Après que… Indicatif ou subjonctif ?

Langue française

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Pour rebondir sur le post intitulé Concordance des temps (plus que parfait / passé antérieur) qui rejoint notre discussion, l'exemple donné par Anne me laisse un peu perplexe : pourquoi ne pas dire "À Tahiti où il vivait après qu'il nous avait quittés" au lieu de "À Tahiti où il vivait après qu'il nous eut quittés" ? Surtout que dans l'exemple d'Anne (qui cite Mauriac), l'idée de l'immédiateté n'est pas si évidente…

PS : Voilà un extrait plus complet que j'ai trouvé dans Nouvelle grammaire française. Applications de Grevisse et Goosse : "Il était mort au mois de mai dernier, à Tahiti où il vivait après qu'il nous eut quittés, dans des circonstances que je connaîtrais plus tard."
Il me semble que c'est cette utilisation du passé antérieur qui nous indique qu'il avait quitté sa famille pour vivre à Tahiti, et qu'il n'avait habité nulle autre part dans l'intervalle, puisqu'il n'y avait pas d'intervalle.

On peut trouver plusieurs articles qui discutent les couleurs du passé antérieur : https://leprinceauzinc.blogspot.fr/2009_11_01_archive.html celui-ci analyse quelques cas et donne une pléthore d'exemples.

Pour revenir à la citation de Dumas, dans l'esprit de Clara, elle ne parle pas d'un événement où plusieurs faits se sont succédé. Elle se rappelle le départ de son fils, qui suivait son propre chemin dans la vie, et plus tard, un deuxième événement, l'arrivée de M Sternay qui lui a informé de sa décision. Elle s'aperçoit d'une bonne séparation entre les deux.
Que pensez-vous grammaticalement de cette phrase : Nous étions à la maison, confortablement installés et prêts à dîner après que ma mère nous avait lancés de sa cuisine : « À table ! » ?
Ce n'est pas nous que la mère a lancés… Aucune raison d'accorder !
La mère a lancé quoi ? "À table !"

après que ma mère nous avait lancé de sa cuisine : "À table !" ?
C'est ce que je me disais. Voilà une bonne raison de désinstaller cet automate de Cordial qui me fait tomber dans le doute au lieu de m'en sortir !

Sinon, c'est bon pour la concordance des temps ?
Si le "Nous étions à la maison" est un imparfait d'habitude, oui.
Si le "Nous étions à la maison" est purement descriptf, "après que ma mère nous eut lancé…" me paraît mieux convenir.
Dois-je employer le subjonctif présent ou imparfait dans la phrase suivante ?

Je lui ai dit de quitter la ville jusqu'à ce que je résolve cette affaire.

Je lui ai dit de quitter la ville jusqu'à ce que j'aie résolu cette affaire.
Pas de subjonctif imparfait ici, c'est un subjonctif passé, qui exprime l' achèvement de l'action.
Il convient mieux ici que le présent, si l'on veut bien exprimer que la ville sera quittée jusqu'à ce que l'affaire soit complètement résolue.

Je lui ai dit de quitter la ville jusqu'à ce que j'aie résolu cette affaire.
Merci beaucoup, cela m'est très utile !
Bonjour,

J'aimerais remplacer "après avoir" par "après que" dans la phrase suivante :

Je pensais aller au cinéma après avoir terminé de peindre la porte du garage

Le truc, c'est que si j'applique la règle telle que rappelée ci-dessous :
Jehan a écrit :Si tu as fait une synthèse des réponses déjà données, tu as dû remarquer qu'en toute rigueur, on emploie dans la subordonnée le temps composé correspondant au temps simple de la principale, ou le temps surcomposé correspondant au temps composé de la principale.
ça donne un truc affreux : Je pensais aller au cinéma après que j'avais terminé (berk !) de peindre la porte du garage

À la limite, j'écrirai bien (mais en vertu de quelle règle ?) : Je pensais aller au cinéma après que j'aurais terminé de peindre la porte du garage

Est-ce correct ? (si oui, pourquoi ?)

Encore pire : même chose avec le temps composé dans la principale :
J'avais décidé d'aller au cinéma après avoir terminé de peindre la porte du garage -> avec "après que" ?

Merci.
zogliot a écrit :À la limite, j'écrirai bien (mais en vertu de quelle règle ?) : Je pensais aller au cinéma après que j'aurais terminé de peindre la porte du garage

Est-ce correct ? (si oui, pourquoi ?)
Il me semble, un conditionnel est licite et exprime bien le caractère … conditionnel de la situation.
https://www.etudes-litteraires.com/grammaire//spip.php?article175
zogliot a écrit : Encore pire : même chose avec le temps composé dans la principale :
J'avais décidé d'aller au cinéma après avoir terminé de peindre la porte du garage -> avec "après que" ?
Selon le moment où votre décision est prise (avant ou après d'avoir terminé la peinture), peut-être
J'avais décidé d'aller au cinéma après que j'eus terminé de peindre la porte du garage
J'avais décidé d'aller au cinéma après que j'aurai(s) terminé de peindre la porte du garage
(futur antérieur ou conditionnel)
zogliot a écrit :Encore pire : même chose avec le temps composé dans la principale :
J'avais décidé d'aller au cinéma après avoir terminé de peindre la porte du garage -> avec "après que" ?
Comme l'a expliqué Jehan, il convient d'utiliser le temps surcomposé associé :
J'avais décidé d'aller au cinéma après que j'avais eu terminé de peindre la porte du garage.

