Poètes français contemporains et forme régulière

Littérature

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Quels sont d'après vous les poètes français contemporains à forme régulière ?
Et si la forme régulière est devenue rare ou non ?

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Bonjour, je ne sais pas exactement ce que tu appelles "forme régulière", ni même ce que tu entends par "contemporain".
Si tu veux, au XXème siècle, bizarrement, il y a Desnos, qui réemploie (un peu) la forme sonnet, dans Destinée arbitraire
Encore plus contemporain, il y a Philippe Jaccottet, dont je te conseil le recueil qui n'a pas de nom (juste "Poésies" suivi de deux dates, je ne sais plus lesquelles) Il y en a sans doute d'autres… Je ne sais pas vraiment ce que veut dire pour toi "forme régulière" (finalement, le poème en prose est une sorte de forme régulière, non?)
Forme régulière signifie, forme qui obéit strictement à des règles explicites propres au genre. Le roman et le poème en prose ne sont pas des formes régulières, contrairement au sonnet et à la tragédie classique. Dans le 20° siècle, les formes les plus régulières sont peut-être celles que les oulipiens ont inventées.
En poésie les formes régulières ont rapport au rythme qu'elles ordonnent de façon à ce qu'on y retrouve un modèle musical. Ex: Aragon

Il y a lieu de s'alarmer si l'on ne compend pas ce que signifie "formes régulières", dés lors qu'on a touché à la poésie, aussi peu que ce soit. C'est aussi bête que de rester empenné dans une approche globale de la langue au point de ne pas savoir que les mots sont faits avec des lettres, comme Mr Jourdain ou comme l'Académie française chargée par le roi de faire un dictionnaire et qui, pour commencer, avait tergiversé pendant plusieurs mois en se demandant si "a" était un mot ou une lettre.

Banville explique très bien cela et je vais citer le début de son Petit traité de poésie française pour donner envie de s'y reporter à ceux qui sont interloqués devant l'expression "formes régulières":
Presque tous les traités de poésie ont été écrits au dix-septième et au dix-huitième siècle, c'est-à-dire aux époques où l'on a le plus mal connu et le plus mal su l'art de la Poésie. Aussi pour étudier, même superficiellement, cet art, qui est le premier et le plus difficile de tous, faut-il commencer par faire table rase de tout ce qu'on a appris, et se présenter avec l'esprit semblable à une page blanche.

J'entends d'ici l'objection. — Quoi ! dira-t-on, vous prétendez qu'on n'a pas su la poésie au siècle qui a enfanté ou possédé Corneille, Racine, Molière, La Fontaine! — La réponse est bien simple et bien facile. Ces quatre hommes étaient quatre géants, quatre créatures surhumaines qui, à force de génie, ont fait des chefs-d'œuvre immortels, bien qu'ils n'eussent qu'un mauvais outil à leur disposition. Leur outil (par lui j'entends la versification comme ils la savaient) était si mauvais, qu'après les avoir gênés et torturés tout le temps de leur vie, il n'a pu, après eux, servir utilement à personne. Et l'outil que nous avons â notre disposition est si bon, qu'un imbécile même, à qui on a appris à s'en servir, peut, en s'appliquant, faire de bons vers. Notre outil, c'est la versification du seizième siècle, perfectionnée par les grands poètes du dix-neuvième, versification, dont toute la science se trouve réunie en un seul livre, La Légende des Siècles de Victor Hugo, qui doit être la Bible et l'Évangile de tout versificateur français.
Il est indispensable d'avoir compris cela pour profiter d'un enseignement quel qu'il soit, car les choses se répètent toujours dans le même ordre: 1 un inventeur crèe, 2 un critique dépiaute son œuvre et en tire des règles, 3 un enseignant transmet les règles, 4 un apprenti applique les règles.
Mais ces règles ne sont que des outils et on peut se servir d'un outil sans se soucier de sa fabrication, mais il ne faut pas confondre les auto-écoles avec la construction automobile.
LaNuitRemue a écrit :Encore plus contemporain, il y a Philippe Jaccottet, dont je te conseil[le] le recueil qui n'a pas de nom (juste "Poésies" suivi de deux dates, je ne sais plus lesquelles)
Juste une précision sur le recueil Poésie 1946-1967 paru dans la collection Poésie chez Gallimard. Cette collection a souvent usé de ce procédé arbitraire pour rassembler plusieurs courts recueils sous la forme "Poésie(s) + date", ce qui ne veut pas dire que le recueil n'a pas de nom, mais que l'éditeur (plus que l'auteur, peut-être même dans ce cas précis) a souhaité donner un titre volontairement vague, pour rassembler, dans ce cas par exemple, quelques recueils comme L’Effraie et L’Ignorant.
C'est le cas par exemple pour Paul Eluard dans la même collection.
Mais ce fait est imputable avant tout au directeur de collection.