Les mots qui fâchent

Langue française

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Putakli a écrit :Pour que ce débat ait un sens, il faut distinguer les mots qui fâchent des idées qui fâchent. Quand Volapuk écrit :
"Doit-on comprendre que si le système français était moins rigide, le mot licenciement serait moins lourd de menaces ?"
Il ne s'agit plus de mot mais d'idée.
Sans doute, encore que… Je pose quand même une question sur ce qu'il y a lieu de comprendre, donc sur le sens des mots. En outre (par ailleurs, de plus, de surcroît 😜 ), la remarque a déjà été faite (Jehan). Enfin, elle pourrait peut-être - je suis prudent - s'appliquer à la moitié des interventions de Putakli. 😜
Le mot à bannir c'est écrivainE !
C'est vraiment laid ! :mad:
Qu'en pensez-vous ?
Je ne vois pas pourquoi écrivaine serait plus laid qu'écrivain. Le e est une simple marque de féminin.

Voir le Guide de féminisation des noms de métiers, titres grades et fonctions

un écrivain une écrivaine
Application de la règle 3.1.


3.1. Noms se terminant par une finale autre que -eur

Le féminin se construit normalement par l’adjonction d’un -e à la finale,
ex. : une adjointe, une agente, une artisane, une avocate, une cheminote, une commise, une écrivaine, une laborantine…
avec les éventuelles modifications grapho-phoniques qui obéissent aux lois morphologiques de la langue :
# doublement de la consonne finale : el/elle, ien/ienne, on/onne,

# ex. : une chirurgienne, une colonelle, une industrielle, une vigneronne… modification de la consonne finale,

# ex. : une rebouteuse, une sportive, une syndique… ajout d’un accent grave sur la voyelle de la syllabe finale,

ex. : une bâtonnière, une caissière, une conseillère, un écrivain une écrivaine
Application de la règle 3.1.une préfète…

3.1.Rem.1. : L'adjonction du -e est facultative pour les termes issus des comparatifs latins : une junior(e), une major(e), une sénior(e)."



Pour ce qui est des idées qui fâchent, oui on peut comprendre que s'il était facile de trouver du travail en deux ou trois mois, un licenciement serait sans doute un stress comme un déménagement mais pas une possible tragédie. Oui ,si les firmes n'avaitent pas eu le feu vert pour mettre les gens de 50 ans en pré retraite aux frais en partie de la collectivité, la France ne serait sans doute pas l'un des pays où les plus de 50 ans sont discriminés plus que n'importe quel autre catégorie et souvent non employables. Dans d'autres pays les seniors sont visibles et pas seulement comme bénévoles.

Il est facile de critiquer le mot licenciement mais tout le monde ne peut pas être fonctionaire et les firmes peuvent déposer le bilan ou faire faillite. Le licenciement existe dans tous les pays même en Chine et que ceux qui refusent les avantages liés aux plans sociaux se manifestent, ils méritent un article dans le journal. Par quel mot remplacer le licenciement si une firme est en chute libre , l'aide publique ad vitam aeternam ? Dénigrer le Code du travail ? Par quoi le remplacer ? Qui voudrait s'en passer.
Ce ne sont pas les mots qui posent problème mais l'usage qu'on en fait.
Bon… Il me semble que pour le licenciement, on a fait le tour de la question. Si on passait à autre chose ?
Portia a écrit :Il est facile de critiquer le mot licenciement, mais tout le monde ne peut pas être fonctionnaire et les firmes peuvent déposer le bilan ou faire faillite. Le licenciement existe dans tous les pays, même en Chine, et que ceux qui refusent les avantages liés aux plans sociaux se manifestent, ils méritent un article dans le journal. Par quel mot remplacer le licenciement si une firme est en chute libre , l'aide publique ad vitam aeternam ? Dénigrer le Code du travail ? Par quoi le remplacer ? Qui voudrait s'en passer ? Ce ne sont pas les mots qui posent problème mais l'usage qu'on en fait.
Mais non ! Ce qui a été dénoncé (Izazie, puis moi), c'est le remplacement du mot « licenciement » par la locution édulcorée « plan social », qui désigne effectivement autre chose et est pourtant employée désormais presque systématiquement à la place du premier. Il n'y a pas deux jours, j'ai entendu notre Président, dont je n'écoute pourtant plus les péroraisons que distraitement, employer « plan social » pour « licenciement » : je ne sais plus quelle entreprise annonçait, non pas un « licenciement » (assorti d'un plan social), mais un « plan social » (sans qu'on ait préalablement parlé de licenciement), ce qui est tout de même plus agréable à entendre. On serait presque tenté de demander si c'est un plan social sans licenciement, si l'on ne savait pas que cela veut désormais dire la même chose.
Je persiste et je signe : le mot « avantages », dans ces cas là, je vous le laisse. Au minimum, c'est un abus de langage, dans le pire des cas, c'est du cynisme.
Dans « Par quel mot remplacer le licenciement si une firme est en chute libre , l'aide publique ad vitam aeternam ? », la relation entre les deux termes n'est pas pertinente : il est douteux que « aide publique ad vitam aeternam » puisse devenir le mot qui remplace le mot « licenciement ». Ce n'est probablement pas ce que vous avez voulu dire.
Quant au « dénigrement » du Code du travail, me serais-je mal expliqué ? Ce n'est pas le fait de ceux qui travaillent plus pour gagner moins. Voyez du côté de Laurence P. (que j'ai citée), et de quelques autres.
Pour finir, sur le fond, la question ce n'est pas celle du licenciement en soi, mais celle des raisons et des conditions du/des licenciement(s). Les « firmes en faillite ou en chute libre », certes, ça existe. Les fautes de gestion et les mauvais choix des décideurs (tiens tiens ! les revoilà !), qui conduisent à de telles situations, aussi.
Ah ben non, ça n'était pas tout à fait fini… =)
Mais maintenant, tout est dit… et bien dit !
Jehan je vais être encore un peu contrariante mais il y a un problème de fond pour le sujet : peut-on se fâcher sur un mot à cause de la réalité qu'il recouvre.

