Montesquieu, Lettres persanes, 74

Entraide scolaire

13 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour je dois faire une commentaire sur la lettre 74 de Montesquieu.
On me demande de faire mon commentaire grâce à ces axes:
1 quel personnage est mis en scène dans la lettre ? comment Montesquieu le présente-t-il? dans quel but ?

2 vous montrez comment le genre et l'organisation du texte sont au service d'une argumentation

Pour la première je pense que le personnage mis en scène est Usbeck celui qui écrit la lettre mais j'ai un doute puisque ça peut être dont Usbeck parle c'est à dire un grand seigneur.

dites moi ce que vous en pensez.
Merci d'avance
Il y a quelques jours qu'un homme de ma connaissance me dit : Je vous ai promis de vous produire dans les bonnes maisons de Paris ; je vous mène à présent chez un grand seigneur qui est un des hommes du royaume qui représentent le mieux.
Que cela veut-il dire, monsieur ? est-ce qu'il est plus poli, plus affable qu'un autre ? Ce n'est pas cela, me dit-il. Ah ! J'entends ; il fait sentir à tous les instants la supériorité qu'il a sur tous ceux qui l'approchent ; si cela est, je n'ai faire d'y aller ; je prends déjà condamnation, et je la lui passe tout entière.
Il fallut pourtant marcher ; et je vis un petit homme si fier, il prit une prise de tabac avec tant de hauteur, il se moucha si impitoyablement, il cracha avec tant de flegme, il caressa ses chiens d'une manière si offensante pour les hommes, que je ne pouvais me laisser de l'admirer. Ah ! bon Dieu ! dis-je en moi-même, si lorsque j'étais à la course de la Perse, je représentais ainsi, je représentais un grand sot ! Il aurait fallu, Usbek, que nous eussions eu un bien mauvais naturel pour aller faire cent petites insultes à des gens qui venaient tous les jours chez nous nous témoigner leur bienveillance ; ils savaient bien que nous étions au-dessus d'eux ; et s'ils l'avaient ignoré, nos bienfaits le leur auraient appris chaque jour. N'ayant rien à faire pour nous faire respecter, nous faisions tout pour nous rendre aimables : nous nous communiquions aux plus petits ; au milieu des grandeurs, qui endurcissent toujours, ils nous trouvaient sensibles ; ils ne voyaient que notre coeur au-dessus d'eux ; nous descendions jusqu'à leurs besoins. Mais lorsqu'il fallait soutenir la majesté du prince dans les cérémonies publiques ; lorsqu'il fallait faire respecter la nation aux étrangers ; lorsque enfin, dans les occasions périlleuses, il fallait animer les soldats, nous remontions cent fois plus haut que nous n'étions descendus ; nous ramenions la fierté sur notre visage ; et l'on trouvait quelquefois que nous représentions assez bien.
Le personnage mis en scène est le grand seigneur dont Montesquieu dénonce la morgue insupportable. C'est l'occasion pour l'auteur de faire réfléchir le lecteur sur l'utilité sociale de l'aristocratie.
ah ok merci 🙂
Ainsi il le représente comme une personne qui est intouchable non?
Non, Montesquieu dénonce un prétentieux qui méprise le monde entier sans raison. Sur quoi ce grand seigneur fonde-t-il son sentiment de supériorité ? Quels services rendus à la société pourraient justifier ce dédain ? Non seulement cet aristocrate est inutile, il est de plus stupide.
d'accord du coup cette caractérisation permet de montrer que le société française est plus faible que celle des Perses ? les seigneurs français sont faibles.
Ce qui intéresse Montesquieu est de critiquer la société française. La comparaison avec la société perse est destinée à mettre en valeur les vices de la société française. Il faut donc lire en creux dans les comportements persans les critiques adressées à la noblesse d'épée française.
Bonjour à vous , je doit moi aussi faire ce commentaire composé et j'ai un peu de mal a la deuxième question : " vous montrerez comment le genre et l'organisation du texte sont au service d'une argumentation . "
Donc voila si vous pourriez m'aider , je vous en serai reconnaissant .
C'est normal que tu aies de la peine, car ce texte n'est pas argumentatif. Bien sûr, on peut en déduire les idées de Montesquieu, mais il n'en fait pas des arguments.
C'est un exemple typique de la robotisation contemporaine de l'enseignement du français.
Je ne sais pas combien tu auras, mais je mets 6/20 à ton prof.
Bonjour Myfreestyle,

Montesquieu utilise des procédés d'argumentation indirecte :
- le portrait proche de l'exemplum voir ici,
- la comparaison entre deux situations,
- des commentaires qui utilisent la modalisation, voir ici.

Ces moyens permettent l'inscription dans le registre polémique.
Mon objectif est cette fois si de trouver les figures de style qu'il y a dans ce texte et les expliquer.

Pour le moment je n'en ai pas trouvé beaucoup..
Je vous cite celles trouvées :
Ligne 22 : Litote "assez bien" ici Usbeck veux dire enfaite, qu'il représente bien, la litote permet d'atténuer une idée, dire moins pour faire penser plus.Ceci est aussi une auto dérision l'auteur se moque de lui même.

