Quelle image ces textes donnent-ils du héros romanesque ?

Entraide scolaire

6 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour, j'aimerais un peu d'aide :

on me donne un corpus de 3 textes et on demande de répondre à la question suivante :

Quelle image ces textes donnent-ils du héros romanesque ? [Nous vous conseillons pour répondre à la question de vous appuyer sur la notion de registre]

Pourriez-vous me donner quelques idées ?

En lisant les 3 textes, je pense voir la limite du courage du personnage. Mais je ne saurai pas répondre à la question donnée.
Les 3 textes sont :
François Rabelais : Gargantua ( 1534 )
Victor Hugo : Les travailleurs de la mer ( 1866 )
Stendhal : La chartreuse de Parme ( 1839 ). Voici déjà deux textes, je suis à la recherche du 3ème, je vous le mettrai dès que possible :

STENDHAL : LES CHARTREUSES DE PARME :
Fasciné par l'épopée impériale, un jeune Italien, Fabrice del Dongo, décide sur un coup de tête de rejoindre l'armée de Napoléon pendant la bataille de Waterloo.

-- Où as-tu pris ce cheval?

Fabrice était tellement troublé qu'il répondit en italien:

-- _L'ho comprato poco fa_. (Je viens de l'acheter à l'instant.)

-- Que dis-tu? lui cria le général.

Mais le tapage devint tellement fort en ce moment, que Fabrice ne put lui répondre. Nous avouerons que notre héros était fort peu héros en ce moment. Toutefois la peur ne venait chez lui qu'en seconde ligne; il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles. L'escorte prit le galop; on traversait une grande pièce de terre labourée, située au-delà du canal, et ce champ était jonché de cadavres.

-- Les habits rouges! les habits rouges! criaient avec joie les hussards de l'escorte, et d'abord Fabrice ne comprenait pas; enfin il remarqua qu'en effet presque tous les cadavres étaient vêtus de rouge. Une circonstance lui donna un frisson d'horreur; il remarqua que beaucoup de ces malheureux habits rouges vivaient encore, ils criaient évidemment pour demander du secours, et personne ne s'arrêtait pour leur en donner. Notre héros, fort humain, se donnait toutes les peines du monde pour que son cheval ne mît les pieds sur aucun habit rouge. L'escorte s'arrêta; Fabrice, qui ne faisait pas assez d'attention à son devoir de soldat, galopait toujours en regardant un malheureux blessé.

-- Veux-tu bien t'arrêter, blanc-bec! lui cria le maréchal des logis. Fabrice s'aperçut qu'il était à vingt pas sur la droite en avant des généraux, et précisément du côté où ils regardaient avec leurs lorgnettes. En revenant se ranger à la queue des autres hussards restés à quelques pas en arrière, il vit le plus gros de ces généraux qui parlait à son voisin, général aussi, d'un air d'autorité et presque de réprimande; il jurait. Fabrice ne put retenir sa curiosité; et, malgré le conseil de ne point parler, à lui donné par son amie la geôlière, il arrangea une petite phrase bien française, bien correcte, et dit à son voisin:

-- Quel est-il ce général qui _gourmande_ son voisin?

-- Pardi, c'est le maréchal!

-- Quel maréchal?

-- Le maréchal Ney, bêta! Ah çà! où as-tu servi jusqu'ici?

Fabrice, quoique fort susceptible, ne songea point à se fâcher de l'injure; il contemplait, perdu dans une admiration enfantine, ce fameux prince de la Moskova, le brave des braves.

Tout à coup on partit au grand galop. Quelques instants après, Fabrice vit, à vingt pas en avant, une terre labourée qui était remuée d'une façon singulière. Le fond des sillons était plein d'eau, et la terre fort humide, qui formait la crête de ces sillons, volait en petits fragments noirs lancés à trois ou quatre pieds de haut. Fabrice remarqua en passant cet effet singulier; puis sa pensée se remit à songer à la gloire du maréchal. Il entendit un cri sec auprès de lui: c'étaient deux hussards qui tombaient atteints par des boulets; et, lorsqu'il les regarda, ils étaient déjà à vingt pas de l'escorte. Ce qui lui sembla horrible, ce fut un cheval tout sanglant qui se débattait sur la terre labourée, en engageant ses pieds dans ses propres entrailles; il voulait suivre les autres: le sang coulait dans la boue.

Ah! m'y voilà donc enfin au feu! se dit-il. J'ai vu le feu! se répétait-il avec satisfaction. Me voici un vrai militaire. A ce moment, l'escorte allait ventre à terre, et notre héros comprit que c'étaient des boulets qui faisaient voler la terre de toutes parts. Il avait beau regarder du côté d'où venaient les boulets, il voyait la fumée blanche de la batterie à une distance énorme, et, au milieu du ronflement égal et continu produit par les coups de canon, il lui semblait entendre des décharges beaucoup plus voisines; il n'y comprenait rien du tout.
VICTOR HUGO : LES TRAVAILLEURS DE LA MER :
Gilliatt est un pêcheur réputé de l'île de Guernesey. Engagé par le propriétaire d'un bateau à vapeur qui a fait naufrage, afin d'en récupérer le moteur, il a été << happé >> pendant l'une de ses plongées par une pieuvre géante…

