Le recours à la fiction est-il un bon moyen pour pallier les difficultés de l’écriture autobiographi

Entraide scolaire

18 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous,

Je suis désolée de vous déranger mais je suis en pleine panique :/, j'ai une dissertation à faire pour lundi et je viens de commencer. C'est un sujet uniquement pour les 1ère Littéraires et j'avoue que c'est assez difficile. Voici mon sujet :

" Le recours à la fiction vous semble-t-il être un bon moyen pour pallier les difficultés inhérentes à l'écriture autobiographique ? "

Donc déjà, je sais que c'est un plan dialectique, tout d'abord je dois appuyer la thèse en disant que la fiction serait un bon moyen pour combler les troubles de la mémoire
Ensuite, je dois expliquer que cependant, elle n'obéit pas aux règles du pacte autobiographique et dans la 3ème partie, je n'ai pas trop d'idées.
Je pense que j'ai quelques idées mais pour faire une dissertation entière, cela risque d'être insuffisant.

Si vous avez des idées ou des avis sur la question, ce serait vraiment gentil de votre part =D de me les faire parvenir ce week-end. Je vous remercie à l'avance.

Dim *
Bonjour,
La troisième partie est facultative tu sais…
Parler du pacte autobio. de lejeune me semble une bonne idée en effet.
quelqu'un peut-il supprimer mon message precedent, je suis désolé.
Merci de la réponse, je sais que la 3ème partie n'est pas toujours obligatoire mais en cours, nous partons du célèbre : thèse/antithèse/synthèse.

Cela veut dire que je devrais trouver un juste milieu. Notre prof' nous a donner une direction : au fond, est-ce que le lecteur lit pour trouver une vérité ou une personnalité ? Est-ce si important de savoir que tout est réel ?

Mais bon, je ne sais pas trop, j'avoue que je suis un peu perdue … =|
L'énoncé du sujet:
" Le recours à la fiction vous semble-t-il être un bon moyen pour pallier les difficultés inhérentes à l'écriture autobiographique ? "
soulève quelques questions, voire une devinette:
1 - Est-ce que l'écriture autobiographique est difficile ? Cela ne va pas de soi. Si elle est difficile, en quoi et pourquoi ?
2 - Est-ce que le recours à la fiction est facile ? A priori non: il faut la construire.
3 - Dans le cas où l'écriture autobiographique serait difficile, à quoi tiendrait la difficulté ? En quoi la fiction permettrait-elle d'en venir à bout ?
J'avoue que je ne vois pas. Il me semble, au contraire que l'écriture autobiographique est simple, directe, coule de source, et que le recours à la fiction est tarabiscoté.
En cherchant des exemples où le recours à la fiction est plus judicieux que l'écriture autobiographique, je pense aux fables de La Fontaine. Il s'agit de dire des vérités de bon sens, des vérités expérimentales. Les dire crûment serait banal. Il faut les habiller.
Merci pour la réponse, c'est vrai que ça m'ouvre de nouvelles pistes : je vais me poser certaines questions sur le sujet.

Je pense que l'idée de trouver des exemples où la fiction serait plus appropriée que la simple autobiographie est interressante. Mais j'ai peur que Jean de la Fontaine soit trop éloigné de mon sujet : il écrit des apologues et ma dissertation concerne l'autobiographie …

Il faudrait trouver des oeuvres autobiographiques qui ont recours à la fiction dans le but de rendre un peu plus esthétique une vérité qui ne l'est pas

Si quelques personnes connaissent des oeuvres qui pourraient correspondre à cette idée … Je suis prête à répondre à chacun d'entre vous. Merci en tout cas =D
Dans ce cas, je pense à Gide. L'écriture autobiographique est présente dans son journal, mais il y a des sujets qui l'embarrassent. On peut soutenir que pour les développer, il écrira des œuvres de fiction, par exemple "Les faux monnayeurs". Mais je pense que c'est une interprétation complètement fausse.
Proust traite le problème dans "Contre Sainte-Beuve". La fiction procède d'une inspiration gouvernée par l'imagination. Elle s'écarte de l'autobiographie sur laquelle se replie celui qui - en tant qu'écrivain -manque d'imagination. Je ne veux pas dire que le cardinal de Retz manque d'imagination. Bien au contraire, en tant qu'homme d'action, il fait montre d'une puissante imagination, mais ce n'est pas une imagination d'écrivain et il écrit ses mémoires, œuvre autobiographique.
Merci pour ces précisions !

Je voulais demander quelque chose en plus … Pour la troisième partie de ma dissertation, qu'est-ce-que je pourrai dire ?

