Hypokhâgne - Conséquences psychologiques

La filière littéraire

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Notons pour nuancer un peu qu'il y a également quelques beaux spécimen de profs glandeurs dans les classes prépa, et notamment un ou deux cas notoires à Saint-Sernin !

Pour la préparation aux oraux, certes elle est défaillante dans la plupart des facs, mais il faut aussi considérer les moyens dont disposent les enseignants de fac par rapport à leurs homologues de prépa : nombre d'élèves à faire passer, créneaux horaires disponibles, rémunération de ces heures… Forcément, les CPGE offrent des conditions idéales de travail, mais à quel prix ? (les étudiants de prépa sont ceux, dit-on, qui coutent le plus cher à l'Etat).
Cela date d'un an ou deux mais le coût d'un étudiant était d'un peu moins de 7000 euros, celui d'un élève de prépa un peu plus de 13000 euros.
Le nombre de khôlles en A/L est tout de même de très loin inférieur à celui d'autres filières (B/L et surtout MPSI / PCSI / BCPST)… d'autant que certains professeurs en font (tout ou partie) bénévolement. Notons aussi que les élèves des prépas littéraires participent aussi au financement des universités par l'intermédiaire des frais d'inscription.
76man a écrit :Je suis d'accord que nous n'avons pas de préparation aux oraux. Mais à part ça, j'ai eu tous mes cours dans les matières littéraires. Pour ce qui est des compétences des profs, il est assez drôle de voir ceux de prépa dénigrer ceux de la fac, puisque seuls les profs de fac, à ma connaissance, sont habilités à diriger des recherches; de plus, tous les profs que j'ai eus ont publié des articles ou des livres ces deux dernières années, dont un notamment embauché par la Pléiade pour Musset et qui a publié de nombreux articles et livres. Donc avant de parler de la fac, il faut l'avoir connue. Je ne reproche rien aux étudiants de prépa, mais à leurs profs qui leur font croire que la fac c'est l'enfer; je serais donc un quelconque döppleganger, moi qui me plaît dans cet espace infernal…
Je me suis mal exprimé : évidemment que pour être enseignant à l'université il faut être compétent. Après les seuls échos que j'ai sont ceux de la fac du Mirail, qui est réputée être, certes pas une des pires de France, mais du moins avec des conditions d'enseignement difficiles (rien que le fait par exemple que nombre de mes amis n'aient pas cours depuis un mois et quelques…).
Lysdanslavallee a écrit :Pour la préparation aux oraux, certes elle est défaillante dans la plupart des facs, mais il faut aussi considérer les moyens dont disposent les enseignants de fac par rapport à leurs homologues de prépa : nombre d'élèves à faire passer, créneaux horaires disponibles, rémunération de ces heures… Forcément, les CPGE offrent des conditions idéales de travail, mais à quel prix ? (les étudiants de prépa sont ceux, dit-on, qui coutent le plus cher à l'Etat).
Effectivement, et ce sont ces conditions qui font des prépas des filières "d'excellence". C'est sûr qu'un prof qui peut consacrer trois ou quatre fois trente minutes par an à chacun de ses élèves ça aide.

