Hypokhâgne - Conséquences psychologiques

La filière littéraire

97 réponses · Page 4 / 5

Mh je sais pas.

Je suis en HK BL, pas dans un lycée aussi prestigieux que H4 — Sainte Marie de Neuilly, pas si mauvais que ça. J'ai parfois l'impression que les gens en BL sont plus soudés qu'en AL. Mais ce n'est peut être qu'une impression (renforcée par de proches connaissances en Lyon et Ulm à Lakanal).

En tout cas je n'ai vraiment pas l'impression de subir toute la pression dont vous parlez, au contraire je trouve qu'on manque de pression à SMN. Ce n'est pas l'avis de tout le monde dans ma classe évidemment, mais je ne suis pas le seul à le partager.
La pression, tu peux te la mettre tout seul. C'est quand on t'en met trop, que ça commence à devenir un problème…
Peut-être que les choses sont différentes en B/L, honnêtement je n'y crois pas.
Les choses diffèrent certainement en revanche selon les établissements, et surtout selon les professeurs.
Si tu juges que tu manques de pression, libre à toi de changer d'établissement. Mais ce que tu sembles considérer avec tant de frustration n'est peut-être pas si enviable, fais attention. SI nous témoignons ici, ce n'est pas pour le plaisir de déballer notre vie, c'est bien pour mettre en garde contre tous les effets néfastes que cela peut engendrer. Tu devrais donc à mon sens surtout te réjouir d'y échapper et de pouvoir vivre ta prépa sereinement…Ce n'est pas la pression qui te fera réussir mais l'exigence que tu peux avoir vis-à-vis de toi-même, en revanche cette pression est bien capable de détruire qui la subit.
Bonsoir, je reviens avec une question encore… Pensez-vous que vous ressentiriez la même chose, et témoigneriez dans les mêmes termes, bref, porteriez le même regard sur ces "années prépa" si vous aviez réussi le concours ? Un peu comme la douleur de l'enfantement effacée par la naissance du bébé et l'émotion que celle-ci procure (excusez-moi, mais il ne me vient que cette image)… Pourrait-on dire selon vous que la satisfaction d'avoir le concours donne la sensation que "tout cela" (et en particulier les aspects les plus pénibles de ces années) avait un sens (et donc efface les mauvais souvenirs), et a contrario, le fait de ne pas l'avoir induit-il un sentiment de "gachis", d'inutilité de la souffrance endurée, etc ? (en observant les sentiments et le moral de ceux qui ont intégré - je suppose que vous en connaissez)
Ah j'aurais détesté intégrer… Vivre encore dans ce milieu, je n'aurais pas supporté. Mais j'étais très contente d'avoir été sous-admissible : administrativement, c'est un avantage énorme et au niveau du CV, c'est d'un pratique remarquable ! On entre presque partout avec ça.

