Quel roman dois-je choisir ?

Littérature

41 réponses · Page 2 / 3

@Zadek : Merci pour ces indications, je vais en effet me pencher là-dessus. Ce qui est assez novateur dans le roman - la pièce ? - c'est le fait de s'adresser au lecteur et de l'inclure dans le roman (ce qui rappelle le théâtre je trouve).
Détrompez-vous, ce n'est pour autant pas susceptible de s'intégrer dans la catégorie théâtrale ! Nonobstant la révolution narrative qu'il propose, ce roman évoque très explicitement la structure de l'Âne d'Or, du fait de cet enchâssement systématique - et parfois très pesant - de récits tous plus rocambolesques les uns que les autres.

Bonne lecture !
Zadek a écrit :Remémorons-nous également le XVIIIe, peu lumineux en matière romanesque, mais tout du moins, Diderot mérite qu'on s'y intéresse (Jacques le Fataliste, si cela intrigue quelqu'un 😉 ). Céline n'est pas non plus rédhibitoire :roll: !
Jacques le Fataliste est tout sauf un roman, c'est avant tout un trompe-l'œil.
Bonjour,
Jacques le Fataliste est tout sauf un roman
J'aimerais bien comprendre ! Jacques le Fataliste n'est-il pas considéré comme un roman ?

Merci à l'avance pour votre réponse,
Bien cordialement,
Zadek
Deborah76 a écrit :Cela dit les autres sont tout aussi intéressants …
-"Le père Goriot", c'est spé's
-"Le Rouge et le Noir", jamais eu l'occase de le lire mais peut-être un jour je m'y mettrai.
-"Madame Bovary "c'est pas mal mais un peu ennuyeux je crois …
-"L'Assomoir" je ne connais pas non plus mais c'est assez choquant apparemment.
Euh, en quoi le père Goriot est-il spé ? . Pour Madame Bovary, c'est sûr que si l'on veut de l'action, mieux vaut lire autre chose, mais pour autant il n'est pas ennuyeux, enfin en tout cas, je n'ai pas trouvé…

Et l'Assommoir peut paraître choquant dans la mesure où il y a une espèce de descente aux enfers très rapide et qui n'épargne personne, mais pour autant, c'est un régal à lire 😜.
Zadek a écrit :Bonjour,
Jacques le Fataliste est tout sauf un roman
J'aimerais bien comprendre ! Jacques le Fataliste n'est-il pas considéré comme un roman ?
J'ai étudié ce texte en terminale et il pose à chaque fois le même problème aux profs qui l'étudient : le genre en est impossible à fixer. Il apparaît comme un roman oui, mais il bat en brèche tous les codes romanesques, notamment avec les digressions à foison qui détruisent la structure romanesque, le fait que le narrateur déclare qu'il ne veut pas raconter certains faits ou qu'il ignore certaines choses… On peut le considérer comme un roman, un conte philosophique, un dialogue philosophique et j'en passe…
Comateen a écrit :Euh, en quoi le père Goriot est-il spé ? . Pour Madame Bovary, c'est sûr que si l'on veut de l'action, mieux vaut lire autre chose, mais pour autant il n'est pas ennuyeux, enfin en tout cas, je n'ai pas trouvé…
J'ai trouvé les deux géniaux!!
Oui, le Père Goriot est un des ouvrages du XIXe qui m'a causé le moins de souci… Les premières pages de description ne sont pas insipides, ni réellement difficiles à lire, contrairement à ce que l'on m'avait soutenu ! Tout comme Comateen, je ne comprends pas vraiment en quoi le Père Goriot est spécial. Question de goût, sans doute !

En ce qui me concerne, je déconseillerais de commencer par Madame Bovary, peut-être plus difficile à lire - ou à comprendre ! Mais, quand on connaît un minimum le contexte littéraire ainsi que les éclats causés par cette œuvre, il est, je crois, indispensable de l'aborder, car elle marque une transition entre romantisme et réalisme (voire naturalisme, même si Flaubert refusera cette affiliation).

Quoi qu'on en dise, ce sont deux piliers de la littérature française, et j'en garde de très beaux souvenirs !