Et même si c'est cher, étant donné qu'il est rare qu'un étudiant en prépa rate son année (c'est à dire n'ait ni grande école ni équivalences), cela coûte moins qu'un étudiant de fac qui échoue en première ou deuxième année.
76man a écrit :
Pastekss a écrit :Après c'est sûr qu'on est contents (surtout en ce moment) de ne pas être à l'université, au moins pour les deux premières années. Une de mes profs a justement décidé il y a quelques années de quitter la fac du Mirail (Toulouse II) parce qu'elle trouvait que les conditions d'enseignement étaient intolérables -à l'égard des élèves entendons nous bien- : absence de préparation aux oraux, collègues qui vont en rechignant à leurs quelques heures de cours mensuelles pour pouvoir faire leurs peu productifs travaux de recherche (et ne se montrent de fait pas très compétents), etc.
Je suis d'accord que nous n'avons pas de préparation aux oraux. Mais à part ça, j'ai eu tous mes cours dans les matières littéraires. Pour ce qui est des compétences des profs, il est assez drôle de voir ceux de prépa dénigrer ceux de la fac, puisque seuls les profs de fac, à ma connaissance, sont habilités à diriger des recherches; de plus, tous les profs que j'ai eus ont publié des articles ou des livres ces deux dernières années, dont un notamment embauché par la Pléiade pour Musset et qui a publié de nombreux articles et livres. Donc avant de parler de la fac, il faut l'avoir connue. Je ne reproche rien aux étudiants de prépa, mais à leurs profs qui leur font croire que la fac c'est l'enfer; je serais donc un quelconque döppleganger, moi qui me plaît dans cet espace infernal…
Je suis du même avis. Personnellement, je me plais beaucoup à la fac et j'ai vraiment été agréablement surprise en y arrivant. Pour info, je suis restée un mois en prépa et j'ai été très déçue par l'enseignement et par les élèves. En fait, je m'ennuyais dans la plupart des cours que je trouvais même moins intéressants qu'au lycée. J'étais fatiguée et j'ai été très vite démotivée.
Je trouve dommage que les élèves de prépa parlent de la fac sans même la connaître. Les cours sont très bien dans l'ensemble et les profs souvent brillants. Et puis, contrairement à ce qu'on entend tous les jours, il y a finalement pas mal d'étudiants motivés et de bon niveau ! J'avais aussi quelques craintes en ce qui concerne l'emploi du temps un peu léger, mais finalement c'est pratique. Déjà on évite la fatigue (on travaille alors de manière plus efficace) et en plus , on attend les cours de la journée avec impatience ! En prépa, par manque de motivation je me contentais d'aller en cours en trainant les pieds et en fin de journée, je n'avais pas le courage de relire mes cahiers. Bref, une catastrophe. A la fac, au contraire, j'ai réellement appris à travailler. Je passe tout mon temps à la bibliothèque et les heures passent à une vitesse incroyable parce que j'ai le sentiment de travailler pour moi. Je trouve qu'il y a quand même beaucoup de préjugés souvent loin de la réalité. Par exemple, je me suis très vite intégrée à la fac car en province, ce n'est pas si impersonnel que ça. Les étudiants sont solidaires entre eux (pas moins qu'en prépa si on se fait de bons amis), on révise tous ensemble et on a le temps de sortir !
En somme, ce sont deux systèmes très différents La prépa ne convient pas à tout le monde et on peut être très heureux à la fac !
C'est parce que des personnes comme Nuance parlent de cette manière de la faculté que je commence à hésiter. J'étais persuadée que la prépa serait quelque chose de "fait pour moi". Le fait d'être encore au lycée, de pouvoir se décider pour une école plus tard. La faculté m'a l'air aussi d'une solution tout à fait intéressante et intelligente (dans le sens où l'on apprend réellement à travailler de façon autonome). Après, je n'irais pas dans n'importe quel faculté, si je choisissais cette voie, par peur d'être déçue par ces cours magistraux et des élèves peu motivés.
Mes parents m'ont dit que la prépa n'était pas la solution à tout. Et que, même si psychologiquement, je suis résistante, je SAIS encaisser, j'aime exprimer mes idées et dire (parfois) ce que je pense, ce qui est un peu incompatible avec une grande prépa. De plus, ils ont soulevé un argument important. En faisant une faculté, on arrive aussi à quelque chose, on peut faire un très bon métier, faire de grandes écoles et avoir du TEMPS pour soi, ne pas être constamment stressé, ne pas devoir travailler sans arrêt, pouvoir sortir de temps en temps. Voilà les arguments soulevés. Après, je ne sais pas si tout est possible après une faculté.
Tu peux toujours essayer la prépa et te rabattre sur la fac ensuite. Moi, je me sentais enfermée en prépa mais je suis sans doute passée à côté du système. J'avais l'impression qu'on nous demandait une grande maturité dans un cadre plutôt infantilisant…
La fac, c'est l'ouverture d'esprit. Les exigences ne sont vraiment pas les mêmes.
On dit de la prépa qu'elle formate des élèves. Après, je ne me risquerais pas à donner mon avis là-dessus, je suis pas "qualifiée" pour ça.
La faculté est plus portée sur la liberté en effet, qu'il y a moins cet effet. De plus, la compétition entre élèves est peut-être moins importante.
Je voudrais bien que tu me fasses par de ton expérience en faculté 😀.
Je réponds un peu en retard (en partie "en défense" de la prépa, mais en partie seulement… encore une fois, les cas comme celui de Jeannay ne sont pas rarissimes, il ne faudrait pas verser dans un quelconque idéalisme, ce que certains élèves et certains professeurs ont tendance à faire trop facilement), beaucoup de choses ont déjà été dites.
Jeannay a écrit :Voici mon témoignage sur l’hypokhâgne, dans les grandes lignes car je constate qu’il est difficile de parler ouvertement de conséquences psychologiques des prépas, d’autant que les étudiants en échec y sont vite marginalisés.
Je crois qu'ici au moins, il est permis d'en parler ouvertement… De plus, mon lycée (à l'extérieur duquel les rumeurs vont d'ailleurs bon train sur les "drames psychologiques" qui s'y passent) organise chaque année une conférence dédiée à ces questions, avec possibilité de rencontrer les infirmières, des médecins, etc. … et les élèves sont assez rares à y répondre présents, à ce que j'en sais. Il y a aussi une tendance à l'autocensure, à la honte devant l'échec, dont l'institution n'est pas totalement responsable (elle n'a rien à gagner des drames qui peuvent arriver en son sein…).
Bien sûr on peut se ménager en prépa quelques pauses dans la journée, et sortir quelques heures le week end, mais sur l’année, est-ce viable pour un jeune ?
Bien entendu qu'il est possible d'organiser correctement son emploi du temps… Pour la majorité d'entre les élèves, c'est viable un an, deux ans, voire trois ans, voire quatre ans, et souvent plus (on a vite fait de travailler autant qu'en prépa quand on entend cumuler plusieurs cursus…). C'est d'ailleurs le lot commun d'autres étudiants (médecine…). Se rajoute à cela l'atmosphère "lycée" et la compétition, qui peut effectivement ne pas plaire.
Suite à la réception de mon premier bulletin de semestre (aux environs de 6 – 11, très irrégulier, pourtant à ma grande surprise, j’étais dans le premier cinquième de la classe…) […]
C'est très étrange que vous soyez dans le premier cinquième de la classe avec une moyenne qui se situe donc probablement aux alentours de 9… dans la plupart des classes que j'ai pu connaître la moyenne de classe se situe entre 9 et 10. Cela dénote de la part de vos professeurs une volonté de ne pas adapter leur barême à la classe, c'est évidemment très décourageant pour les élèves.
[…] achever le plan pour les deux dissert du lendemain […]
Peu pédagogique également (à mon sens toujours). Surcharger les élèves de travail (surtout écrit, surtout à la maison) nuit souvent à la qualité des productions…
« Tu sais, c’est normal de se sentir découragé, mais n’abandonne surtout, pas, tu auras perdu ton année, et tu n’auras pas d’équivalence ». Même discours fataliste et absolument pragmatique chez les professeurs, qui considèrent comme une chance de pouvoir étudier (c’est vrai) en Prépa (à étudier).
Autre chose est d'être pris en prépa (et c'est objectivement une "chance" puisque le cursus est sélectif ou très sélectif à l'entrée), autre chose est de s'y plaire : vous avez le droit à l'erreur, rester dans une filière qui exige une forte motivation que vous n'avez plus et des sacrifices importants que vous ne pouvez plus vous permettre serait une grave erreur. Cela dit, il est vrai qu'il y a des moments plus stratégiques que d'autres pour quitter une classe prépa (le début de semestre étant à mon avis le moment le plus opportun, pour des raisons d'équivalences justement).
L’émulation qui existe dans les classes prépas, est étroitement lié à une compétition plus ou moins avouée.
La compétition existe avant la prépa, en prépa, à l'issue de la prépa, et elle est ressentie diversement par les élèves selon leurs ego, leur ambition, leur perméabilité à la critique, leur sociabilité et (last but not least) leur réussite. Elle ne pourrit pas nécessairement les relations entre élèves (dans ma classe, à 15 jours du concours, je n'ai noté aucune animosité ambiante particulière - même s'il n'y a jamais eu un grand climat de fraternité générale non plus).
Il faut savoir que dans chaque classe un bon groupe d’élèves –à Paris en tout cas – possède un ego surdimensionné et un snobisme très déroutant pour le jeune étudiant.
Ce groupe d'élèves, ce sont de "jeunes étudiants" eux aussi… Et ce n'est pas forcément ce groupe-là qui réussit le mieux.
Bien sûr, il y a des gens « bien » partout, cependant, sur 50 personnes, l’ambiance est très vite clanique. Tout le monde s’observe, de 8h à la dernière kholle de la journée.
Qu'il y ait une ambiance "clanique" (repli sur soi) et un climat de suspicion généralisé (chacun faisant "attention", dans les deux sens du terme, aux autres) me semble un peu contradictoire ; s'intéresser aux résultats de quelqu'un part parfois (pas toujours, je l'admets bien volontiers) d'une réelle bonne intention, ou d'un désir légitime de se "rassurer" (voire de s'assurer que tel ou tel élève n'est pas un "fou", un "extra-terrestre" comme on l'entend souvent… ce qui n'est pas propice à une bonne compréhension entre les élèves).
Je ne pense pas que les kholles et les attitudes dégradantes d’une minorité (rappelons le, l’esprit prépa est le fait d’une minorité de profs !) d’enseignants puissent forger une carapace utile pour la vie active.
J'ai du mal à voir ce que vous reprochez aux khôlles (je veux dire, au principe même des interrogations orales, et non aux enseignants dont il est question ensuite). De plus "l'esprit prépa", si tant est qu'il existe et qu'il soit unique (ce dont je doute…) n'est malheureusement pas que le fait d'enseignants, comme vous l'avez souligné plus haut.
Les jeunes se lancent à corps perdu dans ce genre d’études, à défaut de vocation professionnelle (à 18 ans est-ce décriable ?) mais à grand renfort d’ambition. Cependant la connaissance est une affaire personnelle, tout comme la (les) culture(s)… bref c’est encore un autre sujet.
Il est sans doute préférable de sentir une vocation, même peu précise, avant de s'engager dans un cursus exigeant comme celui-ci. Il est utile de faire preuve d'ambition également. Opposer prépa et "culture" me semble enfin un peu simpliste : la prépa ne prétend fournir que des connaissances de base et un entraînement aux travaux universitaires, nécessaires pour la réussite de concours qui sont avant tout généralistes, pour la poursuite de hautes études et l'acquisition d'une culture personnelle réelle et profonde (ce qui de toute façon ne se fait pas dans les deux premières années de l'enseignement supérieur).
Le jeune homme à décidé de partir en fac étudier une matière (langue orientale) que la prépa ne proposait absolument pas pourtant ce fut très décrié par les professeurs, qui se signaient d’une croix devant un gâchage d'étudiant (qui coule actuellement des jours passionnés dans son universités et arrivera sans doute au même but que ses anciens camarades et enseignants… prof)
Même si la réaction des professeurs est visiblement excessive, leur rôle est aussi d'inciter au réalisme… l'enseignement des langues orientales n'est pas le secteur le plus porteur et les débouchés sont faibles, surtout si l'on a pas suivi d'autre cursus (en russe par exemple, deux postes à l'agrégation tous les deux ans auparavant, et supression pure et simple de l'agrégation de russe à compter de cette année, CAPES maintenu tous les deux ans lui aussi). Votre "sans doute" est pour le moins optimiste (sans vouloir mettre en question le bien-fondé de la décision de votre ami).
banana a écrit :Nos profs ne nous mettent pas du tout la pression et je travaille à mon rythme. Si je n’ai pas le temps de faire une dissertation ou une version, je vais voir le prof en question pour lui dire que je le fais dès que possible. Et il n’y a pas de problème.
Je ne suis pas certain que la tendance inverse, que vous décrivez, soit très bénéfique (même si elle est évidemment préférable à ce que décrit Jeannay). Un devoir maison n'a de sens qu'accompagné d'une échéance fixe ; il est parfois compréhensible qu'on ne puisse pas tout faire dans les temps, mais je ne suis pas sûr que ce soit une raison pour systématiser la chose… et de plus ce genre de tolérances d'un professeur vis-à-vis d'une partie des élèves génère souvent, d'expérience, des frustrations voire des dissensions au sein de la classe (et notamment de "l'autre partie" qui estime s'être pliée aux consignes).
pleonasme a écrit :Ceux qui témoignent, ce serait indiscret de vous demander dans quelle prépa vous êtes/étiez ? Ça peut faire toute la différence…
Je plussoie, en ajoutant que ces différences ne se réduisent pas au clivage Paris / province, "grands lycées" / "petits lycées", etc.

