Écrivains et postérité manquée

Littérature

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Voilà, je ne pense pas que ce topic ait été lancé précédemment. Je propose à ceux qui le désirent de faire connaître l'auteur qui, selon eux, n'a pas eu la gloire que lui conférait son talent, son génie,…Que ce soit à cause de leur idéologie, d'un acte rédhibitoire,…

Ainsi, ce sera un plaisir de découvrir pour chacun d'entre nous les oubliés du patrimoine littéraire.
Gobineau, pour le roman et la nouvelle.
Il est méconnu à cause d'une malencontreuse thèse dont son prof lui a probablement imposé le sujet et le contenu à l'époque où le darwinisme passait pour un progrès scientifique, et qu'il a du écrire avec beaucoup d'ennui. Mais elle a été citée en référence plus tard par les nazis, un peu comme si les ultra-libéraux d'aujourd'hui se référaient à La Fontaine: non seulement le mort n'a rien à dire, mais s'il pouvait parler il aurait beaucoup à redire. Du coup, on ne déterre même plus son œuvre abondante, inégale mais avec de vrais chefs d'œuvre.

Il n'y a pas d'endroit au monde dont on parle plus que du moyen-orient. Mais si vous lisez les Lettres persanes, vous ne décollez pas du pavé parisien, si vous lisez Les Orientales et toute la suite, y compris Loti, vous rêvez, mais ne voyez pas grand chose d'autre que des hallucinations. On sait que Nerval a écrit un Voyage en Orient, mais c'est justement l'œuvre de lui qu'on ne lit pas, et on lit le journal qui est un instrument de propagande et n'a d'autre raison d'être que de tromper. Les Nouvelles Asiatiques de Gobineau ont, au contraire, le pouvoir de transporter. On est sur place bien mieux que dans n'importe quel reportage. Mais seuls les amateurs de littérature de voyage en connaissent l'existence.

C'est encore bien pîre avec Les Pleiades, roman "immense" pour parler comme aujourd'hui. La collection de livres qui lui emprunte son nom a le culot de confier l'édition de l'œuvre de Gobineau à quelqu'un qui ne l'aime pas au lieu de le récuser.

On connait un peu de lui, des œuvres secondaires, quelques contes dans la meme gamme que ce qu'on connait par ailleurs, comme pour faire un tapis autour de quelques grands. Mais ce qui est réellement original n'est pas connu du tout.
Tout d'abord, bravo et merci NE d'avoir pensé à ce sujet.

J'aimerais parler de ceux que l'on a cantonné dans un art autre que la littérature, ne laissant pas imaginer un instant qu'ils avaient écrit. Berlioz, Liszt, Schumann, Dali, Delacroix, notamment, avec des mémoires (Berlioz) ou des journaux (Delacroix). Liszt a écrit de nombreux textes magnifiques, lyriques, présentant la musique comme un art civilisateur, dans la lignée d'un Lamartine. La période romantique a été celle de la "fraternité des arts", et nous fait constater qu'un musicien peut être écrivain, qu'un écrivain peut être musicien (cf. Hoffmann), qu'un peintre peut être écrivain…
De façon un peu paradoxale, je parlerais de Simone de Beauvoir. Postérité oui, mais pour quelles raisons ? Présence écrasante de Sartre, féminisme pionnier, engagement politique, souvent au détriment de la dimension proprement littéraire de son oeuvre. Une sorte de notoriété hémiplégique : on retient par exemple le succès sans partage des Mémoires d'une jeune fille rangée, comme s'il s'agissait là de l'unique volume de son entreprise autobiographique ; omniprésence du Deuxième sexe, comme si l'auteur n'avait écrit que sur la femme.

En conséquence, des textes romanesques interprétés sous des lumières biographiques, au prix d'une herméneutique douteuse (ces insupportables romans dits à clés !) ; l'autobiographie monumentale est quant à elle considérée comme la redite académique d'une existence par trop médiatisée. "J'aurais pu en faire autant", se dit le lecteur, sans plus interroger ce faire, comme si une oeuvre ou une existence ouvertement engagée dispensait le lecteur de s'engager lui-même dans l'analyse véritablement littéraire, stylistique. Les thèmes, les personnages ou les souvenirs attirent l'attention, aux dépens des structures, des formes, des poétiques.

