Remploi

Langue française

15 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
Livres sur Amazon
Remploi

Quand une pierre provenant d'une construction détruite est employée dans une nouvelle construction, on dit qu'elle est un remploi ou en remploi.
D'une pierre provenant d'une construction de l'antiquité et ainsi remployée plusieurs siècles plus tard, peut-on dire, comme je l'ai lu récemment, qu'elle est un " remploi antique " ?
Je pense pour ma part que c'est impossible : c'est un remploi moderne d'une pierre antique. Il me semble que ce n'est pas l'époque de la première utilisation qui peut qualifier le remploi, mais celle où il est effectif. Est-ce que quelqu'un peut me dire si j'ai raison ou pas ? Merci.
Bonsoir.

En toute logique, il semble que tu aies raison…
Puisque le remploi (la réutilisation) actuel(le) ne saurait être antique.
Mais tout se passe comme si le mot remploi désignait ici l'objet lui même, au sens d' "objet remployé", l'adjectif qualifiant davantage l'objet lui-même que sa réutilisation. En somme, un remploi (objet remployé) d'origine antique.
Bonsoir!
Ne pourrait-il pas s'agir d'un remploi "perpétré" dans l'antiquité, avec des matériaux provenant d'édifices plus anciens?
En somme, pour paraphraser Volapük, d'un "remploi antique d'une pierre encore plus ancienne"? Le cas se rencontre si souvent en archéologie…
Bonsoir, Izazie. Mais c'est une très bonne idée, ça…
Cela pourrait aussi expliquer l'expression, en effet.
Qu'en pense Volapuk ?
Bonjour Izazie et Jehan.
Izazie a écrit :Ne pourrait-il pas s'agir d'un remploi "perpétré" dans l'antiquité, avec des matériaux provenant d'édifices plus anciens?
En somme, pour paraphraser Volapük, d'un "remploi antique d'une pierre encore plus ancienne"?
Jehan a écrit :Qu'en pense Volapuk ?
Un remploi effectué dans l'antiquité avec des matériaux provenant d'édifices plus anciens serait effectivement, selon l'idée que je me fais du sens de remploi et qui semble admise par vous deux, un remploi antique.
On n'est jamais ni suffisamment attentif ni suffisamment précis. 😉 J'aurais dû dire que, dans ce que j'ai lu, il s'agissait d'une construction post-médiévale remployant une pierre provenant d'un édifice antique (donc, au plus tard, 5e siècle de notre ère).
Mais l'essentiel, pour moi, est d'avoir confirmation que l'adjectif qui qualifie le remploi ne peut concerner que la période où il est effectué, et non celle de production du matériau en remploi : au cas d'espèce, " […] le remploi (la réutilisation) actuel(le) ne saurait être antique. "
D'ailleurs, vérification faite dans le Robert, le mot désigne, en architecture, " le remploi dans une construction nouvelle d'un élément architectural qui a appartenu à un édifice plus ancien " et non un élément architectural qui a appartenu à un édifice plus ancien employé de nouveau dans un édifice plus récent. Il semble donc bien que le remploi ne puisse désigner stricto sensu que l'action et non la chose. J'espère que je ne fais pas ainsi que jouer sur les mots (?)

Merci à tous les deux.
Je me souviens nettement avoir entendu mes professeurs d'histoire de l'art utiliser le mot "remploi" pour désigner aussi bien le procédé que le matériau. J'ai aussi entendu le mot utilisé dans ce sens dans des documentaires, ou l'ai lu dans des publications.
C'est pourquoi, emplie d'aveugle certitude, je suis partie à la chasse aux définitions sur la toile.
Las! Je suis tombée de très haut! La plupart des dictionnaires, du moins ceux qui connaissent l'emploi du mot en architecture, définissent le remploi comme étant la pratique de réemployer des matériaux!
Seule exception pour l'instant: l'Encyclopaedia Universalis, ici (en particulier le numéro 16)

Alors de deux choses l'une:
- ou bien le mot a deux sens dont l'un est largement méconnu;
- ou bien, ce qui est plus probable, on a pris l'habitude d'utiliser la tournure elliptique "(matériau de) remploi", le nouveau sens passant dans le langage courant.

Il y a une discussion, quelque part dans cette section, sur les néologismes… 😉
Pour la gloire !

Izazie ! Moi aussi j'ai consulté les dictionnaires, hé ! Et quelques livres spécialisés. Un seul me contrarie : " Architecture, méthode et vocabulaire - principes d'analyse scientifique " (rien que ça !), de Jean-Marie Pérouse de Montclos, publié sous la direction du ministère de la Culture et de la Communication, direction de l'Architecture et du Patrimoine, sous-direction des Etudes, de la Documentation et de l'Inventaire (Éditions du patrimoine), ouf !
L'ouvrage se propose de " présenter les termes normalisés propres au domaine de l'architecture […] pour que le langage de l'architecture devienne familier au public utilisateur, qu'il soit amateur, étudiant, architecte, archéologue ou historien de l'art. " Normatif, donc. Et pour "remploi", quoiqu'il renvoie au Robert, il donne comme définition : " Matériau ou élément provenant de démolition et remis en œuvre." … Il est vrai que c'est assez mal dit, l'absence d'article devant démolition au singulier me paraissant peu orthodoxe (?) En attendant, qui croire ?

