Après que… Indicatif ou subjonctif ?

Langue française

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Pourquoi pas? En tout cas, le champ reste ouvert aux supputations à propos de l'emploi vraiment paradoxal du subjonctif derrière après que!
Dans les cas où c'est le futur qui est envisagé dans ses virtualités, le subjonctif est moins paradoxal qu'il n'y paraît…

Et sur le même sujet, un commentaire de Riegel (je l'avais oublié, celui-là) :
Sans doute faut-il tenir compte du fait qu’après que est la conjonction qui introduit la plus grande « distance temporelle » entre le fait et sa circonstance, et du même coup tend à rejeter celle-ci hors de la situation : c’est ce qui fait sa grande différence avec sitôt que, dès que ; la rupture qu’après que introduit est analogue et symétrique à celle que provoque l’emploi de avant que.
pour ne pas tomber dans l'erreur rappelle toi qu'il n'y a que 3 conjonctions de subordination de temps qui sont suivies du subjonctif à savoir :
avant que, jusqu'à ce que, en attendant que!!
pour le reste tu ne mets pas de subjonctif:!!
Il y a aussi d'ici que… Ce qui fait donc quatre. 🙂
Bonjour à tous ! Voilà, j'ai trouvé la remarque suivante dans un dictionnaire : "Cette locution conjonctive de subordination [après que] doit toujours être suivie de l'indicatif et non pas du subjonctif. Puisqu'il s'agit de faits qui s'étant réellement passés, la logique et la correction imposent l'emploi de l'auxiliaire passé au passé simple de l'indicatif ;

* Après qu'on eut ouvert la porte.
* Après qu'ils s'en furent rendu compte."


Dois-je comprendre que "après que" doit toujours être suivie du passé simple ? Ou bien cela dépend-il du temps de la principale ?

Merci d'avance.
Le temps de tes exemples est le passé antérieur (avec principale au passé simple).

Mais le passé composé peut se rencontrer.
Exemple célèbre de Charles Trenet :
Longtemps, longtemps, longtemps après que les poètes ont disparu
Leurs chansons courent encore dans les rues….


Autre exemple, de Louis Aragon :
Connaissez-vous la rose amère
Faite de sel et de refus
Celle qui fleurit sur la mer
Entre le flux et le reflux
Comme l'arc après qu'il a plu


On notera que dans les deux cas, le temps de la principale est au présent.

On rencontre aussi le plus-que-parfait, dans le cas d'une principale à l'imparfait :
Après que j'avais fait mes gammes, mes arpèges, un peu de solfège, et ressassé quelque morceau des bonnes traditions du pianiste, je cédais la place à ma mère qui s'installait à côté de Mlle de Gœcklin. (GIDE)

Le futur antérieur peut aussi se rencontrer :
Mais un tel mouvement ne me semble possible que dans longtemps, après que la guerre aura causé au monde bien plus de maux qu'elle n'a fait encore. (BENDA)

Quand il s'agit d'un fait futur, le mode subjonctif lui-même me semble admissible, si le fait est simplement envisagé, si ce n'est qu'une éventualité :
Tu pourras seulement lui parler après qu'il soit arrivé (Mais il n'est pas sûr qu'il arrive effectivement.)
Merci Jehan. Pour utiliser le futur antérieur après "après que", la principale doit être à quel temps (le futur simple je suppose) ?
Oui, futur simple, mais pas forcément… Vois la citation de BENDA.
Il suffit que la principale, par un moyen ou un autre, évoque un moment futur (ici, "dans longtemps").
Tu as découvert une faute dans le Wiktionnaire. Il me semble que quelqu'un a pris pour un constat global des remarques qui critiquent une phrase dans un article du Figaro.