Je pense cela dit que pour certains, l'amertume vient de la non-intégration - mais sans doute pas seulement. Je les laisse témoigner. 🙂
Bonsoir Jeanne-Héloïse,
Vos questions me font penser à une enquête psycho-sociologique sur la prépa…Y-aurait-il un quelconque intérêt caché derrière tout cela? 😉
Personnellement, je ne pense pas non plus que réussir le concours aurait pu effacer tout ça. Quand je repense à la prépa, ce n'est pas l'échec au concours qui me revient en premier, même s'il m'a fait mal en fin de deuxième khâgne, c'est certain. C'est surtout l'humiliation ressentie, la perte totale de confiance, le fait d'y avoir tout laissé, d'avoir perdu mes amis du lycée pour cela au fur et à mesure que la distance se creusait et que je refusais les soirées les unes après les autres et de m'être pour ainsi dire retrouvée totalement esseulée, et la souffrance liée à tout cela, rien n'aurait pu l'apaiser.
Maintenant je suis désolée mais je pense que je vais arrêter de répondre à ce topic désormais, remuer les mauvais souvenirs de la sorte n'est jamais très sain.
Oui, je m'en rends bien compte et vous remercie beaucoup : je ne poserai plus de questions… Et non, je ne fais pas d' "enquête", j'essaie juste de comprendre ce qui se passe en classe préparatoire, un système que l'on ne trouve qu'en France. Parce que j'ai des enfants, et qu'il est de mon devoir de parent de conseiller, d'encourager, et de mettre en garde aussi. Merci encore 🙂 (et puis, j'ai pensé que ce sujet pourrait aider des personnes qui n'osent pas poser des questions, qui n'osent pas parler de certaines choses… Et puis, je n'ai pas pris l'initiative de le lancer : il existait déjà et Nevermore sera peut-être intéressée par vos réponses 🙂 )
Jeanne-Héloïse a écrit :Bonsoir, je reviens avec une question encore… Pensez-vous que vous ressentiriez la même chose, et témoigneriez dans les mêmes termes, bref, porteriez le même regard sur ces "années prépa" si vous aviez réussi le concours ? Un peu comme la douleur de l'enfantement effacée par la naissance du bébé et l'émotion que celle-ci procure (excusez-moi, mais il ne me vient que cette image)… Pourrait-on dire selon vous que la satisfaction d'avoir le concours donne la sensation que "tout cela" (et en particulier les aspects les plus pénibles de ces années) avait un sens (et donc efface les mauvais souvenirs), et a contrario, le fait de ne pas l'avoir induit-il un sentiment de "gachis", d'inutilité de la souffrance endurée, etc ? (en observant les sentiments et le moral de ceux qui ont intégré - je suppose que vous en connaissez)
Je n'ai pas témoigné auparavant car je ne souhaitais pas parasiter la souffrance et le mal-être consécutif à la prépa des personnes qui avaient posté. Cependant, puisque vous amenez le sujet de l'intégration, je crois que pas mal de personnes ressentent ce syndrome que vous décrivez par la métaphore de l'enfantement. Une part non négligeable de mes condisciples estiment, je pense, que le jeu en valait la chandelle, et qu'après tout, c'était des mauvais moments à passer, mais que ça forge le caractère.
A contrario, une autre frange des normalien-ne-s vivent l'intégration de façon beaucoup plus mitigée. Loin de moi l'idée de m'apitoyer sur le ressenti de ceux et celles qui, il faut le reconnaître, sont les privilégié-e-s de l'enseignement supérieur, il ne faut pas sous estimer l'impact durable de la prépa chez ceux et celles qui réussissent "le" Concours. Ainsi, à l'ENS, et aussi incongru que cela puisse vous paraitre, existe-t-il un groupe de parole, cordonné par l'infirmière, sur "les conséquences psychologiques de la réussite au concours". En d'autres termes, la perte de confiance en soi (etc.) provoquée par la prépa ne se règle pas miraculeusement si l'on réussit à intégrer l'ENS.
Personnellement, j'ai "objectivement" bien vécu la prépa, au vu de vos témoignages : je n'ai jamais craqué, fondu en larmes ou eu des pensées particulièrement désagréables, même si l'idée de quitter le système m'a effleuré par moments. J'étais dans une prépa dite "grande", "élitiste", etc. Pour autant, subjectivement, je tire un bilan assez négatif de ces deux années : même sans être autant touché que nombre de mes camarades, j'en garde un souvenir de stress énorme, de frustration intellectuelle et d'angoisse existentielle. Je persiste à penser que le système à l'heure actuel des classes prépas littéraires est profondément malsain. Bien que je sois conscient de tout ce que j'ai appris, de tout ce que j'en ai tiré (et en tire encore aujourd'hui, matériellement et intellectuellement), je pense qu'il doit y avoir d'autres moyens d'entrer à l'ENS, établissement que je considère cependant comme particulièrement important dans le champ des études supérieures, et dont la spécificité doit être conservée.
A mon grand désarroi, moi qui me suis promis de ne pas oublier à quel point je n'étais pas heureux en prépa (sans pour autant être profondément malheureux), j'expérimente également ce syndrome qui, depuis l'année et demie que j'ai quitté la khâgne, me conduit parfois à relativiser mon expérience de la prépa, et à trouver, justement, que les avantages inhérents au statut de normalien justifient ce sacrifice. J'espère être capable de garder à l'esprit ce que la khâgne est réellement pour pas mal de khâgneux/ses, dont Nathalie et Lohélia sont loin d'être un exemple isolé.
Malgré tout, je pense que si c'était à refaire, je le referais… Mais peut-être pas à Louis-le-Grand… Si j'étais allé à la fac de LC après le bac, j'aurais complètement raté un nombre incommensurable de pans du champ académique qui m'intéressent, et dans lesquels j'étudie maintenant.
Merci beaucoup Hugo. Je trouve que votre intervention complète très utilement ce sujet, d'abord parce qu'il s'agit d'un témoignage rare (sur un forum). Vos propos m'inspirent un certain nombre de remarques, bien sûr, que je reviendrai peut être poster. Comme je sais que ce sujet est assez douloureux pour certains, je préfère attendre un peu…
Bonne soirée… 🙂
J.-H.
Je ne souhaite pas particulièrement livrer un témoignage, mais je suis assez frappé, de manière générale, par le "basculement" que peut provoquer le souci du "concours". Cela dit, certains vivent aussi très mal leur hypokhâgne, surtout s'ils se trouvent dans une prépa dont le "niveau" et les exigences sont un cran au-dessus ; cela arrive.

