Passé simple et passé composé
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encore une fois merci … DANDY a écrit :
« BUT !!! »Mais un son extérieur tira Pierre de son magnifique rêve. Il regarda sa montre. Il s'était réveillé tard. Trop tard. Sa mère s'en allait au travail au petit jour, c’est pourquoi il ne s'était pas réveillé à temps.
pourquoi le PQP?
Bonjour Rachel,
Je vais vous donner mes penses sur cette question (je suis étranger mais j’ose le faire).
Une fiction qui a lieu dans le passé écrite à la 3ième personne d’une langue soutenue – on emploie l’imparfait et le passé simple dans le récit (in the narrative). On emploie le passé simple parce qu’il n’y a aucun lien avec le présent (le moment où l’écrivain l’écrit)
Si on emploie le passé composé au lieu du passé simple dans cette fiction, le niveau de la langue devient mois littéraire et plus familière.
Une biographie est, je pense, autre chose!
Souvent on emploie le présent pour raconter une biographie – je suppose qu’on l’appel le présent historique.
On peut aussi employer le passé simple et l’imparfait.
Le passé simple (1) pour exprimer un événement entier (commencement, durée et fin), la durée peut être courte ou longue - l’importance c’est que l’événement est complet et terminé.
L’imparfait (2) exprime un passé sans limites – le limites ne sont pas pris en compte – c’est le fait pris dans sa durée.
Molière naquit en 1622. (naître – verbe perfectif 1) C'était le fils d'un riche commerçant parisien.(passé sans limites 2) De 1636 à 1642, il fit de bonnes études au collège de Clermont à Paris, puis il apprit le droit à Orléans. (chaque étude s’est terminée 1 – n’importe la durée)
Il fut tout d'abord attiré (Voix passive –« tout d’abord » indique que cette attraction s’est terminée) par la philosophie mais c'était surtout un passionné de théâtre. En 1643, il décida (1) de pratiquer cet art; cette expérience ne dura pas (1). Molière fut mis en prison pour dettes. (Voix passive 1)
Mais il ne se décourageait pas (2). Il commença (1) à écrire des pièces.
En 1658, il s'installa (1) à Paris. Dans ses pièces, il critiquait (2) les nobles et les bourgeois. (il avait l’habitude de le faire 2) Cela lui valait (2) beaucoup d'ennemis.
En 1664, il combattait (2) l'hypocrisie religieuse dans Tartuffe. La pièce fut (1 voix passive) aussitôt interdite.
Des problèmes de santé rendirent (1) la fin de sa vie difficile. Il mourut (1) le 17 février 1673.
Mais en employant le passé simple la biographie devient comme un récit historique ou une fiction sans aucun lien avec le présent, établissant bien une distance ou un effort de mise à distance les faits présentés comme n'ayant plus de conséquence sur le présent.
Si on emploie le passé composé au lieu du passé simple ici, comme Edy a fait, on maintient un lien entre le récit et la situation d'énonciation.
La vie et les œuvres de Molière ont-ils une pertinence aujourd’hui ?
L’usage du passé composé signifie clairement que Molière et ses œuvres sont toujours d’actualité de nos jours – La nature humaine n’a pas changé et la pièce « Tartuffe » est aussi pertinent de nos jours..
À mon avis les meilleurs temps du passé pour raconter cette biographie seraient le passé composé et l’imparfait, c’est à dire la version d’Edy.
( ou bien le présent qui on trouve plus souvent et qui aussi établit un lien avec nos jours)
Si votre première langue est anglais – en anglais, on emploie seulement le temps passé pour le passé composé (ou le passé simple) et aussi pour l’imparfait
« He was born,,, His father was,,, He studied… He was draw towards… he was imprisonned … He criticised… He fought against…. « On ne peut jamais employer le temps composé de la langue anglais « the present perfect tense » dans un récit du passé, parce que c’est vraiment un temps présent - ce temps signifie le résultat d’un action passée dans le présent et on ne le jamais emploie avec un expression adverbiale du temps passé. On ne peut jamais dit « In 1643 he has decided to…. » Non! « In 1643 he decided to… » Mais on peut dire « By 1643 he has decided to… » mais il faut continuer avec le temps présent – le present historique « .. but this venture DOES not last … »
Ce sont mes penses en ce moment, je ne sais pas si j’ai raison ou non. Peut-être quelqu’un plus instruit peut m’aider.
