Delia a écrit :Quand on peut dire pourquoi on aime, c'est qu'on n'aime pas vraiment !Ou qu'on ne se connaît pas vraiment…
Orwell, 1984 - Questions
30 réponses · Page 2 / 2
On peut toujours dire ce que l'on aime, personne ne pourra jamais dire pourquoi il aime.
bref, pour répondre à la question, ma lecture de 1984 remonte à quelques années (ce n'est plus très frais) mais en quelques mots, ce qui m'avait plu dans sa lecture:
- l'intrigue, je n'y peux rien, je suis curieuse de savoir ce qui va arriver 🙂
- toutes les problématiques autour du remaniement de l'histoire et de l'appauvrissement de la langue
- la systématisation et la manière dont un état totalitaire peut faire admettre n'importe quelle "vérité" à ces citoyens
- Enfin l'actualisation que j'y retrouve
bonne lecture, ce post m'a donné envie de le relire 😀
- l'intrigue, je n'y peux rien, je suis curieuse de savoir ce qui va arriver 🙂
- toutes les problématiques autour du remaniement de l'histoire et de l'appauvrissement de la langue
- la systématisation et la manière dont un état totalitaire peut faire admettre n'importe quelle "vérité" à ces citoyens
- Enfin l'actualisation que j'y retrouve
bonne lecture, ce post m'a donné envie de le relire 😀
Personnellement, j'ai aimé ce que Titania a aimé :
l'histoire, Milan Kundera romancier qui a vécu sous un régime communiste a beau dire que les personnages ont une platitude d'affiche, je les ai trouvés vivants et me suis attachées à eux ;
la réflexion politique : le pouvoir ne cherche que le pouvoir, c'est lumineux ! excellente clé de compréhension du monde.
Cependant, ce qui m'a donné envie de lire l'ouvrage, dont un extrait figurait dans le manuel en usage alors dans mon établissement, c'est aussi la minutie des descriptions qui rendent l'histoire très concrète.
l'histoire, Milan Kundera romancier qui a vécu sous un régime communiste a beau dire que les personnages ont une platitude d'affiche, je les ai trouvés vivants et me suis attachées à eux ;
la réflexion politique : le pouvoir ne cherche que le pouvoir, c'est lumineux ! excellente clé de compréhension du monde.
Cependant, ce qui m'a donné envie de lire l'ouvrage, dont un extrait figurait dans le manuel en usage alors dans mon établissement, c'est aussi la minutie des descriptions qui rendent l'histoire très concrète.
Bonjour à tous !
J'ai aimé dans le livre la vision d'un monde futur apocalyptique, désespérant. La fin m'a achevée, car on attend le happy end, mais il n'arrive jamais, et comme le disait un posteur ici, Orwell a donné la pire fin possible à son livre.
J'ai aussi aimé le style, un style où il te raconte une histoire choquante, révoltante, mais avec toute la normalité et la banalité possible, comme si ce monde était lui-même normal et banal.
Ce livre m'a fait grande impression. Peu de pages pour une vision aussi juste et aussi déprimante de l'humanité et du futur, c'est selon moi un exploit qui mérite d'être encensé.
J'ai aimé dans le livre la vision d'un monde futur apocalyptique, désespérant. La fin m'a achevée, car on attend le happy end, mais il n'arrive jamais, et comme le disait un posteur ici, Orwell a donné la pire fin possible à son livre.
J'ai aussi aimé le style, un style où il te raconte une histoire choquante, révoltante, mais avec toute la normalité et la banalité possible, comme si ce monde était lui-même normal et banal.
Ce livre m'a fait grande impression. Peu de pages pour une vision aussi juste et aussi déprimante de l'humanité et du futur, c'est selon moi un exploit qui mérite d'être encensé.
J'y vais de ma petite impression : ce livre lu il y a très longtemps (et que je relirai, je le sais) fut en son temps, pour moi, comme Le zéro et l'infini, l'un des déclencheurs de ma prise de conscience politique - on dirait aujourd'hui conscience citoyenne.
Il a contribué, avec d'autres livres, des témoignages, des rencontres et quelques films, à affirmer ma position vis-à-vis du principe même des dictatures et a commencé à me permettre de relativiser : ce que nous vivions en France, même si notre démocratie était si imparfaite, restait toujours préférable à un système totalitaire.
Je m'amuse aujourd'hui à établir des parallèles entre les murs d'image qui diffusent en permanence, ces écrans qui surveillent le citoyen jusque dans son intimité et ce qui pourrait être une dérive de nos systèmes de communication actuels (portables, ordinateurs, traçage…). Dans toute évolution de société, il faut rester à l'écoute et pleinement conscient du revers éventuel de toute médaille que l'on nous présente comme un progrès. 😉
J'ai lu ce livre il y a plus de 30 ans et je m'en souviens comme si c'était hier : il reste pour moi une référence absolue et m'a profondément marqué.