Il me semble que beaucoup d'auteurs "engagés" du XXe siècle souffrent de cette notoriété clivée, et de cette confusion permanente entre leur vie et leur oeuvre, que celle-ci soit exceptionnelle, ou plus académique.
Tout à fait d'accord pour Beauvoir, que l'on voit plus comme une féministe ou comme le Castor plutôt qu'une femme de lettres. Elle a en effet beaucoup souffert de la gigantesque ombre sartrienne, même si Sartre reconnaît que sans elle et ses corrections, son œuvre n'aurait pas ressembler à ce qu'elle est.

Pour la postérité, on peut parler d'une modification du public pour l'œuvre de Zweig. Reconnu comme auteur populaire à son époque, il est aujourd'hui considéré comme un auteur scolaire, et même plutôt universitaire.
Je pense que Jean Baptiste Botul, philosophe du XXème, est trop largement méconnu (sûrement car il était principalement de tradition orale), et pourtant, les quelques oeuvres que j'ai pu en lire laissent percevoir un génie et une vivacité d'esprit qui me font regretter le peu d'écrits que nous avons de lui. D'ailleurs, si certains d'entre vous l'ont "abordé" (c'est apparemment très rare) le botulisme en terminale ou après (je suis en première), ça serait vraiment sympathique de me/nous faire un petit topo…
Je pense à Maurice Joly. Avocat et pamphlétaire, Joly est un contemporain de Victor Hugo, auquel il s'oppose avec acharnement. De même que de nombreux écrivains nazis sont aujourd'hui oubliés pour avoir combattu dans le mauvais camp, de même, notre Joly semble avoir misé sur le mauvais étalon. Je vous recommande pour autant son Dialogue aux Enfers entre Montesquieu et Machiavel, qui pose la question d'un possible retour à la dictature dans un monde qui ne jure que par ses valeurs démocratiques. Un sujet indémodable.

Pour l'anecdote, ce livre a servi de modèle lors de la rédaction des sulfureux Protocoles des sages de Sion. Vous remplacez Machiavel par les Juifs, et vous obtenez une preuve irréfutable de la nécessité dans laquelle tout homme de conscience se trouve de venir trucider les David et les Jacob de son patelin.

Enfin, le grand atout de ce texte, outre le savoir politique et philosophique qu'il véhicule, c'est son écriture. Mais sur ce point, je vous laisse juger par vous-même.
Vingt-cinquième dialogue: Machiavel a fait le pari à Montesquieu que la dictature est encore possible, il dresse le portrait de son gouvernement idéal.

MACHIAVEL: Je régnerai dix ans dans ces conditions, sans changer quoi que ce soit à ma législation; le succès définitif n'est qu'à ce prix. Rien, absolument rien, ne doit me faire varier pendant cet intervalle; le couvercle de la chaudière doit être de fer et de plomb: c'est pendant ce temps que s'élabore le phénomène de destruction de l'esprit factieux. Vous croyez peut-être qu'on est malheureux, qu'on se plaint. Ah ! je serais inexcusable s'il en était ainsi; mais quand les ressorts seront le plus violemment tendus, quand je pèserai du poids le plus terrible sur la poitrine de mon peuple, voici ce qu'on dira: Nous n'avons que ce que nous méritons, souffrons.

MONTESQUIEU: Vous êtes bien aveugle si vous prenez cela pour une apologie de votre règne; si vous ne comprenez pas que l'expression de ces paroles est un regret violent du passé. C'est là un mot stoïque qui vous annonce le jour du châtiment.

MACHIAVEL: Vous me troublez. L'heure est venue de détendre les ressorts, je vais rendre des libertés.

MONTESQUIEU: Mieux vaut mille fois l'excès de votre oppression; votre peuple vous répondra: gardez ce que vous avez pris.

MACHIAVEL: Ah ! que je reconnais bien là la haine implacable des partis. N'accorder rien à ses adversaire politiques, rien, pas même les bienfaits.