P.S. Je viens de corriger l'article.
Et qu'en est-il si la principale est au passé composé ? J'ai un exemple du CNTRL : "Après que vous avez eu parlé, il s'est retiré."
Passé surcomposé (avez eu parlé)
Mais le passé composé peut suffire.
Et si ce n'est pas trop te demander Jehan, si la principale est au plus-que-parfait, "après que" est suivie de quel temps ? (un exemple serait le bienvenue)
En toute rigueur, plus-que-parfait surcomposé :
Après qu'il avait eu écrit, il avait posté la lettre…

Mais le plus-que-parfait simple est admissible.
Merci Jehan. Sinon, lorsque la principale est au passé composé, j'ai remarqué que l'on utilise quelquefois le plus-que-parfait après "après que". Cet exemple, que j'ai trouvé dans Le Bon Usage de Grevisse, illustre parfaitement ma remarque : "Il est venu nous apporter cette bonne nouvelle une demi-heure après que Jacques était parti." (A. Dumas fils, Le Fils naturel, acte IV, scène 1)

Qu'en penses-tu ? En attendant ta réponse Jehan, j'ai réfléchis au cas où la principale serait au passé antérieur ou au futur antérieur. Alors, si l'on veut être rigoureux, quels temps doit-on utiliser après "après que" dans ces deux cas de figure ?

Merci.
Si tu as fait une synthèse des réponses déjà données, tu as dû remarquer qu'en toute rigueur, on emploie dans la subordonnée le temps composé correspondant au temps simple de la principale, ou le temps surcomposé correspondant au temps composé de la principale. Mais que dans ce dernier cas, on se contente souvent, vu la lourdeur des temps surcomposés, du même temps composé dans la subordonnée.

Pour l'exemple de Dumas, je dois réfléchir encore…
Peut-être auras-tu d'autres avis avant le mien ?
Moi, je ne vois pas de problème avec les propos de Dumas.

Considère la situation: Clara répond à une question de La Marquise.
La Marquise :
… Il [Jacques] n'est pas au courant de ce qui a été convenu en son absence ?

Clara :
Non; le jour où M. Sternay a consenti à la reconnaissance, il est venu nous apporter cette bonne nouvelle une demi-heure après que Jacques était parti.
Je propose deux hypothèses : la première, c'est que le passé surcomposé avait l'air trop populaire, et ne convenait pas à une conversation avec une marquise.

La deuxième, celle que je trouve plus satisfaisante, c'est que le plus-que-parfait donne la couleur de l'imparfait, dans ce cas-ci, d'une description. Au premier plan, on voit les actions : M. Sternay a consenti et est venu. Dans l'arrière-plan, on voit la situation, le décor : Au moment où M. Sternay est venu, Jacques n'était pas là, il n'était plus là depuis une demi-heure, il était parti. En conséquence, il n'en est pas au courant.
Ne penses-tu pas, BillM, que l'emploi du passé antérieur est bien meilleur dans la phrase de Dumas ? Cela donnerait : "Il est venu nous apporter cette bonne nouvelle une demi-heure après que Jacques fut parti."
Non, certainement pas. D'utiliser le passé antérieur avec le passé composé, cela ne marcherait pas ici.

Supposons que les verbes au passé composé aient été transformés au passé simple. Je n'utiliserais toujours pas le passé antérieur. Dans un fil intitulé La concordance des temps (plus que parfait / passé antérieur ), Anne a élaboré les règles sur le passé antérieur. Généralement, le deuxième événement succède immédiatement au premier, ce qui n'est pas la situation dans cette histoire où il y avait un intervalle d'une demi-heure.

Comme le passé composé a remplacé le passé simple, le passé surcomposé a pris la place du passé antérieur, donc les mêmes règles s'appliquent toujours. Au lieu d'une succession d'un événement juste après l'autre, ce qui importe dans l'explication donnée par Clara, c'est que Jacques était parti bien avant l'arrivée de M. Sternway et leur conversation.
Donc, si je suis ton raisonnement et celui d'Anne, la phrase serait correcte si l'on disait : "Il est venu nous apporter cette bonne nouvelle juste après que Jacques fut parti."
Ou, pour conserver le même style, "Il est venu nous apporter cette bonne nouvelle juste après que Jacques a été parti", ou dès que. Le Fils naturel a été joué en 1858, et à cette époque-là on pouvait utiliser le passé simple à l'oral. Clara l'a utilisé en acte II scène 5 pour décrire à son fils les événements autour de sa naissance vingt ans auparavant. Mais le départ et la conversation dont elle parle n'ont eu lieu qu'un mois avant cette scène. Cela était assez récent pour justifier l'utilisation du passé composé.