Céline, Voyage au bout de la nuit - Et puis non, le feu est parti, le bruit est resté longtemps dans

Entraide scolaire

12 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
Livres sur Amazon
Bonjour,
Je dois faire un commentaire littéraire mais j'ai souvent du mal à trouver le registre d'un texte. Pouvez-vous me dire si vous trouvez le même registre que moi si cela est possible merci
Voici l'extrait:
Et puis non, le feu est parti, le bruit est resté longtemps dans ma tête, et puis les bras et les jambes qui tremblaient comme si quelqu’un vous les secouait de par-derrière. Ils avaient l’air de me quitter, et puis ils me sont restés quand même mes membres. Dans la fumée qui piqua les yeux encore pendant longtemps, l’odeur pointue de la poudre et du soufre nous restait comme pour tuer les punaises et les puces de la terre entière.
Tout de suite après ça , j'ai pensé aau maréchal des logis Barousse qui venait d'éclater comme l'autre nous l'avait appris. C'était une bonne nouvelle. Tant mieux! que je pensais tout de suite ainsi: << C'est une bien grande charogne en moins dans le régiment! >> Il avait voulu me faire passer au Conseil pour une boîte de conserves <<Chacun sa guerre!>> que je me dis. De ce côté-là, faut en convenir, de temps en temps, elle avait l'air de sevir à quelque chose la guerre! J'en connaissais bien encore trois ou quatre dans le régiment de sacrées ordures que j'aurais aidé bien volontiers à trouver un obus comme Barousse.
Quant au colonel, lui, je ne lui voulais pas de mal. Lui pourtant aussi il était mort. Je ne le vis plus, tout d’abord. C’est qu’il avait été déporté sur le talus, allongé sur le flanc par l’explosion et projeté jusque dans les bras du cavalier à pied, le messager, fini lui aussi. Ils s’embrassaient tous les deux pour le moment et pour toujours, mais le cavalier n’avait plus sa tête, rien qu’une ouverture au-dessus du cou, avec du sang dedans qui mijotait en glouglous comme de la confiture dans la marmite. Le colonel avait son ventre ouvert, il en faisait une sale grimace. Ça avait dû lui faire du mal ce coup-là au moment où c’était arrivé. Tant pis pour lui ! S’il était parti dès les premières balles, ça ne lui serait pas arrivé.
Tout de suite après ça, j’ai pensé au maréchal des logis Barousse qui venait d’éclater comme l’autre nous l’avait appris. C’était une bonne nouvelle. Tant mieux que je pensais tout de suite ainsi : « C’est une bien grande charogne en moins dans le régiment ! » Il avait voulu me faire passer au Conseil pour une boîte de conserves. « Chacun sa guerre » que je me dis. De ce côté-là, faut en convenir, de temps en temps, elle avait l’air de servir à quelque chose la guerre ! J’en connaissais bien encore trois ou quatre dans le régiment, de sacrées ordures que j’aurais aidé bien volontiers à trouver un obus comma Barousse.
Toutes ces viandes saignaient énormément ensemble.
Je pense que c'est le registre épique mais je ne suis pas sûre. POuvez-vous m'aider ?
Je dirais plutôt le tragique en raison de la révolte devant l'horreur du spectacle. Mais il y a aussi des traces de registre polémique : ironie, dénonciation de la guerre, et burlesque (ou contre-épique) dans la vulgarité pour dénoncer la mort ignominieuse.

L'indignation et la peur rétrospective s'expriment dans ce mélange inhabituel de registres, une caractéristique du style à la fois familier et soutenu de Céline.
Je vous remercie de votre aide mais êtes-vous sur pour le registre polémique ?
Le registre polémique a pour but de faire réagir son destinataire or il n'y a pas de dialogue dans ce passage
Le registre polémique vise à inspirer au récepteur une adhésion intellectuelle à des valeurs jugées menacées. Il se sert d'un lexique moral mélioratif (vertu, liberté, beauté) qu'il oppose à celui du dérèglement et de la dépravation (termes violemment péjoratifs).

Il recherche l'implication du destinataire par l'apostrophe et l'ironie provocante.

Ce texte dénonce l'horreur de la guerre et l'abus de pouvoir de la hiérarchie.
Ah Ok. Donc en fait, ce texte est à regsitre tragique, polémique mais ce texte est aussi réaliste ( de la guerre). C'est bien ça ?
Le réalisme n'est pas un registre.
Je le sais bien. J'aimerais juste savoir si vous avez la même pensée que moi c'est-à-dire que ce texte est réaliste.
Ce texte n'est pas réaliste mais burlesque (ou contre-épique) comme indiqué plus haut car il désacralise la mort. Regarde cette comparaison : "du sang dedans qui mijotait en glouglous comme de la confiture dans la marmite". Céline recourt moins à l'hypotypose (précision réaliste) qu'à quelques choix symboliques qui traduisent un humour noir.
Je ne comprend pas très bien. Pour mon commentaire littéraire je pensais à faire un plan comme celui là:

I] Un extrait réaliste
II] Un texte à registre tragique
II] Des aspects du naturalisme

et je pensais mettre une sous partie qui parle du burlesque dans le I].
Un plan ne peut être bâti sur des remarques formelles.

Définis d'abord un parcours de lecture : Par exemple, en quoi ce texte est-il une dénonciation de la guerre ?

Tu peux alors définir deux ou trois axes de réponse :

1 - la guerre vécue comme un chaos
2 - la guerre fait ressurgir la bestialité
3 - la guerre est une folie inhumaine
Pouvez-vous m'expliquer car je viens de commencer à faire des recherches pour la troisième partie et j'ai trouvé quelques procédés. Je reformule ma réponse.
Je viens d'effectuer une grande partie à 3 sous partie, cette partie s'intitule: Les différents aspects de la guerre (vue par le narrateur).
Je suis maintenant à le recherche d'une deuxième grande partie. J'aimerai utiliser un registre mais je ne trouve aucun dans le texte de ceux que vous m'avez dit à part le burlesque où je l'ai déjà utilisé dans la première partie.