Voltaire : un philosophe contre la philosophie ?

Entraide scolaire

8 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous,

je commence à me faire des fiches en vue du bac de français. J'ai eu quelques difficultés concernant celle sur le dernier chapitre de Candide. En effet, j'ai pris peu de notes pendant toute l'année (honte à moi) et je me vois obligé de chercher des informations sur internet. J'y ai donc trouvé, entre autres, que Voltaire critique la philosophie optimiste et fait l'éloge du travail. Jusque là, rien de bien compliqué. Mais je me suis demandé si Voltaire, considéré tout de même comme un philosophe des Lumières, était réellement contre la philosophie. Après avoir lu Candide, il semble vouloir montrer que le travail est la source de l'émancipation des hommes vers le bonheur et que réfléchir à des questions métaphysiques ne sert à rien, sauf à rendre malheureux. Il déconseille donc (en prenant l'exemple de Pangloss) de ne pas philosopher ? Celà n'est-il pas contradictoire puisque lui-même est un philosophe ?

Cela m'empêche quelque peu de bien cerner la morale qu'il donne à la fin. Toute aide est la bienvenue =)
Bonjour.

Il y a construire des systèmes dogmatiques, et il y a le simple fait de réfléchir, de chercher à discerner le vrai du faux. Deux façons fort différentes de procéder. On peut blâmer la première et pratiquer la seconde. C'est ce que fait Voltaire.

Plus généralement, une bonne part de la philosophie consiste à critiquer celle des autres. Des ouvrages incroyablement ambitieux ont été écrits pour montrer les limites de la philosophie (Kant) ou même son inanité (Wittgenstein). Et ces ouvrages sont eux-mêmes philosophiques.
Oui. Voltaire montre les limites de la philosophie optimiste, non de la philosophie en générale. Il invite l'homme "à cultiver son jardin" par ses propres graines, et non par celles du voisin. Comme l'a bien dit J.-L.Picard, la majorité des systèmes philosophiques sont des réactions contre d'autres systèmes, ici contre l'optimisme jusqu'au-boutiste.
Merci pour vos réponses =)
Voltaire n'est donc pas entièrement contre le fait de réfléchir, il nous conseille donc de "cultiver notre jardin" nous-même, à ce que j'ai compris, et de ne pas chercher des réponses dans des systèmes dogmatiques tel que l'a dit Jean-Luc Picard.

Désolé si je m'éloigne un peu de la question, mais je me souviens que ma prof de français avait précisé, en faisant la biographie de Voltaire pour la classe, que celui-ci n'était pas philosophe, à mon grand étonnement. Une erreur de sa part ?
golden24 a écrit :…je me souviens que ma prof de français avait précisé, en faisant la biographie de Voltaire pour la classe, que celui-ci n'était pas philosophe, à mon grand étonnement. Une erreur de sa part ?
Bah… La notion de philosophe n'est pas rigoureusement définie. Alors, à quoi bon être strict sur ce point?
Ainsi, n'importe quel romancier de talent glisse dans son oeuvre quelques aperçus un peu fins sur la condition humaine, et ceux-ci peuvent prétendre à une valeur philosophique. Il n'y a pas de séparation (sinon conventionnelle, donc factice) entre littérature et philosophie.
Certains profs de philo verraient cela d'un mauvais oeil, mais tant pis pour eux.
Voltaire était philosophe, mais au XVIIIe s., la philosophie et la littérature ne sont pas réellement séparées, en tout cas pas autant qu'elles le seront à partir du XIXe s. Les historiens, eux aussi, rejettent la théorie d'un Voltaire historien; cependant, un professeur que j'ai eu l'année dernière, éminent voltairiste (connu dans le monde entier pour ses recherches), ne cesse de répéter que Voltaire est écrivain, philosophe et historien.
Ok ok, merci beaucoup pour vos réponses =)
Jean-Luc Picard a écrit :Certains profs de philo verraient cela d'un mauvais oeil, mais tant pis pour eux.
Pas tous, heureusement : j'ai déjà eu un texte de Proust (Le Temps retrouvé) à commenter en philo, en prépa.