Si on revient encore sur licenciement et plan social ,il faut se référer aux textes et je suggère un coup d'oeil sur wikipedia. Le mot plan social n'est pas une version éducorée de licenciement. Comme le plan de sauvegarde de l'emploi (anciennement plan social) est obligatoire et doit être mis en oeuvre par les entreprises de plus de 50 personnes et dès qu'il y a licenciement de 10 personnes, il est normal que le mot soit utilisé intensivement . Ce n'est donc pas un euphémisme ou du politiquement correct puisque la formule est légale et oblige les firmes à prendre des mesures spécifiques dans le cadre du Code du travail pour limiter les licenciements.

Il existe toujours la formule licenciement pour licenciement sans "avantages" ou si l'on préfère compensations.

Les mots licenciement, PSE existent car ils représentent une réalité. On ne peut pas les supprimer.

Il existe des mots qui font mal, des mots qui recouvrent des réalités haïssables mais on sort du style ou des abus de langage. Pour les mots qui fâchent je pense qu'il faut s'en tenir à la forme, aux usages non conformes , aux abus, aux négligences plus qu'à la réalité que les mots représentent.
"Je ne vois pas pourquoi écrivaine serait plus laid qu'écrivain. Le e est une simple marque de féminin.

Voir le Guide de féminisation des noms de métiers, titres grades et fonctions

un écrivain une écrivaine
Application de la règle 3.1."


Merci pour ce cours mais je disais juste que Ecrivaine est vraiment (D'après moi!) laid…
Peut-être que "laid" est trop fort, disons plutôt qu'il n'est pas doux à l'oreille.
Mais bon… ce n'est qu'un avis personnel!
Bonjour.

Il est surtout encore inhabituel…
Trouve-t-on laides ses rimes riches neuvaine, déveine ou chevaine ?
Je les trouve jolies, moi, les rimes en -aine… Pas toi ?

C'est peut-être la féminisation qui te choque ?
Cela dit, je ne vois pas en quoi "écrivain" serait plus doux à l'oreille !
Bonjour,

J'en profite - au vu de la digression - pour poser moi-même une interrogation. Je vois partout écrit auteure, mais cela existe-t-il ?

Merci,
Valete.
Bonjour Zadek,

Vois ici 😉.

Muriel
Je réponds à Jehan !
😂 ! C'est vrai je crois que je ne suis pas habituée tu dois avoir raison
bref sujet suivant
Au péjoratif, la féminisation passe mieux: un scribouillard, une scribouillarde.

edit: j'ai écrit une bêtise, mais je ne peux pas effacer. D'autres exemples contredisent: toubibesse, rapine (le mot existe déjà), mais j'utilise quelquefois "peintresse" sans nuance péjorative.
Mais tout cela n'avance à rien. 1 - Il est clair qu'on ne se fâche pas contre des mots. Essayez de vous en prendre à un mot, celui-ci s'en fout à un tel point que c'est désespérant. On se fâche contre des gens, ou à la rigueur contre une mécanique quand on tape dessus, mais c'est rare.
Seulement, dans la société française d'aujourd'hui et surtout la société parisienne, il est quasiment interdit de se fâcher contre quelqu'un. Le fâcheries se rentrent, se ruminent, forment une sorte de lait tourné qu'on essaye de vomir. Comment est-ce qu'on s'en sort?
Deux détournements sont bien connus. Le premier est de modifier son propos et c'est devenu un proverbe de dire que "Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage". Le deuxième est de modifier le destinataire comme quand l'adjudant engueule le sergent qui engueule le caporal qui engueule le bidasse.
Mais quand les deux déplacements se cumulent, il devient très difficile de les repérer. C'est ainsi que quand on débat des mots qui fâchent, on trouve moins des mots qui fâchent qu'une fâcherie qui cherche ses mots.

