Bonjour.
Je dois présenter un commentaire à l'oral sur le poème ci-dessous, lundi.
1. Tout d'abord, je reviens sur un point évoqué avec Jean-Luc dans un précédent sujet: l'identité d'Elivire.
Certes, les critiques sont d'accord pour dire que Julie Charles est l'inspiratrice du personnage d'Elvire. Mais étant donné que le poème a été rédigé en 1814, selon l'édition Gallimard de Marius-François Guyard, il ne peut s'agir de Julie Charles, rencontrée en 1816. Lamartine lui-même, dans ses commentaires, déclare que Antonielle se cache derrière ce personnage. Ce qui serait plus logique puisque leur rencontre remonte à 1811, avant la rédaction du poème. Peut-être Julie Charles a-t-elle été la principale inspiratrice des poèmes de Lamartine, mais qu'en est-il précisément du personnage d'Elvire ?
Cependant, j'ai tendance à voir Julie Charles à travers le poème "A Elvire", notamment avec l'image du tombeau, qui répondrait à sa mort en 1817.
2. Ensuite, j'ai beaucoup de mal avec la structure du poème, et surtout à mettre en relation le fond avec la forme.Je n'ai pas eu trop de mal à étudier le fond mais je reste bloqué sur la forme. Le découpage en strophes n'est pas net, la métrique non plus (Alexandrins, puis présence de quelques octosyllabes). J'ai pensé à une prédominance du fond sur la forme chez Lamartine, mais ça reste très vague.
3. Enfin, je ne suis pas sûr d'avoir véritablement compris les vers que j'ai notés en gras.
Ce qu'il veut dire, c'est que "laisser un monument" ou "graver" le nom de celle que l'on a aimée est vain puisque "tout change ou meurt dans la nature" ?
Je dois présenter un commentaire à l'oral sur le poème ci-dessous, lundi.
TROISIÈME MÉDITATION. À ElvireJ'ai déjà terminé mon travail, mais j'aimerais avoir quelques explications sur des points qui restent vraiment flous dans mon esprit.
Oui, l’Anio murmure encore
Le doux nom de Cinthie aux rochers de Tibur ;
Vaucluse a retenu le nom chéri de Laure ;
Et Ferrare au siècle futur
Murmurera toujours celui d’Eléonore.
Heureuse la beauté que le poète adore !
Heureux le nom qu’il a chanté !
Toi qu’en secret son culte honore,
Tu peux, tu peux mourir : dans la postérité
Il lègue à ce qu’il aime une éternelle vie ;
Et l’amante et l’amant sur l’aile du génie
Montent, d’un vol égal, à l’immortalité.
Ah ! si mon frêle esquif, battu par la tempête,
Grâce à des vents plus doux, pouvait surgir au port ;
Si des soleils plus beaux se levaient sur ma tête ;
Si les pleurs d’une amante, attendrissant le sort,
Écartaient de mon front les ombres de la mort !
Peut-être… oui, pardonne, ô maître de la lyre !
Peut-être j’oserais (et que n’ose un amant !)
Égaler mon audace à l’amour qui m’inspire,
Et, dans des chants rivaux célébrant mon délire,
De notre amour aussi laisser un monument !
Ainsi le voyageur qui, dans son court passage,
Se repose un moment à l’abri du vallon,
Sur l’arbre hospitalier dont il goûta l’ombrage,
Avant que de partir, aime à graver son nom.
Vois-tu comme tout change ou meurt dans la nature ?
La terre perd ses fruits, les forêts leur parure ;
Le fleuve perd son onde au vaste sein des mers ;
Par un souffle des vents la prairie est fanée ;
Et le char de l’automne, au penchant de l’année,
Roule, déjà poussé par la main des hivers !
Comme un géant armé d’un glaive inévitable,
Atteignant au hasard tous les êtres divers,
Le Temps avec la mort, d’un vol infatigable,
Renouvelle en fuyant ce mobile univers !
Dans l’éternel oubli tombe ce qu’il moissonne :
Tel un rapide été voit tomber sa couronne
Dans la corbeille des glaneurs.
Tel un pampre jauni voit la féconde automne
Livrer ses fruits dorés au char des vendangeurs.
Vous tomberez ainsi, courtes fleurs de la vie !
Jeunesse, amour, plaisir, fugitive beauté !
Beauté, présent d’un jour que le ciel nous envie,
Ainsi vous tomberez, si la main du génie
Ne vous rend l’immortalité !
Vois d’un œil de pitié la vulgaire jeunesse,
Brillante de beauté, s’enivrant de plaisir :
Quand elle aura tari sa coupe enchanteresse,
Que restera-t-il d’elle ? à peine un souvenir ;
Le tombeau qui l’attend l’engloutit tout entière,
Un silence éternel succède à ses amours ;
Mais les siècles auront passé sur ta poussière,
Elvire, et tu vivras toujours !
1. Tout d'abord, je reviens sur un point évoqué avec Jean-Luc dans un précédent sujet: l'identité d'Elivire.
Certes, les critiques sont d'accord pour dire que Julie Charles est l'inspiratrice du personnage d'Elvire. Mais étant donné que le poème a été rédigé en 1814, selon l'édition Gallimard de Marius-François Guyard, il ne peut s'agir de Julie Charles, rencontrée en 1816. Lamartine lui-même, dans ses commentaires, déclare que Antonielle se cache derrière ce personnage. Ce qui serait plus logique puisque leur rencontre remonte à 1811, avant la rédaction du poème. Peut-être Julie Charles a-t-elle été la principale inspiratrice des poèmes de Lamartine, mais qu'en est-il précisément du personnage d'Elvire ?
Cependant, j'ai tendance à voir Julie Charles à travers le poème "A Elvire", notamment avec l'image du tombeau, qui répondrait à sa mort en 1817.
2. Ensuite, j'ai beaucoup de mal avec la structure du poème, et surtout à mettre en relation le fond avec la forme.Je n'ai pas eu trop de mal à étudier le fond mais je reste bloqué sur la forme. Le découpage en strophes n'est pas net, la métrique non plus (Alexandrins, puis présence de quelques octosyllabes). J'ai pensé à une prédominance du fond sur la forme chez Lamartine, mais ça reste très vague.
3. Enfin, je ne suis pas sûr d'avoir véritablement compris les vers que j'ai notés en gras.
Ce qu'il veut dire, c'est que "laisser un monument" ou "graver" le nom de celle que l'on a aimée est vain puisque "tout change ou meurt dans la nature" ?
"Ah ! si mon frêle esquif, battu par la tempête,Par contre, je ne trouve réellement d'explication à cette partie. Je ne saisis pas la signification de la tempête, du port, du soleil…
Grâce à des vents plus doux, pouvait surgir au port ;
Si des soleils plus beaux se levaient sur ma tête ;
Si les pleurs d’une amante, attendrissant le sort,
Écartaient de mon front les ombres de la mort !
Peut-être… oui, pardonne, ô maître de la lyre !
Peut-être j’oserais (et que n’ose un amant !)
Égaler mon audace à l’amour qui m’inspire,"