Comment trouver un juste milieu ? Après avoir dit les "bienfaits" de la fiction et après avoir expliquer dans une seconde partie, qu'elle s'oppose aux règles de l'authenticité de l'autobiographie, je ne sais pas trop comment finir …

Merci d'avance ! 😉
Je ne crois pas qu'il y ait de "juste milieu". Il y a un parti pris personnel. On peut le soutenir sans pour autant prétendre légiférer.
Merci beaucoup Putakli pour tous tes conseils. J'en tiendrai compte, ça c'est sûr. Maintenant que j'ai déjà plus d'idées sur le sujet, je vais essayer de me lancer. En espérant que ça marche 🙂
Pour la troisième partie de ma dissertation, qu'est-ce-que je pourrai dire ?

Comment trouver un juste milieu ? Après avoir dit les "bienfaits" de la fiction et après avoir expliquer dans une seconde partie, qu'elle s'oppose aux règles de l'authenticité de l'autobiographie, je ne sais pas trop comment finir …
EN tout cas, quel sujet passionnant (enfin moi perso…).
J'ai plusieurs petits trucs à te proposer : n'oublie pas les exemples, une bonne dissertation est une dissertation qui propose une réflexion, mais une réflexion sans exemples c'est comme un bon moteur sans essence : ça n'avance pas (bon, la métaphore n'est pas très poétique mais elle est parlante).
En ce qui concerne le recours à la fiction pour palier les lacunes d'une écriture autobiographique je te conseille de lire l'extrait des promenades du réveur solitaire de Rousseau que tu trouveras sur le très bon site de Philipe Lejeune consacré à l'écriture autobiographique
(le site est autopacte, à visiter, et les liens vers Rousseau :
), où Rousseau explique que parfois, lui même, il a pu ne pas dire, boaf, touuuute la vérité vraie (mais il tente de nous convaincre que même alors, ses mensonges servent la vérité… en plein dans ton sujet, non?)
Pour ta troisième partie, et pour éviter la synthèse redondante, je te propose un petit renversement (très à la mode dans les cercles de critique en ce moment) : et si le roman, la fiction, pouvait être à son tour un moyen de dire la "vérité" plus surement que l'autobiographie? Hmmmm? Pensons à Aragon et son fabuleux receuil de nouvelles intitulé Le Mentir vrai… rien que le titre…
Un autre ouvrage pas connu qui illustrerait cette thèse est Louis Lambert de Balzac, où sous couvert de roman, Balzac (qui n'a jamais écrit d'autobiographie à proprement parler) raconte quelques épisodes de sa propre vie. Enfin, Aurélia, de Nerval (pour rester dans le XIX°siècle), où l'on a un étrange texte hybride qui commence comme un travail personnel (un journal de ses rêves) qui se transforme en poésie en prose (mais peut-on parler de fiction?) (que de questions, que de questions.)
J'espère n'avoir pas repris une idée déjà énoncée (j'ai pu lire un peu rapidement quelques posts, je m'en excuse), ou avoir pris à contre courant ton plan… (ce que je crains, avec ta première partie 'les bienfaits de la fiction'…)
Bon courage!
Putakli a écrit :Dans ce cas, je pense à Gide. L'écriture autobiographique est présente dans son journal, mais il y a des sujets qui l'embarrassent. On peut soutenir que pour les développer, il écrira des œuvres de fiction, par exemple "Les faux monnayeurs".

En ce qui concerne Gide, c'est un exemple parfait en effet, mais l'immoraliste serait l'oeuvre la plus intéressante à citer : Gide y dévoile par le biais de la fiction sa propre homosexualité.
Les faux monnayeurs illustre de façon plus distante (et hors de tout enjeu autobiographique pour l'auteur) la puissance de l'art qui peut faire passer le faux pour du vrai (et vice versa).
En tout cas, toute l'oeuvre de Gide pose la question du rapport entre la fiction et l'autobiographie. (A toute fin utile, il a écrit une véritable autobiographie, respectueuse du pacte et tout et tout : si le grain ne meurt. Juste pour dire qu'il a essayé, expérimenté toutes les possobilités d'écriture, et qu'il a vraiment cherché la voie la plus propre pour se dire le plus sincèrement, et que la question n'était pas facile à trancher.)
Bonjour,
je suis nouvelle ici et je cherche de l'aide .
J'ai une dissertation a rendre qui est majoritairement finie.
Je suis en 1ereL .
Et j'aimerai savoir si l'un de vous connaitrait par hasard une autobiographie ou même un livre où l'auteur utilise la fiction pour se montrer plus grand, ou alors une autobiographie ou est montrée seulement les choses positives.