Pour ma part, j'ai de très bons souvenirs de mon hypokhâgne, même si ce ne fut pas toujours une partie de plaisir ; j'aimais en tout cas travailler comme je le faisais, et j'étais par ailleurs surpris d'être récompensé de mes efforts. En revanche, en khâgne, mon objectif était d'être admis, et je travaillais dans cette optique-là : il s'agissait à chaque fois d'être à la hauteur de son statut de potentiel admis (à ses yeux et aux yeux des enseignants). J'en ai eu très souvent marre, je trouvais les exercices répétitifs, et je n'ai pas un très bon souvenir de cette année-là, sur le plan intellectuel. En revanche, sur le plan affectif, j'ai préféré la khâgne, car j'y ai rencontré de nouvelles personnes. Je précise que mon statut d'interne a contribué à rendre ces deux années moins difficiles, de même que le lieu (à savoir le lycée Lakanal, en dehors de Paris, mais pas loin) qui fournit un cadre de vie appréciable.

L'admission ne m'a pas conduit à relativiser les efforts et les souffrances, car ce ne fut pas si insupportable que ça. Il faut dire que j'étais assez confiant. Je crois d'ailleurs que ce paramètre joue beaucoup, et la perspective du concours remet en question en permanence la confiance en soi, qu'il faut sans cesse retrouver.

Bon, finalement, j'ai témoigné, mais ni à charge ni à décharge. C'était bien la peine.
Bonjour, je vous remercie pour ces réponses qui, à la fois me rassurent, et à la fois me révoltent au regard de tant de non-dits, de souffrances bien réelles…du prix à payer pour ce que l’on appelle « l’excellence » dans le système préparatoire. (Ce serait un article de journal provoquant et assez révélateur, d’ailleurs.)

Hugo, merci pour cette intervention ; j’allais lancer un appel aux normaliens, me demandant s’ils rient avec compassion de lire les angoisses des 95% de « ratés » de l’ENS, 😂 ou s’ils les comprennent bien, pour les avoir vécues, et peut-être surpassées. (Bon, c’est une vision cruelle et manichéenne, mais ça n’empêche pas la question).

Si de futurs hypokhâgneux lisent ces messages, j’aimerais préciser que cette angoisse générale ne touche pas « les plus faibles » comme on pourrait le dire (je l'ai pensé à tord en me sentant, l’année dernière encore, déterminée, invincible, combative et totalement impliquée). Je trouve d’ailleurs cette appellation ridicule ; on peut être terriblement fortifié, terriblement fragilisé par telle ou telle expérience – la prépa est, une fois de plus, une expérience intime et profondément différente pour chacun.
Peut-être cette question est-elle plus saillante à partir du moment où l’on se demande : « pourquoi » nous sommes là. Si, j’avais eu la certitude de mes capacités à entrer à l’ENS, je n’aurais pas tant douté, tant tergiversé face au travail. A ce jour, je suis lasse et en colère contre un système élitisme qui peut broyer des gens passionnées qui manquent un grain de rigueur ou de génie pour entrer à Normale. Cri de révolte !

La BEL est bien sympathique – et en un sens rassurante pour beaucoup-, mais les voies proposées ne sont n’est pas du tout dans la lignée de ce que l’on peut étudier et apprécier à ce jour : je me vois mal passer des lettres classiques à du management, de la finance en école de commerce…. Le CELSA, certes, mais quand on a choisi de faire de l’Allemand, où trouve t-on le temps de devenir bilingue pour préparer les épreuves obligatoires d’anglais ? Quant à Sciences-Po…tout comme pour la fac, on os répète et nous répète combien la formation est aux antipodes de la prépa : « pas d’approfondissement, de la culture-confiture »…etc.

En somme, lorsqu’on est un élève de bon niveau (mais jamais assez pour Normale), d’une bonne prépa (mais ni LLG, ni HIV), on se retrouve dans une sorte d’impasse, happé par cette terrible dimension concours auxquels les profs font mine de croire pour enchanter le major de la promo ou les quelques optimistes. On ne peut pas ne pas « jouer le jeu » de cette formation où il faut tout de même un « minimum » d’implication,et puis d'ailleurs, ce ne sont en général pas les disciplines qui sont remises en question, mais l'enseignement ou ce qui vient les heurter. De même, on ne peut pas se sacrifier corps et âme, s'abîmer viscéralement pour faire "semblant".

Héhé. Désolée du pessimisme qui en découle. J'ai envie que l'on parle plus ouvertement de tout ce qu'on peut lire dans CE topic. La prépa offre de merveilleuses potentialités, un enseignement souvent très riche, CERTES, mais on tait un peu trop les revers de cette voie par ailleurs très enrichissante.

