Exposé oral sur Racine et le classicisme

Entraide scolaire

7 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,
je dois faire un petit exposé oral sur Racine et le classicisme. J'ai tout pour Racine, sauf pour le classicisme où je ne sais pas trop de quoi parler.
Je vais parler de la règle des trois unités mais après ?
Pouvez-vous me donner quelques pistes ?

Merci
Le pilier du classicisme est la vraisemblance, sans laquelle il n'y aurait aucune règle.
Le XVIIe siècle est un siècle de réglementation: c'est vrai dans le domaine des arts, c'est aussi vrai en politique. S'inspirant des réflexions d'Aristote (la Poétique), on édicte un certain nombre de règles afin d'apporter un cadre aux productions des dramaturges: la règles des trois unités (temps, lieu, action) , la règle de la bienséance, la règle de la vraisemblance. Comme te l'a dit 76man, il se trouve que la vraisemblance est l'une des grandes vertus prônées par ce siècle. On se méfiait beaucoup à l'époque des "fantaisies de l'esprit", de l'imagination que Descartes appelle la "folle du logis". C'est d'ailleurs un critère qui tend à opposer âprement la dramaturgie française à la dramaturgie anglaise - à commencer par Shakespeare pour citer le plus connu. L'imagination ne devient un critère artistique vraiment positif qu'à la fin du XVIIIe, il est mis à l'honneur par les romantiques: au XVIIe siècle, pas question de se laisser aller à ce genre de libertés, il faut imiter les Anciens. Les Anciens, pense-t-on à l'époque, sont indépassables, ils ont atteint le sommet de leur art, aussi n'y a-t'il pas de plus grand prestige que de les égaler. Pour être plus précis, c'est surtout à l'Antiquité grecque que Racine s'intéresse, il cite souvent Euripide (Ve siècle av. JC): ses brèves incursions dans l'Antiquité romaine n'ayant d'autre but que de concurrencer son copain Corneille (Britannicus, Berenice).
Bonsoir.

Tout ce qui a été dit est très juste, mais il manque une dimension essentielle à ton commentaire. La référence à Corneille en est d'autant plus pertinente. Pour Racine, il ne s'agit pas seulement de faire une biographie, il s'agit d'expliquer ce qui différencie son écriture de celle de Corneille. Je peux te mettre sur la piste en évoquant Port Royal, les jésuites et les jansénistes. Si toutefois tu as besoin de plus d'explications, je t'en donnerai demain. Tout cela attrait à la conception du héros. Bon courage !
Je pense que le classicisme n'existe pas dans l'actualité. C'est après coup qu'on le décrète. Au XVIIème siècle on parlait des Anciens et des Modernes, ce qui revient à peu près au même mais ne qualifie pas de classiques les contemporains.
Oui, mais en l'occurrence nous sommes au XXIe siècle et nous parlons de classicisme.
Goldmund a écrit :Pour être plus précis, c'est surtout à l'Antiquité grecque que Racine s'intéresse, il cite souvent Euripide (Ve siècle av. JC): ses brèves incursions dans l'Antiquité romaine n'ayant d'autre but que de concurrencer son copain Corneille (Britannicus, Berenice).
Tout d'abord parce que Racine est l'un des plus grands hellénistes de son temps, ce qui explique l'héritage grec, et notamment d'Euripide, son auteur préféré.
Pour ce qui est de ses pièces romaines, c'est plus complexe que cela. Sa Bérénice est bien sûr une concurrence faite à Corneille et sa propre Tite et Bérénice; mais c'est aussi le pendant de Britannicus, qui est dans la droite ligne d'Andromaque. Oreste est déjà un monstre naissant, comme le sera Néron dans Britannicus.