Sémantique

Langue française

9 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
Livres sur Amazon
Bonsoir à tous.

Détruit(e)

Une chose, par exemple une construction, peut être partiellement détruite ou totalement détruite.

Elle peut être un peu, beaucoup, en partie, partiellement, très endommagée et même trop endommagée (pour…).

Mais peut-on dire (comme je l'ai lu récemment) qu'elle est un peu, beaucoup, très ou trop détruite ?

Merci.
Eh bien j'ai le même souci, parce que cette mauvaise habitude est courante! Je ne peux pas m'empêcher de relever ces erreurs à chaque fois que je les entends, elles me hérissent….
poissone a écrit :Eh bien j'ai le même souci, parce que cette mauvaise habitude est courante! Je ne peux pas m'empêcher de relever ces erreurs à chaque fois que je les entends, elles me hérissent….
Bah, je n'ai pas de hérissement. Seulement de l'étonnement et des doutes, compte tenu de la qualité - bien supérieure à la mienne - des auteurs de ces "erreurs" supposées. Comment se pourrait-il, en effet, que de telles personnes aient tort et que moi j'aie raison ?
Certes, détruit suppose que la chose n'existe plus. Le Tlf définit comme suit "détruire une ville" : "démolir entièrement". Des degrés sont-ils concevables ? Très démoli entièrement ? Trop démoli entièrement ? Un peu démoli entièrement ? Pourtant, partiellement ou à moitié détruit (démoli entièrement) me paraissent tout à fait plausibles parce que, me semble-t-il, ils font référence à une partie précise et identifiable de la chose. Alors ?
Pas de problème, au moins, avec "inutilisable" : il me paraît certain que très ou trop inutilisable sont impossibles.
Ténors de ce forum, au secours !
Volapuk a écrit :Bonsoir à tous.

Détruit(e)

Une chose, par exemple une construction, peut être partiellement détruite ou totalement détruite.

Elle peut être un peu, beaucoup, en partie, partiellement, très endommagée et même trop endommagée (pour…).

Mais peut-on dire (comme je l'ai lu récemment) qu'elle est un peu, beaucoup, très ou trop détruite ?

Merci.
?on observation est juste. Je pense que c'est lié au sens de détruire : la destruction est quelque chose de binaire : elle est ou n'est pas. Prenons un objet particulier : s'il est détruit, c'est absolu, il n'y a pas de demi-mesure. C'est un peu comme mourir : on est mort, ou on est vivant. On n'est pas "très" mort : c'est un non sens.
Si on dit "partiellement détruit", c'est qu'on a isolé une partie, une unité secondaire, qui est sujet ou non à la destruction. Si on disait "peu détruit" cela ne signifierait pas qu'on a isolé une partie : mais que c'est dans l'ensemble un degré faible de destruction. Or celle-ci n'est pas une question de degré.
Il n'en va pas de même pour "endommager", endommagé ne signifie pas que l'objet est anéanti, mais qu'il a reçu des dégâts, ceux-ci pouvant être plus ou moins élevés. De la même manière on ne peut pas être "un peu mort", mais on peut être "un peu malade" ou "un peu blessé".
Lucretius, merci ! Ce sont là des "choses" que je sens, mais que je ne sais pas exprimer. Voilà en tout cas un doute, une interrogation de moins. Il m'en reste, et beaucoup. J'essaierai de ne pas abuser.
On n'est pas "très" mort : c'est un non sens.
Sauf par effet de style poétique.
Titre d'un poème d' Obaldia : "Une dame très très morte".

Et il est à noter qu'on peut tout de même être à moitié mort…
Jehan a écrit :[…] il est à noter qu'on peut tout de même être à moitié mort…
Terrifiante présence d'esprit ! (Je veux seulement dire que je n'y ai pas pensé). Oui, mais n'est-ce pas un genre de sens figuré ou d'expression figée ? D'ailleurs, compris littéralement, à moitié mort suppose qu'on soit à moitié vivant. Dira-t-on de quelqu'un qui est " à moitié mort " qu'il est " encore à moitié vivant " ?
Oui on peut le dire, mais ce sera alors par figure (une figure étant souvent une légère transgression qui fait sens).
Bonjour à ceux qui, jusqu'ici, ont bien voulu m'éclairer (mais aussi à tous ceux que cette discussion intéresse). Je reformule une de mes questions.

Remploi

Quand une pierre provenant d'une construction détruite est employée dans une nouvelle construction, on dit qu'elle est un remploi ou en remploi.
D'une pierre provenant d'une construction de l'antiquité et ainsi remployée plusieurs siècles plus tard, peut-on dire, comme je l'ai lu récemment, qu'elle est un " remploi antique " ?
Je pense pour ma part que c'est impossible : c'est un remploi moderne d'une pierre antique. Ce n'est pas le temps de la première utilisation qui peut qualifier le remploi, mais celui où il est effectif. Est-ce que quelqu'un peut me dire si j'ai raison ou pas ? Merci.