MONTESQUIEU: Non, Machiavel, rien avec vous, rien ! la victilme immolée ne reçoit pas de bienfaits de son bourreau.

MACHIAVEL: Ah ! je pénètrerais aisément à cet égard la pensée secrète de mes ennemis. Ils se flattent, ils espèrent que la force d'expansion que je comprime me lancera tôt ou tard dans l'espace. Les insensés ! Ils ne me connaîtront bien qu'à la fin. En politique que faut-il pour prévenir tout danger avec la plus grande compression possible ? Une imperceptible ouverture. On l'aura.
Je ne rendrai pas des libertés considérables, à coup sûr, eh bien, voyez pourtant à quel point l'absolutisme aura déjà pénétré dans les moeurs. Je puis gager qu'au premier bruit de ces libertés, il s'élèvera autour de moi des rumeurs d'épouvantes. Mes ministres, mes conseillers s'écrieront que j'abandonne le gouvernail, que tout est perdu. On me conjurera au nom du salut de l'Etat, au nom du pays, de n'en rien faire; le peuple dira: à quoi songe-t-il ? son génie baisse; les indifférents diront: le voilà à bout; les haineux diront: il est mort. […]
Votre pamphlétaire m'a fait pensé à un autre auteur de cette veine, mais qui lui est sans doute l'un des plus grands illustrateurs de la haine en littérature : Léon Bloy. Auteur de la fin du XIXe et du début XXe, c'est un peu le tireur d'élite de la littérature, et notamment celui des bourgeois, dont il stigmatise, ridiculise et bat en brèche les expressions toutes faites et idiotes dans son Exégèse des lieux communs, dont la puissance vindicative fut rarement égalée.

Surnommé "le mendiant ingrat", il meurt dans la misère, lâché par ses amis et lynché par ses ennemis.

Voici l'introduction de son Exégèse.

Je commence aujourd'hui, 30 septembre, sous l'invocation de saint
Jérôme, auteur de la Vulgate, appariteur de tous les Prophètes,
inventoriateur plein de gloire des Lieux Communs éternels.
Estce
là manquer de respect à cet étonnant docteur que l'Église
honore du titre de Maximus, et que le Concile de Trente a
implicitement déclaré le Notaire de l'Esprit Saint ? Je ne le crois pas.
De quoi s'agitil,
en effet, sinon d'arracher la langue aux imbéciles,
aux redoutables et définitifs idiots de ce siècle, comme saint Jérôme
réduisit au silence les Pélagiens ou Lucifériens de son temps ?
Obtenir enfin le mutisme du Bourgeois, quel rêve !
L'entreprise, je le sais bien, doit paraître fort insensée. Cependant je
ne désespère pas de la démontrer d'une exécution facile et même
agréable.
Le vrai Bourgeois, c'estàdire,
dans un sens moderne et aussi
général que possible, l'homme qui ne fait aucun usage de la faculté de
penser et qui vit ou paraît vivre sans avoir été sollicité, un seul jour,
par le besoin de comprendre quoi que ce soit, l'authentique et
indiscutable Bourgeois est nécessairement borné dans son langage à
un très petit nombre de formules.
Le répertoire des locutions patrimoniales qui lui suffisent est
extrêmement exigu et ne va guère au delà de quelques centaines. Ah !
si on était assez béni pour lui ravir cet humble trésor, un paradisiaque
silence tomberait aussitôt sur notre globe consolé !
Quand un employé d'administration ou un fabricant de tissus fait
observer, par exemple : « qu'on ne se refait pas ? qu'on ne peut pas tout
avoir ? que les affaires sont les affaires ? que la médecine est un
sacerdoce ? que Paris ne s'est pas bâti en un jour ? que les enfants ne
demandent pas à venir au monde ? etc., etc., etc., » qu'arriveraitil
si on