Je trouve ce lien utile Emile.simonnet.free.fr/…/tempsverbaux.htm.
Wyn
Bonjour
Le plus-que-parfait correspond davantage à un évenement du passé révolu et complètement achevé (complètement fait et parfait, ce qu'exprime le nom du temps : plus-que-parfait)
L'emploi harmonieux des temps du passé est en effet d'un registre de langue soutenu, c'est une des richesses d'expression d'une langue alors, il faut s'en servir !
Le présent narratif est évidement une solution de facilité…
La vie de Molière n'a plus d'incidence sur le temps présent ; ses œuvres, si 🙂
Bonsoir à tous,
Je ne sais pas pourquoi plusieurs membres de ce forum croient que le passé simple exprime seulement un événement court! Il est vrai que le passé simple a une affinité avec les verbes perfectifs. (verbe d’une durée très courte) : il tomba, il entra, il sortit etc.
Mais la seule condition nécessaire c’est qu’il exprime un événement entier (commencement, durée et fin). (aspect global)
« Il fit toutes ses études à Paris. » (ses études auraient pu durer plusieurs ans.)
Mais on sait que ses études se sont terminées.
Il vit en Italie.
N’importe la durée de sa vie en Italie on sais que cette période s’est terminée.
Wyn
Wyn
Bien sûr ! pour le passé simple
Je me serai mal exprimée ; ce que je voulais dire c'est que le plus-que-parfait a tout autant sa place dans un récit au passé
On dira "il naquit à Paris" aussi bien "il était né à Paris" ; le choix d'un de ces deux temps dépendant du contexte
Il naquit à Paris, l'an de grâce mil septante-sept. Le lendemain était dimanche, et de bon matin les cloches de Pâques le réveillèrent
Il était né à Paris, l'année de la grande famine, et il commença sa vie en ayant faim.
Enfin, quelque chose comme ça !
Bonjour,
Correction - Il vécut en Italie. (pas vit)
Wyn
Bonjour !
Je fais une petite réponse nocturne à la faveur d'une insomnie ; je n'arrivais pas à compter tous mes moutons… Je me suis levé pour récupérer celui qui s'appelle Méchoui et qui, subodorant ce qui l'attend, persiste à me faire la nique.
Je me rallie à l'opinion de Wyn : le passé simple n'exprime pas en soi une durée courte ; la preuve, c'est qu'il est compatible avec une durée longue :
* Mathuselem vécut (sauf erreur) 969 ans.
Il me reste à comparer les textes que Wyn et moi nous avons proposé à propos de la biographie de Molière.
Mais demain est un autre jour…
Il y a une réponse simple à faire à la véritable question de notre ami gallois, dont la maîtrise de la langue française est par ailleurs digne de tous les éloges…
Dans une narration, on ne dit tout simplement pas : "hier, il neigea"…
Je défie quiconque de trouver dans la littérature un exemple qui vienne en contradiction.
Ni dans un discours dit (non sans pédanterie) "ancré dans la situation d'énonciation", ni dans un discours dit "coupé de la situation d'énonciation".
En termes de narration, si l'auteur d'un récit veut faire dire à un personnage qu'il a neigé la veille, il dira, immanquablement en français contemporain : "Hier, il a neigé…"
D'autre part, si le même auteur veut faire connaître à son lecteur que la neige est tombée la veille du jour où le récit prend place, il dira, immanquablement : "la veille (et non "hier"), il neigea"… ou peut-être plus probablement : "Il avait neigé la veille…" le plus que parfait indiquant ici qu'au moment de l'action, il a cessé de neiger.
Le passé simple, en français contemporain, est incontestablement réservé à la narration. "Hier" n'a pas de place dans une narration, autrement que dans un dialogue direct (le fameux discours "ancré dans la situation d'énonciation").
Autrement dit, cher Wyn, on ne peut pas écrire un récit où figureraient les phrases : «Hier, à quatorze heures, il neigea » ou bien « Hier il lut un roman policier ».
Ce n'est pas absolument incorrect sur le plan grammatical. Mais du point de vue linguistique, ça ne marche pas.
Autrement dit, votre question est plus que pertinente : vous avez raison !
J'aimerais que mes élèves, en principe francophones, se posent avec le même sérieux le même genre de questions…
Yohanan, modeste prof de français
natanson a écrit :Dans une narration, on ne dit tout simplement pas : "hier, il neigea"…
Je défie quiconque de trouver dans la littérature un exemple qui vienne en contradiction.
