Bonjour,
J'ai une dissertation de français dont le sujet est : Pensez-vous qu'un auteur doive critiquer un défaut humain ou un fait de société ?
Les deux principales parties sont :
I)Oui c'est une obligation car c'est efficace
II)Ce n'est pas toujours efficace mais ils en sont libres
Dans la deuxième partie, je dis que les cibles du blâme de l'auteur ne s'aperçoivent pas qu'elles sont visées car l'auteur prend des précautions pour éviter la censure.
Le problème est que je ne trouve pas d'exemples d'auteur (et de roman) où un auteur ait pris des précautions dans l'écriture pour éviter la censure.
Auriez-vous une idée ?
Merci d'avance. J'ai pensé à des philosophes comme Voltaire peut-être ou Madame Bovary de Flaubert qui a beaucoup choqué lors de sa parution.
Est-ce que çà paraît bien comme exemple ?
1 - Il y a des quantités d'exemples de précautions pour éviter la censure. La plus simple est de placer dans un pays imaginaire les critiques que l'on adresse en réalité au pays où l'on vit. Ex "les voyages de Gulliver", les contes de Voltaire…..
2 Mais qu'est-ce que cela a à voir avec le sujet ?
3 Pourquoi est-ce qu'un auteur aurait un devoir ? Et pourquoi le devoir de critiquer ?
Bonsoir,
Le problème est que je ne trouve pas d'exemples d'auteur (et de roman) où un auteur ait pris des précautions dans l'écriture pour éviter la censure.
[…]
J'ai pensé à des philosophes comme Voltaire peut-être ou Madame Bovary de Flaubert qui a beaucoup choqué lors de sa parution.
Est-ce que çà paraît bien comme exemple ?
Non, Flaubert (qui a assumé son procès), n'a pas écrit pour éviter la censure.
Muriel
Tu peux peut être parler du Tartuffe et de sa réecriture à cause de la censure si ça t'intéresse
Putakli: pour le sujet et toutes les idées c'est ma prof de français qui les a donnés donc normalement c'est juste (j'ai bien dit normalement).
Sinon je vais me renseigner sur Tartuffe et les voyages de Gulliver merci à tous.
Les Lettres persanes de Montesquieu. Pour le reste, Flaubert n'a jamais modifié son texte et a d'ailleurs gagné son procès. Je pense que le siècle où l'on trouve le plus d'écarts pour éviter la censure est le XVIIIe s. A partir du XIXe, la plupart des auteurs, connus, ne prennent plus de précautions car leur but est de faire tomber la censure à force d'assauts. Alors bien sûr, Baudelaire perdra son procès et retirera sept poèmes, mais il ne se serait jamais abaissé à retirer de lui-même ses poèmes pour contourner la censure.
Mais dans les Lettres Persanes, Montesquieu critique assez clairement le roi non ?
Et il n'y aurait pas un texte de Voltaire qui dit du bien d'un thème comme par exemple le racisme et en fait il veut faire comprendre le contraire (le racisme n'est pas bien) ?
76man a écrit:
Je pense que le siècle où l'on trouve le plus d'écarts pour éviter la censure est le XVIIIe s.
Je pense qu'il faut faire la différence entre la censure préalable et la censure a posteriori. Sous l'ancien régime, la censure préalable utilisait des censeurs comme on utilise des avocats ou comme les sociétés utiisent des experts-comptables aujourd'hui. L'auteur choisissait son censeur sur une liste de censeurs agréés avant de publier. Ensuite, il était couvert.
Ensuite, quand on a aboli la censure, on ne devrait plus parler d'une censure qui n'existe plus. Mais on emploie quand même le mot pour désigner une répression judiciaire qui s'appuie sur des arguments d'ordre public, et qui, par répercussion conduit à l'auto-censure des éditeurs ou des auteurs.
Mais le système des censeurs du XVIIIème était en fait beaucoup plus libéral que le système répressif qui sème la terreur. C'est pourquoi le XVIIIème siècle est rempli de littérature satirique et bénéficie d'une liberté dont on a complètement perdu l'habitude.
Ta prof de français t'aurait-elle donné d'autres arguments pour ta deuxième partie ? L'argument que tu donne ici n'est pas le plus simple …
Et il n'y aurait pas un texte de Voltaire qui dit du bien d'un thème comme par exemple le racisme et en fait il veut faire comprendre le contraire (le racisme n'est pas bien) ?
L'exemple du racisme est mal choisi car ce qu'on met de théorie aujourd'hui sous ce mot n'existait pas à son époque et, a fortiori, n'était pas matière à débat. Darwin vient plus tard.
Dans la deuxième partie, je dis que les cibles du blâme de l'auteur ne s'aperçoivent pas qu'elles sont visées car l'auteur prend des précautions pour éviter la censure.
Quand Voltaire fait semblant de faire l'éloge de ce qu'l critique, ce n'est pas pour se cacher, mais pour donner plus de force à sa critique: voir
làPutakli a écrit :Mais le système des censeurs du XVIIIème était en fait beaucoup plus libéral que le système répressif qui sème la terreur. C'est pourquoi le XVIIIème siècle est rempli de littérature satirique et bénéficie d'une liberté dont on a complètement perdu l'habitude.
Oui, dans le cas par exemple d'un Fontenelle qui permettait à plusieurs amis d'être publiés avec privilège royal. Cependant, il ne faut pas se voiler la face quant aux auteurs connus aujourd'hui : les seuls écrits autorisés de Voltaire sont ses poèmes de glorification du roi. Prenez l'exemple des
Lettres philosophiques, premier brûlot contre l'Ancien Régime, et vous verrez qu'en plus d'être censuré, cet ouvrage a été condamné à être brûlé. L'
Encyclopédie de Diderot n'a été publiée qu'à partir du moment où il avait accepté de ne pas diffuser ses autres œuvres (
Le Neveu de Rameau,
Jacques le fataliste). Les exemples sont nombreux…
asp5000 a écrit :Ta prof de français t'aurait-elle donné d'autres arguments pour ta deuxième partie ? L'argument que tu donne ici n'est pas le plus simple …
Les deux autres arguments sont :
- qu'on peut trouver le modèle admirable mais ne pas vouloir s'investir.
- qu'on ne peut pas réellement changer.
Comme exemple du 1er argument, j'ai pris un livre où l'on parle des actions des révolutionnaires. Et pour le 2ème argument, l'Avare de Molière.