Héhé.
Allez, vous êtes de grands malades !
Certes. Mais que cela ne vous empêche pas de préciser le fond de votre pensée surtout. Bonjour,

Comme promis, je reviens poster quelques remarques, à la suite des interventions de Hugo, macbland et Nevermore. Je m’étais donné quelques jours pour rassembler mes idées et quelques informations… C’est un peu long parce que je ne suis pas entrainée à la synthèse… Comme je ne connais pas bien le système, je vais sans doute faire des erreurs de jugement et formuler des remarques « simplistes » (Arthur 😉 ) bref, enfoncer pas mal de portes ouvertes…

Après recherches et renseignements, et je ne peux que le regretter, la question de la souffrance (psychologique et physique) mérite bel et bien d’être posée. Elle est encore (trop) tabou. Je mets ici une adresse pour qui ne la connaitrait pas ou l’aurait égarée :
Relais Etudiants Lycéens
60 rue des Grands moulins, 75013 PARIS
tél : 01 45 83 89 15.

Un accueil spécifique est réservé aux élèves des classes préparatoires, les consultations sont prises en charge par l’assurance maladie.
Pour la province, je ne sais pas.

Pour faire suite aux interventions…

Je ne m’attarderai pas sur la contribution de macbland, même si elle a l’intérêt de rappeler que, dans certains cas, ce système est efficace : la classe préparatoire est bien vécue (autant qu’elle peut l’être dans un système qui impose aux élèves une énorme charge de travail dans un temps court - moins de deux années séparent l’entrée en prépa du 1er concours), et l’issue est heureuse puisque le succès aux concours récompense les efforts. Disons pour simplifier que l’on se trouverait là dans le 1er cas évoqué par Hugo. On aimerait lire plus souvent ce type de témoignage.

La contribution de Hugo apporte un éclairage différent, plus « nuancé » en effet. Après une lecture rapide, j’allais rédiger un paragraphe sur la déprime voire la dépression post-intégration pour une autre frange de normaliens, dont j'avais entendu parler (pas seulement pour l'ENS d’ailleurs, mais pour toutes les grandes écoles… notamment en écoutant ceci : https://www.diffusion.ens.fr/index.php?res=conf&idconf=533). On comprend bien toute la difficulté du retour à une vie "normale", après deux ou trois années pendant lesquelles LE concours accapare l'esprit (et le corps !). Là encore le parallèle avec l'enfantement (je vous assure pourtant que je ne suis pas obstétricienne !) saute aux yeux : la dépression post partum est un phénomène bien connu des médecins. La femme, qui a vécu un phénomène physiquement et émotionnellement très intense, doit ensuite se réapproprier son corps, et celui-ci doit retrouver un fonctionnement "normal" (Polo, cette fois, c'est bien Doctissimo 😉) et cela se fait assez difficilement pour certaines.

Mais aujourd’hui c’est plutôt cette phrase écrite par Hugo, qui attire mon attention :
Je persiste à penser que le système à l'heure actuelle des classes prépas littéraires est profondément malsain
Hugo est normalien (et je suppose satisfait de l’être, et c’est normal), le propos ne peut donc être dicté par l’aigreur. Donc, cette position mériterait, selon moi, une explication. J’y réfléchis aussi. Et l’intervention de Nevermore pourrait fournir un début d’explication.

Que nous dit Nevermore? Si je la suis bien, elle se pose surtout la question du sens de la classe préparatoire (question qui pourrait être « travailler autant et dans cet esprit a-t-il encore un sens ? ») pour les élèves qui, à un moment de leur parcours au sein de ces classes (que ce soit en hypo ou en khâgne) font le constat qu’ils n’auront pas le concours, malgré tous leurs efforts, et alors même qu’ils ont joué le jeu (le problème est différent pour les élèves plus « détendus » et/ou qui n’auraient dès le départ pas eu l’objectif de la réussite au concours quoique… Lohelia nous rappelle que même dans ce cas, des problèmes peuvent demeurer). Avec le découragement qui va avec, et plus grave, le risque de perdre confiance en ses capacités. C’est la situation courante des étudiants des classes préparatoires dites « moyennes / supérieures » (i.e. qui « produisent » des « sous-a » et des admissibles, et exceptionnellement des admis), mais c’est aussi celle des élèves des classes préparatoires réputées (LLG, H4, voire Le Parc) s’ils se retrouvent dans la deuxième moitié du classement. Car, faut-il le rappeler, tous les élèves d’H4 et LLG n’intègrent pas, loin de là. Le cas des « petites » classes préparatoires, et notamment de celles qui ne sont pas classées, est un peu différent, et les motivations de celles et ceux qui y entrent aussi (la question du sens se pose moins, car dans ce cas, on se prépare surtout et d’emblée à aller à l’université et si l’on vise « plus haut », on a intérêt à changer de prépa).
On peut toujours répondre qu’à ceux-là, il reste le but de l’admissibilité (qui, je crois le comprendre, est en soi un titre qui ouvrirait quelques portes) ou même la sous-admissibilité (pour la même raison, cf. Lohelia qui nous confirme que c’est une ligne intéressante sur un CV).
On pourrait aussi lui répondre « BEL », mais elle nous dit, et je le pense aussi, que les établissements n’offrent pas des formations qui s’inscrivent dans l’exact prolongement de ce qui se fait en khâgne : c’est particulièrement vrai pour les écoles de traduction, pour les écoles de commerce, etc. Le débouché, ainsi, pourrait être vécu comme une solution de secours, un plan B ou même C, qui aurait pu être obtenu par une autre voie que la prépa d’ailleurs.
On pourrait encore lui répondre qu’elle peut "cuber" (avec toutefois le risque que nous rappelle l’histoire de Nathalie). J’ai effectivement lu que des « cubages » avaient été de très bonnes expériences, mais que d’autres s’étaient avérés inutiles et « destructeurs ».
On pourrait, enfin, lui conseiller de présenter un dossier à l’ENS en vue d’une admission en tant qu’étudiante (cas de Polo, mais attention, dans un esprit qui est celui de la diversification des profils à l’ENS, n’a-t-on pas plus de chances dans ce cas si l’on sort de l’université, je n’en sais rien, je pose juste la question)…
Enfin, elle peut prétendre à une double licence, voire un double master, partir à l’étranger, etc.

