L’Élégance du hérisson de Muriel Barbery
42 réponses · Page 1 / 3
Bonjour à tous,
J'ai lu " l'élégance du hérisson" récemment, et j'en suis tombée amoureuse. J'ai trouvé ce livre drôle, vrai, et… très dérangeant pour notre petite morale ! C'est un ouvrage splendide, mais je dois avouer que l'être humain (et plus particulièrement les hautes classes sociales) s'en prennent plein la figure. Ça fait du bien. Il est très fluide, et l'auteur manie la langue française merveilleusement bien. Je le recommande à tous ceux qui ne l'ont pas encore lu !!!
Qu'en avez-vous pensé ?
🙂
Je trouve que c'est très bien fait, mais c'est pas non plus de la grande littérature. Et puis la morale je la trouve pas si "dérangeante", c'est quand même une petite morale à la française assez convenue. Un coté Amélie Poulain, quoi.
D'ailleurs ya l'adaptation cinéma en tournage, avec Balasko. J'ai hâte de ne pas y aller.
Paf, dans les dents ! J'irai bien le voir, moi. J'ai vraiment trop adoré le livre !!
J'ai commencé ce livre, poussé quelques glapissements exaspérés, et je l'ai refermé. Ce qui m'a le plus agacée était justement ce que vous appelez cette "morale dérangeante", qui pour moi relève plutôt d'une complaisance visqueuse à enfoncer des portes ouvertes en se faisant passer pour révolutionnaires : critiquer la bourgeoisie, quelle audace! Montrer qu'une concierge peut lire, quelle subversion!
Et j'ai trouvé tous les passages "philosophiques" creux, naïfs, souvent idiots.
… ce qui n'empêche pas de me réjouir pour vous que vous ayez trouvé un livre qui vous enthousiasme : ce n'est pas si fréquent!
Il y a belle lurette que la bourgeoisie a trouvé ses censeurs chez les romanciers donc j'ai vu la critique sociale tout comme la critique des intellectuels et les attaques contre l'hypocrisie comme simplement source de comique ou de caricature. J'ai plutôt senti une certaine tendresse de l'auteur pour les déchirements des personnages. Je n'ai pas laissé tomber le livre comme Trialph même si cela m'a tenté car de temps à autre on rit de bon coeur et on peut se laisser surprendre par le côté roman feuilleton à la fin.
Peut-on trop faire la fine bouche devant un roman traversé par l'amour de la littérature et de l'art en général même si la philosophie est un peu ennuyeuse et qu'on n'est pas chez Virginia Woolf et sa Promenade au phare?
Je l'ai dévoré sur une plage il y a deux ans. J'ai adoré à l'époque, peut-être l'apprécierais-je moins aujourd'hui. Mais il est tellement rare qu'un livre récent fasse son trou dans ma bibliothèque et qu'il me procure du plaisir à le lire que j'avoue avoir vraiment bien aimé.
Les passages consacrés à la jeune adolescente intello-crispante m'avaient un peu agacée au début, tout comme le discours assez convenu du roman, et l'alternance des séquences consacrées aux deux protagonistes (procédé dont Bernard Werber a usé et abusé, pour ne citer que lui).
J'avais en revanche beaucoup apprécié le style dense, la "manière" de Barbery, qui certes tient un propos un peu simpliste, mais qui sait au moins écrire, construire, composer un roman, jouer avec les références culturelles sans juste les exhiber. Le tout en plus de 40 pages et sans passer par l'auto-fiction, les phrases de 3 mots et la néo-ponctuation moderne 😉
Ce n'est pas si courant qu'un roman recueille les suffrages de publics si différents, et ça fait plutôt plaisir à voir.
ah je frémis en voyant ce nom 🙂
en fait je l'ai eu en thème d'anglais à un examen et depuis je me suis promise de ne jamais le lire.
j'ai été confortée dans mon opinion en regardant quelques extraits: je trouve le style précieux, lourd, au service d'idées assez pauvres finalement.
il est vrai que j'ai beaucoup de mal avec les auteurs contemporains français, autant je trouve mon bonheur chez les contemporains anglo saxons et indiens autant en France, la littérature moderne a très vite tendance à m'agacer.
Ah…J'ai lu ce livre il y a un an ou deux(pour les "Coup de coeur littéraires de mon lycée") et j'ai adoré!!!C'est un bon livre qui parle d'un sujet certes pas nouveau mais d'una autre manière et c'est génial…Vivement la sortie du film en France!!!
Ce sujet révèle en tout cas une qualité réelle du roman : il ne laisse personne indifférent.
Portia a écrit :Peut-on trop faire la fine bouche devant un roman traversé par l'amour de la littérature et de l'art en général même si la philosophie est un peu ennuyeuse et qu'on n'est pas chez Virginia Woolf et sa Promenade au phare?
Sans hésitation, oui. L'amour de la littérature ne suffit pas pour écrire un bon roman. (Et par ailleurs, je supporte mal Virginia Woolf… Décidément, les exercices de traduction sont dangereux : si un thème peut dégoûter de
L'Elégance du hérisson, la version m'a fait honnir Woolf!)
Savez-vous qui réalise le film ? Il risque fort de caricaturer le roman…
Une certaine Mona Achache. Connais pas. Sortie le 7 octobre, youpi.