Cordialement.
Ginger Ale a écrit :C'est parce que des personnes comme Nuance parlent de cette manière de la faculté que je commence à hésiter. J'étais persuadée que la prépa serait quelque chose de "fait pour moi". Le fait d'être encore au lycée, de pouvoir se décider pour une école plus tard. La faculté m'a l'air aussi d'une solution tout à fait intéressante et intelligente (dans le sens où l'on apprend réellement à travailler de façon autonome). Après, je n'irais pas dans n'importe quel faculté, si je choisissais cette voie, par peur d'être déçue par ces cours magistraux et des élèves peu motivés.
Mes parents m'ont dit que la prépa n'était pas la solution à tout. Et que, même si psychologiquement, je suis résistante, je SAIS encaisser, j'aime exprimer mes idées et dire (parfois) ce que je pense, ce qui est un peu incompatible avec une grande prépa. De plus, ils ont soulevé un argument important. En faisant une faculté, on arrive aussi à quelque chose, on peut faire un très bon métier, faire de grandes écoles et avoir du TEMPS pour soi, ne pas être constamment stressé, ne pas devoir travailler sans arrêt, pouvoir sortir de temps en temps. Voilà les arguments soulevés. Après, je ne sais pas si tout est possible après une faculté.
Il y a beaucoup de vrai dans votre message, mais il est faux (malheureusement) de dire qu'on peut faire de grandes écoles en faisant indifféremment une faculté ou une classe préparatoire. En tout cas pour les plus prestigieuses d'entre elles (écoles normales supérieures - candidats libres rarissimes en lettres, second concours de l'ENS LSH prévu mais jamais ouvert -, et école nationale des Chartes - à deux places près au second concours).