Donc objectivement, elle peut trouver une issue favorable. C’est subjectivement que le problème semble se poser, pour "supporter" et terminer dans de bonnes conditions sa prépa : car la vocation des classes prépa de cette catégorie est AVANT TOUT de préparer à l’ENS ; l’attitude des professeurs est sans doute calée sur cet objectif, et leur notation aussi (une note en prépa, c’est encore d'après ce que je comprends « voici ce que vous auriez obtenu au concours », et Lohelia nous dit que la notation est encore trop calée sur le concours « ancienne version », l’actuelle notation au concours ayant pour but d’assurer un plus grand nombre d’admissibles ; ce qui pourrait aboutir à des résultats parfois surprenants – et assez peu lisibles pour qui ne connaît pas le système : un « mauvais » dossier de prépa (« sales notes » et appréciations en rapport) et… une « sous-a » ou même une admissibilité.
Ces derniers développements me font penser que le vrai problème est que la prépa est d’abord (historiquement) un mode de sélection (et de classement) des élèves, avant d’être un mode de formation au sens large (on y forme oui, mais dans un certain esprit parce que dans un certain but : décrocher une des rares places aux ENS). Le classement qui y est pratiqué permettrait d’identifier les futurs normaliens autant que les futurs exclus du concours, sauf accident ou miracle, toujours possible (et cela est sans doute surtout vrai dans les moyennes/grandes prépas, il me semble avoir lu ici même que grosso modo, le classement des concours blancs dans les grands lycées donnait une bonne idée de celui des admis à l’ENS). Les enseignements y restent assez calés sur les épreuves du concours (en langues par ex.), le travail demandé aussi. Et la pression augmente au fur et à mesure que l’on approche du concours… C’est ce qui nourrit le plus sans doute le reproche de « formatage » des esprits et des savoirs. S’il s’agissait uniquement de former (et éventuellement de donner un examen à la fin), je crois qu’il n’y aurait plus de problème – mais… plus de classe préparatoire non plus, juste des classes sélectives, peuplées d’élèves travailleurs et curieux, ayant envie d’apprendre et de continuer à le faire après la prépa, avec enthousiasme, sans penser « concours », classement, etc. La conciliation de ces deux objectifs, sélectionner et surtout former (ou plutôt commencer à former puisque nous parlons ici d’un niveau qui va de bac +1 à +3), me semble pourtant réalisable, mais elle nécessite sans doute une vraie prise de conscience au sein même des établissements (proviseur, professeurs) mais aussi des parents, et des élèves eux-mêmes. Elle est particulièrement nécessaire (le nombre de places à l’ENS n’a pas augmenté, quand celui des étudiants accédant au baccalauréat et désireux de poursuivre leurs études, lui, a explosé). Multiplier les classes prépa, c’est bien, mais c’est aussi prendre le risque de créer plus d’exclus des concours (et donc de tristesse et de frustration). Sauf à considérer que les établissements de la BEL sont un débouché naturel de la prépa, au même titre que l’ENS, mais alors ce sont les exercices faits en prépa, les modes d’évaluation, et les comportements qui y règnent parfois (les « machines » dont parle Nevermore, les remarques des professeurs relevées par Lohelia, etc) qui ne sont plus adaptés…

Sur cette question du changement, j’ai trouvé un document très émouvant écrit par un ancien de LLG qui n’a pas réussi le concours de Normale après trois années en classe préparatoire. Outre le constat 1/ que ce n’est pas un raté 2/ qu’il en a même gardé son humour 3/qu’il a aimé autant que détesté être en prépa 4/ qu’il a été marqué par son passage en prépa au point d’en écrire ces pages avec beaucoup de détails et de sensibilité, ce qui frappe est selon moi que ce qu’il décrit de ces classes en 1968 aurait sans doute (mot pour mot, à part le fait que 1968 oblige, le concours fut reporté) pu être écrit à propos de ces classes en 2011.
https://www.volkovitch.com/F01_01.htm
https://www.volkovitch.com/F01_02.htm

N’étant malheureusement pas « qualifiée » pour en dire plus et de manière plus constructive, je pense que je n’interviendrai plus sur ce sujet… Mais je le trouve très important, c’est pourquoi j’ai souhaité y participer.