lui prouvait instantanément que l'un ou l'autre de ces clichés
centenaires correspond à quelque Réalité divine, a le pouvoir de faire
osciller les mondes et de déchaîner des catastrophes sans merci ?
Quelle ne serait pas la terreur du patron de brasserie ou du
quincaillier, de quelles affres le pharmacien et le conducteur des ponts
et chaussées ne deviendraientils
pas la proie, si, tout à coup, il leur
était évident qu'ils expriment, sans le savoir, des choses absolument
excessives ? que telle parole qu'ils viennent de proférer, après des
centaines de millions d'autres acéphales, est réellement dérobée à la
Toutepuissance
créatrice et que, si une certaine heure était arrivée,
cette parole pourrait très bien faire jaillir un monde ?
Il semble, d'ailleurs, qu'un instinct profond les en avertisse. Qui n'a
remarqué la prudence cauteleuse, la discrétion solennelle, le morituri
sumus de ces braves gens, lorsqu'ils énoncent les sentences moisies
qui leur furent léguées par les siècles et qu'ils transmettront à leurs
enfants ?
Quand la sagefemme
prononce que « l'argent ne fait pas le
bonheur » et que le marchand de tripes lui répond avec astuce que,
« néanmoins, il y contribue », ces deux augures ont le pressentiment
infaillible d'échanger ainsi des secrets précieux, de se dévoiler l'un à
l'autre des arcanes de vie éternelle, et leurs attitudes correspondent à
l'importance inexprimable de ce négoce.
Il est trop facile de dire ce que paraît être un lieu commun. Mais ce
qu'il est, en réalité, qui pourra le dire ?
Pourquoi, autrement, me seraisje
recommandé à saint Jérôme ? Ce
grand personnage ne fut pas seulement le cosignataire pour toujours
de la Parole qui ne change pas, des Lieux Communs pleins de foudres
de la Très Sainte Trinité. Il en fut surtout l'interprète, le commentateur
inspiré.
Avec une autorité beaucoup plus qu'humaine, il enseigna que Dieu a
toujours parlé de Luimême
exclusivement, sous les formes symboliques,
paraboliques ou similitudinaires de la Révélation par l'Écriture,
et qu'il a toujours dit la même chose de mille manières.
J'espère que ce Docteur sublime daignera favoriser de son assistance
un pamphlétaire de bonne volonté qui serait si heureux de mécontenter,
une fois de plus, la populace de Ninive, éternellement
« incapable de distinguer sa droite de sa gauche », — et de la
mécontenter à un tel point que des colères inconnues se déchaînassent.

Ce résultat serait obtenu, sans doute, si la céleste douceur ne m'était
pas refusée d'établir, en l’irréfutable argumentation d'une dialectique
de bronze, que les plus inanes bourgeois sont, à leur insu, d'effrayants
prophètes, qu'ils ne peuvent pas ouvrir la bouche sans secouer les
étoiles, et que les abîmes de la Lumière sont immédiatement invoqués
par les gouffres de leur Sottise.
Je me doutais bien que quelqu'un citerait Léon Bloy, dont je peinais à me ressouvenir du nom. Merci de me l'avoir remis en mémoire. Rien d'étonnant à cela du reste; dès qu'on évoque les écrivains maudits, celui que frappait une conjuration du silence ressurgit magiquement. C'est un peu le coté obscur de la force, la reine du Sabbat. Avez-vous également l'impression en le lisant - si toutefois cela vous arrive parfois - d'empester les catacombes? Personnellement, j'en sors toujours un peu plus déçu par la vie, la littérature et les hommes, même de talent, alors que d'autres, je crois, trouvent cette tempête verbale très libératrice.
Je crois qu'il plaçait l'exigence trop haut, sans à cotés, sans compensations - ou alors c'est moi qui suis précisément trop représentatif du type d'être humain qu'il cherchait à confondre. L'exigence est alors d'autant plus insurmontable qu'on est peu préparé à y répondre.
Ce que vous dites sur Léon Bloy est très juste, et je crois que c'est l'effet recherché par Bloy. C'est libérateur de lire sa prose, mais en même temps c'est un phare au milieu de la nuit, qui renforce d'autant plus les ténèbres qu'il les met en lumière, qu'il les donne à voir de façon crue. J'avais commencé son Exégèse des lieux communs mais j'ai vite arrêté, ressentant un certain malaise à la lecture. On parle souvent de la noirceur de Céline, mais on oublie que vingt ans plus tôt il y avait Bloy. Lui qui plaçait le langage à une telle hauteur, il a été banni parce qu'il en avait montré sa grandeur face à la bêtise humaine. On pourrait voir en Bloy l'ironie flaubertienne portée à l'extrême et le nihilisme précurseur de Céline. Il n'est d'ailleurs pas étrange que la réédition de l'une de ses œuvres ait été préfacée par Maurice G. Dantec.
En tout cas, merci de me faire découvrir un auteur qui m'était méconnu- j'espère le trouver dans les précieux rayons de ma bibliothèque demain….
Puisqu'on parle ici d'écrivains que la postérité a manqué, voici un billet très enrichissant, curieux et drôle, ayant trait à l'histoire des mœurs, du critique (et également auteur), Remy de Gourmont (fin de siècle, contemporain de Gide) qui avait la faculté confondante d'englober son siècle avec le recul d'un homme du XXIème (j'exagère peut-être) et la sympathie propre à celui qui a connu de près les acteurs de son temps et les a jugés, le plus souvent, avec bienveillance et compréhension, quels qu'aient été ses désaccords.