Cordialement.
Merci Arthur pour ta réponse. Mais je me suis mal exprimée. Je ne parlais pas de l'ENS ou de ces écoles (où l'on est admissible qu'après une prépa il me semble), mais de Sciences Po par exemple (qui est considéré comme une grande école).
Sciences Po n'est pas exactement une grande école mais un grand établissement [Lien invalide.] (à mi-chemin entre une université et une grande école). Les différences sont subtiles… Et effectivement, le recrutement de Sciences Po est assez diversifié.
Pour le formatage des esprits en prépa, je pense que c'est vrai. Le contenu des études est axé en grande partie sur l'acquisition d'une méthodologie; certes efficace et utile pour les concours, mais qui peut en rebuter certains. Ces outils de travail font néanmoins défaut à beaucoup d'étudiants de la fac car à l'université, l'aspect intellectuel prime toujours sur l'aspect scolaire, un peu oublié. En prépa, le tout est plus équilibré (en principe).

Bon , je vais commencer par te donner les points négatifs de la fac. D'abord, on ne rédige pas assez à mon goût. Peu de devoirs à rendre, absence de contrôle continu dans certaines matières : il faut travailler seul et apprendre à être autonome. Les premières dissertations de l'année peuvent être le jour des partiels ! Ensuite, le manque d'organisation de la fac peut poser problème. Lorsque je suis arrivée en octobre, certains profs m'ont refusé dans leurs cours sous prétexte que "nous étions à la moitié du semestre". Les secrétaires de l'administration étaient incapables de m'expliquer comment créer mon emploi du temps (car tu choisis toi-même tes matières) et encore une fois, tu dois te débrouiller seul. C'est un peu déstabilisant.
Enfin, dernier point, je remets en question la pertinence du choix des matières enseignées en première année de licence de Lettres Modernes. En fait, on étudie de la linguistique :morphologie, syntaxe, phonétique au détriment d'un approfondissement de la méthodologie par exemple … Ces cours sont très pointus et devraient selon moi être optionnels (même si personnellement, je ne les trouve pas inintéressants non plus). Ils pourraient sinon être remplacés par une autre discipline (philo, histoire ou autres), plus accessible et complémentaire à la littérature.

Malgré tout, j'aime la fac pour tout ce que j'ai déjà dit dans mes autres post. Le temps libre qu'elle offre est très profitable pour travailler et s'ouvrir à de nouveaux horizons. Je lis beaucoup, je sors, vais au ciné, visite des musées et je reste toujours de bonne humeur. Après chaque cours, j'ai le temps d'approfondir mes notes. On étudie peut être qu'une matière, mais on a le temps de s'intéresser aux autres et c'est même souvent indispensable. (comprendre le contexte historique d'une œuvre, dégager les idées philosophiques …). La fac éveille notre curiosité, nous encourage à découvrir les oeuvres par nous-mêmes puis à comparer avec ce que l'on peut lire ailleurs ou entendre aux cours. On nous offre la possibilité de se faire notre culture personnelle. (en prépa, on a moins le temps).
Les profs sont intéressants et très accessibles. Dans ma fac, en TD, on est parfois pas plus de quinze et c'est génial pour poser des questions. J'y ai rencontré des gens très sympas, je suis toujours contente d'aller en cours, et j'ai l'impression d'y apprendre beaucoup de choses. La prépa demande de la rigueur et du travail, à la fac c'est à toi de te l'imposer. Moi ca a très bien marché. Pour te donner un dernier exemple, j'ai commencé le latin en prépa. Prof désagréable, le cours m'ennuyait sans comprendre vraiment pourquoi. En une semaine de fac, j'aimais bien. Et pourtant, on a un contrôle de vocabulaire chaque semaine. L'approche était juste moins scolaire et me convenait davantage. En règle générale, depuis que je suis à la fac, je travaille beaucoup plus =).

EDIT : Je précise que je n'envisageais absolument pas le concours de l'ENS en allant en prépa. J'y allais en pensant que ce serait une expérience enrichissante qui pouvait m'apporter beaucoup. J'ai vite constaté que ca ne serait pas le cas donc je n'ai pas vu l'intérêt d'y rester. Mais encore une fois, c'est un avis très personnel. Beaucoup de gens se plaisent beaucoup en prépa et trouvent leurs études passionnantes !
Pastekss a écrit :Etant moi-même en hypokhâgne au lycée Saint-Sernin, et ayant une amie à Louis le Grand, je confirme qu'entre les prépas de province et celles de la capitale il y a tout un monde. On se raconte beaucoup d'histoires sur notre "charge de travail", mais elle est très humaine, et la pression est loin d'être insupportable. Cela tient peut-être au fait que contrairement à ceux des prépas parisiennes nos profs n'ont pas l'ambition de mettre la moitié des élèves à l'ENS et se "contentent" de former de futurs bons étudiants à l'université (pour la plupart).
Je me permets de rappeler encore une fois que prépa "de la capitale", ça ne veut RIEN dire ! Oui, il y a la série H4/LLG/Fénelon, mais passées ces trois-là, il y a des prépas de TOUS NIVEAUX à Paris, donc ce serait bien de ne pas toujours opposer prépas de province et prépas de Paris dans un schéma plus que caricatural : les gentilles prépas provinciales où tout le monde est heureux contre les méchantes prépas parisiennes où tout le monde se déteste et finit tôt ou tard en dépression.
Non, toutes les prépas parisiennes ne cherchent pas à "mettre la moitié des élèves à l'ENS".
Chercher à faire croire qu'à Paris, la prépa est insupportable, est aussi malhonnête que de faire croire que la prépa en général est insupportable.