Bonne journée 🙂

Edit : Comme je suppose qu'il y a pas mal d'erreurs, de mauvaises interprétations de ma part, etc, n'hésitez pas à me reprendre, à compléter, etc.
Et bien ! Vous avez du y passer du temps.

Il me semble que tout est juste, et, comme vous le faites remarquer, à compléter encore et encore par tant de voix - qu'elles se réjouissent, accusent, aiment/adorent la prépa, au passé ou au présent.

J'ai lu récemment la création de nouvelles formations jouant entre la prépa et l'université : la prépa universitaire. Je ne sais qu'en penser et sans doute est-il encore trop tôt pour recueillir ici des témoignages. Bon, on pourrait parler d'une perdition de la traditionnelle et historique khâgne, mais c'est aussi une nouvelle voie médiane qui, apparement, connaîtrait un succès grandissant.

Quoi qu'il en soit, cette discussion reste ouverte et je lirai avec plaisir tous les témoignages possibles.
Les paroles de Polo me tourmentent un peu, tout de même…
Je pense que Nathalie et moi voulions également insister sur cette dépression "post-prépa", mais que nous ne l'avons pas fait dans nos messages.

Le mal-être en sortant de prépa est, je pense, pire encore que celui que l'on vit pendant.

Quant au rapport au corps, je le trouve aussi très important. Rares sont ceux qui parviennent à préserver leur corps en prépa. Certains maigrissent énormément. D'autres comme moi prennent à peu près 10 kg par an, soit plus de 20 kg au final, ce qui est quand même considérable, surtout lorsque l'on n'avait absolument aucun problème de poids avant.

Il faut se retrouver soi-même après deux années passées à essayer de s'oublier - je ne veux pas faire de grand discours sur le malheur de l'homme dans une société post-moderne fondamentalement mauvaise et déshumanisante, je n'y crois pas une seconde et j'ai plutôt tendance à glousser devant ce genre de propos. Ca ne se fait pas sans heurt. Je l'ai dit, à mes yeux on n'en sort pas indemne. Et je ne pense pas que ce soit réversible.
Je suis surprise de parcourir votre conversation. Mes années de prépa sont loin derrière moi, mais j'ai été intriguée par le titre de ce post. A l'époque j'ai vécu une période de dépression et de boulimie en hypokhâgne, mais dont je n'avais pas conscience sur le coup. Je continuais à "foncer" tête baissée. En khâgne je me suis sentie mieux ceci dit, moins oppressée. Mais en arrivant en licence à la fac, j'ai soudain réalisé que j'avais pris 10kg, que j'étais en décalage avec les autres étudiants qui étaient peu stressés et prenaient la vie du bon côté (trop peut-être, si je m'en tiens à leurs résultats…), que j'avais perdu l'habitude de sortir et de fréquenter des gens d'autres milieux, alors que j'avais perdu de vue les personnes qui étaient avec moi en prépa, et finalement j'ai eu un passage à vide où je me suis sentie bien seule et désoeuvrée… Tout est rentré dans l'ordre l'année de capes. le rythme de travail me convenait, j'avais de nouveaux amis, j'ai repris le sport.
Et ce n'est qu'à cette période là, avec le recul, que j'ai compris que mon comportement pendant l'année d'hypo était anormal (pleurs fréquents, difficultés à dormir, beaucoup de nourriture sucrée à toutes les heures, perte de mes amis de lycée car trop de décalage…) et de type dépressif.
Je ne regrette pas tous les acquis, mais j'en garde le souvenir d'une période douloureuse. Je suis étonnée de voir que cela est encore le cas pour certains d'entre vous.
Personnellement, j'ai choisi de repartir en fac après l'hypokhâgne après la panique de mes proches… J'avoue que je ne comprenais pas, mais après avoir fait la marmotte pendant plus d'un mois cet été je me suis rendue compte, également, que j'avais pris quinze kilos; que pendant toute l'année j'ai eu sans cesse des cernes; que je n'ai plus compté les pleurs et que j'avais fait trois évanouissements. De plus, j'avais lu très peu de livres finalement cette année là. J'étais toujours habituée à lire un livre par semaine depuis des années, et j'ai perdu un peu ce gout de la lecture et de l'écriture. [C'est un peu déprimant lorsqu'on lit sur une copie "Apprenez à écrire". "Votre introduction est bonne mais le devoir ne s'arrête pas là"… Toutefois c'est plaisant aussi de voir "majoré" sur une copie, un travail qu'on a compris malgré qu'on aime pas forcément la dite matière.]

