Ai-je bien compris le sens de cette phrase :
"Corpus ad omnia laborum génera paratum, animus omnium laborum patiens erat."
en la traduisant littéralement par :
"(Son) esprit de tous les travaux était endurant pour préparer le corps vers tous les genres d’épreuves."
mais à la réflexion ça me paraît pas très clair tout ça …
Absalon a écrit :Ai-je bien compris le sens de cette phrase :
"Corpus ad omnia laborum génera paratum, animus omnium laborum patiens erat."
en la traduisant littéralement par :
"(Son) esprit de tous les travaux était endurant pour préparer le corps vers tous les genres d’épreuves."
mais à la réflexion ça me paraît pas très clair tout ça …
Tu es très loin… Ta traduction est un non-sens (aucune faute n'est plus grave).
Plusieurs remarques :
1° N'oublie pas qu'il y a une virgule… tâche de traduire dans l'ordre, en ne mélangeant pas les deux sections de la phrase.
2° paratum = préparé, comment arrives-tu à "pour préparer"?
3° corpus est un neutre, n'oublie pas.
4° recherche "patiens" dans le gaffiot, son sens et sa construction.
5° fais attention avec les génitifs, ils ne sont pas compléments de n'importe quoi, il faut que ça ait du sens.
Sed quam veni facere in ista pentere !
Je vais étudier tout ça en toute humilité …
Je suis de retour avec ma galère …
Pour l'histoire de paratum je me suis servi du cours sur le supin et qui dit :
Le supin exprime le but après un verbe de mouvement.
Vénio lectum. Je viens pour lire. Je viens lire.
mais mon erreur vient de "corpus" en effet, et de là découle, en partie, l'enchaînement des mes erreurs. Car dans un premier temps j'avais effectivement suivi la structure de la phrase…
"patiens" quand on sait pas lire on sait pas lire ! En effet la traduction disait :
patiens, -ntis (+ GÉN.) : endurant (à)
j'avais gommé le (+ GÉN.)
donc j'arrive à :
Le corps préparé au près de tous les genres de travaux, était le courage endurant à toutes les épreuves.
Ai-je avancé quelque peu ?
Il reste du boulot… Paratum n'est pas un supin, mais un participe. Le supin en tant que tel est très rare. Dans 99,99% des cas, "amatum" ne signifie pas "pour aimer", mais "aimé".
Courage! Per aspera ad astra!
Edit: je n'avais pas lu la version finale de ton dernier message.
Tu t'es un peu rapproché.
Mais "ad" ne signifie pas "auprès".
J'ai vérifié dans le Gaffiot et en effet il n'est pas mention de "auprès de" pour traduire "ad", cependant dans mon livre de latin il est dit :
ad + ACC. : vers ; auprès de
Voilà pourquoi je me suis permis de l'utiliser dans se sens.
Ad responsionem est aliud interrogamentum !
Pour traduire une préposition, mieux vaut regarder la construction du verbe dont elle introduit un complément
Absalon a écrit :J'ai vérifié dans le Gaffiot et en effet il n'est pas mention de "auprès de" pour traduire "ad", cependant dans mon livre de latin il est dit :
ad + ACC. : vers ; auprès de
Voilà pourquoi je me suis permis de l'utiliser dans se sens.
[/i]
"Auprès" existe, et aussi bien d'autres sens totalement inadaptés ici, par exemple "environ", "en plus de" et bien d'autres fréquents dans des latinismes.
Le fait qu'un sens existe ne signifie pas qu'il soit justifié. Le contexte et la fréquence relative des différents sens sont les pistes à suivre.
Ici, il veut dire "pour", sens très courant.
Un conseil général et très utile: quoi qu'en pense Obélix, les Romains n'étaient pas fous. Donc, quand ta traduction semble avoir peu de sens à tes propres yeux, c'est un signal d'alarme infaillible te prévenant que tu t'es trompé.
Or, il me semble (et il devrait te sembler aussi…) que "était le courage endurant à toutes les épreuves" est du pur charabia. Donc, ne te décourage pas mais cherche encore. Mettre les mots dans un ordre français serait une étape…
Je veux bien la solution… j'suis à fond !
merci, ça me permettrait de comprendre où le bât blesse !
Mot à mot :
Son corps était préparé/prêt à tous les genres de fatigues, son esprit était endurci à toutes les fatigues.
La phrase latine est symétrique: corpus… animus. Ta traduction doit l'être aussi.
Il n'y a pas de difficulté surnaturelle.
merci, je vais étudier ça de près pour comprendre d'où viennent les erreurs de traduction !
Legam per secum capire vim verborum.
Ajouté plus tard :
Pour arriver à une traduction littérale plus juste il fallait déplacer le verbe "erat" pour obtenir :
Le corps était préparé vers (au près de) tous les genres de travaux, le courage endurant à toutes les épreuves
Et une petite question complémentaire :
"viventi" participe présent de "vivo" ne peut être qu'un datif car à l'ablatif il ferait "vivente" si j'ai bien assimilé la règle de déclinaison calquée sur "prudens".
Bise à tous et bonne journée …
Absalon a écrit :Le corps était préparé vers (au près de) tous les genres de travaux, le courage endurant à toutes les épreuves
Et une petite question complémentaire :
"viventi" participe présent de "vivo" ne peut être qu'un datif car à l'ablatif il ferait "vivente" si j'ai bien assimilé la règle de déclinaison calquée sur "prudens".
Il y a du progrès, mais enlève ta parenthèse (qui ne signifie rien).
Ensuite, préparé "vers" est peu français: quelle préposition emploierais-tu spontanément?
Enfin, animus n'est pas ici "le courage": réfléchis un peu, quel sens d'animus fait balancement avec corpus?
En ce qui concerne la question subsidiaire, il faut savoir qu'il y a un flottement dans l'ablatif singulier des participes présents (et des adjectifs dérivés, comme
prudens): le latin hésite entre -i et -e. En général, c'est -i s'il s'agit d'une personne et -e dans les autres cas. Mais la règle n'est pas absolue.
Don,
viventi peut être un datif ou un ablatif.
Je pense qu'il s'agit de "esprit" pour "animus"
en tous les cas merci pour tout …
ajouté plus tard…
donc avec le texte suivant : "Milites tam forti duci, cum copiis vivénti et pugnanti, gratiam habébant." puis-je risquer cette vision des choses : "Les militaires avaient de la reconnaissance pour un chef si courageux avec les forces vives et combattantes."
Vous vous trompez sur viventi et pugnanti. Vous devez traduire beaucoup plus littéralement… Ces deux participes sont au datif singulier (ils ne peuvent en tout cas être à l'ablatif pluriel comme vous le pensez), tout comme forti, ils sont donc épithètes de duci. Cum copiis est complément de ces deux participes, comme vous l'indique la ponctuation.
C'est incroyable, je donne la déclinaison dans le message précédent :
"viventi" participe présent de "vivo" ne peut être qu'un datif car à l'ablatif il ferait "vivente"
et je me dépêche de l'oublier !
ce qui donnerait :
"Les militaires avaient une reconnaissance pour un chef si courageux vivant et combattant avec les troupes."
merci de soutenir celui qui se perd dans ses pensées !
Il n'est pas seulement "vivant", il est vivant cum copiis…
Courage, Mi fili Absalon!
Nos messages se sont croisés, en l'écrivant je me suis rendu compte de la chose !
merci … pater meus