Recherche écrivain préoccupé par le style

Littérature

27 réponses · Page 1 / 2

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Je m'intéresse beaucoup aux écrivains préoccupés par le style, l'esthétique et la recherche du "mot juste" dans le sens où Flaubert l'entend.
J'aimerais savoir si vous auriez des noms d'écrivains contemporains (ou en tout cas, ultérieurs à 1950) qui ont cette vision de la littérature, le style pour le style, un style pur (sans recherche d'originalité), propre…
Je ne sais pas si vous voyez ce que je recherche.

Merci par avance pour votre aide !
Pas évident de répodnre, d'autant que "le style pour le style" est un style en soi…😜. Les écrivains les plus désinvoltes au niveau du style sont souvent ceux qui le travaillent le plus…
Balzac.

On ne compte pas le nombre de ses auto-corrections. Une fois que le produit d'une journée de travail ait été porté à l'éditeur,quand il le recevait le lendemain,il l'annotait copieusement et réécrivait entièrement des passages entiers.
Selon Zweig, dans sa biographie sur Balzac,c'était un vrai cauchemar pour les dactylos.
C'est d'ailleurs honorable de travailler autant quand on pense qu'en s'en privant,il pouvait avoir un meilleur "rendement" (ça fait un peu économie ou chimie…) et rembourser ainsi plus facilement ses nombreuses dettes.

Voilà pour la référence assez commune,je n'ai pas d'autres exemples en tête =|.

Bonne soirée =)
Je ne vois pas trop ce que veut dire un style pur, propre. On dirait plutôt la définition de l'absence de style (pouvant être volontaire). Une écriture blanche, pour reprendre une expression de Barthes, tirée d'un livre où il considère que l'exemple même de l'écrivain sans style est Gide.

Est-ce que tu connais Robbe-Grillet? Si oui, entre-t-il dans tes critères?
Non, je ne suis pas d'accord pour Robbe Grillet 😉
Malheureusement je n'ai jamais lu de Robbe-Grillet donc je ne peux pas dire si c'est ce que je recherche.
En revanche, pour l'écriture blanche, j'ai vu certaines personnes qui parlaient de Camus. Bien que j'adore Camus, ce que je recherche n'est pas absolument une neutralité de point de vue, une impression d'indifférence.

Je recherche plutôt, au niveau formel, un écrivain dont la préoccupation principale se trouve être le style, comme Flaubert qui pensait qu'on pouvait écrire, peu importe le sujet, un livre qui ne tiendrait que par la force de son style. Balzac, reprenait effectivement souvent ses textes pour les modifier et les améliorer. Mais je ne le place pas encore au niveau de Flaubert (en ce qui concerne ce que je recherche; je ne me permettrais pas de les comparer sur la littérature en général) car il ne me semble pas qu'il chassait comme Flaubert, les mauvaises allitérations et assonances, qu'il n'avait pas la volonté de faire en prose ce qui est fait en vers à savoir créer un texte où rien ne peut être enlevé ou rajouté sans tout modifier.

Ma recherche doit sûrement vous paraître tordue mais j'admire le travail de Flaubert dans ce domaine, le perfectionnisme qui a fait qu'il a passé de nombreuses années sur chaque livre, qui fait que tout semble maîtrisé dans son style et qui d'ailleurs lui a fait inventer ou perfectionner certains procédés comme le discours indirect libre, les transitions entre l'utilisation de différents temps, l'élimination des "que", etc…
nico7777 a écrit :Bonjour,

Je m'intéresse beaucoup aux écrivains préoccupés par le style, l'esthétique et la recherche du "mot juste" dans le sens où Flaubert l'entend.
J'aimerais savoir si vous auriez des noms d'écrivains contemporains (ou en tout cas, ultérieurs à 1950) qui ont cette vision de la littérature, le style pour le style, un style pur (sans recherche d'originalité), propre…
Je ne sais pas si vous voyez ce que je recherche.

Merci par avance pour votre aide !
Tu peux aller voir du côté de Richard Millet, écrivain tout à fait contemporain, qui a notamment travaillé sur la question de la mémoire, du patrimoine familial, dans une perspective de fiction, si je me rappelle bien. (l'amour des trois soeurs Piale, par exemple)

Je ne sais pas s'il se préoccupe vraiment de style, mais il a en tout cas des positions pour le moins tranchées sur le rôle de l'écrivain, la qualité des publications contemporaines, la préservation et la recherche d'une langue et d'une syntaxe de qualité. Il me semble qu'il va même jusqu'à opposer l'écrivain au romancier, au sens où l'écrivain est celui qui sait écrire. (On a pu d'ailleurs lui reprocher un côté réactionnaire, puriste et intransigeant).

