Baudelaire, Une Charogne

Entraide scolaire

59 réponses · Page 2 / 3

Bonjour,
Je dois passer mon bac de français oral, et j'ai un petit doute, si on me pose cette problématique:
Pourquoi prendre un sujet infâme commet sujet poètique?
Je pourrais répondre avec ce plan:
I fusion du laide et du beau, ironie grainçante.
II Comparaison femme et charogne
II Tout détruit sauf l'art
?

Et puis à cette problématique:
En quoi peut-on voir une critique du romantisme?
Je peux répondre avec le même plan?


Ou peut-être vous avez d'autres idées de plans.
Merci de bien vouloir me répondre.

Je vous laisse ici le poème
XXIX - Une Charogne

Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d'été si doux:
Au détour d'un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,
Les jambes en l'air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d'exhalaisons.
Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande Nature
Tout ce qu'ensemble elle avait joint;
Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s'épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l'herbe
Vous crûtes vous évanouir.
Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D'où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.
Tout cela descendait, montait comme une vague
Ou s'élançait en pétillant
On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,
Vivait en se multipliant.
Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l'eau courante et le vent,
Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.
Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,
Une ébauche lente à venir
Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève
Seulement par le souvenir.
Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d'un oeil fâché,
Epiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu'elle avait lâché.
- Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion!
Oui! telle vous serez, ô la reine des grâces,
Apres les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses,
Moisir parmi les ossements.
Alors, ô ma beauté! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
De mes amours décomposés!

Les Fleurs du mal, Charles Baudelaire
Ne t'angoisse pas trop par rapport à la problématique : tu dois acquérir une bonne connaissance de tout ce qu'il y a à dire sur ce texte, et des grandes idées directrices qui permettent d'organiser tout ça. Après en fonction de la problématique, tu modifieras un peu l'organisation des données, et surtout ta manière d'annoncer les idées directrices ainsi que la conclusion, qui doit vraiment répondre à la problématique posée. Ce qui est primordial c'est de "t'approprier" les connaissances sur le texte (et le texte lui-même), et tu pourras faire face à n'importe quelle question.
donc, si en classe nous avons fait un plan, que je le connais, que je connais plutôt bien le texte, je pourrais faire un plan? ou même réutiliser celui fait en classe en mettant une ou deux phrases qui répondent chaque fois a la problématique?
Je suis angoissée parce que je suis bonne en français (en faite je suis espagnole mais je suis scolarisée dans un lycée français en espagne) mais j'ai du mal a retrouver un plan adapté à chaque problématique.
Personnellement je fais passer le bac à des élèves : s'ils montrent une bonne connaissance du texte et qu'en même temps il apportent en conclusion une vraie réponse à ma problématique je ne "chipote" pas sur le plan, à savoir s'il est PARFAITEMENT adapté à ma question. Tu dois bien montrer que tu es capable d'une réflexion personnelle sur une question donnée, mais tu auras toujours moyen de reprendre le plan que tu connais en en modifiant certains détails pour t'adapter à la problématique.
Certains professeurs considèrent que l'étudiant doit intégralement créer son plan sur place en fonction de la question. Très franchement je fais partie de ceux qui pensent qu'un plan défini à l'avance permet de retenir les infos et procédés essentiels du texte, et qu'il vaut mieux arriver avec un plan en tête pour l'adapter en partie à une problématique, qui ne sera pas si différente de celle posée en classe…
Merci beaucoup, je suis moins angoissée
Bonsoir à tous,

Je voulais savoir ce qui fait qu’un texte est poétique ? // Qu’est-ce qui fait la poésie d’un texte ? Effectivement, j'essaye de répondre à cette problématique , basée sur le poème "une charogne":Comment , Baudelaire, rend-il son sujet poètique?
Se baser sur la citation "J'ai pétri de la boue, et j'en ai fait de l'or"

I)Une charogne=Connotation péjorative
II) la naissance d'une fleur du mal (on s'interressera nottament au 3 dernière strophe) , ou Baudelaire, force sur les élèments et extrait du laid le beau.
Bonjour tout le monde

Je suis en Première L, et mon dernier texte de bac est " Une charogne " de Baudelaire. J'ai un petit problème, c'est que j'ai beau les relire et les relire, je ne comprend pas les deux derniers vers. Les voila :

Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
De mes amours décomposés


Il me semble que la strophe peut être rattachée a l'épicurisme, mais je bloque vraiment sur ces vers, donc si quelqu'un pouvait m'éclairer rapidement, merci 🙂
Simplement qu'il gardera "l'essence", donc la partie pure, essentielle, de sa bien-aimée quand elle sera sous terre dévorée par les vers et en décomposition sous terre. En clair il gardera le souvenir de sa beauté et de leur amour. Sauf que ce n'est pas la façon la plus "galante", du moins la plus habituelle de parler d'amour qui résiste à la mort…
Ah merci Ammy 🙂
Bonjour,

Alors dans l'optique d'optimiser mes révisions pour le bac de français oral j'ai décidé de rattacher les poèmes figurant dans mon descriptif à d'autres poèmes (en trouvant, par exemple, un poème qui aborde les même thèmes que celui sur lequel je serais peut-être interrogé). Parmi ces poèmes figure Une Charogne de Charles Baudelaire, et là est la raison pour laquelle je décide de vous écrire : je n'arrive à rattacher ce poème à aucun des autres poèmes de Charles Baudelaire figurant dans ses Fleurs du Mal.
Je vous demande donc s'il vous serait possible de m'éclaircir sur ce point et de m'indiquer s'il figure dans l'oeuvre de Baudelaire des poèmes semblables à Une Charogne.

Merci, vous m'aideriez beaucoup !
Je l'ai étudié en cours cette année. Nous, on l'a relié avec "Remords posthume" et "Tu mettrais l'univers entier dans ta ruelle…", poème XXV.
Surtout "Remords posthume" car il y a la même vengeance sans but didactique.
Tu peux également le croiser avec "Une saison en enfer" de Rimbaud où il écrit "Je finis par trouver sacré le désordre de mon esprit".
Ne pas oublier que dans "Une Charogne" amour = vengeance.
En espérant que cela t'ait servi😜
Bonjour à tous,

Je suis en 1ère S et j'aimerai quelques conseils pour la dissertation. Je ne comprends pas comment il faut développer l'exemple. Soit on me dit que ce n'est pas assez développé ou au contraire beaucoup trop ! Est ce que vous pourriez par exemple me dire ce que vous auriez mis pour la charogne de Baudelaire avec comme argument la laideur peut servir à l'inspiration poétique. ( ou autre si ça vous arrange ) 🙂
Est ce qu'il faut mettre des citations du texte ?

Je vous remercie d'avance 🙂 ça me serait très utile
🙂 🙂 🙂
Théoriquement non car on ne peut attendre des élèves qu'ils connaissent par coeur des extraits de toutes les oeuvres qu'ils citent en exemple de dissertation ! Ceci dit si tu connais un vers très significatif pour ton sujet, bien sûr tu peux le citer, mais il ne s'agit pas d'un commentaire de texte. Il ne suffit pas de dire "comme Baudelaire dans "Une charogne"", mais il ne faut pas non plus dire tout ce que l'on sait sur l'oeuvre citée. Il faut choisir quelques éléments précis très significatifs pour ton sujet. Pour l'exemple que tu proposes, je dirais que Baudelaire s'inspire de la laideur, un cadavre en décomposition décrit sans détour, avec ses larves, ses mouches, ses entrailles ouvertes… Mais grâce au langage poétique il le transfigure : à l'aide d'images inattendues comme celle de la fleur qui s'épanouit, d'adjectifs mélioratifs, de jeux sur les sonorités et de la versification, il nous communique une autre vision de la charogne qui devient objet poétique.
Merci beaucoup pour cette explication ! 🙂
Je comprends mieux ce qu'on attend de nous. Je posais cette question car dans les annales il y'a toujours des citations et cela m'angoissait un peu de devoir apprendre des citations de chaque texte 🙂

encore merci 🙂
Bonjour, en vue des oraux qui approche j'aurai besoin d'aide sur un des textes que j'ai à apprendre c'est-à-dire la Charogne de Baudelaire.