Merci 76man, pour toutes ces précisions ! J'avais dû le placer à la fois dans l'objet d'étude "Convaincre, persuader, délibérer" et "Le Roman et ses personnages : vision de l'homme et du monde"…
Bonjour Zadek
Bonjour 76man

je vais tenter d'expliquer ma perception (ma compréhension?) de Jacques le Fataliste (que j'ai lu il y a longtemps).
Les repères spatio-temporels, le commencement, le développement, la conclusion d'une œuvre romanesque y sont absents. Bien plus, Diderot nous prévient si toutefois nous les cherchions qu'il n'y a pas de repères et nous invite à choisir la route à suivre. Je l'imagine faisant comme ce joueur d'échecs qui, seul, joue la partie tour à tour sur la chaise blanche et sur la chaise noire. C'est une suite d'anecdotes, de petites histoires, comme autant de mondes parallèles, défiant la logique, le temps, l'espace qui font d'ordinaire l'ossature de l'ancien roman. Diderot ne nous invite pas à goûter un divertissement au sens où l'entend Aldous Huxley (Les portes de la perception, si mes souvenirs sont bons) mais à réfléchir, à philosopher. Le nouveau roman est né avec Cervantès et son extraordinaire Don Quichotte. C'est toujours un roman de par la structure mais la nouveauté réside dans le dialogue omniprésent entre deux hommes face aux multiples expériences de la vie qu'il faut nécessairement vivre et essayer de comprendre (je ne suis pas sûr d'être très clair mais il ne m'est pas facile d'exposer tout cela). Cervantès écrit un roman de chevalerie contre les romans de chevalerie (Amadis de Gaule, Orlando Furioso etc.) et, au passage, ne manque pas de philosopher et d'interpeller, lui aussi (et déjà), le lecteur, certes encore timidement.
La grande nouveauté avec Diderot, c'est qu'il amplifie les interventions interactives pour brouiller les cartes du roman et le réduire à bien peu de ce qui fait sa valeur: une fiction planifiée, avec des coups d'éclat certes mais tout de même à l'intérieur d'un cadre. Jacques et son maître débordent ce cadre, s'invitent chez nous, vont jusqu'à nous impatienter, nous exaspérer, nous obligent en quelque sorte à prendre la plume si nous voulons poursuivre. Diderot s'amuse follement, j'imagine.
Je ne vois donc pas dans cette œuvre très moderne les valeurs qui font le roman au sens classique. Notons que Diderot n'a fait qu'exploiter à son compte la méthode déjà utilisée par Laurence Sterne dans sa Vie et opinions de Tristram Shandy, pavé déconcertant que je n'ai pu lire jusqu'au bout.
Voilà mes réflexions, pas toujours claires, j'en conviens, à propos de cette œuvre étrange qui pour moi relève plus du théâtre.
Je n'avais pas développé à ce point, mais tu as tout à fait raison, the children. D'ailleurs, dans mes cours, les noms qui reviennent le plus sont Cervantes, Sterne et Fielding.
Merci beaucoup pour toutes ces précisions ! C'est impressionnant de voir combien une lecture est insuffisante pour comprendre ne serait-ce que le tiers de ce qu'on lit…
Perso, quand mon père l'aura finis, je lirais probablement madame Bovary, alors je t'en dirais des nouvelles
Zadek a écrit :Bonjour,
Jacques le Fataliste est tout sauf un roman
J'aimerais bien comprendre ! Jacques le Fataliste n'est-il pas considéré comme un roman ?

Merci à l'avance pour votre réponse,
Bien cordialement,
Zadek
POur écrire Jacques, Diderot s'est inspiré du roman de Laurence Sterne "Tristram SHandy", à une époque où le genre romanesque atteint son apogée en Angleterre. Sterne est un des premiers à remettre en cause le roman "moderne" en maniant avec dextérité l'art de la digression (gression). @popoopaline: concernant ces classiques, je me souviens avoir lu Le Rouge et Le Noir vers 14 ans et j'ai beaucoup aimé mais j'ai préféré la Chartreuse de Parme que j'ai enchaîne peu après.
Je me souviens n'avoir apprécié Maupassant que bien après l'avoir découvert, en revanche, mon frère a lu Bel Ami avant 15 ans, et cette oeuvre l'a lié à Maupassant.
Vers 15 ans, j'ai aussi découvert Germinal de Zola qui m'a passionnée. Mais j'ai mis plus de temps à apprécier Nana.
quant à Flaubert je l'ai lu vers 16 ou 17 ans et j'ai été transportée par Madame Bovary.

