L’Élégance du hérisson de Muriel Barbery

Littérature

42 réponses · Page 2 / 3

Mais Racine n'étale pas toutes ses références avec une subtilité pachydermique.
Je regrette,plus je relis certains passages du livre,et plus il me fait penser à une leçon sur les grands classiques fièrement récitée. Allier ceci à un ton moralisateur me semble plus que désagréable. Quelqu'un avait dit que ce n'était que de "l'admiration de soi". Cela me paraît pertinent.
je ne pense pas qu'on puisse l'accuser de pédanterie sous prétexte de l'utilisation de références culturelles.
Il est accusé de pédanterie non pas à cause de l'utilisation de références culturelles,mais à cause de références culturelles abusives et lourdes. (Ceci n'engage que moi… )
En effet, il y a tout-de même un fossé entre une référence mythologique ou historique employée telle un clin d'œil par Racine, dont la reconnaissance n'est due qu'à notre propre culture personnelle (ce qui, parenthèse faite est une réjouissance, et permet une sorte d'intimité entre le lecteur et l'auteur), et les références si subtiles de Mumu: (j'admets que cela fait longtemps que je l'ai lue) "le chat de la concierge s'appelle Léon et la soeur de la normalienne, eh ben, elle savait, elle, que la concierge elle est cultivée, et que c'était une référence à Tolstoï qui s'appelait Léon, Léon Tolstoï, vous savez hein, Léon, celui qui a écrit Anna Karénine, hein, le roman de Tolstoï, que la concierge, eh bien, elle lit tout le temps, ce roman de TOLSTOÏ !!"

Bon, j'exagère… =) juste un peu…mais j'aurais pu faire pareil avec Nietzsche, ou encore avec… et aussi…et aussi…et aussi… :roll:

Bien à vous! =D
Si les allusions de Racine nous paraissent si subtiles, c'est aussi grâce au passage du temps. Pour ses contemporains, et son cercle de lecteurs lettrés, ces références faisaient partie d'un patrimoine culturel commun et aisément identifiable, pour ne pas dire attendu.

Lisez Du Bellay, lisez Ronsard…une bonne partie de leur oeuvre n'est "que" réécriture, allusion, référence, variation, et le tout n'est évidemment pas exempt de virtuosité. Si on ne connaît pas la mythologie, si on ne connaît pas Pétrarque, on a peu de chances de comprendre Du Bellay, etc, etc…Et le lecteur de Du Bellay attend ces références, ce sont des critères d'appréciation de l'oeuvre.

Cela dit, pour éviter l'émeute et donner le fond de ma pensée, je ne comparerai évidemment jamais Barbery à Racine ou Ronsard 😜, je cherche juste à dire que sa démarche est peut-être plus concertée qu'il n'y paraît, qu'elle propose une lecture, un parcours de ces références qui émaillent nos vies, et pas seulement un caprice de pédant.
Lysdanslavallee a écrit :Si les allusions de Racine nous paraissent si subtiles, c'est aussi grâce au passage du temps. Pour ses contemporains, et son cercle de lecteurs lettrés, ces références faisaient partie d'un patrimoine culturel commun et aisément identifiable, pour ne pas dire attendu.

C'est vrai 😉

Lisez Du Bellay, lisez Ronsard…une bonne partie de leur oeuvre n'est "que" réécriture, allusion, référence, variation, et le tout n'est évidemment pas exempt de virtuosité. Si on ne connaît pas la mythologie, si on ne connaît pas Pétrarque, on a peu de chances de comprendre Du Bellay, etc, etc…Et le lecteur de Du Bellay attend ces références, ce sont des critères d'appréciation de l'oeuvre.

Tout à fait, mais depuis le XVI ème de Du Bellay et Ronsard, on a compris enfin (ouf!) que l'imitation n'était pas forcément créatrice! De plus, il ne faudrait tout de même pas confondre intertextualité répondant d'une esthétique pour le coup, convenue, de l'époque, et les références lourdes du best-seller de Mumu le Barbier =D

Cela dit, pour éviter l'émeute et donner le fond de ma pensée, je ne comparerai évidemment jamais Barbery à Racine ou Ronsard 😜, je cherche juste à dire que sa démarche est peut-être plus concertée qu'il n'y paraît, qu'elle propose une lecture, un parcours de ces références qui émaillent nos vies, et pas seulement un caprice de pédant.

