Dans / au

Langue française

10 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Hello,
Dit-on :

"Il l'a emmenée dans le sous-sol de chez sa mère."

ou

"Il l'a emmenée au sous-sol de chez sa mère." ?
Les deux expressions sont assez vilaines: "de chez sa mère" est à éviter.

La préposition "à" (pour rappel "au" est une contraction entre la préposition "à" et l'article "le") indique le mouvement vers un point. La préposition "dans" suggère la localisation au sein d'un espace. Dans le cas présent, j'aurais donc tendance à dire "il l'a amenée au sous-sol", mais le recours à la préposition "dans" ne me semble pas être une faute monstrueuse.
"de chez sa mère" peut être jugé vilain.
Il est cependant tout à fait licite de faire ainsi précéder d'une autre préposition un groupe prépositionnel introduit par "chez"; voir TLF :
En raison du sens "dans la maison de", le groupe prép. peut être lui-même précédé d'une autre prép. à valeur locale, le concept "dans" étant alors neutralisé et "chez" signifiant "la maison où habite…, séjourne habituellement… " : Alors je songeai, puisque j'avais la clef de chez elle, à aller la voir comme de coutume. (DUMAS FILS) Tous les jeunes gens, et même les messieurs âgés qui aimaient bavarder avec une femme, de temps en temps, poussaient une pointe jusqu'à chez elle, et s'enquéraient hypocritement de la présence de Respellière. (ARAGON)
Tu fais peut-être bien de le souligner en effet: pour être lourde, cette structure est permise.
Lourde, vraiment ? =)

Alors, tu préfères la "légèreté" de :
"le sous-sol du domicile de sa mère"
ou de :
"le sous-sol de la maison de sa mère" ?

"Derrière chez nous y a un étang…" (CHANSON POPULAIRE)
est-il plus mal exprimé que :
"Derrière notre ferme y a un étang" ?

"Le curé de chez nous, petit saint besogneux" (BRASSENS)
est-il plus lourd que "Le curé de notre village…" ?

Autre remarque.
"au" n'indique pas forcément un "mouvement vers".
Il est simplement plus vague et moins concret que "dans le" :

"Il est au sous-sol."
"Il travaille dans le sous-sol."
Il l'a amenée au sous-sol. Chez sa mère.

ou encore

Il l'a amenée au sous sol, chez sa mère.

Mieux vaut casser la syntaxe de la phrase que d'enchainer les groupes prépositionnels.

L'article défini amalgamé "au" désigne un point dans l'espace, la préposition "dans" suggère que ce point se trouve enclos dans un autre espace. Pour être tout à fait rigoureux, je pense que c'est ainsi qu'il faut le formuler.
Mieux vaut casser la syntaxe de la phrase que d'enchaîner les groupes prépositionnels.
C'est un choix tout personnel, et qui dépend
de la complexité des enchaînements ainsi créés.
Pour ma part, "de chez" ne me semble pas
un enchaînement bien lourd à supporter :
"Du côté de chez Swann"
Comment casserait-on quoi que ce soit, ici ?

Je ne dirais pas que "au" ne désigne qu' "un point dans l'espace" :
le lieu est présenté dans sa globalité, dans sa plus grande généralité;
alors que "dans" évoque une localisation plus concrète;
il évoque un "dedans" par rapport à un "dehors".

"au marché" "au village" "à l'école" "à l'église".

Elle se marie à l'église.
Elle prie dans l'église.
"Du côté de chez Swann", c'est une tournure plutôt lourde, et cette lourdeur est naturellement volontaire, elle confère une certaine familiarité à l'énoncé. La preuve ethique consistant à me présenter l'auteur d'une phrase comme preuve irréfutable de la fluidité de cette dernière ne peut, en toute bonne foi, se maintenir bien longtemps. Du reste, je ne suis pas convaincu que c'est en me citant toutes les classiques de notre littérature - ou de la chanson populaire - qui ont employé l'expression "de chez", que tu me démontreras la fluidité et la beauté évanescante des énoncés de polaris.

Quant à notre débat ambitieux sur les prépositions, je suppose que nous avons chacun raison à notre façon: "dans" est plus précis que "à", justement parce qu'il délimite l'espace désigné en l'enserrant dans un autre espace. Je suis dans la cuisine: ma localisation est clairement délimitée par les limites de la pièce. A l'inverse, le grande défaut de ta définition et d'omettre une chose finalement assez simple: la préposition "dans", avant même d'être l'expression d'une localisation plus ou moins précise, évoque un rapport d'inclusion. Pour te perdre dans le détail, tu en oublies l'essentiel.
Pourquoi tant de haine ? 😉

Merci toutefois d'avoir accordé autant d'attention à mon sujet. Ces discussions autour des nuances de sens sont toujours très intéressantes, du moins à mes yeux.

Je vais me plonger dans le Grevisse pour avoir une source bibliographique car je dois défendre mon choix. Si vous en avez une, n'hésitez pas à me la transmettre.

Encore merci.
Du reste, je ne suis pas convaincu que c'est en me citant toutes les classiques de notre littérature - ou de la chanson populaire - qui ont employé l'expression "de chez", que tu me démontreras la fluidité et la beauté évanescente des énoncés de polaris.
Pas plus que tu ne peux me démontrer le contraire, d'ailleurs.
A l'inverse, le grand défaut de ta définition et d'omettre une chose finalement assez simple: la préposition "dans", avant même d'être l'expression d'une localisation plus ou moins précise, évoque un rapport d'inclusion. Pour te perdre dans le détail, tu en oublies l'essentiel.
Ben voyons.
Dire "inclusion", c'est tellement plus chic que ma prose de plouc :
"dans" évoque une localisation plus concrète;
il évoque un "dedans" par rapport à un "dehors".
Le type même du pinaillage totalement stérile.