Des entretiens sont certainement disponibles sur le net ou dans des magazines littéraires accessibles en bibliothèque. Ca peut en tout cas être un exemple contemporain intéressant (et original).
Lysdanslavallee a écrit :Tu peux aller voir du côté de Richard Millet, écrivain tout à fait contemporain, qui a notamment travaillé sur la question de la mémoire, du patrimoine familial, dans une perspective de fiction, si je me rappelle bien. (l'amour des trois soeurs Piale, par exemple)

Je ne sais pas s'il se préoccupe vraiment de style, mais il a en tout cas des positions pour le moins tranchées sur le rôle de l'écrivain, la qualité des publications contemporaines, la préservation et la recherche d'une langue et d'une syntaxe de qualité. Il me semble qu'il va même jusqu'à opposer l'écrivain au romancier, au sens où l'écrivain est celui qui sait écrire. (On a pu d'ailleurs lui reprocher un côté réactionnaire, puriste et intransigeant).

Des entretiens sont certainement disponibles sur le net ou dans des magazines littéraires accessibles en bibliothèque. Ca peut en tout cas être un exemple contemporain intéressant (et original).
Merci, ça semble en effet correspondre à ce que je recherche. Je vais voir ce que je trouve.
Je suis néanmoins toujours ouvert à d'autres pistes !
NE a écrit :Non, je ne suis pas d'accord pour Robbe Grillet 😉
Je ne me souviens plus très bien de Robbe-Grillet. Il me semblait qu'il travaillait son écriture comme un esthète, mais ce sont là des idées générales, et peut-être même reçues et non vérifiées (sachant qu'une lecture trop superficielle n'amène pas forcément justification ni réfutation de nos a priori).
Baudelaire.

Qui a réussi le vers en prose, dont l'ambition était de matérialiser les "soubresauts de la conscience" les élans de l'âme (je ne me souviens plus l'expression, pardonnez-moi, présente dans sa préface aux petits poèmes en prose - spleen de Paris.

Quant à Balzac, bien sûr qu'il remodelait ses phrases. Mais il était pressé et ça se ressent parfois.
Mais il avait cette ambition du style romantique qui sera celui de Baudelaire, concilier la prose et le vers.
Un grand styliste, d'une netteté impeccable est Beckett. Le jeu du langage est poussé très loin, l'ironie est impitoyable. C'est à ma connaissance un des derniers grands stylistes en français.
Pour en revenir au Nouveau Roman, puisqu'on évoque Robbe-Grillet et que j'incluerai par rapprochement Beckett (certes plus connu pour son théâtre), ces gens là, oui, sont à mon sens des stylistes.

C'est sans doute plus "évident" pour quelqu' un comme Claude Simon. A force d'évoquer Flaubert ou Balzac, leurs douleurs, leurs rendements…on réduit l'idée du travail stylistique à celle de passages sans cesse réecrits, raturés, barrés, à l'extraordinaire douleur cristalisée autour de la recherche d'un simple adjectif.

Alors oui, il existe une sorte de doxa idiote qui établit grosso modo qu'un écrivain capable de produire plusieurs pages par jour, plus…dyonisiaque créativement (je vous laisse le soin de traouver une formule moins alambiquée) attacherait moins d'importance su style.
Mouais…diificile pourtant de trouver plus productif que Balzac, dont la force de travail est légendaire.

Robbe-Grillet - relire la Jalousie, une vraie révolution - EST un styliste.
Claude Simon en est un, pas des moindres.
Céline en est un, le travail est perceptible derrière l'apparent chaos. Céline l'a revendiqué, à maintes reprises.

Beckett, pour parvenir à ce "rien" sulime, en est un. Forcément.

Les écrivains du Nouveau Roman, revendiquant la force propre du texte à côté de celle du sens (à la place de?), en sont tous.