Démarche plus concertée, certainement, mais c'est justement cet artifice faussement recherché qu'on lui reproche! Bon, après nous ne faisons que discuter qu'en tant que petits lecteurs: on ne lui enlève pas son exercice d'auteur. D'ailleurs, j'ai trouvé son écriture plutôt bonne: elle m'a même fait sourire plusieurs reprises! (J'admets, je suis bon public!)

Bref, tout cela, pour montrer que je ne suis pas complètement étanche non plus: la preuve, malgré l'agacement, je l'ai terminé!
😉
Lysdanslavallee a écrit :Si les allusions de Racine nous paraissent si subtiles, c'est aussi grâce au passage du temps. Pour ses contemporains, et son cercle de lecteurs lettrés, ces références faisaient partie d'un patrimoine culturel commun et aisément identifiable, pour ne pas dire attendu.

Lisez Du Bellay, lisez Ronsard…une bonne partie de leur oeuvre n'est "que" réécriture, allusion, référence, variation, et le tout n'est évidemment pas exempt de virtuosité. Si on ne connaît pas la mythologie, si on ne connaît pas Pétrarque, on a peu de chances de comprendre Du Bellay, etc, etc…Et le lecteur de Du Bellay attend ces références, ce sont des critères d'appréciation de l'oeuvre.

Cela dit, pour éviter l'émeute et donner le fond de ma pensée, je ne comparerai évidemment jamais Barbery à Racine ou Ronsard 😜, je cherche juste à dire que sa démarche est peut-être plus concertée qu'il n'y paraît, qu'elle propose une lecture, un parcours de ces références qui émaillent nos vies, et pas seulement un caprice de pédant.
Merci, c'est tout à fait ce que je voulais dire 😉 Bien sûr, Barbery n'est ni Racine ni Gautier. Mais comme vous le dites si bien, on n'attendait pas de langage courtois chez Racine car il était déjà désuet, ce qui a provoqué de nombreuses railleries lors de ses représentations et parutions. Alors on raille Barbery, mais peut-être que dans quelques décennies, ce roman sera considéré comme une très bonne œuvre représentative de son époque. Voltaire croyait être connu pour ses tragédies, il l'est aujourd'hui pour ses contes. Histoire littéraire quand tu nous tiens…
J'ai vu le film il y a quelques jours et ai entamé aussitôt la lecture du livre.

Il est clair pour moi que ce livre transpire le bon sentiment, d'ailleurs ça me fait penser au "monopole du coeur" de Giscard. Les riches, les grands méchants loups et les prolos des petites gens pas si idiots que ça. Sincèrement je demande à voir. Enfin bon, là n'est pas la question. Le style m'apparait un peu trop redondant. Le côté philosophique je m'en serais également passé. D'ailleurs à ce propos j'ai surligné une formule que je trouve MAGNIFIQUE de démagogie:

"On a moins mais on profite plus"

J'ai ri. J'ai immédiatement pensé à Sarkozy et à cette écrivaine.
Le monde est absurde je n'en puis plus douter.


Il y a bien une chose sur laquelle je n'ai rien à redire concernant le livre, c'est son titre. Il lui va comme un gant.

D'ailleurs rater sa vie aussi élégamment me laisse rêveuse.
nathanaellelavirago a écrit :J'ai vu le film il y a quelques jours et ai entamé aussitôt la lecture du livre.
Je ne comprends pas vraiment… le film vous a plu, et vous a donné envie de lire le livre, ou bien, le film est si mauvais que vous ne vouliez pas admettre que le livre soit du même niveau ? (je fais des hypothèses, je n'ai ni lu le livre ni vu le film 🙂 )
bonsoir ,

pas grand chose d'original à ajouter sur l'Elégance du Hérisson si ce n'est que je n'ai pas aimé ! et je n'irai pas voir le film non plus, je n'avais pas aimé Amélie Poulain et je suis sûre que c'est le même genre !
Pour ma part, j'ai retenu surtout de l'élégance du hérisson, la critique qu'en a faite Philippe Lançon :

https://www.liberation.fr/livres/0101106688-faut-il-ecraser-le-herisson

Le style de la romancière n'est pas aussi percutant que celui du critique.
eh bien, vous allez quand même me pousser à le lire… il traîne chez moi… je ne l'ai pas ouvert, et vous savez pourquoi?