Je croyais avoir bien cerné le poème mais en réalité pas du tout, et heureusement que je ne suis pas tombée dessus le jour de l'oral blanc. 😞

J'aimerais qu'on m'explique la morale de ce poème, entre nemento mori et carpe diem je suis perdue. D'après ce que j'ai compris il n'y aurait que Nemento mori mais je ne comprends pas comment je pourrai l'expliquer le jour de l'oral si je tombe sur ce poème.

Merci d'avance
Il s'agit de memento.
Memento mori est une expression latine qui signifie « souviens-toi que tu vas mourir ».
Carpe diem : cueille le jour. Il faut profiter du moment présent. Le temps passe si vite.
memento mori et carpe diem sont souvent liés. Les "memento mori" sont toutes les oeuvres (surtout en peinture, mais aussi poèmes, chansons…) qui rappellent à l'humain qu'il est mortel, qu'il n'est pas éternel, et l'aident à accepter cette idée, à s'y habituer. Dans "une charogne" Baudelaire rappelle à la femme qu'il aime qu'un jour elle sera un cadavre sous terre dévoré par les vers, comme cette charogne qu'ils viennent de croiser.
le "carpe diem" signifie qu'il faut profiter du jour présent car il va vite s'enfuir, qu'il faut profiter de sa jeunesse, de sa beauté, car elles sont éphémères. Donc très souvent la morale d'un "memento mori" est "carpe diem" ! Si tu rappelles à quelqu'un qu'il n'a que peu de temps devant lui car il peut mourir à tout moment, tu lui conseilles en général implicitement (ou pas), de profiter du jour présent.
Vous pouvez rappeler également que Baudelaire fut un grand lecteur, dans sa jeunesse, des poètes de l’époque baroque où les memento mori étaient fort "à la mode".
Bonjour, j'ai un soucis d'organisation de mon plan pour l'oral du Bac et j'aurai besoin de votre aide. En effet, on me pose la question suivante "Comment le poète renouvelle-t-il la poésie du carpe diem ?"

Autrement dit, comment Baudelaire renouvelle le topos du carpe diem, voici le plan que j'ai proposé :

I. Le détournement d'une scène amoureuse traditionnelle
A) Un couple et une promenade amoureuse
B) Des clichés romantiques détournés et compliments dévalorisés
C) La disparition progressive de la femme

II. La description macabre de la charogne féminine
A) Une évocation précise et réaliste
B) Un érotisme macabre
C) Un souffle épique

III. La réflexion sur l'Art et la poésie
A) Une réflexion épicurienne (memento mori)
B) Une mise en abyme de la création poétique
C) Le pouvoir poétique

Que pensez-vous de ce plan ? Est-il correcte ? Quel changement apporteriez vous ?
Merci d'avance !

Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d'été si doux :
Au détour d'un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,

Les jambes en l'air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d'exhalaisons.

Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande Nature
Tout ce qu'ensemble elle avait joint ;

Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s'épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l'herbe
Vous crûtes vous évanouir.

Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D'où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.

Tout cela descendait, montait comme une vague
Ou s'élançait en pétillant
On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,
Vivait en se multipliant.

Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l'eau courante et le vent,
Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.

Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,
Une ébauche lente à venir
Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève
Seulement par le souvenir.

Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d'un oeil fâché,
Epiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu'elle avait lâché.

- Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion !

Oui ! telle vous serez, ô la reine des grâces,
Apres les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses,
Moisir parmi les ossements.

Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
De mes amours décomposés !
"Comment le poète renouvelle-t-il la poésie du carpe diem ?"
Il le renouvelle si bien qu'on ne le perçoit même plus, le thème du carpe diem.
Il n'y a pas vraiment invitation à profiter du moment présent dans ce poème (sinon où ?), mais un vision réaliste, horrible et macabre de ce qui nous attend tous tant que nous sommes.
Invitation à se faire incinérer, oui…
Ton I ne vaut que pour la première strophe. Et ton III est pour moi hors-sujet.
La quasi totalité du poème est consacrée à la description du cadavre en décomposition.
Tu devrais à mon sens étudier plutôt comment, par l'originalité de l'écriture, le poète sublime le laid, l'horrible, le dégoûtant, et suivant le titre du recueil, réussit à tirer les fleurs du mal.