Hier il neigea
Pour une première recherche d'une seule minute, je ne tombe évidemment pas sur la grande littérature, juste le contexte possible pour écrire ces trois mots.
Sans doute avec plus de temps…..
Signé JS(qui)C(onque).
Bien peu convainquant…
Je parlais de littérature. D'écrivains.
Je reste persuadé qu'en français, on ne peut ni DIRE, ni ECRIRE : "Hier il neigea…"
Mais je ne demande qu'à être détrompé…
natanson a écrit :Bien peu convainquant…
Cher modeste prof de
français (!)
Quand on dit "c'est peu convain
cant", c'est souvent car on ne veut pas être convaincu.
Le lien que j'avais donné mène à un autre site qui est construit pour informer et aider les internautes dans l'usage de la langue française. J'avais bien précisé qu'il n'avait pas de prétention littéraire, mais il y a ceux qui prétendraient que tout écrit pourrait être considéré comme de la littérature. 🙂
En voici un autre:
il neigea 2
Puis "cette nuit-là il neigea" (qui, j'admets n'est pas "hier il neigea").
il neigea3
Enfin un poème, où je trouve la formulation "il a neigé" très moche. C'est une question de goût sans doute.
Il a neigé sur Yesterday
Il a neigé sur Yesterday
Le soir où ils se sont quittés
[…]
Est-il possible que ton appréciation de la qualité littéraire de "hier il neigea" n'est que la réflexion d'un usage actuellement extrêmement réduit du passé simple?
Pour ma part je ne serais pas choquée de lire dans un texte littéraire même “de qualité” 😂 Hier, il neigea, et je décidai de rester devant ma cheminée crépitante, un bon livre à la main
Juste une aparté pour élargir le débat, et remonter aux sources de la langue ! Peut-être serait-il bon de se demander pourquoi certains verbes ne se conjuguent jamais au passé simple? J'en prends pour témoin le verbe ABSOUDRE; alors que RESOUDRE lui a bien une conjugaison au passé simple !
Si ce verbe se conjuge ainsi
* j'absolus
* tu absolus
* il absolut
* nous absolûmes
* vous absolûtes
* ils absolurent
(mêmes désinences que résoudre)
Et coudre? Mais non! Frappe là logiquement encore la grammaire française.
En fait, ma liste de conjugaisons de 501 verbes dit que le passé simple d'absoudre et distraire (par exemple) sont "inemployés" mais ne donne pas d'explication. 🙄
Désolé Leah , mais je dispose des tableaux de conjugaison issus du Bescherelle entre-autres, où il est bien spécifié que le verbe ABSOUDRE n'a pas de PASSE SIMPLE! Je peus t'envoyer le scan de cela si tu as une adresse "mail" où te l'envoyer !
Eh bien sans doute n'avons-nous pas les mêmes sources, tout simplement 🙂
Bescherelle devrait-il à tout prix faire la pluie et le beau temps dans les verbes français ? Merci de la proposition de scan, mais j'ai bien sûr le Bescherelle dans ma bibli
Littré nous dit :“j'absolus et que j'absolusse sont peu usités, mais on ne doit pas les exclure de l'usage, puisqu'on dit je résolus et que je résolusse”
Le Robert donne ce passé simple, en spécifiant “rare”
Il existe chez Mallarmé
de la parole qui absolut minuit. (Igitur)
et chez Apollinaire, qui l'écrit absolvit
D'avance il l'absolvit à cause de sa beauté (La Loreley)
Bonjour,
Absoudre sur le site "Le Conjugueur".
Muriel
Comme quoi, plusieurs sources, plusieurs approches !
Bonjour,
La différence entre le passé composé et le passé simple est très-simple. C'est une question de style: le passé simple est soutenu, le passé composé est moins noble. Qu'on lise les premiers chapitres de "Candide" (Voltaire). On ne verra que le passé simple. De nos jours, cependant, on écrirait ces chapitres avec le passé vulgaire (dit composé). Au lieu d'éclairer les esprits et de les faire maîtriser leur langue, on veut adapter la langue à leur ignorance. Qu'on ne s'étonne pas à cause de mes mots, mais il faut reconnaître que le français est une langue morte pour beaucoup de Français. Je ne suis pas francophone, mais j'eus (= j'ai eu) déjà la malheur d'entendre le français parlé à Paris.
Amitiés,
Greg