j'ai une dissertation à préparer mais là je suis un peu coincée pour le plan et le contenu, le sujet est : " selon vous dans quelle mesure la fonction du roman est-elle de représenter le monde tel qu'il est, de manière réaliste ? "
je fais toujours sur le modèle thèse / antithèse / synthèse mais là le sujet ne s'y prête pas trop. Mais sinon je n'arrive pas a dégagé un plan cohérent.
D'autre part les terme "dans quelle mesure" me gène énormément, j'aurais aimé que l'on m'éclaire un peu =)
Bonjour à tous,
Voilà, j'ai une dissertation à réaliser pour mardi 3 Mai, dont le sujet est le suivant:
Dans quel mesure la fonction du roman est-elle de représenter le monde tel qu'il est ?
En analysant ce sujet j'en tire ma propre problématique qui est la suivante:
Dans quel mesure le roman doit-il être se montrer réaliste ?
J'opte pour un plan dialectique qui est le suivant:
I/ Dans une certaine mesure il doit être réaliste
a) Le réalisme rassure le lecteur
b) Il apporte une certaine pertinence
c) Facilite l'identification
II/ Dans une certaine mesure il ne doit pas être réaliste
a) Attise la curiosité
b) Permet l'évasion
c) Surprend
III/ L'aspect réaliste l'emporte
a) Un cadre réaliste est indispensable pour le déroulement du récit
b) Un aspect réaliste permet la crédibilité de l'histoire
c) Une part d'imaginaire peut rendre l'oeuvre attrayante
Je voudrais savoir si cela vous parait correct ou pas.
Merci d'avance à ceux qui liront mon post
Marc
Bonjour !
Tes 2 premières parties me semblent très bien, mais dans la troisième tu est trop affirmatif quad à la primauté de la réalité sur la fiction et tu risques donc d'affirmer des choses qui ne sont pas toujours exactes.
D'une part, tu dis que le "cadre réaliste est indispensable pour le déroulement du récit" or, le réalisme n'est pas toujours présent. Prend par exemple des contes philosophique ; dans Candide on se place dans un monde imaginaire avec au début le château de Thunder Ten Tronckh, cela sort indéniablement de l'imagination de Voltaire, et c'est ici indispensable pour éviter la censure et cela reste très pertinent. Donc on n'a parfois besoin de fiction!
D'autre part, selon toi le réalisme permet la crédibilité de l'histoire, mais as ton besoin de réalisme pour plaire?
Car je penses que les livre on 3 fonctions : faire passer un mesage, une critique, mais aussi de plaire : Alice au pays des merveilles est un livre qui plait beaucoup et fascine toujours autant et il est pourtant très loin d'être réaliste ; et enfin la 3ème fonction selon moi et de donner une leçon, regardes les apologues, les contes et les fables : on les transcrit dans des mondes irréelle et parfois animaliers pour mieux captiver le lecteur.
Donc la crédibilité n'ai pas toujours nécessaire (là je penses surtout au Songe d'une nuit d'été, pas crédible du tout mais tellement magnifique!)
Enfin, je finirais en disant que le réalisme n'est pas un genre noble plus que les autres. Dracula à lui aussi gagné ses gallons d'or 😉
Voilà j'espère avoir pu t'aider un peu!
Merci de m'avoir répondu aussi vite 🙂
Tes conseils ont en effet mis en lumière le fait que j'étais trop affirmatif sur la supériorité du réalisme.
Mais si l'aspect imaginaire, et une description réaliste se valent, ma synthèse risque de reprendre mes deux parties précédentes et en faire un résumé non ?
Ce que j'entendais par cadre réaliste, c'est la structure du récit qui est compréhensible, même si l'histoire en elle même est imaginaire. Après je suis peut-être en hors sujet
Marc
Non je ne penses pas, ta troisième partie, ta synthèse, devrait te permet de trouver un compromis entre les deux premières.
voilà ce que je peux te proposer :
III/ Le réalisme et la fiction se valent aussi bien l'un que l'autre
1. Les but de la fiction
(censure à l'époque qui oblige l'auteur à transposer son récit dans l'imaginaire, cite Voltaire ; les contes et fables plus accecibles pour donner des leçons ou des critiques encore une fois, cite La Fontaine et Andersen)
2. Les but du réalisme
(Etude de la société, cite Zola ; un récit de vie, parce que le réalisme c est aussi les autobiographies don cite Rousseau et ses Confessions (mais tu vois encore que l'autobiographie est une étude de la société et de l'homme à travers les analyse que l'auteur fait de sa vie))
3. Où est la limite réalisme/fiction?
(lien qui peu être très proche entre les deux : je reprend Dracula et le songe d'un nuit d'été : le cadre est réaliste mais l'intrigue ne l'est pas)
Enfin pour conclure tu peux dire que la limite du réalisme se place en fait selon ce que veux faire passer l'auteur à travers son oeuvre.