En raison de sa "lourdeur", cette formulation - où le sujet est le même dans la principale et dans la subordonnée - est le plus souvent remplacée par la construction infinitive, qui permet de contourner les difficultés de concordance des temps.

En guise de synthèse, je t'invite à consulter ce tableau de concordance des temps avec après que sur mon site [voir profil].
Bonjour à tous. Je voudrais revenir sur l'exemple suivant :

« À Tahiti où il vivait après qu'il nous avait quittés » ;
« À Tahiti où il vivait après qu'il nous eut quittés ».

J'aimerais beaucoup comprendre la différence qu'il y a entre employer le plus-que-parfait ou le passé antérieur après après que dans ces deux phrases.

PS : Normalement, si l'on se réfère au tableau de concordance des temps, lorsque la principale est à l'imparfait, la subordonnée doit être au plus-que-parfait.

Merci.
Avec une principale à l'imparfait d'habitude, le plus-que-parfait peut se concevoir, mais seulement s'il s'agit d'exprimer deux faits passés tous deux habituels dans leur succession :
Tous les soirs, il regardait la télé après qu'il avait dîné.
L'action de dîner s'est produite plusieurs fois, de façon habituelle… avant chaque séance de télé.
Or, ce n'est pas le cas ici : l'action de quitter ne s'est pas produite plusieurs fois avant la vie à Tahiti, c'est une action ponctuelle. Donc passé antérieur.
À Tahiti où il vivait après qu'il nous eut quittés…
A l'école primaire, la règle générale énoncée était fort simple: ce n'était pas la conjonction de subordination qui déterminait le mode, mais le sens de la phrase.
Pour une action impliquée avec certitude, il fallait employer l'indicatif. Par conséquent, les conjonctions comme "bien que" et "après que" indiquant une action effectuée dans le passé au regard de la proposition principale devaient être suivies de l'indicatif.
Pour une action incertaine, située dans un futur hypothétique, comme l'expression d'un ordre, d'un souhait, d'une présomption, ou introduite par le verbe falloir, il fallait utiliser le subjonctif.
L'emploi du subjonctif après "bien que" et "après que" serait peut-être alors une erreur de langage.
"Bien que" est suivi du subjonctif.
Après que est une conjonction de temps et bien que une conjonction marquant la concession, l'oppostion. Dans le cas de "bien que", le fait que l'action soit passée ne joue (contrairement à une conjonction de temps) aucun rôle, tout comme avec quoique, encore que…
rajablanca a écrit :Et si ce n'est pas trop te demander Jehan, si la principale est au plus-que-parfait, "après que" est suivi de quel temps ? (un exemple serait le bienvenue)
En relisant mes anciens messages, je viens de remarquer qu'une petite faute s'est glissée dans l'un d'eux mais, malheureusement, je n'ai pas pu éditer le message en question.

N'y aurait-il pas moyen de rétablir cette fonction ?

Sinon, pour revenir un peu au sujet, dans Les Bienveillantes de Jonathan Littell, on peut lire : « Je l'avais rencontré à l'été 1937, après qu'il m'eut aidé, par l'entremise de Thomas lors de mon arrestation au Tiergarten. »

Normalement, puisque la principale est au plus-que-parfait, la subordonnée aurait dû être au plus-que-parfait surcomposé (après qu'il m'avait eu aidé) mais vu que ce temps est d'emploi assez rare, on peut se contenter du plus-que-parfait (après qu'il m'avait aidé). Qu'en est-il de l'utilisation du passé antérieur dans cette phrase ?
Même réponse que tout à l'heure…
Le passé antérieur est utilisé pour une action ponctuelle.

(En ce qui concerne la fonction pour éditer son message… Tu ne disposes pas de l'option "Modifier" en bas à droite? )
Apparemment, il n'est possible de modifier que le dernier message que l'on a posté. C'est bien dommage…

J'avais noté cette phrase elle aussi tirée des Bienveillantes de Littell : « L'épouse de Caesar, une femme encore jeune, riait beaucoup ; Wirths m'expliqua qu'il s'agissait d'une de ses assistantes, qu'il avait demandée en mariage peu de temps après que sa seconde femme meure du typhus. »

Une réaction par rapport à la concordance des temps ? Pourquoi l'auteur n'a-t-il pas employé le passé antérieur (fut morte) au lieu du subjonctif présent (meure) ? Il me semble qu'il s'agit bel et bien d'une faute…
Rappelons que les Bienveillantes ont été écrites directement en français par un auteur anglophone..
C'est une narration à la première personne, faite directement en français… par un germanophone.

Si bien que les approximations et fautes de langue dont il fourmille peuvent tout autant être mises au débit de l'auteur (il maitrise mal le français) qu'a son crédit (il fait faire des fautes à son personnage pour bien montrer qu'il n'est pas naturellement francophone).

Quoi qu'il en soit, ce texte n'est pas un témoin fiable de l'usage.
Par ailleurs, j'ai remarqué que le temps surcomposé était parfois difficile à construire pour les verbes se conjuguant avec l'auxiliaire être. Exemple :

J’ai mangé après que nous sommes revenus.

Cette phrase me semble être correcte (principale au passé composé, subordonnée au passé composé), mais si l'on voulait mettre la subordonnée au passé surcomposé…