Le jour où tout le monde comprendra que Paris n'est qu'une ville parmi d'autres, qui abrite certes des prépas d'un très grand prestige, et qu'il y a en province des prépas bien plus prestigieuses que certaines prépas parisiennes, on aura fait reculer les clichés de quelques millimètres.

Je suis moi-même dans une "petite" prépa parisienne, où l'ambiance est excellente, les profs humains, la pression supportable, où certains arrivent même à s'épanouir et où beaucoup envisagent de rejoindre la faculté l'année prochaine sans que ce soit synonyme de déchéance intellectuelle…

Ginger Ale : si tu peux aller en prépa, vas-y ! Tu pourras toujours rejoindre la fac au bout d'un mois ou d'un an, alors que dans l'autre sens, le chemin est plus compliqué. Je vais moi-même rejoindre la fac l'année prochaine (par choix et non à cause d'un niveau insuffisant pour passer en Khâgne), et je pense que j'aurais regretté d'être passée à côté de cette année d'Hypokhâgne, certes épuisante, mais épanouissante à bien des égards !
Bonsoir,

J'aimerais apporter quelques nuances à ce qui a été dit précédemment à l'aide de mon expérience puisque j'ai fréquenté les deux systèmes. J'ai d'abord fait une hypokhâgne A/L en province (à Douai -ça ne sera pas trop dur de trouver laquelle) puis j'ai fait une moitié de semestre de khâgne dans une prépa parisienne (Henri IV). J'ai quitté la prépa courant novembre pour des raisons personnelles (difficultés à concilier travail -très exigeant et lourd en khâgne, surtout dans une prépa aussi cotée- et "problèmes" personnels). Revenue dans le Nord, j'ai très rapidement rejoint la fac de Lettres Modernes en L2 à Valenciennes et j'y suis toujours (bien que je n'exclue pas de repartir à Paris à la Sorbonne, par exemple). J'aimerais donc faire un "comparatif" entre les deux systèmes parce qu'en lisant les précédents messages, j'ai l'impression d'une idéalisation de chaque système (à la suite, malheureusement, d'un message assez désemparant, dans lequel je me retrouve pas mal d'ailleurs).
J'ai beaucoup aimé mon hypokhâgne avec le recul par la somme de connaissances qu'elle m'a apportée et que je n'aurais probablement jamais amassée de moi-même. Il faut, je crois, beaucoup relativiser l'autonomie des étudiants et l'ouverture à tous les domaines culturels : il me semble peu raisonnable de penser qu'un étudiant livré à lui-même ira se constituer de lui-même un socle très solide de références littéraires, historiques, philosophiques et plus largement culturelles s'il n'a pas eu avant un certain nombre de repères et d'impulsions (de la part de professeurs principalement). Il approfondira en priorité ses goûts, une période littéraire ou un/des auteur(s) qui l'intéresse(nt) (mais qui, souvent, lui "parle(nt)" plus-comme on dit). Or, il me semble primordial d'offrir aux étudiants une gamme assez large de possibilités culturelles à explorer. Ce qui est, je pense, la finalité implicite de la prépa -en dehors d'objectifs plus immédiats comme la réussite d'un concours etc. En prépa (et même en 2e année, bien que je n'aie pas l'impression d'en avoir vraiment pris conscience), j'ai vraiment eu l'impression que des horizons m'étaient soudain ouverts. Ce qui explique sans doute que les élèves remettent souvent en question leur projet initial (faire telle spécialité en deuxième année etc.) au cours de leur année. Alors certes, il y a des impératifs parfois rébarbatifs : les professeurs exigent parfois l'impossible en terme de connaissances dans chaque matière ; l'apprentissage sans relâche de listes de vocabulaire n'est pas toujours très agréable tout comme l'impression d'en amasser sans avoir le temps d'approfondir etc. Mais je crois que l'essentiel, au-delà des performances de chacun (relatives à d'autres), est d'abord de nous ouvrir à des richesses que l'on avait pas forcément soupçonnées (bizarre que j'emploie encore le "nous"…). En début d'hypokhâgne, je ne me voyais pas évoluer vers un profil Lettres Classiques et c'est pourtant ce que j'ai fait en 1ère année (et je conserve d'ailleurs le latin et le grec à la fac). D'autres personnes seront, je pense, de mon avis (Arthur 😜).
Alors, ce qui me gêne un peu dans le système de la fac, c'est cette spécialisation un peu trop rapide dans un domaine. Et parfois, ce domaine est des plus pointus… ça me conduit à un constat qui m'a plutôt chagrinée à mon arrivée à la fac (si si, je reconnais aussi des qualités à ce système !) : c'est le manque cruel de repères des étudiants. Alors, oui, on a vu de manière très pointue les textes théoriques et les querelles sur le théâtre au XVIIe siècle mais je n'ai pas l'impression que les étudiants (et je précise que ce n'est pas un jugement à l'emporte-pièce, je suis intégrée dans ma promo et je le constate moi-même) ont suffisamment une vue d'ensemble sur la littérature. Il y a des cours de littérature sur chaque siècle mais les étudiants n'arrivent pas -ou pas assez- à les dépasser pour appréhender le fait littéraire (et culturel) dans son ensemble et sa spécificité. Peut-être que 76man et d'autres, vous avez la chance (j'hésite à employer ce mot) d'être dans de bonnes promos en compagnie de camarades curieux mais je ne pense pas qu'on puisse généraliser le modèle du bon étudiant passionné par les lettres. Tout comme mon expérience à Valenciennes d'ailleurs. Mais je crois qu'on peut quand même reprocher à la fac (pas aux étudiants, attention) un manque d'attention aux besoins immédiats des élèves (des élèves qui sortent juste du lycée !). Il serait, je pense, nécessaire d'offrir des cours plus généraux en L1 et L2 pour permettre aux étudiants d'avoir des vues synthétiques -mais pas simplistes- sur ce qu'ils étudient et vont, pour beaucoup, enseigner. Il est aussi essentiel, avant d'étudier des auteurs plus marginaux, de pousser les élèves à lire les classiques, aussi diversifiés soient-ils. Je ne vais pas réformer la fac ( =D) mais ce sont des bases qui me semblent vraiment essentielles quand je vois à quel point certains étudiants manquent de culture générale (c'est bien ici le mot qui convient)… en L2 ! N'oubliez pas que vous voyez votre système comme bon, agréable à vivre parce qu'à la base, vous êtes de bons élèves, des personnes curieuses et désireuses d'approfondir ce que vous étudiez -ce qui n'est pas le cas de tous les étudiants, même dans les bonnes facs. Donner aux étudiants des cours moins spécialisés -alliés à d'autres plus "pointus" sans prétendre à l'érudition- ce n'est pas rapprocher la fac d'autres formations plus généralistes. C'est, je pense, d'abord donner de bons repères avant de poursuivre des études plus pointues et ensuite de permettre aux étudiants de se rendre compte s'ils sont réellement prêts à consacrer plusieurs années à une matière qui les mèneront à un métier et à une certaine approche de la vie… Néanmoins, je me plais bien aussi à la fac : j'ai beaucoup de temps libre à consacrer à des lectures diverses, à des domaines qui m'attiraient sans que j'aie eu le temps de les approfondir en prépa, je me remets à réfléchir à quelques projets d'écriture, j'ai même commencé à apprendre l'hébreu biblique etc. Les cours ne me satisfont pas (on l'aura compris lol) sauf quelques-uns mais je prends plaisir à les approfondir de moi-même. Mais il n'est pas sûr que tel autre étudiant saura de lui-même comment approfondir.
Mais il y a aussi de mauvais côtés dans la prépa bien sûr. Aucun système n'est idéal : c'est à l'étudiant de le décider. Alors surtout, pour les futurs prétendants à l'HK, tentez ! Il se peut que ça ne vous satisfasse pas pour x raisons mais tentez. Il n'y a rien de pire que les regrets (et je parle vraiment en connaissance de cause). Les deux systèmes offrent des passerelles, il serait dommage de ne pas s'en servir par peur et/ou parce qu'on aurait lu des messages peu engageants. Chaque système a ses bons, ses très côtés. A vous de considérer ceux qui comptent le plus pour vous. J'ai aimé la prépa pour les raisons que j'ai évoquées, je l'ai reniée parce qu'elle me noyait (et mes soucis avec), j'aime la fac car elle m'offre une plus grande liberté, je ne l'aime pas parce qu'elle me frustre intellectuellement (et parfois humainement mais c'est une autre histoire).
Mais surtout, quoi que vous souhaitiez faire, fac ou prépa, ne lisez pas les témoignages -négatifs ou positifs- avec la peur déjà au ventre (j'exagère mais à peine, c'est dommage de remettre en question ses projets à la lecture d'un message) : gardez encore une fois une certaine distance. Et persévérez dans ce que vous faites. Sauf si ça met en péril votre santé, bien sûr…