En revanche, je ne crois pas à l'idée Flaubertienne du style : on parle toujours de quelque chose, pour convoquer à nouveau Robbe-Grillet.
exact, il n'y a jamais de style pour le style pur…barthes explique plutôt bien l'écriture robbe grillenne qui est loin de n'être que style.
Si je devais parler d'un "styliste" contemporain, actuel même, mais étranger, je citerais Cormac McCarthy. Ça fait plusieurs fois que j'en parle sur ce forum, et je trouve que le style est chez lui indissociable de l'histoire qu'il raconte. Le thème essentiel de ses œuvres étant l'animalité de l'homme, sa profonde violence, le style s'avère cataclysmique, le meilleur exemple étant sa dernière œuvre, La Route, où les phrases sont coupées au couteau, beaucoup se résumant à des groupes nominaux. Effet garanti 😉
Je pense pour ma part à Julien Gracq, et notamment à son Rivage des Syrtes, où pour le coup, on atteint presque à ce mythe du style flaubertien prenant appui sur du rien, ou du quasi-rien. Sa prose poétique est à la fois un délice et une torture, tant Gracq pousse loin la recherche sur l'adéquation entre le sens et le son; son écriture est ainsi très dense, quasi parfaite (peut-être même trop parfaite pour que l'on puisse vraiment y prendre goût).

Dans une moindre mesure, comme l'a souligné à juste titre Truhl, l'on trouve également dans la prose de Beckett cette poéticité du rien, ce travail à la fois profond et désinvolte sur la langue…
D'accord aussi pour dire que Claude Simon possède un style puissant : mais on ne peut être plus éloigné de la manière de Flaubert.
Il cherche des auteurs postérieurs à 1950, il n'est pas utile de le renvoyer sans cesse au XIXe siècle. Je me permets de souligner la bizarrerie de ta demande: un écrivain sans style, ça n'existe pas, et Flaubert ne dit pas autre chose lorsqu'il prône le primat de la forme sur le sujet. Nous nous exprimons nous-même, à l'oral, avec style. Il faudrait préciser un peu la question.
Merci à tous pour vos réponses, je regarde toutes les réponses avec attention. Je me suis pas mal penché sur Richard Millet et je trouve que sa recherche formelle est intéressante. Pour les autres, je n'ai pas encore eu le temps de vraiment approfondir.
Lucretieus a écrit :D'accord aussi pour dire que Claude Simon possède un style puissant : mais on ne peut être plus éloigné de la manière de Flaubert.
Je me faisais la même réflexion mais toujours est-il qu'il rentre dans mes critères. Après avoir lu Les Géorgiques je dois dire que son style, bien qu'à l'opposé de Flaubert, est très puissant et la façon dont ses phrases s'étirent rendent le récit bien plus prenant.
Goldmund a écrit :Il cherche des auteurs postérieurs à 1950, il n'est pas utile de le renvoyer sans cesse au XIXe siècle. Je me permets de souligner la bizarrerie de ta demande: un écrivain sans style, ça n'existe pas, et Flaubert ne dit pas autre chose lorsqu'il prône le primat de la forme sur le sujet. Nous nous exprimons nous-même, à l'oral, avec style. Il faudrait préciser un peu la question.
Je ne sais pas si cela s'adresse à moi mais je n'ai dit nulle part que je recherchais un écrivain sans style. D'ailleurs, Flaubert possédait lui-même un style plein de tics et de techniques (que j'ai cités plus haut). Je ne recherche pas un écrivain sans style mais un écrivain s'intéressant particulièrement au style, qu'il y passe des mois ou pas, un écrivain chez lequel on trouve une forte adéquation entre la forme et le contenu (comme apparement dans Le rivage de Syrtes (que je n'ai pas encore lu ou Beckett)) ou en tout cas, qui se préoccupe de son style pour créer certains effets, etc… pas forcément possibles à réaliser uniquement avec le "signifié" du texte.
Tu n'as rien compris à ce que je t'ai réconté, relis moi.
Goldmund a écrit :Tu n'as rien compris à ce que je t'ai réconté, relis moi.
Effectivement, je n'avais pas compris ! Disons que je ne recherche pas un auteur qui ait du style (puisque comme tu le soulignes, tous les écrivains en ont) mais quelqu'un qui s'en préoccupe, qui le soigne particulièrement ou qui, par aisance naturelle, parvienne à fusionner fond et forme. Bon je sens que plus je m'explique, plus ça devient flou. Pourtant, apparemment vous m'avez bien compris puisque les propositions que vous me faites me conviennent totalement !