Néanmoins, il se dessine une sorte de "déni", on trouve cela normal puisque tous ceux autour sont dans le même cas.

Paradoxalement, c'est en septembre, en faculté que j'ai déprimé. Pendant un an, on vit presque "en communauté", être de huit heures du matin à dix-huit heures le soir avec les mêmes personnes cela rapproche inexorablement. Lorsqu'un déprime, les autres lui redonnent le sourire et on l'encourage à se reposer. [Conseil qu'on oublie souvent d'appliquer à soi-même au passage]. De plus, c'était une petite prépa avec seulement deux hypokhâgnes et une khâgne et nous étions tous très liés. Malgré tout, certains professeurs nous soutenaient avec un moral d'acier. Arriver dans un amphi sans connaître personne, on n'est plus "Paige" mais "un étudiant parmi des centaines". Je ne sais pas pour les autres, mais chaque professeurs savaient un peu près tout de nos défauts dans chaque matières. On est un peu "chouchouter". Des problèmes administratifs? C'était le professeur principal qui s'en chargé. Des problèmes d'emploi du temps car on veut faire l'option géographie et latin renforcé? Toujours le professeur principal qui s'en occupe…. Là pour avoir tous les TD en double licences, c'est autre chose. Et j'avoue, plus d'une fois j'ai regretté depuis septembre de ne pas avoir fait khâgne. Toutefois, je n'ai jamais été intéressé par le concours de l'ENS. C'est plus l'ambiance soudée qui me manque et pouvoir interroger un professeur sur un point clé du cours. C'est un peu frustrant qu'on ne puisse pas poser des questions en fac mais c'est plus reposant, plus de monde mais plus des "connaissances" que des véritables amis.

Sincèrement, je ne pense pas partager le sentiment de "période douloureuse": lorsque l'on y est, on ne s'en rend pas compte. Même avec le recul, je me dis que c'était pas si mal. Je n'avais jamais eu autant d'amis passionnés par des sujets surprenants que pendant mon année de prépa. Des professeurs tout aussi passionnés. Ce qui m'a fait réagir, c'est d'avantage les regards que posaient mes proches sur moi. La question insistante de mon copain lorsqu'il m’apellait " et sinon t'as mangé?" [oui j'avais la mauvaise habitude de sauter les repas]. Je prenais cela à la rigolade, mais à bien y réfléchir, c'était quand même dangereux.

Bref, je suis plus nuancée: la prépa c'est plaisant pour beaucoup de côté, mais il faut savoir être vigilant de sa santé. Et c'est plus facile à dire qu'à faire. Je ne pense pas que ça soit véritablement des conséquences psychologiques dans mon cas, plus des conséquences de la résistance de mon corps qui faisait un "appel au secours". Je pense avoir atteinte mes limites, et c'est mieux ainsi de ne pas y être retournée.
Je suis le sujet depuis le début, et je dois bien avouer que, s'il existait avant que j'entre moi-même en prépa, j'aurais probablement eu plus d'hésitations. (Je précise d'avance que dans mon message, les généralisations que je fais concernent uniquement les grandes prépas qui intègrent)

Ce qui est drôle, c'est qu'à cette époque (2008 donc) on tenait vraiment à arrêter de diaboliser les "grandes prépas". On pouvait lire partout que non, l'ambiance n'est pas horrible, que la pression, on se l'inflige nous-mêmes, que les élèves et les professeurs sont humains, que les élèves ne devaient pas se censurer pour postuler dans les grandes prépas, et que s'ils sont acceptés c'est qu'ils ont le niveau. C'est ce qui m'a poussée à postuler. Cette discussion, les témoignages tendent à prouver l'inverse.

Je suis entrée dans une grande prépa l'année 2008-2009, je n'ai sûrement pas l'expérience nécessaire pour en parler aussi justement que certains sachant que je n'y suis restée que 3 mois (fin novembre, globalement, je rejoignais les bancs de la fac, non pas sans conséquences), néanmoins j'estime avoir eu un bel aperçu de ce que peuvent être "les conséquences psychologiques de la prépa".

J'ai été motivée pendant des mois, pour me préparer à entrer en prépa (absurde, oui) et à travailler une fois que j'y serai. J'ai vécu mon départ comme un échec considérable (en rejetant la faute sur un manque d'organisation de ma part et un niveau scolaire trop bas) même si, avec du recul, j'avais d'excellentes raisons de ne pas continuer : surmenage, stress, complexe d'infériorité, et surtout, un désintérêt croissant pour les matières que j'étudiais (je crois n'avoir jamais autant détesté les cours de littérature que pendant mes quelques mois de prépa)

Je ne sais plus exactement les conseils que j'avais reçus à l'époque où j'hésitais à partir (à part mes parents, pour qui il était urgent que je quitte la prépa pour retrouver une vie saine, calme et sans stress), mais ce qui m'a le plus marquée, ce sont mes amis, mon entourage, dont des gens de ce forum, qui aimaient la prépa, les cours, s'y épanouissaient.