J'avais sans doute encore d'autres choses à dire mais j'aurai peut-être l'occasion d'y revenir par la suite, qui sait.
ReBonjour, merci pour vos réponses, je suis contente que mon post ait pu lancer un débat qui a tendance à vite s'élargir à la confrontation de l’univers des facs à celui du monde parallèle des Prépas.
On a peut être en France un système qui en théorie laisse une chance à tous, mais il existe malheureusement toujours un fossé assez important entre étudiants de fac et de prépa. Autant au niveau des méthodes d’enseignements (incomplètes et parfois maladroites l’une et l’autre) que des représentations que les deux ont en réciprocité.
J’ai l’impression que beaucoup d’élèves entrent en CPEG par angoisse de la fac, et sous le mépris affiché ouvertement il y a certainement une angoisse devant l’indépendance offerte par l’université.

Pour revenir au sujet du topic, les conséquences psychologiques des hypokhâgnes, le premier point sur lequel je suis d’accord c’est que mon témoignage n’est « pas universalisable » ( je cite Tourment de Nuit), avec deux ou trois années de plus j’aurais sûrement pu prendre plus de recul… ce qui ne veut pas dire pour autant que je me serais sentie épanouie. Peut être cela relève-t-il d'un choix de vie (à 18 ans?) en ce qui me concerne j'arrête de badigeonner de prestige ma scolarité pour la rendre plus agréable.

J’ai lu dans le Métro de ce matin que les comités d’enseignants de la Sorbonne et de le Mirail balançent ces jours-ci entre le don d’un « semestre blanc » aux étudiants pénalisés ou le système D à savoir le report d’un mois des examens. Pourquoi ce genre de mobilisation n’est elle que le fait des campus ? les élèves de prépa sont-il seulement planqués à Beaubourg ou plongés dans l'étude de l’optimisation de leur parcours scolaire individuel ?
Nuance « Tu peux toujours essayer la prépa et te rabattre sur la fac ensuite. Moi, je me sentais enfermée en prépa mais je suis sans doute passée à côté du système. J'avais l'impression qu'on nous demandait une grande maturité dans un cadre plutôt infantilisant… »
je rejoins le conseil de Nuance, à une objection près : passé le premier mois de prépa il est de plus en plus difficile de quitter le bateau, car le fleuve de la prépa emmène consciencieusement les étudiants largués. Cependant, complètement d’accord pour la deuxième remarque. Et j’ajouterai : on nous apprend à être humble par les notes tout en nous faisant comprendre que nous sommes les meilleurs.. !