P.S. les titres de mes sous parties sont un peu bateau, c'est juste pour te donner l'idée, reformule les correctement hein!!!!
Bonjour !
Je vais tenter de t'aider un peu en reprenant le sujet depuis le début. "Dans quelle mesure la fonction du roman est-elle de représenter le monde tel qu'il est ?" : le sujet pose la question de la représentation dans le roman et de sa fidélité au réel ; plus généralement, il s'agit du problème de la représentation en littérature. Le mot "représenter", dans le sujet, peut s'entendre de plusieurs façons : tout d'abord, "re-présenter", c'est présenter à nouveau, peindre le réel tel qu'il est. Pour le roman, il s'agirait de présenter par les mots les choses et évènements du monde, c'est ce qu'il faut montrer dans la première partie : en quel sens peut-on dire que le roman est une présentation fidèle ("tel qu'il est") du monde par les mots ?
Or, les mots ne sont précisément pas les choses : le roman est condamné à n'être qu'un monde de mots, coupé du "monde tel qu'il est" : la deuxième partie doit plus se pencher sur le caractère autotélique du roman (c'est-à-dire qu'il se suffit à lui-même, sans la présence du monde extérieur). Toute représentation du monde par le roman est un échec. Le roman, en tant que sphère autotélique du langage, n'est qu'une représentation de lui-même, et non du monde.
Par un renversement de la problématique initiale, dans une troisième partie, on pourrait entendre le mot "représenter" comme nouvelle création du monde. Le roman crée précisément le monde ; il n'est pas purement autotélique, car il crée la vision que nous faisons du monde. C'est le roman qui fait que nous voyons le monde tel qu'il est.
Les trois parties sont :
I - L'ambition du roman à représenter le monde par les mots
Je ferais :
a) Les mots sont les choses : représenter dans le roman par les mots revient à présenter à nouveau ("re-présenter") les choses du monde tel qu'il est
=> C'est l'idée de Cratyle, dans le dialogue du même nom.
C'est ici qu'il faut parler du roman réaliste et de son ambition à représenter le réel. Pense à la lettre de 1866 de Zola : "Toute oeuvre d'art est comme une fenêtre ouverte sur la création ; il y a, enchâssé dans l'embrasure de la fenêtre,…" (tu trouveras sûrement la citation sur Internet
b) La structure romanesque participe d'elle-même à la création du monde
Tu liras avec profit l'article de Barthes sur "L'effet de réel" (qu'on peut sûrement trouver sur Internet) : tu y trouveras l'idée de 'notation', c'est-à-dire de détail qui semble immotivé dans le récit, et qui fait vrai. Un bon exemple : dans le 1er chapitre du Ventre de Paris, un bocal à poissons trône sans raison apparente dans la devanture de la charcuterie des Quenu-Gradelle : "Et là, sur le dernier gradin de cette chapelle du ventre, parmi les bouts de crépine, au milieu des bouts de la crépine, entre deux bouquets de glaïeuls pourpres, le reposoir se couronnait d’un aquarium carré, garni de rocailles, où deux poissons rouges nageaient, continuellement."
[troisième sous-partie à chercher]
II - L'incapacité foncière du roman à représenter le monde
III - La création du monde tel qu'il est, par le roman
Tu peux lire en Bibliothèque un ouvrage collectif sur la représentation dirigé par Pierre Glaudes. Lis l'introduction, elle est superbe et t'aidera beaucoup !
J'espère t'avoir aidée,
Victor
Merci à tous pour vos réponses 😀
Néanmoins, j'ai un peu du mal à saisir tes explications Victor …
Et selon toi le plan que j'ai présenté plus haut n'est pas valable ?
Marc