Bonjour.
Voici un corpus qui m'a été donné à faire.
Question transversale : En quoi peut-on parler de poèmes modernes ?
Baudelaire, Les Fleurs du Mal, section de "Tableaux parisiens", "Crépuscule du matin" (1868)
Pour le "Crépuscule du matin" et "Le joujou du pauvre", poèmes en vers et en prose de Baudelaire, il y a un point commun qu'est la pauvreté, mais en quoi cela peut-il être rapproché de la ville moderne ou du poème moderne ? Puisque les pauvres existaient déjà avant le Romantisme, donc je ne sais pas si c'est un élément important par rapport à la question, mais si ces deux poèmes ont été ainsi choisi, ce n'est pas par hasard… du coup je suis un peu perdue pour ces deux textes.
Ensuite, pour "Les Usines" et "Zone", j'ai remarqué que la ponctuation était plus ou moins absente (totalement dans "Zone") ce qui fait que les poèmes ont un rythme rapide et vont droit au but. Pour "Les Usines", il y a un mot qui n'existe pas, et il y a sûrement une raison à sa présence dans le poème : "tictaquement", et je n'arrive pas à comprendre ce que vient faire ce mot dans le poème…
Et j'ai un peu de mal à trouver une problématique générale au corpus… si vous aviez quelques pistes à apporter à mes remarques… je vous en remercie d'avance.
EDIT: En faisant quelques recherches, j'ai constaté que la poésie moderne était ce qui se détachait du Sacré, que c'était une remise en question du concept de Réalité, et "une forme de méditation verbale destinée à nous reconnecter à l'univers.
Voici un corpus qui m'a été donné à faire.
Question transversale : En quoi peut-on parler de poèmes modernes ?
Baudelaire, Les Fleurs du Mal, section de "Tableaux parisiens", "Crépuscule du matin" (1868)
La diane chantait dans les cours des casernes,Baudelaire, Le Spleen de Paris, "Le joujou du pauvre" (1869)*
Et le vent du matin soufflait sur les lanternes.
C'était l'heure où l'essaim des rêves malfaisants
Tord sur leurs oreillers les bruns adolescents ;
Où, comme un oeil sanglant qui palpite et qui bouge,
La lampe sur le jour fait une tache rouge ;
Où l'âme, sous le poids du corps revêche et lourd,
Imite les combats de la lampe et du jour.
Comme un visage en pleurs que les brises essuient,
L'air est plein du frisson des choses qui s'enfuient,
Et l'homme est las d'écrire et la femme d'aimer.
Les maisons çà et là commençaient à fumer.
Les femmes de plaisir, la paupière livide,
Bouche ouverte, dormaient de leur sommeil stupide ;
Les pauvresses, traînant leurs seins maigres et froids,
Soufflaient sur leurs tisons et soufflaient sur leurs doigts.
C'était l'heure où parmi le froid et la lésine
S'aggravent les douleurs des femmes en gésine ;
Comme un sanglot coupé par un sang écumeux
Le chant du coq au loin déchirait l'air brumeux ;
Une mer de brouillards baignait les édifices,
Et les agonisants dans le fond des hospices
Poussaient leur dernier râle en hoquets inégaux.
Les débauchés rentraient, brisés par leurs travaux.
L'aurore grelottante en robe rose et verte
S'avançait lentement sur la Seine déserte,
Et le sombre Paris, en se frottant les yeux,
Empoignait ses outils, vieillard laborieux.
Je veux donner l'idée d'un divertissement innocent. Il y a si peu d'amusements qui ne soient pas coupables!Emile Verhaeren, Les Villes tentaculaires, "Les Usines" (1895), extrait.
Quand vous sortirez le matin avec l'intention décidée de flâner sur les grandes routes, remplissez vos poches de petites inventions d'un sol, - telles que le polichinelle plat mû par un seul fil, les forgerons qui battent l'enclume, le cavalier et son cheval dont la queue est un sifflet, - et le long des cabarets, au pied des arbres, faites-en hommage aux enfants inconnus et pauvres que vous rencontrerez. Vous verrez leurs yeux s'agrandir démesurément. D'abord ils n'oseront pas prendre; ils douteront de leur bonheur. Puis leurs mains agripperont vivement le cadeau, et ils s'enfuiront comme font les chats qui vont manger loin de vous le morceau que vous leur avez donné, ayant appris à se défier de l'homme.
Sur une route, derrière la grille d'un vaste jardin, au bout duquel apparaissait la blancheur d'un joli château frappé par le soleil, se tenait un enfant beau et frais, habillé de ces vêtements de campagne si pleins de coquetterie. Le luxe, l'insouciance et le spectacle habituel de la richesse, rendent ces enfants-là si jolis, qu'on les croirait faits d'une autre pâte que les enfants de la médiocrité ou de la pauvreté. A côté de lui, gisait sur l'herbe un joujou splendide, aussi frais que son maître, verni, doré, vêtu d'une robe pourpre, et couvert de plumets et de verroteries. Mais l'enfant ne s'occupait pas de son joujou préféré, et voici ce qu'il regardait :
De l'autre côté de la grille, sur la route, entre les chardons et les orties, il y avait un autre enfant, pâle, chétif, fuligineux, un de ces marmots-parias dont un œil impartial découvrirait la beauté, si, comme œil du connaisseur devine une peinture idéale sous un vernis de carrossier, il le nettoyait de la répugnante patine de la misère.