2 - Plutôt que d'entrer d'emblée dans le jeu en indiquant des mots qui me fâchent, j'avais préféré garder du recul pour pouvoir juger le jeu.
La première impression que je tire de ce débat est que la fâcherie procède de la même mécanique que le lynchage. Elle ne se rapporte pas à la dynamique de la réflexion personnelle à partir de la signification des mots, mais de la dynamique grégaire à partir de déclencheurs communautaires. La distinction qu'avait si pertinemment relevé quelqu'un entre le débat; "Vive les mots" et le débat sur "Les mots qui fâchent", procède d'un signal d'entrée: ici, on crie "Vive !" et là, on se fâche. Le déterminant tend à faire qu'on se fâche parce que c'est la consigne, même sans aucun prétexte.
Le discours est sous la dépendance d'une mise en scène qui le rend possible. On homogénéise un auditoire pour masquer les différences entre ses membres et faire ressortir la différence entre les auditeurs et l'orateur, puis on coupe les bras, les jambes et la langue aux auditeurs pour leur ouvrir les oreilles. Supprimez la mise en scène et le dialogue resurgit. C'est le cas d'un forum sur internet.
Mais le dialogue et le discours sont incompatibles comme on ne peut pas jouer aux échecs avec un joueur de football qui shoote dans les pièces. On peut s'attendre à ce que les dialogueurs soient fâchés du discours et les discoureurs du dialogue. L'amateur de discours écrira: "Ce n'est pas encore fini, taisez vous !", simplement parce que participants parlent entre eux, sans animosité, pour analyser, comprendre et expliquer sur ce qui parait futile, voire ridicule: se fâcher pour un mot. C'est qu'en réalité, il ne s'agit pas de se fâcher pour un mot mais de se fâcher pour un rien. S'il faut se fâcher parce que c'est la consigne, il suffit de trouver un prétexte. Le but n'est pas de comprendre mais de jouer.

3 - Si on répond personnellement à quelqu'un sur un forum, on fâche les ennemis du dialogue et chaque fois qu'on est curieux de savoir comment quelqu'un parle, écrit, ou pense, on se heurte aux conformateurs qui veulent des normes. Quand j'étais arrivé sur ce site, j'avais proposé d'apprendre à écrire en regardant faire. C'est beaucoup plus efficace que d'interposer une méthode qu'il faut d'abord comprendre et digérer avant de la retourner pour l'appliquer, mais c'est aussi beaucoup plus ouvert. On dépiaute les manuscrits de Madame Bovary, mais cela fâche Philaminte. Une espèce de sorte de compromis s'établit, mais l'invention d'internet finira par porter ses fruits, comme a fait l'invention de l'imprimerie. Seulement, ce ne sont pas les mêmes fruits.

4 Pour jouer le jeu, j'aurais choisi comme "mot-qui-fâche" le mot "excuse", mis pour "regret" parce que cela m'agace que chaque fois qu'un homme politique parle en public, ceux que ses propos fâchent lui demandent des excuses. Beaucoup de gens confondent le désaccord avec le conflit. Le désaccord les fâche, y compris le désaccord sur la forme. Ils n'ont qu'à s'en prendre à eux-mêmes.
Et toc !
Et puis après ?
Bonjour Putakli,

Mais qu'avez-vous mangé ce matin ?

Muriel
C'est distrayant, mais aussi instructif, de lire les forums par auteur et de voir l'enchainement de ses propos les uns aux autres sur différentes lignes. On y suit à la trace son humeur, les mouvements de sa pensée, et parfois, comme Michel Onfray, on la comprend par sa nourriture.
Mais c'est aussi une méthode de profiter de ce qu'on est en colère pour mettre de l'ordre dans ce qui était pâteux dans son esprit, et le formuler façon claire et compréhensible.
Or ce matin, j'étais en colère parce que mon petit-fils à qui j'avais fait lire L'éducation sentimentale pour qu'il écoute ensuite les cours de Barbéris n'avait pu les écouter parce que "l'ordinateur-des-enfants" n'avait plus de son, et que son père ne voulait pas qu'il utilise son portable.
Voilà.
Bah voilà… on comprend mieux votre diatribe, c'est sûr ! 😂…
Cela me semble un "chouia" hors sujet, mais bon…
Cette fois, une expression:"Faire sens".
Vos impressions, messires et gentes dames?
It does not make sense in french.
Que penseriez-vous de mettre, avec les bêtes-de-couleur-que vous n'aimez pas, celle qui vous font kiffer?
Moi, j'aime pas "amourette" qui "rapetisse", j'aime "volupté" qui évoque…
J'aime pas "extraordinaire", qui s'la pète, j'aime "splendide" qui "slirp"
Tous les mots qui font injure au génie de la langue, pour faire plaisir aux petits requins me sont également insupportable. Mais, en fait, ces mots, je les plaindrais plutôt. Ils sont des victimes et non pas demander à venir au monde. Maintenant au moins, ils en disent les maux.