Il a contribué, avec d'autres livres, des témoignages, des rencontres et quelques films, à affirmer ma position vis-à-vis du principe même des dictatures et a commencé à me permettre de relativiser : ce que nous vivions en France, même si notre démocratie était si imparfaite, restait toujours préférable à un système totalitaire.
Je m'amuse aujourd'hui à établir des parallèles entre les murs d'image qui diffusent en permanence, ces écrans qui surveillent le citoyen jusque dans son intimité et ce qui pourrait être une dérive de nos systèmes de communication actuels (portables, ordinateurs, traçage…). Dans toute évolution de société, il faut rester à l'écoute et pleinement conscient du revers éventuel de toute médaille que l'on nous présente comme un progrès. 😉
J'ai lu ce livre il y a plus de 30 ans et je m'en souviens comme si c'était hier : il reste pour moi une référence absolue et m'a profondément marqué.
Bonjour. J'aimerai savoir, quels sont les passages importants de 1984 ?
Merci d'avance.
Merci d'avance.
Bonjour à tous,
A la question, qu'aime-t-on dans ce roman plus que d'autres, je dirai que 1984 reste le roman dystopique le plus intemporel, il aurait été écrit au temps des Pharaons qu'il aurait encore du sens ! Il est certes moins bien écrit que "le meilleur des mondes", mais finalement beaucoup plus profond et se révèle plus ardu à comprendre. Je m'explique.
Après une première lecture, on est dans le ressenti expliqué par la plupart des précédents commentaires, on rage d'assister impuissant à la chute du héros, on peste contre cette tyrannie que rien apparemment ne peut perturber, on est dégouté de se dire que l'écrivain a raison, il n'y a aucun avenir pour l'Homme. C'est l'impression que donne cette histoire lorsqu'elle est prise au premier degré, seulement, je parle bien du premier degré. C'est bien de dénoncer les dictatures et autres tyrannies, mais diable, le monde n'est pas si binaire, ce ne sera jamais aussi simple, même nos propres exemples de dictatures montrent que rien n'est figé dans le temps, rien n'est si simple. De plus, pourquoi dénoncer quelque chose pour finalement admettre que c'est la seule voie possible, ironie du sort non ? la première lecture tend donc à donner raison aux complotistes, adeptes du "tous pourris", ou que le pouvoir c'est "po bien", tout en laissant un arrière-gout de fatalisme, il conforte ceux qui pensent que nous somme manipulés.
Mais après une deuxième lecture, une chose n'arrête pas de m'interpeller. Et si, à travers cette histoire, l'auteur nous faisait la morale en nous expliquant gentiment que quelque soit le régime en place (dictature, tyrannie…) le problème n'est pas le système, mais l'anti-système. Pas qu'il faut dire amen à tout régime politique, mais juste une diatribe cachée contre ceux qui se mettent systématiquement en opposition à un système en usant finalement des même ficelles au lieu d'inventer une nouvelle voie. Le héros dénonce le parti, son autorité, son besoin de refaire l'Histoire à sa convenance, son endoctrinement. Il dénonce le peuple, mouton, trop aveugle, prompt à sacrifier toutes les libertés pour un peu de sécurité. Mais au final, que fait le héros ? Outre le fait d'être assez égocentrique pour croire être le seul à réellement comprendre la situation, il suffit qu'on lui parle d'un leader de l'opposition pour qu'il l'élève au rang de dieu sans même ne rien savoir de lui (quelle différence avec Big Brother et le peuple qu'il dénonce ??), il devient parano et se prive de liberté dans son havre d'amour, il exècre la minute de la haine instaurée par Big Brother mais n'hésite pas à participer à des rassemblements de dévotion à Goldstein et de démolition sectaire de big brother. Le coup fatal reste le choix que lui laisse ses bourreaux à la fin du roman, soit tu te plie (lobotomie) soit tu meurs. Finalement, on apprend que le véritable rebelle, la personne vraiment anti-système était sa copine qui préfère mourir, lui demandera la lobotomie…
Voila la vision et l'impression que m'a laissé ce roman, puissant par cette double dénonciation, une violente tribune du système et de l'anti-système.
PS : du coup, même si ça reste mon interprétation, ça me fait rire de voir la multitude d'antisystèmes, antinouvel ordre et autres antisionistes récupérer ce pamphlet qui les dessert plus qu'il ne les sert !
désolé pour la longueur !