la sensibilité romantique

J'exprime néanmoins ma gêne, relative, devant cet auteur que je connais mal. Je ne prétends pas lui accorder encore une franche réhabilitation. L'histoire littéraire me convient telle quelle. Passé un temps d'indignation devant ce qui apparaît manifestement comme un consensus à caractère idéologique, la postérité - l'officielle - garde une légitimité, un éclectisme et une valeur artistique que n'ont pas toujours certaines visions alternatives de l'histoire, un peu trop partisanes (je songe à certaine maison d'édition). Remy de Gourmont est trop souvent assimilé à un environnement culturel réactionnaire et il a été, pour je ne sais quelle raison, adopté par les chrétiens intégristes, alors qu'il est lui-même un athée acharné et même parfois un nietzschéen méprisant. Le fait qu'il soit aujourd'hui préfacé par le "fringant" (j'ai lu ça dans un article de presse) Charles Dantzig politise davantage la chose (de l'écrivain réac, il devient donc l'exemplum du libéralisme). Bref, gorgé d'informations politiques encombrantes, je préfère prendre du recul et le laisser décanter.
Joséphin Péladan, dit le "Sar", remarquable théologien, brillant analyste de la société fin de siècle, décadent et le verbe sournois.

Jean Lorrain. Le Oscar Wilde français ?
pourquoi est-il "oublié" ?
Trop peu en accord avec l'éducation nationale =D ►
Et certains d'entre vous connaissent-ils Maurice Blanchot?
Le Livre à venir, oui. Mais je n'y ai pas compris grand chose quand je l'ai lu 😜
En tant qu'écrivain, ou en tant que critique, NE ?
Je dirais plutôt en tant que critique, je connais peu de chose (rien en fait) de ses oeuvres…
Je ne suis pas sûre qu'il ait sa place dans ce fil, alors, étant donné que son oeuvre critique est assez reconnue (du moins, il y est assez souvent fait référence dans les bibliographies); j'en ai entendu parler pour la première fois en terminale, dans l'index bibliographique de l'édition des Métamorphoses d'Ovide au programme (étant donné qu'il a médité sur le mythe d'Orphée, entre autres choses). L'an dernier, le prof de français avait eu la bonne idée d'inscrire L'espace littéraire dans la liste des oeuvres à lire entre l'hypokhâgne et la khâgne… (bizarrement, il n'a pas retenté l'expérience cette année 😜) lecture fort laborieuse, mais adoucie par le fait qu'il traite d'auteurs comme Kafka, Mallarmé, ou encore Rilke.
Etant donné qu'il parle de l'Oeuvre au sens absolu, son style tire lui aussi du côté de l'absolue… prise de tête. Mais ça en vaut parfois la peine, même si généralement, on peut se demander s'il n'aurait pas pu dire la même chose de façon plus simple.