Critique de Paul Claudel sur Bérénice de Racine

Entraide scolaire

7 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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bonjour je suis en seconde et je bloque un peu sur la recheche du plan mais tout d'abord voici l'ennoncé:

Paul Claudel écrit dans son journal intime (1935) au sujet de Bérénice :
« Ennui écrasant. Ce marivaudage sentimental, cette casuistique inépuisable sur l’amour, est ce que je déteste le plus dans la littérature française. Le tout dans un ronron élégant et gris gris. C’est distingué et assommant. »

Dans un développement organisé et justifié vous direz si vous partager ce point ce vue critique.

dans un I/ je pensais refuté la critique de paul claudel
mais dans un grand II/ -vide absolu- doi-je décrire sa critique ? dire pourquoi il pense cela ? trouver d'autre critique ?


merci de me mettre sur la voie 🙂
Je pense que le contraire serait mieux choisi.
I - une pièce ennuyeuse et dramatiquement très pauvre
II - la "tristesse majestueuse" : une tragédie atypique
Bonjour,

Je ne sais pas si un dépassement ne pourrait pas être trouvé dans l'analyse de l'ennui pascalien avec en corollaire la passion divertissante. Bérénice serait alors une expression de la condition humaine cherchant mal l'infini, la déception, l'insatisfaction (l'ennui) résultant inévitablement de cette quête qui se trompe d'objet. Ni le pouvoir, ni l'amour humain captateur ne peuvent combler le désir d'absolu humain. Ainsi Bérénice serait par construction une pièce ennuyeuse parce que son sujet serait l'ennui métaphysique.

Racine, comme Pascal, s'inscrit dans un courant d'inspiration janséniste.
Jean-Luc a écrit :Je ne sais pas si un dépassement ne pourrait pas être trouvé dans l'analyse de l'ennui pascalien avec en corollaire la passion divertissante. Bérénice serait alors une expression de la condition humaine cherchant mal l'infini, la déception, l'insatisfaction (l'ennui) résultant inévitablement de cette quête qui se trompe d'objet. Ni le pouvoir, ni l'amour humain captateur ne peuvent combler le désir d'absolu humain. Ainsi Bérénice serait par construction une pièce ennuyeuse parce que son sujet serait l'ennui métaphysique.
Très astucieux, mais plaqué: c'est une analyse de la psyché racinienne, non de Bérénice. Et cela nous éloigne un peu de Claudel.
je suis plus du coté de Jean luc picard que de celui de Jen luc tout court.

En passant merci 76man ton plan me parait bien 🙂
En complément à mon premier message, je livre ces quelques extraits à votre sagacité :
Il n'y a que le vraisemblable qui touche dans la tragédie. Et quelle vraisemblance y a-t-il qu'il arrive en un jour une multitude de choses qui pourraient à peine arriver en plusieurs semaines? Il y en a qui pensent que cette simplicité est une marque de peu d'invention. Ils ne songent pas qu'au contraire toute l'invention consiste à faire quelque chose de rien, et que tout ce grand nombre d'incidents a toujours été le refuge des poètes qui ne sentaient dans leur génie ni assez d'abondance ni assez de force pour attacher durant cinq actes leurs spectateurs par une action simple, soutenue de la violence des passions, de la beauté des sentiments et de l'élégance de l'expression. Je suis bien éloigné de croire que toutes ces choses se rencontrent dans mon ouvrage; mais aussi je ne puis croire que le public me sache mauvais gré de lui avoir donné une tragédie qui a été honorée de tant de larmes, et dont la trentième représentation a été aussi suivie que la première.

Ce n'est pas que quelques personnes ne m'aient reproché cette même simplicité que j'avais recherchée avec tant de soin. Ils ont cru qu'une tragédie qui était si peu chargée d'intrigues ne pouvait être selon les règles du théâtre. Je m'informai s'ils se plaignaient qu'elle les eût ennuyés. On me dit qu'ils avouaient tous qu'elle n'ennuyait point, qu'elle les touchait même en plusieurs endroits et qu'ils la verraient encore avec plaisir.
Ce premier extrait répond à Claudel.
Dans l'Orient désert quel devint mon ennui!

Rien ne peut-il charmer l'ennui qui vous dévore?
Ces deux vers ont des accents pascaliens qui détonent dans une tragédie précieuse.

Enfin Bérénice est la tragédie de la mort spirituelle qui sépare trois êtres. Il y aurait bien une damnation marquée par la coupure spatiale et la durée voisine de l'éternité :
« Dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous,
Seigneur, que tant de mers me séparent de vous. »

Je ne rejetterais donc pas si vite les prolongements métaphysiques et la réflexion sur l'amour passionné.

Pour ne plus perturber notre ami(e) de seconde, je m'abstiendrai dorénavant de contribuer dans cette discussion.
Pour ce qui est de la citation de la préface, mon prof de XVIIe s., spécialiste de Pascal, Racine et du jansénisme, nous a dit de ne pas en tenir compte, car elle semble justifier cette pièce, non en exposer les bases.
Cependant, je suis tout à fait d'accord quant au jansénisme racinien.