Bonjour,
J'ai un travail à faire sur la lettre CXXXV " La présidente de Tourvel à madame de Rosemonde", des liaisons dangereuses
J'ai déjà pas mal de pistes, en tout cas assez pour construire un commentaire à deux parties:
I. La sensibilité exacerbée de Mme de Tourvel
a/ champ lexical des sentiments, sensations, émotions
b/ un discours chaotique, points de suspension, gradation, répétition ( valmont, valmont) etc..
c/ des émotions paralysantes ( qui l'empêchent de s'exprimer par des mots, expression du corps..)
d/ fais des sentiments la valeur suprême ( refus du masque, innocence: crois dessuite Valmont, car il utilise les sentiments…)
II. La Présidente comme figure tragique
a/ Son style: lyrique, poétique (cf: Phèdre de Racine, et les héroides) tragique. + scène de L'opéra lié au drame ?
b/ Culpabilité de mme de Tourvel ( se charge de ttes les responsabilités, dédouane Valmont- remords - elle se rend coupable)
c/ Ambiguïté de mme de Tourvel, ( du aux lettres, elle ne dit pas comment il lui rendra les lettres, espoir qu'il revienne les lui donner en mains propre comme la prmeière fois? exprime aussi l'espoir qu'il pourrait se justifier etc..)
Mais il me semble qu'un plan à trois parties serait mieux, et je n'arrive pas à le construire, peut-être que j'ai fais l'impasse de pistes à analyser?
Je fais donc appel à votre aide : )
Merci.
Voici le texte:
J'ai un travail à faire sur la lettre CXXXV " La présidente de Tourvel à madame de Rosemonde", des liaisons dangereuses
J'ai déjà pas mal de pistes, en tout cas assez pour construire un commentaire à deux parties:
I. La sensibilité exacerbée de Mme de Tourvel
a/ champ lexical des sentiments, sensations, émotions
b/ un discours chaotique, points de suspension, gradation, répétition ( valmont, valmont) etc..
c/ des émotions paralysantes ( qui l'empêchent de s'exprimer par des mots, expression du corps..)
d/ fais des sentiments la valeur suprême ( refus du masque, innocence: crois dessuite Valmont, car il utilise les sentiments…)
II. La Présidente comme figure tragique
a/ Son style: lyrique, poétique (cf: Phèdre de Racine, et les héroides) tragique. + scène de L'opéra lié au drame ?
b/ Culpabilité de mme de Tourvel ( se charge de ttes les responsabilités, dédouane Valmont- remords - elle se rend coupable)
c/ Ambiguïté de mme de Tourvel, ( du aux lettres, elle ne dit pas comment il lui rendra les lettres, espoir qu'il revienne les lui donner en mains propre comme la prmeière fois? exprime aussi l'espoir qu'il pourrait se justifier etc..)
Mais il me semble qu'un plan à trois parties serait mieux, et je n'arrive pas à le construire, peut-être que j'ai fais l'impasse de pistes à analyser?
Je fais donc appel à votre aide : )
Merci.
Voici le texte:
"La présidente Tourvel à madame de Rosemonde
Paris, 15 novembre 17.
J'essaie de vous écrire, sans savoir encore si je le pourrai. Ah Dieu! quand je songe qu'à ma dernière lettre c'était l'excès de mon bonheur qui m'empêchait de la continuer! C'est celui de mon désespoir qui m'accable à présent; qui ne me laisse de force que pour sentir mes douleurs, et m'ôte celle de les exprimer.
Valmont… Valmont ne m'aime plus, il ne m'a jamais aimée. L'amour ne s'en va pas ainsi. Il me trompe, il me trahit, il m'outrage. Tout ce qu'on peut réunir d'infortune, d'humiliations, je les éprouve, et c'est de lui qu'elles me viennent!