Finalement, après une relecture, et pour appuyer le message précédent, voici un texte extrait du "Livre du voyage" de B. Werber. A mon sens, c'est ce qu'il manque à 1984 pour être réellement conclu…
A la question, qu'aime-t-on dans ce roman plus que d'autres, je dirai que 1984 reste le roman dystopique le plus intemporel, il aurait été écrit au temps des Pharaons qu'il aurait encore du sens ! Il est certes moins bien écrit que "le meilleur des mondes", mais finalement beaucoup plus profond et se révèle plus ardu à comprendre. Je m'explique.
Après une première lecture, on est dans le ressenti expliqué par la plupart des précédents commentaires, on rage d'assister impuissant à la chute du héros, on peste contre cette tyrannie que rien apparemment ne peut perturber, on est dégouté de se dire que l'écrivain a raison, il n'y a aucun avenir pour l'Homme. C'est l'impression que donne cette histoire lorsqu'elle est prise au premier degré, seulement, je parle bien du premier degré. C'est bien de dénoncer les dictatures et autres tyrannies, mais diable, le monde n'est pas si binaire, ce ne sera jamais aussi simple, même nos propres exemples de dictatures montrent que rien n'est figé dans le temps, rien n'est si simple. De plus, pourquoi dénoncer quelque chose pour finalement admettre que c'est la seule voie possible, ironie du sort non ? la première lecture tend donc à donner raison aux complotistes, adeptes du "tous pourris", ou que le pouvoir c'est "po bien", tout en laissant un arrière-gout de fatalisme, il conforte ceux qui pensent que nous somme manipulés.
Mais après une deuxième lecture, une chose n'arrête pas de m'interpeller. Et si, à travers cette histoire, l'auteur nous faisait la morale en nous expliquant gentiment que quelque soit le régime en place (dictature, tyrannie…) le problème n'est pas le système, mais l'anti-système. Pas qu'il faut dire amen à tout régime politique, mais juste une diatribe cachée contre ceux qui se mettent systématiquement en opposition à un système en usant finalement des même ficelles au lieu d'inventer une nouvelle voie. Le héros dénonce le parti, son autorité, son besoin de refaire l'Histoire à sa convenance, son endoctrinement. Il dénonce le peuple, mouton, trop aveugle, prompt à sacrifier toutes les libertés pour un peu de sécurité. Mais au final, que fait le héros ? Outre le fait d'être assez égocentrique pour croire être le seul à réellement comprendre la situation, il suffit qu'on lui parle d'un leader de l'opposition pour qu'il l'élève au rang de dieu sans même ne rien savoir de lui (quelle différence avec Big Brother et le peuple qu'il dénonce ??), il devient parano et se prive de liberté dans son havre d'amour, il exècre la minute de la haine instaurée par Big Brother mais n'hésite pas à participer à des rassemblements de dévotion à Goldstein et de démolition sectaire de big brother. Le coup fatal reste le choix que lui laisse ses bourreaux à la fin du roman, soit tu te plie (lobotomie) soit tu meurs. Finalement, on apprend que le véritable rebelle, la personne vraiment anti-système était sa copine qui préfère mourir, lui demandera la lobotomie…
Voila la vision et l'impression que m'a laissé ce roman, puissant par cette double dénonciation, une violente tribune du système et de l'anti-système.
PS : du coup, même si ça reste mon interprétation, ça me fait rire de voir la multitude d'antisystèmes, antinouvel ordre et autres antisionistes récupérer ce pamphlet qui les dessert plus qu'il ne les sert !
désolé pour la longueur !
Finalement, après une relecture, et pour appuyer le message précédent, voici un texte extrait du "Livre du voyage" de B. Werber. A mon sens, c'est ce qu'il manque à 1984 pour être réellement conclu…
Il est cubique, titanesque, froid.
Il est doté de chenilles qui écrasent tout.
C'est le système social dans lequel tu es inséré.
Sur ses tours tu reconnais plusieurs têtes. Il y a celles
de tes professeurs,
de tes chefs hiérarchiques,
des policiers,
des militaires,
des prêtres,
des politiciens,
des fonctionnaires,
des médecins,
qui sont censés toujours te dire si tu as agi bien ou mal.
Et le comportement que tu dois adopter pour rester dans le troupeau.
C'est le Système.
Contre lui ton épée ne peut rien.
Quand tu le frappes, le Système te bombarde de feuilles :
carnets de notes,
P.V.,
formulaires de Sécurité sociale à compléter si tu veux être remboursé,
feuilles d'impôts majorés pour cause de retard de paiement,
formulaires de licenciement,
déclarations de fin de droit au chômage,
quittances de loyer, charges locatives, électricité, téléphone, eau, impôts locaux, impôts fonciers, redevance, avis de saisie d'huissier, menace de fichage à la Banque de France, convocations pour éclaircir ta situation familiale, réclamations de fiche d'état civil datée de moins de deux mois…
Le Système est trop grand, trop lourd, trop ancien, trop complexe.
Derrière lui, tous les assujettis au Système avancent, enchaînés.