Gilliatt avait enfoncé son bras dans le trou ; la pieuvre l'avait happé.
Elle le tenait.
Il était la mouche de cette araignée.
Gilliatt était dans l'eau jusqu'à la ceinture, les pieds crispés sur la rondeur des galets glissants, le bras droit étreint et assujetti par les enroulements plats des courroies de la pieuvre, et le torse disparaissait presque sous les replis et les croisements de ce bandage horrible.
Des huit bras de la pieuvre, trois adhéraient à la roche, cinq adhéraient à Gilliatt. De cette façon, cramponnée d'un côté au granit, de l'autre à l'homme, elle enchaînait Gilliatt au rocher. Gilliatt avait sur lui deux cent cinquante suçoirs. Complication d'angoisse et de dégoût. Être serré dans un poing démesuré dont les doigts élastiques longs de près d'un mètre, sont intérieurement pleins de pustules vivantes qui vous fouillent la chair.
(…) Gilliatt n'avait qu'une ressource, son couteau.
Il n'avait de libre que la main gauche ; mais on sait qu'il en usait puissamment. On aurait pu dire de lui qu'il avait deux mains droites.
Son couteau, ouvert, était dans cette main.
On ne coupe pas les antennes de la pieuvre ; c'est un cuir impossible à trancher, il glisse sous la lame ; d'ailleurs la superposition est telle qu'une entaille à ces lanières entamerait votre chair.
Le poulpe est formidable ; pourtant il y a une manière de s'en servir. Les pêcheurs de Serk la connaissent ; qui les a vus exécuter en mer de certains mouvements brusques, le sait. Les marsouins la connaissent aussi ; ils ont une façon de mordre la sèche qui lui coupe la tête. De là tous ces calmars, toutes ces sèches et tous ces poulpes sans tête qu'on rencontre au large.
Le poulpe, en effet, n'est vulnérable qu'à la tête.
Gilliatt ne l'ignorait point.
Il n'avait jamais vu de pieuvre de cette dimension. Du premier coup, il se trouvait pris par la grande espèce. Un autre se fut troublé.
Pour la pieuvre comme pour le taureau il y a un moment qu'il faut choisir ; c'est l'instant où le taureau baisse le cou, c'est l'instant où la pieuvre avance la tête ; instant rapide. Qui manque ce joint est perdu.
Tout ce que nous venons de dire n'avait duré que quelques minutes. Gilliatt pourtant sentait croître la succion des deux cent cinquante ventouses.
La pieuvre est traître. Elle tâche de stupéfier d'abord sa proie. Elle saisit, puis attend le plus qu'elle peut.
Gilliatt tenait son couteau. Les succions augmentaient.
Il regardait la pieuvre qui le regardait.
Tout à coup la bête détacha du rocher sa sixième antenne, et, la lançant sur Gilliatt, tâcha de lui saisir le bras gauche.
En même temps elle avança vivement la tête. Une seconde de plus, sa bouche anus s'appliquait sur la poitrine de Gilliatt. Gilliatt, saigné au flanc, et les deux bras garrottés, était mort.
Mais Gilliatt veillait. Guetté, il guettait.
Il évita l'antenne, et au moment où la bête allait mordre sa poitrine, son poing armé s'abattit sur la bête.
Il y eut deux convulsions en sens inverse, celle de la pieuvre et celle de Gilliatt.
Ce fut comme la lutte de deux éclairs.
Gilliatt plongea la pointe de son couteau dans la viscosité plate, et, d'un mouvement giratoire pareil à une torsion d'un coup de fouet, faisant un cercle autour des deux yeux, il arracha la tête comme on arrache une dent.
Ce fut fini.
Toute la bête tomba.
Cela ressembla à un linge qui se détache. La pompe aspirante détruite, le vide se défit. Les quatre cents ventouses lâchèrent à la fois le rocher et l'homme. Ce haillon coula au fond de l'eau.
Gilliatt, haletant au combat, put apercevoir à ses pieds sur les galets deux tas gélatineux informes, la tête d'un côté, et le reste de l'autre. Nous disons le reste, car on ne pourrait dire le corps.
Gilliatt toutefois, craignant quelque reprise convulsive de l'agonie, recula hors de la portée des tentacules.
Mais la bête était bien morte.
Gilliatt referma son couteau.
La consigne te conseillait de rattacher chacun des textes à un registre pour permettre ensuite le développement.

Hugo utilise le registre épique.
Stendhal se sert du registre satirique.
Rabelais devrait utiliser le registre merveilleux.

A partir de ces constatations, tu devrais pouvoir préciser le rôle du héros et son type dans chacun des extraits.
Merci énormément pour ta réponse.

Et sinon que veut dire préciser le type du héros ?
Est-ce que je répondrai correctement et entièrement à la question si je disais si oui ou non pour chacun des extraits le personnage principal remplit son rôle de héros ?
Le problème avec les registres, c'est que je ne sais pas comment lier le fait que Hugo par exemple utilise le registre épique à l'image que donne le texte du héros.
Bonsoir,

Le type permet de savoir si l'on a affaire à un héros traditionnel, un personnage ordinaire, un anti-héros…

Le registre épique t'oriente vers un héros au sens premier, un personnage hors du commun par sa force, son courage…
Merci encore. Et je pense que Gilliatt est un héros ordinaire, est-ce le cas ?
Gilliatt est un héros épique qui vainc le monstre, qui sort vainqueur d'un combat contre plus fort que lui. Analyse les qualités qui font de lui un homme hors du commun.