Aujourd'hui, lire des témoignages faits avec recul (notamment ceux d'Hugo, Polo, Lohelia) me conforte dans l'idée que mon départ n'était pas un échec. J'ai regretté, longtemps, d'être partie, même si parfois c'était juste une simple pensée comme "ah si j'étais restée en prépa je.." et à l'heure actuelle ce sentiment s'est complètement effacé.
A lire ces témoignages, je suis même contente d'être partie.
Je ne doute pas que tous ceux qui ont témoigné ici ont aussi aimé leurs années de prépa, et heureusement, néanmoins je m'aperçois qu'avec du recul, les retours sur les années d'hypokhâgne et de khâgne sont de moins en moins positifs, même pour ceux qui intègrent. (Hugo a rapidement mentionné ça, et j'en entends parler autour des normaliens que je connais : la déprime post-concours, le vide d'objectifs, ne plus savoir quoi travailler)

A l'heure actuelle je suis donc très satisfaite de la formation universitaire que j'ai eue (alors que j'ai eu de grosses périodes de surmenage, de stress, et de manque de sommeil - mais de manière beaucoup moins malsaine qu'en prépa), mais je ne dis pas ça pour me réconforter de ne pas avoir réussi la prépa.

Quelqu'un disait sur ce sujet que la prépa est un système "malsain", j'aurais trouvé le mot trop fort il y a quelques années, maintenant j'en suis vraiment persuadée.
(Et je reprécise, bien sûr, que je parle de grandes prépa qui intègrent. J'encourage bien sûr ceux qui veulent à entrer en hypokhâgne, car je reconnais tout à fait l'expérience enrichissant que cela peut-être)
Je ne sais pas si la différence est si grande que ça, finalement, entre une "grande prépa qui intègre", une "bonne prépa de province" et un "petite prépa". Je pense avoir été plus ou moins dans la deuxième catégorie. J'entendais presque tous les jours qu'il fallait se démener pour certes avoir le concours, mais l'avoir surtout alors que quasiment toutes les places étaient dévorées par H4, LLG ou Lakanal - je préparais Lyon. Voilà qui contribuait au discours insupportable de mise en compétition des étudiants. La difficulté était double : s'en sortir, mais s'en sortir alors que certains lycées étaient censés être pour nous des bâtons dans les roues.

Un autre problème qu'il me semble important d'aborder ici - puisque nous y sommes, autant faire le package 😀 - est celui des notes. En khâgne, dans ma prépa, avoir 8 en lettres était déjà quelque chose de considérable. Quand on y arrivait, on avait réussi son devoir, on nous faisait comprendre qu'on avait passé une étape, que c'était formidable d'en arriver là. Quand on avait 5, on était sur la bonne voie, même si ce n'était pas encore tout-à-fait ce qui était attendu. Au concours, quand j'ai vu les sujets, je me suis dit que, perdu pour perdu, autant me faire plaisir à écrire ce que je souhaitais, hors du carcan méthodologique ô combien absurde qui m'avait été - violemment, j'insiste - imposé en prépa et auquel je n'ai jamais adhéré. J'ai été sous-admissible grâce à cela. J'ai eu des notes qui étaient à deux reprises de dix points de plus que mes moyennes semestrielles dans les matières concernées, d'autres qui étaient parfois le double. Je sais que cette année-là - session 2010 - les notes ont été élevées et je sais que la BEL a influencé tout ça, etc etc. Mais tout de même… Et je précise, une nouvelle fois - non pas pour me vanter, mais encore une fois pour attirer l'attention sur un point précis - que j'étais en tête de classe : imaginez ceux qui étaient à la fin, en plus de subir toute l'année une mauvaise image d'eux-mêmes, une perte de confiance, un bourrage de crâne à n'en plus finir, une grande dévalorisation…

Voilà de quoi argumenter, je pense, sur le fait qu'il y a à l'heure actuelle un gros problème en prépa. Vraiment un gros gros problème.
Pour les notes : bien d'accord, et ceci dit je me suis pris la même claque en préparant l'agrég par le CNED, bien plus tard : après avoir obtenu le CAPES sans difficulté, et enseigné 5 ans, voilà qu'à mon premier devoir je reçois un 05 avec une appréciation blessante… Ceci dit je l'ai obtenue dès la première année, alors bon faut surmonter… Ce qui est bien difficile à 17 ou 18 ans, quand on a toujours eu des bonnes notes…
La prépa m'avait préparée à rebondir aprés cette déception