Arthur, - si je peux me permettre de reprendre quelques points de l’explication de texte (digne d’un khagneux ) que tu as postée –
Je crois qu'ici au moins, il est permis d'en parler ouvertement… De plus, mon lycée (à l'extérieur duquel les rumeurs vont d'ailleurs bon train sur les "drames psychologiques" qui s'y passent) organise chaque année une conférence dédiée à ces questions, avec possibilité de rencontrer les infirmières, des médecins, etc. … et les élèves sont assez rares à y répondre présents, à ce que j'en sais. Il y a aussi une tendance à l'autocensure, à la honte devant l'échec, dont l'institution n'est pas totalement responsable (elle n'a rien à gagner des drames qui peuvent arriver en son sein…).
est-ce que je peux suggérer que le fait que les hypokhagneux n'aient pas brillé par leur présence à cette conférence (qui d'ailleurs est un fait rarissime et se limite à Henri4) est bien la preuve qu'il y a un bloquage certain a en parler ouvertement? La tendance à l'autocensure dont tu parle après ..
("exemple de remarque d'une future normalienne catégorie poids lourds en philo: " la dépression c'est en fait de la faiblesse il n'y a qu'à se mettre un coup de pied au …" )



vous avez le droit à l'erreur, rester dans une filière qui exige une forte motivation que vous n'avez plus et des sacrifices importants que vous ne pouvez plus vous permettre serait une grave erreur.
là on est bien d'accord

J'ai du mal à voir ce que vous reprochez aux khôlles (je veux dire, au principe même des interrogations orales, et non aux enseignants dont il est question ensuite). De plus "l'esprit prépa", si tant est qu'il existe et qu'il soit unique (ce dont je doute…) n'est malheureusement pas que le fait d'enseignants, comme vous l'avez souligné plus haut.
je pense qu'on peut résumer l'esprit prépa par l'idéologie qui repose sur l'exacerbation de la qualité de l'institution par certains profs assortie d'une folle course au point supplémentaire chez les élèves qui crée le malaise dans les fait. Et d'ailleurs tu cite médecine ce qui est un très bon exemple, je crois bien pire encore

-par kholle je ne sais plus ce que je voulais dire mais j’ai la flemme ( ! !) de m’éditer.




En tout les cas je souhaite bon courage aux lycéens qui sont encore dans le dilemme université – prépa comme Ginger Lane, rassurez vous tout finit par se décanter, que vous optiez pour la prépa en connaissance de cause ou que vous rejoignez les rangs de l'université -également en connaissance de cause… personne n'est parfait !
En même temps, on se rend compte que fac et prépa ont des points négatifs et des points positifs. C'est pour ça qu'il est dur de choisir. De plus, je trouve qu'il n'y a pas assez d'informations véhiculées dans les lycées concernant l'avenir. Au début de l'année, on nous a fait un rapide "cours" en amphithéâtre sur les possibilités après bac. Sous prétexte que plus de 50% des ES vont en universités et qu'environ 30% vont en BTS/DUT, les profs n'ont pas jugé bon de nous parler des prépas, ce que je trouve quand même très dommage.

Néanmoins, au vu de ce que vous venez de dire, je pense tenter une prépa, essayer au moins car qui ne tente rien n'a rien. Mais j'ai encore un peu de temps devant moi pour me décider définitivement. Ce n'est pas un choix à prendre à la légère et décider à 16 ans de ce qu'on va faire plus tard … C'est assez difficile.

Concernant les prépas, j'ai rencontré des élèves de Fustel qui ne semblaient pas traumatisés par ces heures de cours, ces 60 heures de travail hebdomadaire. Mais ils m'ont précisé que le climat n'était pas comme au lycée. Il y a tout de suite un classement qui est fait, une compétition omniprésente, du stress toujours là. On est vite déçu à cause des notes (quand on a 14-15 au lycée et qu'on tombe à 9). Je n'ai pas entendu que les profs "cassaient de l'élève", ce que j'entends pourtant quand j'entends parler d'Henri IV (préjugés ?). L'avantage de la prépa, d'un point de vue personnel, c'est le fait d'avoir encore du temps pour décider de ce que l'on va faire : on réussit sa prépa, on peut presque tout avoir (même si psychologiquement, ça peut être difficile). De plus, on est encore dans un type d'enseignement "général", avec des matières comme au lycée (encore des maths, de l'histoire …), contrairement à la fac, où l'on a qu'une matière.

L'avantage de la fac est, le gain de temps, le temps personnel que l'on a. Comme tous l'ont dit, on peut sortir, on peut lire, on peut se cultiver sans se sentir contraint. Le désavantage majeur, dont on entend souvent parler, c'est le laisser-aller de certains élèves (pas tous, évidemment). J'ai peur que ça empêche ceux qui veulent travailler de travailler. Après, comme je l'ai dit, c'est encore des choses que j'entends par-ci, par-là dans la rue, il faut distinguer le vrai du faux.
Nuance a écrit :je remets en question la pertinence du choix des matières enseignées en première année de licence de Lettres Modernes. En fait, on étudie de la linguistique :morphologie, syntaxe, phonétique au détriment d'un approfondissement de la méthodologie par exemple … Ces cours sont très pointus et devraient selon moi être optionnels (même si personnellement, je ne les trouve pas inintéressants non plus). Ils pourraient sinon être remplacés par une autre discipline (philo, histoire ou autres), plus accessible et complémentaire à la littérature.
Ton message est très symptomatique : je trouve qu'on n'explique pas assez aux étudiants l'intérêt de ces matières souvent rébarbatives. Quand j'en ai fait en licence, je ne voyais pas plus loin que la fin de l'année, j'ai donc bachotté gentiment l'ancien français et la syntaxe, sans en tirer aucun profit…avant de les retrouver quelques années plus tard au Capes et à l'agreg. Je n'avais plus aucune base (comme la plupart de mes collègues), et il a fallu tout reprendre de zéro. Si à l'époque on m'avait donné le panorama d'ensemble, en soulignant que je retrouverais ces matières sur ma route, autrement coefficientées, je crois que ça m'aurait motivée.