Et ne croyez pas que ce soit un simple soupçon: j'étais si loin d'en avoir! Je n'ai pas le bonheur de pouvoir douter. Je l'ai vu: que pourrait-il me dire pour se justifier?… Mais que lui importe! il ne le tentera seulement pas… Malheureuse! que lui feront tes reproches et tes larmes? c'est bien de toi qu'il s'occupe!…
Il est donc vrai qu'il m'a sacrifiée, livrée même… et à qui? une vile créature… Mais que dis-je? Ah! j'ai perdu jusqu'au droit de la mépriser. Elle a trahi moins de devoirs, elle est moins coupable que moi. Oh! que la peine est douloureuse, quand elle s'appuie sur le remords! Je sens mes tourments qui redoublent. Adieu, ma chère amie; quelque indigne que je me sois rendue de toute pitié, vous en aurez cependant pour moi, si vous pouvez vous former l'idée de ce que je souffre.
Je viens de relire ma lettre, et je m'aperçois qu'elle ne peut vous instruire de rien; je vais donc tâcher d'avoir le courage de vous raconter ce cruel événement. C'était hier; je devais, pour la première fois, depuis mon retour, souper hors de chez moi. Valmont vint me voir à cinq heures; jamais il ne m'avait paru si tendre. Il me fit connaître que mon projet de sortir le contrariait, et vous jugez que j'eus bientôt celui de rester chez moi. Cependant, deux heures après, et tout à coup, son air et son ton changèrent sensiblement. Je ne sais s'il me sera échappé quelque chose qui aura pu lui déplaire; quoi qu'il en soit, peu de temps après, il prétendit se rappeler une affaire qui l'obligeait de me quitter, et il s'en alla: ce ne fut pourtant pas sans m'avoir témoigné des regrets très vifs, qui me parurent tendres, et qu'alors je crus sincères.
Rendue à moi-même, je jugeai plus convenable de ne pas me dispenser de mes premiers engagements, puisque j'étais libre de les remplir. Je finis ma toilette, et montai en voiture. Malheureusement mon cocher me fit passer devant l'Opéra, et je me trouvai dans l'embarras de la sortie; j'aperçus à quatre pas devant moi, et dans la file à côté de la mienne, la voiture de Valmont. Le coeur me battit aussitôt, mais ce n'était pas de crainte; et la seule idée qui m'occupait était le désir que ma voiture avançât. Au lieu de cela, ce fut la sienne qui fut forcée de reculer, et qui se trouva à côté de la mienne. Je m'avançai sur-le-champ: quel fut mon étonnement, de trouver à ses côtés une fille, bien connue pour telle! Je me retirai, comme vous pouvez penser, et c'en était déjà bien assez pour navrer mon coeur; mais ce que vous aurez peine à croire, c'est que cette même fille, apparemment instruite par une odieuse confidence, n'a pas quitté la portière de la voiture, ni cessé de me regarder, avec des éclats de rire à faire scène.
Dans l'anéantissement où j'en fus, je me laissai pourtant conduire dans la maison où je devais souper: mais il me fut impossible d'y rester; je me sentais, à chaque instant, prête à m'évanouir, et surtout je ne pouvais retenir mes larmes.
En rentrant, j'écrivis à M. de Valmont et lui envoyai ma lettre aussitôt; il n'était pas chez lui. Voulant, à quelque prix que ce fût, sortir de cet état de mort, ou le confirmer à jamais, je renvoyai avec ordre de l'attendre: mais avant minuit mon domestique revint, en me disant que le cocher, qui était de retour, lui avait dit que son maître ne rentrerait pas de la nuit. J'ai cru ce matin n'avoir plus autre chose à faire qu'à lui redemander mes lettres, et le prier de ne plus venir chez moi. J'ai en effet donné des ordres en conséquence; mais, sans doute, ils étaient inutiles. Il est plus de midi; il ne s'est point encore présenté, et je n'ai pas même reçu un mot de lui.
A présent, ma chère amie, je n'ai plus rien à ajouter: vous voilà instruite et vous connaissez mon coeur. Mon seul espoir est de n'avoir pas longtemps encore à affliger votre sensible amitié."