J'ajoute que le même ouvrage ne connaît que l'escalier en vis, tandis que tous les dictionnaires (Littré, Robert, Académie, Tlf…) ne connaissent, eux, qu'escalier à vis, ce qui fait l'objet d'une controverse passionnée avec des amis archéologues… Alors, qui croire ? Et qu'en pense notre ancienne étudiante en histoire de l'art ?
Simple curiosité, Volapuk…

Ce ne serait pas le sieur Jean-Marie Pérouse de Montclos qui serait l'auteur de la phrase irrespectueusement qualifiée par moi de "charabia" sur un autre fil ?

En tout cas, ça lui irait bien…
Réponse lapidaire : NON.
Curiosité pour curiosité, tu connais ? C'est la référence absolue de mes amis archéologues. Ah ! Pour escalier à vis au lieu de escalier en vis, j'ai oublié Viollet-le-Duc. Mais ce n'est pas l'architecte préféré de mes amis archéologues !
Ce n'est pas le mien non plus. Les Toulousains se désolent encore des outrages qu'il a fait subir à Saint Sernin. Et je ne parle même pas de Carcassonne! :roll:
présenter les termes normalisés propres au domaine de l'architecture
Normalisés par qui, exactement? Par lui-même? 😜
On dirait bien que le fait d'utiliser "remploi" au sens de "matériau réutilisé" soit une faute de français…
Bonjour Izazie.
Izazie a écrit :- [ à propos de Viollet-le-Duc ] Ce n'est pas le mien non plus. Les Toulousains se désolent encore des outrages qu'il a fait subir à Saint Sernin. Et je ne parle même pas de Carcassonne! :roll:
- " […] présenter les termes normalisés propres au domaine de l'architecture " Normalisés par qui, exactement ? Par lui-même ? 😜
- On dirait bien que le fait d'utiliser "remploi" au sens de "matériau réutilisé" soit une faute de français…
1 - A propos de Viollet-le-Duc, je ne polémiquerai pas : long et vaste débat possible, dont la place n'est pas ici.

2 - Le Vocabulaire se réclame de personnalités comme Julien Cain et André Chastel. Il a été supervisé par des Francis Salet, des Sylvain Stym-Popper et de nombreux autres, tous titulaires de fonctions prestigieuses à l'Inventaire ou aux Monuments historiques et des titres ronflants qui les accompagnent, et en comparaison desquels nous ne sommes rien ! Mais tu sais ce que dit Zazie dans ces cas là. =D

3 - Ta conclusion quant à l'emploi (sic !) de "remploi" est très intéressante. Non pas parce qu'elle va dans mon sens, mais parce qu'elle résulte de recherches et d'une réflexion.
Alors, remploi dans le sens de l'élément remployé et non dans celui du … remploi d'un élément, simple abus de langage ou vrai contresens ?
Et que penser d'expressions comme celle-ci : " Au XVIe siècle, les villages perchés coulent vers le bas ", dont des archéologues m'expliquent que ce sont " des expressions consacrées d'historiens et d'archéologues qui sont passées dans l'usage depuis plus de cent ans " ? Peut-être, mais pour l'instant je n'ai rien trouvé qui aille dans ce sens. Ancienne étudiante en Histoire de l'art, un avis ?
Bonjour Volapuk,
Et que penser d'expressions comme celle-ci : " Au XVIe siècle, les villages perchés coulent vers le bas, […]
Je suppose que ce n'est pas le choix de la métaphore qui vous gêne, c'est la sensation d'un pléonasme : couler vers le bas ?
Il faut reconnaître que ce serait difficile de terminer la phrase sans complément : […] les villages perchés coulent.

Couler sur les flancs éviterait le pléonasme tout en gardant un complément qui rappellerait la personnification.

Muriel
Eh bien non. Quitte à paraître idiot, c'est le verbe couler que je trouve inadéquat. Et pourquoi pas "dégouliner" ? 😜 =D
Les écrits - livres ou revues - dans lesquels on trouve(rait) de telles expressions sont des ouvrages techniques, scientifiques ou se voulant tels, pas des recueils de poésies. Je préférerais (très subjectivement ?) "se déplacer" (vers) ou "se réinstaller" (dans).
Merci pour vos avis.
Ah… j'avais lu la phrase dans le sens : il n'y a plus de place en haut, l'expansion se fait sur les pentes.

Alors si c'est dans le sens : les difficultés d'accès, le ravitaillement par les corneilles, l'étroitesse des voies de communication font que ces villages ont été abandonnés et se sont déplacés plus bas pour leur confort… je dirais : les villages perchés opèrent une migration (ou migrent) vers le bas… (en abandonnant leurs poètes aux corneilles =D).
Muriel a écrit :Ah… j'avais lu la phrase dans le sens : il n'y a plus de place en haut, l'expansion se fait sur les pentes.
Désolé de n'avoir sans doute pas été suffisamment précis ! Pour la petite histoire, les villages (au moins certains) quittent les hauteurs parce que, au XVIe siècle, du point de vue de la défense, ça ne sert plus à grand chose d'être perché.
Merci de t'intéresser à mes questions.