue, ce qui reviendrait pour ce sujet à se demander dans un premier temps en quoi cela est-t-il vrai dans le roman, et dans un second temps, en quoi c'est tout de même limité.
Merci de m'aider.
Chocomilou
Bonjour Chocomilou,
As-tu simplement remarqué que cette dichotomie n'existe pas dans Bel-Ami ? Les femmes sont mises au service de la réussite sociale de l'arriviste.
J'avais justement remarqué cela mais m'étais dit que je faisais fausse route…
Il est vrai que cette opposition n'existe pas vraiment dans le roman, bien que George Duroy fasse tout de même passer sa réussite professionnelle avant sa vie amoureuse, et cela au travers des femmes, qui lui permettent d'évoluer. En effet Duroy renonce à l'amour véritable suite à cette citation.
Il ne se servira des femmes, seulement si elles présentent un intérêt pour son ascension sociale.
Mme de Marelle cependant reste peut-être une exception…
Je bloque encore cependant sur le plan que j'ai du mal à formuler.
Il faut aussi prendre en compte (dans les objections) que Duroy n'a rien à voir avec un arriviste balzacien: c'est en cours de route, accidentellement, qu'il découvre son potentiel de séduction (cf. l'épisode où il monte un escalier et voit dans la glace un homme très élégant qu'il ne reconnaît pas d'abord comme lui-même, pour une fois bien habillé).
Duroy est, en un sens, pire qu'un arriviste (qui a au moins le mérite de ses efforts): celui d'un homme sans talent mais comblé par la chance.
Il est vrai que la vie de Duroy est surtout dirigée par la chance.
Bien que je réfléchisse depuis hier déjà, mon plan n'est toujours pas formulé.
Je suis élève de seconde et c'est mon premier entraînement à la dissertation ce qui peut expliquer mon problème de définition du plan et de limite du sujet.
* La première partie pourrait consister à expliquer en quoi le fait que l'égoïsme dirige la vie professionnelle de Duroy est vrai.
* Dans la seconde partie, expliquer que cet égoïsme est assez ambigüe puisque contrairement à ce qu'indique la citation, l'égoïsme professionnel de Duroy n'est pas toujours prioritaire sur sa vie sentimentale, ces deux domaines étant étroitement liés puisque c'est par les femmes que Duroy réussit et évolue.
* Et pour finir, en troisième partie, expliquer que l'égoïsme n'est pas le seul à diriger la vie de Duroy, la chance occupant une place importante dans tous les évènements auxquels il est confronté.
Qu'en pensez-vous? Dois-je changer des éléments? N'y a-t-il pas des points qui sont hors-sujet?
Mon problème repose surtout sur l'étape de formulation de ce plan …
Bonjour Chocomilou,
Il te faut d'abord formuler une problématique.
Par ex. Bel-Ami est-il un roman de l'arrivisme ?
La première partie du sujet t'invite en effet à examiner la part de la chance et celle de la détermination dans la réussite de Duroy.
Le plan pourrait être le suivant :
1 - la lente transformation d'un jouisseur facile en un égoïste féroce,
2 - le plaisir procuré par les femmes est secondaire par rapport à la volonté de puissance : le héros aussi séducteur éhonté qu'il soit, n'aurait pu parvenir au sommet d'une société bornée et hypocrite sans l'intelligence calculatrice de Madeleine. La réussite sociale d'un héros au fond médiocre n’est possible que s'il sacrifie amour et tout début d'idéalisme.
3 - en guise de dépassement tu pourrais évoquer que ce roman est habité par sa propre inanité, que cette pulsion égoïste dissimule mal des angoisses morbides. Ce roman sécrète un pessimisme radical en lieu et place du contentement triomphal attendu.