Merci
MissSunshine40 a écrit :J'ai une dissertation a rendre qui est majoritairement finie.
Bien, comment peut-on donc vous aider encore, puisque tout semble plié d'avance ? Quel auteur/biographe, n'aimerait à donner de lui un éclairage favorable, valorisant et l'inscrivant justement dans la grande histoire <la nôtre ne demeurant que médiocre, puisqu'UNE s'étant vécue au singulier> ? Lisez Napoléon, ou le "Général" - mais cela va vous prendre quelque temps…. Si la biographie se veut être objective, le vivant l'acteur, saurait-il en exprimer la distance et l'universalité ?
merci de votre aide, effectivement cela serai long a lire.
La deuxième partie de ma dissertation est en faite "la fiction est un bon moyen pour combler les désordres de la mémoire"
et il me manque donc une partie.
Je suis réellement coincée :/
MissSunshine40 a écrit :j'aimerais savoir si l'un de vous connaîtrait par hasard une autobiographie, ou même un livre où l'auteur utilise la fiction pour se montrer plus grand, ou alors une autobiographie ou est montrée seulement [où ne sont montrées que] les choses positives.
Sauf erreur, vous ne trouverez rien de tel. Même Rousseau, qui en est l'inventeur, ne s'est grandi qu'à partir du mal qu'il fit (il invente les « circonstances atténuantes »), en (r)établissant la « vérité » des faits (voir les accusations dont il fut victime ; voir aussi ses disputes avec Voltaire, par exemple) : son œuvre autobiographique est comme un dossier à charge et à décharge, face au tribunal des hommes, et moins des hommes que de l'histoire et de Dieu. Son entreprise, mégalomaniaque, a quelque chose de la rédemption : il veut se racheter aux yeux de Dieu, qui transcende la société de son temps, celle qu'il accusa de pratiquer les apparences, et à laquelle il opposa la transparence — car il est aussi l'inventeur de cette opposition, aujourd'hui surfaite, de l'être et du paraître. Chez lui, c'est un diagnostic social. Mais sa transparence n'est que la sincérité. Qu'elle le grandisse, pourquoi pas ? Mais il prêtait le flanc à un reproche auquel il n'échappe pas : l'inauthenticité. Être sincère n'est pas être authentique. On peut être sincère par dissimulation, par falsification, par inauthenticité. Lisez l'incipit de ses Confessions.

Sartre, dans Les mots, ne cache pas les mauvais côtés de sa vie.

Mais avant l'autobiographie, comme genre littéraire, vous aviez un genre autrement plus intéressant et substantiel : le mémoire, qui est certes un exercice littéraire, mais aussi un genre historique. On ne s'y raconte que confronté à l'histoire, en fonction des actes les plus significatifs et mémorables de sa propre vie. Dans un mémoire, on ne se raconte pas en tant que personne privée, mais en tant que personne publique, en tant qu'on a participé à l'histoire. Y mentir, pour dissimuler le mauvais plutôt que le bon, c'est prendre un risque redoutable : être contredit par la mémoire collective, la postérité. Nous n'imaginons pas aujourd'hui quelle pouvait être l'autorité, immense, de cette mémoire collective, de la postérité, de la réputation, de la gloire. On écrivait ses mémoires, non pour être célèbre, comme on dit vulgairement aujourd'hui, mais pour trouver sa place parmi les hommes. Le mémoire est un peu l'équivalent laïque de la confession religieuse. Il consiste à mettre de l'« ordre dans ses affaires » avant de vivre dans l'autre vie, à être en règle avec soi-même, les autres, le monde (et Dieu). Y tricher, c'est se condamner aux pires tourments.

En somme, la démarche même du mémoire, plus encore que celle de l'autobiographie, interdit de se faire plus grand qu'on est : il s'agit de se (re)faire, de se peindre tel qu'on est, et tel qu'on naît, enfin, à la mémoire et à l'histoire, qui jugera en dernier ressort. Cela même incite à l'humilité.

Mais nous vivons une autre époque, où l'autorité du passé a disparu.
Merci pour votre réponse et votre aide.
Mais le soucis est qu'à la base mon sujet est : "Le recours à la fiction vous semble-t-il un bon moyen pour pallier les difficultés inhérentes à l'écriture autobiographique?" :/
MissSunshine40 a écrit :le souci est qu'à la base mon sujet est : "Le recours à la fiction vous semble-t-il un bon moyen pour pallier les difficultés inhérentes à l'écriture autobiographique ?"
La question est classique pour interroger par exemple les Confessions de Rousseau.

Je vous donne une piste (mais, vous en avez une dans mon message précédent, lisez-le attentivement). Recourir à la fiction, est-ce mentir ? La mémoire est discontinue. Quelle peut être la fonction de la fiction ici, quelle peut être sa vertu ? Lire une œuvre de fiction, est-ce seulement lire une œuvre d'imagination ?

Anatole France disait volontiers qu'on ne sort jamais de soi-même. Et dieu sait s'il détestait le narcissisme et le genre autobiographique à la Rousseau. Il pratiquait le scepticisme, pour se désillusionner. Les hommes ne sont-ils pas de pures fictions ?
En prenant le temps de relire effectivement je vois une piste; merci =)
Dans votre premiere reponse quand vous parlez de Rousseau, vous parlez bien de son autobiographie "Confessions" ?
MissSunshine40 a écrit :Dans votre premiere reponse quand vous parlez de Rousseau, vous parlez bien de son autobiographie les Confessions ?
Oui.