C'est un défaut de la fac : chaque année est un peu trop séparée des précédentes et des suivantes, les cursus sont rendus élastiques par le jeu des options, des mineures, des doubles diplômes ; on ne se sent pas poussé vers un objectif précis.
Bonjour.

Je compatis aux souffrances qui s'expriment dans ce sujet.

Les problèmes psychologiques vécus en Hk sont souvent, il faut bien le dire, provoqués ou aggravés par certains professeurs, des mandarins autosatisfaits qui traumatisent d'emblée leurs élèves en leur laissant entendre qu'avec leur mention Bien au Bac ils sont d'absolus crétins.

Pire encore: ceux qui divisent d'emblée la classe entre élus et réprouvés.

J'ai eu moi-même il y a quelques années (dans un certain lycée montano-génovéfain) un professeur de philo terrifiant, qui émaillait son cours de mots allemands, non traduits bien sûr (la traduction aurait sûrement nui à la densité conceptuelle), de références à Cranach l'Ancien ou à Egon Schiele avec un air parfaitement entendu (qui signifiait "vous voyez ce que je veux dire, sinon vous êtes vraiment trop minables"), et qui emmenait ses élèves préférés au Louvre puis dans des cafés, pour approfondir les grandes questions sans être gêné par les semi-analphabètes du reste de la classe. Je n'ai jamais su sur quels critères on entrait dans la "petite cohorte", car cela se faisait de façon totalement officieuse. Mais j'ai vite compris qu'avec ma moyenne de 4/20 je n'étais pas invité. Il pratiquait aussi, à très haute dose, le terrorisme intellectuel, en répétant que si on n'était pas d'extrême-gauche, on n'était pas digne du nom d'homme.

J'ai survécu grâce à… mon orgueil, en décrétant que ce type était un sale con et que j'allais l'ignorer totalement. Evidemment, ce n'est pas une bonne attitude: je n'ai pour ainsi dire pas fait de progrès philo cette année-là. Mais ma santé mentale était à ce prix.
Lysdanslavallee a écrit :
Pleonasme a écrit :Ceux qui témoignent, ce serait indiscret de vous demander dans quelle prépa vous êtes/étiez ? Ca peut faire toute la différence…
A Saint-Sernin à Toulouse, qui est l'autre grande prépa de la ville après Fermat. Je n'ai moi non plus jamais sacrifié mon sommeil, pas par goût du luxe, uniquement parce qu'il m'était impossible à l'époque de dormir moins de sept heures par nuit (et je suis toujours physiquement incapable de travailler après une certaine heure, quel que soit l'enjeu). Evidemment, pratiquement jamais de sorties en semaine, et modérées le week-end (je ne cherche pas à dire que c'était paradisiaque). Le fait d'avoir des amis au sein de la classe compensait le manque.

Très peu de compétition, et jamais orchestrée par les profs eux-mêmes : la seule pression, pour les gens sensibles dont j'étais, venait de quelques élèves snobinards qui se prenaient au sérieux, ou, bien pire encore, de ceux qui prétendaient ne rien faire, jouaient les glandeurs, prenaient les meilleures places, et qui se sont retrouvés à cuber l'année d'après comme si leur vie en dépendait.

Bref ça n'empêche pas Saint-Sernin de faire entrer des élèves à Lyon et Cachan chaque année, avec une moyenne de 5 admissibles au minimum. J'ai moi-même été admissible en fin de khâgne, peut-être parce que justement, je suis arrivée en bonne forme physique au concours.

Après, je vous l'accorde, il était hors de question pour moi de cuber , 2 ans de formatage pro-élite de la nation avaient été largement suffisants…
Il est vrai que le témoignage de Jeaney est très touchant et qu'on se demande alors si c'est vraiment une bonne idée d'aller en prépa…. (étant moi-même en Terminale et ayant envoyé mes dossiers pour une HK)

Seulement, je me demande vraiment si la compétition est plus importante en prépa littéraire qu'en prépa scientifique ou économique, justement parce qu'il y a "moins de débouchés". Je connais beaucoup de gens en prépa littéraire qui savent qu'ils n'iront pas forcément en ENS et qui du coup, prennent leurs années de prépa comme des années enrichissantes, et du coup, ça va beaucoup mieux…

Je suis aussi allée aux portes-ouvertes de Saint-Sernin, et je crois que c'est ça qui m'a donné envie d'aller en prépa. Des élèves passionnés qui ne paraissaient pas souffrir de la fatigue, du stress, de la compétition… Il y avait l'air d'y avoir un bel esprit de groupe et ils aimaient tous ce qu'ils faisaient. Bien sûr, ils disaient qu'il fallait travailler et tout ça, mais vraiment, ça donnait envie.

Je crois que tout ça souligne l'importance de bien choisir sa prépa. Ne pas forcément aller dans les prépas les plus prestigieuses (il y en a à qui ça convient très bien, je dis pas le contraire !) mais aller dans celle qui nous convient le mieux… Mais bon, le plus dur est de savoir qu'est-ce-qui nous convient le mieux, car c'est un peu difficile d'imaginer avant d'y être…

Merci pour tous ces témoignages en tout cas, qui ne m'ont pas dégoûté de la prépa, mais qui mettent cependant bien en garde. (Car il semblait que certains se préoccupaient de l'avis des futurs hypokhâgneux)