Ils remplissent hâtivement au stylo des formulaires.
Certains sont affolés car la date limite est dépassée.
D'autres paniquent car il leur manque un papier officiel.
Certains essaient, quand c'est trop inconfortable, de se dégager un peu le cou.
Le Système approche.
Il tend vers toi un collier de fer qui va te relier à la chaîne de tous ceux qui sont déjà ses prisonniers.
Il avance en sachant que tout va se passer automatiquement et que tu n'as aucun choix ni aucun moyen de l'éviter.
Tu me demandes que faire.
Je te réponds que, contre le Système, il faut faire la révolution.
La quoi ?
LA RÉVOLUTION.
Tu noues alors un turban rouge sur ton front, tu saisis le premier drapeau qui traîne et tu le brandis en criant :
« Mort au Système. »
Je crains que tu ne te trompes.
En agissant ainsi, non seulement tu n'as aucune chance de gagner, mais tu renforces le Système.
Regarde, il vient de resserrer les colliers d'un cran en prétextant que c'est pour se défendre contre « ta » révolution.
Les enchaînés ne te remercient pas.
Avant, ils avaient encore un petit espoir d'élargir le métal en le tordant.
À cause de toi, c'est encore plus difficile.
Désormais, tu as non seulement le Système contre toi, mais tous les enchaînés.
Et ce drapeau que tu brandis, est-il vraiment le « tien » ?
Désolé, j'aurais dû t'avertir.
Le Système se nourrit de l'énergie de ses adversaires.
Parfois il fabrique leurs drapeaux, puis les leur tend.
Tu t'es fait piéger !
Ne t'inquiète pas : tu n'es pas le premier.
Alors, que faire, se soumettre?
Non.
Tu es ici pour apprendre à vaincre et non pour te résigner.
Contre le Système il va donc te falloir inventer une autre forme de révolution.
Je te propose de mettre entre parenthèses une lettre.
Au lieu de faire la révolution des autres, fais ta (r)évolution personnelle.
Plutôt que de vouloir que les autres soient parfaits, évolue toi-même.
Cherche, explore, invente.
Les inventeurs, voilà les vrais rebelles !
Ton cerveau est le seul territoire à conquérir.
Pose ton épée.
Renonce à tout esprit de violence, de vengeance ou d'envie.
Au lieu de détruire ce colosse ambulant sur lequel tout le monde s'est déjà cassé les dents, ramasse un peu de terre et bâtis ton propre édifice dans ton coin.
Invente. Crée. Propose autre chose.
Même si ça ne ressemble au début qu'à un château de sable, c'est la meilleure manière de t'attaquer à cet adversaire.
Sois ambitieux.
Essaie de faire que ton propre système soit meilleur que le Système en place.
Automatiquement le système ancien sera dépassé.
C'est parce que personne ne propose autre chose d'intéressant que le Système écrase les gens.
De nos jours, il y a d'un côté les forces de l'immobilisme qui veulent la continuité, et de l'autre, les forces de la réaction qui, par nostalgie du passé, te proposent de lutter contre l'immobilisme en revenant à des systèmes archaïques.
Méfie-toi de ces deux impasses.
Il existe forcément une troisième voie qui consiste à aller de l'avant.
Invente-la.
Ne t'attaque pas au Système, démode-le !
Allez, construis vite.
Appelle ton symbole et introduis-le dans ton château de sable.
Mets-y tout ce que tu es : tes couleurs, tes musiques, les images de tes rêves.
Regarde.
Non seulement le Système commence à se lézarder.
Mais c'est lui qui vient examiner ton travail.
Le Système t'encourage à continuer.
C'est ça qui est incroyable.
Le Système n'est pas « méchant », il est dépassé.
Le Système est conscient de sa propre vétusté.
Et il attendait depuis longtemps que quelqu'un comme toi ait le courage de proposer autre chose.
Les enchaînés commencent à discuter entre eux.
Ils se disent qu'ils peuvent faire de même.
Soutiens-les.
Plus il y aura de créations originales, plus le Système ancien devra renoncer à ses prérogatives.
B. Werber
Bonsoir, j'ai adoré 1984,et je trouve que chaque argument est très bien argumenté. Par contre, je n'arrive pas à trouver des arguments illogiques. De plus, pensez-vous que l'auteur a un présupposé qui n'est pas explicité et dont il aurait dû faire état ?
Merci beaucoup à vous !
Merci beaucoup à vous !
A mon sens, c'est ce qu'il manque à 1984 pour être réellement conclu…Je ne l'ai pas sous la main, mais il me semble que le roman se termine par une phrase terrible :
Il aimait Big brother.Conclusion très forte, et terrifiante : le pouvoir, quel qu'il soit, a une telle force que rien ne lui échappe. Désespoir absolu.