Avant de lire tout ouvrage, je jette un oeil sur la 4ème de couverture, quand il y en a… et celle-ci m'a fait fuir…
Hé bien j'avais baeucoup aimé la lecture de l'élégance du hérisson, c'est peut-être aussi parce que je suis jeune et que je n'ai pas encore assez d'expérience dans ce domaine pour pouvoir le juger réellement à voir tous vos avies !
Enfin, le film était très décevant !
Cavatine a écrit :
nathanaellelavirago a écrit :J'ai vu le film il y a quelques jours et ai entamé aussitôt la lecture du livre.
Je ne comprends pas vraiment… le film vous a plu, et vous a donné envie de lire le livre, ou bien, le film est si mauvais que vous ne vouliez pas admettre que le livre soit du même niveau ? (je fais des hypothèses, je n'ai ni lu le livre ni vu le film 🙂 )
Alors pour répondre à ta question…
Si je suis allée voir le film c'est parce que j'y étais invitée.
Et si j'ai lu le livre tout de suite après c'est parce que la personne avec qui j'y suis allée l'avait et me l'a prêté pour que je me fasse une petite opinion ( Ce bouquin aura fait du raffut !)
Pas réussi à lire plus de cent pages. Des qualités et des défauts, un gros défaut surtout, on n'y croit pas un instant (je vous arrête tout de suite: Peter Pan, j'y crois). Le film devrait beaucoup plaire.
Je vais juste citer une phrase de ce livre qui m'a marqué :

"Ce matin, en écoutant France Inter, j'ai découvert que je n'étais pas ce que je croyais être, j'avais jusqu'alors attribué à ma condition d'autodidacte prolétaire les raisons de mon éclectisme naturel."
Salut! on m'a recommandé l'Elegance du hérisson et la Gourmandise ensemble, par quoi commencer, lequel préférez-vous?
"l'élégance du hérisson suinte la prétention"

Le livre est écrit par une normalienne
pourquoi ça ne m'a pas étonné lorsque j'en ai lu quelques extraits ? 😜

ce qui m'a surtout agacée c'est le fait que Renée est laide, donc (presque par conséquent), très cultivée et intelligente. Elle aurait pas comme quelque chose à compenser notre chère Muriel? 🙂
MeggySue a écrit :"l'élégance du hérisson suinte la prétention"

Le livre est écrit par une normalienne
Espérons que les normaliens ne soient pas tous aussi hérissants. Mais si tel est le cas, je conjure Arthur de ne jamais publier de roman.
Bien plus simplement cela fait quelques années que la laideur ou la beauté et de façon générale le poids de l'apparence dans la réussite sociale, suscitent l'intérêt de Sansot à Amadou pour n'en mentionner que deux.

La laideur intéressait déjà Shakespeare dans Richard III.
Lucretius a écrit :
MeggySue a écrit :"l'élégance du hérisson suinte la prétention"

Le livre est écrit par une normalienne
Espérons que les normaliens ne soient pas tous aussi hérissants. Mais si tel est le cas, je conjure Arthur de ne jamais publier de roman.
Il me semble qu'elle n'est "que" agrégée de philosophie, mais non pas normalienne.
Mais je me trompe peut-être… :/
J'ai vu le film aussi cet été ! RA-VIE !
Certains éléments rajoutés par le réalisateur étaient très originaux. Je pense, par exemple, à tous les dessins de Paloma à l'encre de Chine, qui sont superbes à l'écran ! Un film dont j'attends la sortie en DVD avec une grande impatience !