Sujet brûlant et scandaleux : les diplômes assignats ?

La filière littéraire

15 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
Livres sur Amazon
Bonjour à tous et à toutes,

Cela va faire 3 ans que je suis à l'université (je suis en M2) et devant les notes élevées que j'ai (et je ne suis pas le seul), je me pose de sérieuses questions quant à la légitimité de mon diplôme (lettres modernes).

Et alors, comme j'aime la politique, je me dis que tout cela n'est pas fait au hasard.
Vient la question suivante : pourquoi, pourquoi un tel laxisme dans les notes à l'université ? Pourquoi nous "donner" des diplômes que 2/3 ne méritent peut-être pas ?
Pourquoi attendre un Master 2 pour se planter à des concours ultra sélectifs ?

Puis, viennent les pires délires du complot politique : comme les professeurs en humanité sont de sensibilité d'extrême gauche pour la plupart, peut-être ont-ils conclu un marché selon lequel ils arriveraient à créer une nouvelle classe révolutionnaire, poussée à la révolte - car c'est jouer sur des illusions perdues que d'élever des notes pour se planter misérablement après tant d'années d'étude !

Beaucoup font comme si de rien n'était, et continuent leur chemin jusqu'à se ramasser et récupérer des diplômes-assignats.

Pourquoi un tel laxisme dans les copies comme dans les méthodes ? Je ne comprends pas.

Cela n'enlève en rien à la qualité des professeurs qui sont pour la plupart formidables, impressionnants d'érudition et qui nous stimulent davantage dans la recherche !
Pardonnez mon amertume, j'espère que je ne suis pas réaliste…
Inutile d'avoir recours à une délirante théorie du complot. Désormais, toute institution est évaluée en termes de production, donc selon des critères quantitatifs. Donc une université, pour se maintenir dans l'existence, doit produire … du diplôme.
Terrifiant.
Bonjour Jérémy. Je suis aussi à l'université, en L2, et je suis assez d'accord avec vous : les notes sont souvent trop élevées. Mais il faut aussi voir dans quelles conditions elles sont élevées; l'année dernière, en L1, nous étions environ 150, et nous sommes cette année environ 70, ce qui à mes yeux représente quand même une certaine sélection des étudiants. Et je pense qu'une fois arrivé à votre niveau, les notes doivent forcément être bonnes, sinon vous n'auriez pas votre place en M2. Cependant, la demande de productivité est certaine : dans l'Express, une petite chronique faisait voir que les articles sur un thème de recherche scientifique étaient passés de 500 en 2001 à plus de 40.000 en 2008, du fait que les chercheurs publient à tour de bras pour leur CV. Je pense que les diplômes en France sont en baisse qualitative, mais que cependant les exigences sont toujours présentes, en témoignent les nombreuses récompenses mondiales accordées à des Français.
Le système universitaire est certes très particulier, mais il n'est pas le seul.

Que penser des écoles de commerce et de certaines écoles d'ingénieur "boîtes à diplômes", où les seuls frais d'inscription garantissent en gros l'obtention du diplôme ? Ca aussi, c'est un système qui vise à produire artificiellement du diplôme, et qui arrive de surcroît à garder tout son prestige, contrairement aux universités (parcours aujourd'hui dévalué), ce qui est assez injuste.

Je ne cherche pas à généraliser, certaines écoles sont réellement d'excellence, tout comme certains Master sont de vastes blagues. Je me dis juste que la légitimité des diplômes ne pose pas uniquement problème dans les facs, et que les écoles payantes sont beaucoup plus sujettes à caution.

Enfin Jéremy rassure-toi, beaucoup de gens réussissent des concours sélectifs en sortant d'un M2 !
Que penser des écoles de commerce et de certaines écoles d'ingénieur "boîtes à diplômes", où les seuls frais d'inscription garantissent en gros l'obtention du diplôme ?
C'est faux et archi-faux. On a 25h de cours par semaine, très peu de vacances, et 5 séries de partiels par an. Les notes s'étalent de 0 à 20, et quand on n'a pas le niveau, aucun prof n'hésite à nous recaler. Si la majorité des élèves en école de commerce obtiennent leur diplôme, c'est parce :
- la plupart d'entre nous venons de prépa, on a l'habitude de travailler, et on admet assez mal l'échec.
- on est très suivis, nos connaissances sont contrôlées régulièrement, et donc on n'attend pas 6 mois avant d'apprendre notre cours.

On paye pour avoir le nom de l'école sur notre diplôme, c'est vrai, mais certainement pas pour avoir nos crédits ECTS. La différence est de taille.
Je n'ai jamais dit que ça valait pour toutes les écoles, de la même manière que toutes les facs ne sont pas des ramassis de gens qui apprennent leurs cours la veille du partiel, ça aussi c'est un beau cliché, a fortiori dans les sciences humaines qui rendent malaisés le bachotage et le par coeur 😉
ça aussi c'est un beau cliché, a fortiori dans les sciences humaines qui rendent malaisés le bachotage et le par coeur
Et c'est un cliché que je me garderai bien de répandre, vu que je suis aussi inscrite en fac de sciences humaines. Mais c'est la cause principale d'échec des étudiants, que ce soit en fac ou ailleurs, et le fait qu'il soit impossible de fonctionner comme ça pour les étudiants d'ESC explique le moindre taux d'échec. On n'est pas plus courageux ou travailleurs que les faqueux, mais on ne nous laisse pas le choix, voilà tout.
Les différentes politiques d'éducation visent, noble tâche, à augmenter le niveau moyen de diplômes de la population. Le problème, c'est que la méthode utilisée est de pousser les enseignants (correcteurs d'examen) à augmenter les notes, ce qui conduit à une dévalorisation des diplômes. Le bac ne signifie déjà plus grand-chose ; il en ira bientôt de même pour la Licence. Les facs qui "perdent" trop d'élèves seront sanctionnées. C'est idiot, ça fait perdre du temps à tout le monde, ça risque de créer beaucoup d'amertume chez ceux qui se rendront compte à Bac + 3 qu'ils ne "valent" rien sur le marché du travail… et ça pénalisera largement ceux qui n'ont pas les moyens de consacrer huit ans à leurs études, soit les étudiants issus de ces classes populaires qu'il s'agissait initialement d'aider. Gâchis, gâchis…
Merci à tous et à toutes pour votre contribution. =)

Il y a aussi une chose que je ne comprends pas : on dit souvent que la thèse demande un investissement financier important ; or, on est souvent allocataires (donc payé) et je ne vois pas en quoi cela pose problème… A moins que l'inscription aille dans les 1000 euros par an voire plus ?
Jérémy a écrit :or, on est souvent allocataires
ce présupposé me paraît contestable …
Les normaliens bénéficient automatiquement d'une allocation. Pour les non-Normaliens, ces allocations sont versées au compte-goutte. Les autres enseignent dans le secondaire ou trouvent d'autres boulots, qui laissent plus ou moins de temps à la thèse.
Par ailleurs, la durée d'une allocation de recherche est de trois ans, et une thèse en lettres déborde presque toujours.
Bref, ce n'est pas l'agreg que je dois tenter, mais l'ENS. 😀
Trialph a écrit :Les normaliens bénéficient automatiquement d'une allocation.
Héééé… non! Cela fait plusieurs années que ce n'est plus le cas. Depuis bien longtemps déjà, il y a nettement moins d'allocations que de Normaliens thésards.
Ça alors! Je ne savais pas du tout (ou alors je peine à accepter que mes informations commencent à dater…). L'ENS ne finance donc que trois ou quatre ans d'études? Et les allocations sont attribuées après examen des dossiers?