A travers ces barreaux symboliques séparant deux mondes, la grande route et le château, l'enfant pauvre montrait à l'enfant riche son propre joujou, que celui-ci examinait avidement comme un objet rare et inconnu. Or, ce joujou, que le petit souillon agaçait, agitait et secouait dans une boîte grillée, c'était un rat vivant! Les parents, par économie sans doute, avaient tiré le joujou de la vie elle-même.
Et les deux enfants se riaient l'un à l'autre fraternellement, avec des dents d'une égale blancheur.
Automatiques et minutieux,Apollinaire, Alcools, "Zone" (1913), extrait.
Des ouvriers silencieux
Règlent le mouvement
D'universel tictacquement
Qui fermente de fièvre et de folie
Et déchiquette, avec ses dents d'entêtement,
La parole humaine abolie.
Plus loin, un vacarme tonnant de chocs
Monte de l'ombre et s'érige par blocs ;
Et, tout à coup, cassant l'élan des violences,
Des murs de bruit semblent tomber
Et se taire, dans une mare de silence,
Tandis que les appels exacerbés
Des sifflets crus et des signaux
Hurlent soudain vers les fanaux,
Dressant leurs feux sauvages,
En buissons d'or, vers les nuages.
Et tout autour, ainsi qu'une ceinture,
Là-bas, de nocturnes architectures,
Voici les docks, les ports, les ponts, les phares
Et les gares folles de tintamarres ;
Et plus lointains encor des toits d'autres usines
Et des cuves et des forges et des cuisines
Formidables de naphte et de résines
Dont les meutes de feu et de lueurs grandies
Mordent parfois le ciel, à coups d'abois et d'incendies.
A la fin tu es las de ce monde ancienEt Francis PONGE, Le parti pris des choses, "Le compliment fait à l'industriel"
Bergère ô tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matin
Tu en as assez de vivre dans l'antiquité grecque et romaine
Ici même les automobiles ont l'air d'être anciennes
La religion seule est restée toute neuve la religion
Est restée simple comme les hangars de Port-Aviation
Seul en Europe tu n'es pas antique ô Christianisme
L'Européen le plus moderne c'est vous Pape Pie X
Et toi que les fenêtres observent la honte te retient
D'entrer dan une église et de t'y confesser ce matin
Tu lis les prospectus les catalogues les affiches qui chantent tout haut
Voilà la poésie ce matin et pour la prose il y a les journaux
Il y a les livraisons à 25 centimes pleines d'aventure policières
Portraits des grands hommes et mille titres divers
Sire, votre cerveau peut paraître pauvre, meublé de tables plates, de lumières coniques tirant sur des fils verticaux, de musiques à cribler l'esprit commercial,Dans chaque poème, comme l'indique le nom du corpus, il y a une ou plusieurs référence à la ville moderne.
mais votre voiture, autour de la terre, promène visiblement Paris, comme un gilet convexe, barré d'un fleuve de platine, où pend la tour Eiffel avec d'autres breloques célèbres,
et lorsque, revenant de vos usines, déposées au creux des campagnes comme autant de merdes puantes,
vous soulevez une tapisserie et pénétrez dans vos salons,
plusieurs femmes viennent à vous, vêtues de soie, comme des mouches vertes.
Pour le "Crépuscule du matin" et "Le joujou du pauvre", poèmes en vers et en prose de Baudelaire, il y a un point commun qu'est la pauvreté, mais en quoi cela peut-il être rapproché de la ville moderne ou du poème moderne ? Puisque les pauvres existaient déjà avant le Romantisme, donc je ne sais pas si c'est un élément important par rapport à la question, mais si ces deux poèmes ont été ainsi choisi, ce n'est pas par hasard… du coup je suis un peu perdue pour ces deux textes.
Ensuite, pour "Les Usines" et "Zone", j'ai remarqué que la ponctuation était plus ou moins absente (totalement dans "Zone") ce qui fait que les poèmes ont un rythme rapide et vont droit au but. Pour "Les Usines", il y a un mot qui n'existe pas, et il y a sûrement une raison à sa présence dans le poème : "tictaquement", et je n'arrive pas à comprendre ce que vient faire ce mot dans le poème…
Et j'ai un peu de mal à trouver une problématique générale au corpus… si vous aviez quelques pistes à apporter à mes remarques… je vous en remercie d'avance.
EDIT: En faisant quelques recherches, j'ai constaté que la poésie moderne était ce qui se détachait du Sacré, que c'était une remise en question du concept de Réalité, et "une forme de méditation verbale destinée à nous reconnecter à l'univers.