Voila voila, ce n'est pas fameux ! Si vous pouvez m'aidez, ce serait avec plaisir

Voici le texte :

LETTRE LXXIV.
RICA A USBEK.

A ***.

Il y a quelques jours qu'un homme de ma connaissance me dit : Je vous ai promis de vous produire dans les bonnes maisons de Paris ; je vous mène à présent chez un grand seigneur qui est un des hommes du royaume qui représentent le mieux.
Que cela veut-il dire, monsieur ? est-ce qu'il est plus poli, plus affable qu'un autre ? Ce n'est pas cela, me dit-il. Ah ! J'entends ; il fait sentir à tous les instants la supériorité qu'il a sur tous ceux qui l'approchent ; si cela est, je n'ai faire d'y aller ; je prends déjà condamnation, et je la lui passe tout entière.
Il fallut pourtant marcher ; et je vis un petit homme si fier, il prit une prise de tabac avec tant de hauteur, il se moucha si impitoyablement, il cracha avec tant de flegme, il caressa ses chiens d'une manière si offensante pour les hommes, que je ne pouvais me laisser de l'admirer. Ah ! bon Dieu ! dis-je en moi-même, si lorsque j'étais à la course de la Perse, je représentais ainsi, je représentais un grand sot ! Il aurait fallu, Usbek, que nous eussions eu un bien mauvais naturel pour aller faire cent petites insultes à des gens qui venaient tous les jours chez nous nous témoigner leur bienveillance ; ils savaient bien que nous étions au-dessus d'eux ; et s'ils l'avaient ignoré, nos bienfaits le leur auraient appris chaque jour. N'ayant rien à faire pour nous faire respecter, nous faisions tout pour nous rendre aimables : nous nous communiquions aux plus petits ; au milieu des grandeurs, qui endurcissent toujours, ils nous trouvaient sensibles ; ils ne voyaient que notre coeur au-dessus d'eux ; nous descendions jusqu'à leurs besoins. Mais lorsqu'il fallait soutenir la majesté du prince dans les cérémonies publiques ; lorsqu'il fallait faire respecter la nation aux étrangers ; lorsque enfin, dans les occasions périlleuses, il fallait animer les soldats, nous remontions cent fois plus haut que nous n'étions descendus ; nous ramenions la fierté sur notre visage ; et l'on trouvait quelquefois que nous représentions assez bien.

De Paris, le 10 de la lune de Saphar, 1715
Je voulais moi aussi pouvoir aider quelqu'un un jour, alors je poste ce plan de commentaire composé sur la "Lettre 74" des Lettres Persanes de Montesquieu:

Problématique: Dans quelle mesure Montesquieu joue-t-il sur la frontière entre le narratif et l'argumentatif afin de servir la réflexion sur la représentation ?

I- Une description critique

A/ Critique de la noblesse

- effet de suspens pour annoncer le Noble
- découverte progressive
- enlève la grandeur "petit homme fier" l.2 => "grand sot" => "il" => diminution du roi jusqu'à l'insulte
- anonymat


B/ La description en action

- peu conforme au type descriptif
- vivacité du portrait : portrait à charges du noble l.8 à 12
- superlatifs et intensifs "si", "tant"


C/ Les oppositons

- la suppériorité est une affaire de mérite
- surprise: "non"
- paradoxe
- actions basses et purement physiques L. 8, 9, 10
- mépris pour le personnage
- aspect infondé de sa supériorité


Transition: En passant du cas particulier au général, Monstesquieu met en scène le thème de la représentation.

II- Mise en scène narrative au service de l'argumentation

A/ Structure du texte

- récit cadre "Il y a"
- dialogue, descrition, long passage argumentatif
- le dialogue cherche à rendre le récit vivant
- objectif: plaire et instruire (placere et docere)


B/ Le genre de la lettre: un masque

- forme breve
- aspect dialogue, ton de la conversation: se dissimuler derrière l'identité des Persans
- recul d'une autre civilisation sur la nôtre => possibilité que l'on peut peut être penser autrement, évite la censure. Exotisme : gouts de l'époque


C/ Le thème de la représentation mis en scène

- allure théâtrale du début du texte: didascalie / répliques
- la supériorité doit s'imposer comme telle et non se représenter


Ouverture: pose les questions qui aboutiront à la naissance de la République

/!\ Représenter est à double sens:

- Être le représentant de la noblesse
- Être en représentation théâtrale


Usbek à Rica, à **** => se "moque" et joue de la censure, donne envie de lire au lecteur par l'exitation de la chose interdite

Voila 😀

FreeForEver
C'est très gentil à toi, mais tu sais la question datait de l'année dernière donc la personne doit être en terminale et ne plus se soucier de ta réponse…
Ah non mais je sais 😜 , mais c'était pour les éventuelles personnes qui en auraient besoin 🙂