Encore uen fois, c'est une expérience personnelle, cela dépend aussi de tes goûtsn tes affinités. Si tu aimes l'ironie face à la médiocrité, mieux vaut te tourner vers Flaubert.
Si tu apprécies les oeuvres aux allures de grande fresque sociale, ainsi qu'une écriture allègre et des descriptions parfois poétiques (cf celles de la ville dans Nana), tu aimeras Zola.
Quant à Stendhal, c'est un personnage assez unique à mon sens, qui rêve de tout sauf d'ennui.

en esperant que cela te guidera.
Eh bien "Madame Bovary" est très bien, facile à comprendre, trés bien écrit. Il y a deux ou trois mots que je n'ai pas compris, mais pas la peine de sortir son dictionnaire toutes les deux minutes comme ça pourrait être le cas avec plusieurs romans. Et puis, l'histoire n'est pas trop compliquée, je veux dire que si l'on te demande un résumé il sera plutôt facile à faire puisqu'il n'y a que trois parties importantes à décrire. Mais comme je n'ai pas lu les autres je ne sais pas. Je lirai peut être "Le père Goriot". Seulement j'en ai deux ou trois à lire avant, et il sera probablement trop tard pour te donner quelques idées. Enfin, si tu les as tous lus, prends celui qui t'a le plus plu.
Salut à tous 🙂

Pour reprendre la question, j'hésite sur ma prochaine lecture.

Je viens de finir Au Bonheur des Dames, que j'ai adoré, et avant Germinal, qui m'a plu mais pas autant. J'hésite entre L'Assommoir ou Bel-Ami.

Selon vous, et selon mes goûts, lequel me conseillez-vous ?

Merci 🙂
Je ne connais pas tes goûts mais tu as l'air de bien aimer Zola alors pourquoi ne pas continuer avec lui ?
D'ailleurs, si tu lis L'assommoir tu pourras connaître l'histoire de Gervaise qui n'est autre que la mère du héros de Germinal
Concernant Maupassant, je n'ai jamais lu Bel-ami mais par contre, les nouvelles fantastiques sont de petites merveilles.
L'Assommoir est sans doute le plus beau roman de Zola. Bien sûr, il a ses défauts, dont on pourrait parler longuement, mais il y passe le souffle de l' "épopée naturaliste", bien plus que dans Germinal (selon moi). Bel-Ami n'est pas de la même veine, il est réaliste et c'est tout, dirai-je… Chez Maupassant, je préfère Une Vie, plus intime, plus sombre, plus universel aussi dans sa tentative de pénétrer l'âme humaine…
Merci beaucoup à vous deux 🙂 Je pense commencer à lire L'Assommoir, qui d’après vos remarques à l'air plus entraînant et vais attendre pour lire Bel-Ami, qui paraît plus sérieux et droit 🙂

Merci encore, je vous dirai s'il m'a plus !
L'Assommoir est sans doute le plus beau roman de Zola. Bien sûr, il a ses défauts, dont on pourrait parler longuement, mais il y passe le souffle de l' "épopée naturaliste", bien plus que dans Germinal (selon moi).
Tout à fait d'accord avec toi. Peut-être est-ce le thème qui ne m'avait pas plu mais le fait est que j'avais trouvé Germinal moins intéressant sur le plan historique.
En tout cas, je l'ai commencé et je le trouve super !!!
Ségolène B a écrit :
L'Assommoir est sans doute le plus beau roman de Zola. Bien sûr, il a ses défauts, dont on pourrait parler longuement, mais il y passe le souffle de l' "épopée naturaliste", bien plus que dans Germinal (selon moi).
Tout à fait d'accord avec toi. Peut-être est-ce le thème qui ne m'avait pas plu mais le fait est que j'avais trouvé Germinal moins intéressant sur le plan historique.
Ah non, pas d'accord! Sur un plan strictement historique, Germinal comporte plus d'enseignements, notamment sur les organisations ouvrières, les grèves, les courants politiques du temps…