Chouette, j'espère qu'il sera aussi bien réussi que le livre. mais ça risque d'être compliqué…
Trialph a écrit :J'ai commencé ce livre, poussé quelques glapissements exaspérés, et je l'ai refermé. Ce qui m'a le plus agacée était justement ce que vous appelez cette "morale dérangeante", qui pour moi relève plutôt d'une complaisance visqueuse à enfoncer des portes ouvertes en se faisant passer pour révolutionnaires : critiquer la bourgeoisie, quelle audace! Montrer qu'une concierge peut lire, quelle subversion!
Et j'ai trouvé tous les passages "philosophiques" creux, naïfs, souvent idiots.
… ce qui n'empêche pas de me réjouir pour vous que vous ayez trouvé un livre qui vous enthousiasme : ce n'est pas si fréquent!
C'est EXACTEMENT ça!!!Sauf que je rajouterais que le côté "étalage culturel" en déposant des ptites touches litté voire philo façon impressioniste de l'ignorance, c'était agaçant mais surtout confortant dans l'idée qu'en fait, elle ne doit pas en savoir grand chose…
Mais bon, Trialph, il faut le finir jusqu'à la dernière goutte, au moins pour te dire que tu avais raison!!! 😉
sombrablanca a écrit :Mais bon, Trialph, il faut le finir jusqu'à la dernière goutte, au moins pour te dire que tu avais raison!!! 😉
Ah non, la vie est trop courte (…et Balzac a tant écrit). Mais j'ai demandé à une lectrice plus assidue de me raconter la fin 😉
Lysdanslavallee a écrit :J'avais en revanche beaucoup apprécié le style dense, la "manière" de Barbery, qui certes tient un propos un peu simpliste, mais qui sait au moins écrire, construire, composer un roman, jouer avec les références culturelles sans juste les exhiber.
Je ne suis pas d'accord. L'auteur ne fait qu'exhiber les références culturelles. Du début à la fin,elle n'évoque que des sujets connus de tous. On aurait dit les références que tout le monde cite pour affirmer que "oui oui,j'ai bien appris ma leçon,j'aime ce que tout le monde aime,je le montre à tout le monde pour que l'on m'admire". Merci bien. Citer Tolstoï,Ozu et d'autres maîtres n'a qu'un seul effet: rendre le tout bien prétentieux.
Si je réussissais à mettre ce (gros) détail de côté,je pourrais sans doute trouver quelques aspects réussis. Peut-être me laisserais-je séduire par la fraicheur de certaines personnages.
Mais il faudrait alors que j'oublie le ton moralisateur de tout ça. Et ce n'est pas facile quand on vous rabâche du début à la fin que les bourgeois (pour la concierge) et l'humanité (pour la petite fille) sont perdus. Il y a dans L'élégance du hérisson,un pessimisme dégoûtant et un fatalisme que je déplore. Il faut tout de même remarquer qu'ils sont un peu contre-balancés par la douceur et le raffinement du personnage asiatique. M'enfin,on a aussi droit à un autre cliché: l'asiatique raffiné. Trouver ce genre de personnage un peu partout m'agace.
Il y a quand même une vraie finesse d'écriture. Même si la forme sent le réchauffé (alternance des points de vue),elle permet au lecteur de ne pas se coltiner 70 pages avec la petite fille,tellement intelligente que son ado et normalienne de soeur lui paraît insupportable.
L'élégance du hérisson suinte la prétention. C'en est écoeurant (malgré quelques aspects positifs).
J'aimais bien le titre,et la couverture.
pas mieux!
Je ne pense pas que le livre soit véritablement prétentieux, il reproduit de façon assez superficielle les références, les citations, les bribes de connaissance qui se greffent à notre quotidien…et qui sont elles-même souvent superficielles. Je veux dire par là que si nous avons des connaissances très précises dans certains domaines, parfois une érudition à propos de tel ou tel sujet, la majorité de notre culture est générale, et on peut très bien connaître Marx sans vraiment maîtriser et saisir tout à fait sa pensée, tout comme Tolstoï sans le lire, et ça ne nous empêche pas d'en parler, sans que l'on soit cuistre pour autant.
Si ça peut vous rassurer, j'ai trouvé la fin complètement ratée : une grosse ficelle qui joue un peu trop facilement avec les émotions du lecteur. Chantage affectif un peu simpliste.
Je suis d'accord,citer Tolstoï sans connaître profondément son oeuvre ne fait pas d'une personne quelqu'un de cuistre. Ce qui rend le tout prétentieux à mon goût,c'est l'accumulation (et même,suraccumulation!) de références culturelles standard.
Des références trop faciles à utiliser,et dont l'auteur abuse allègrement.
Alors là, il faut m'expliquer!! Lorsqu'on lit des livres de classiques, on salue les multitudes de références culturelles : "oh! Racine utilise ce mot pour renvoyer à Homère; oh! il utilise le langage courtois et galant mille fois ressassé!", "oh! ici Gautier fait allusion au pied andalou déjà représenté chez Musset!". Mais lorsque c'est Muriel Barbery, on dit que c'est cuistre et trop facile. Alors non, ce n'est pas un grand livre, un chef-d'œuvre, il contient de nombreuses choses critiquables, mais je ne pense pas qu'on puisse l'accuser de pédanterie sous prétexte de l'utilisation de références culturelles.