Les mots qui fâchent

Langue française

395 réponses · Page 8 / 20

Jehan a écrit :En revanche, être d'accord, c'est rudement chouette.
Tout à fait d'accord. Surtout après une discussion amicale, comme nous en avons ici.
J'ai écrit "après" une discussion… 😉

Merci à Lucretius de m'avoir répondu. J'avais peur de commettre une faute de français sans m'en rendre compte.
Putakli a écrit :Zizanie a écrit:
?
=(
Je me demande si j'ai le droit de continuer à venir ici, après ça.
Merci à un modérateur de supprimer telle partie de ce message qu'il (ou elle) trouvera malvenue, mais j'espère de tout mon cœur que Putakli a fait une faute de frappe.

Edit.
Je parlais de supprimer tout ou partie de mon message, bien entendu.
Bonjour Izazie,

Rien d'autre, probablement, qu'une mauvaise lecture globale trop rapide de votre pseudo. Il n'y a certainement rien d'intentionnel. 😉

Muriel
Reste avec nous, Izazie… =)

Mieux vaut que tu ne fasses pas attention.

Je pense que sur un fil intitulé "Les mots qui fâchent", Putakli n'a pas voulu te blesser, il a juste voulu faire un "désopilant" jeu de mots censé être en phase avec son commentaire.

Putakli ne me contredira pas, cette fois-ci.
N'est-ce pas, Putaklic ? 😉
Izazie a écrit :Je me demande si j'ai le droit de continuer à venir ici, après ça.
C'est TA discussion, Izazie : tu n'as pas le droit de t'en retirer ! En outre (par ailleurs, de plus, de surcroît ! 😜 ), je n'ai pas encore compris ce qui aurait pu provoquer cet improbable lapsus…
Par ailleurs, izazie, tu as su créer un topic particulièrement fédérateur. Or si tu devais partir pour cela, ce serait le comble de la cerise sur le gâteau.
Je dirais même plus, ce serait la cirrhose sur le gâteux ! 😜
Lucretius a écrit :Par ailleurs, izazie, tu as su créer un topic particulièrement fédérateur. Or si tu devais partir pour cela, ce serait le comble de la cerise sur le gâteau.
Je pense que " de plus " s'imposait, plutôt que " par ailleurs ". 😜
Merci à tous! Je ne vais pas jouer les divas et bouder dans mon coin, de toute façon! 😂
Avec cette crise, on entend beaucoup parler d'entreprises, de gestion, de grands patrons, etc. C'est pourquoi beaucoup des mots qui m'énervent en ce moment font partie du vocabulaire politique ou économique.
Alors que personne ne m'en veuille si j'ajoute "gouvernance", "guidance" et autres nouveautés en -ance, mais surtout l'hypocrite et cynique "plan social".
Oh, bien sûr, l'expression en elle-même est parfaitement correcte.
Mais voilà longtemps qu'un plan social n'a plus rien de social!
Je pense que le mot "charrette" serait plus franc.

Se cacher derrière les mots ne sert à rien. "Non-voyant" est peut-être plus "politiquement correct" que le mot "aveugle", mais employer le premier pour éviter le deuxième ne rendra pas la vue à l'intéressé.
Je n'aime pas tous ces mots palliatifs: "infirme" devenu "handicapé" puis "personne à mobilité réduite", pour ne citer que ce cas.
Tout dépend de la façon dont on utilise le mot. On peut parler d'un "aveugle" sans tomber dans le mépris ou la condescendance dont font preuve certains qui parlent de "non voyant".
C'est vrai qu'il peut y avoir quelque prétention ou condescendance à user d'euphémismes de ce genre.

Sans vouloir à tout prix défendre ces termes, il faut cependant remarquer que seul "aveugle" peut s'employer au sens propre comme au sens figuré. Et que "non-voyant" se spécialise dans le sens prore.

Un peu comme "con" et "malcomprenant" ! 😜
Bonjour

Je ne déteste pas ces nouveaux mots du type plan social et autres personnes à mobilité réduite. Ils expriment d'autres idées :
- une charrette faisait penser aux exécutions de la Terreur, un plan social, lui suggère un accompagnement des futurs chomeurs ce qui leur rendra la transition plus facile.
- parler de personne à mobilité réduite les assimile à des personnes ordinaires qui rencontrent un obstacle particulier et qu'il faut donc aider en leur facilitant la mobilité par des aménagements adaptés , passages sur les trottoirs , portes suffisamment grandes etc. Dans d'autres pays cela est automatiquement fait, ici non.
Bien sûr le malcomprenant est ridicule et je me souviens aussi du ballon devenu un référentiel bondissant ou quelque chose de ce genre mais là c'est du jargon.
Le terme "malcomprenant" est ridicule.
Mais c'est justement pour dénoncer le ridicule de certains de ces termes.
Car le "Journal des cons et des malcomprenants", si je ne m'abuse, c'est une invention de Coluche…
Portia a écrit :Une charrette faisait penser aux exécutions de la Terreur, un plan social, lui suggère un accompagnement des futurs chomeurs ce qui leur rendra la transition plus facile.
Quand, dans les années 1990, Dassault licenciait ses salariés par petits paquets successifs de quelques centaines, les salariés en cause parlaient bel et bien de charrettes. D'ailleurs, le dictionnaire de l'Académie est en avance sur le Tlf : il indique l'emploi de charrettes avec le sens figuré et familier de licenciements, tandis que le second l'ignore.
Le plan social ne suggère pas de transition plus facile (mieux vaudrait dire, d'ailleurs, à la rigueur, transition moins difficile). Plan social veut dire licenciements, point. Il suffit d'aller voir sur Internet : telle entreprise annonce… un plan social. Elle n'annonce pas de licenciements, elle annonce un plan social. Aussi, si plan social "suggère" quelque chose, c'est "licenciements". Et quand plan social entrera dans les dictionnaires, on trouvera " licenciement collectif sous prétexte économique ". Mesure(s) d'accompagnement : reclassement en Roumanie pour 250 € par mois.
A part ça, du point de vue de la langue (de bois !), rien à dire.
Bonjour

Le mot charrette, je suis bien d'accord était le terme familier pour licenciement et il suggérait bien une sorte de condamnation. Le plan social suggère qu'il y a des obligations à respecter par l'employeur pour reclasser ses salariés mais un plan peut avoir des avantages. L'histoire de la Roumanie est un cas extrême (il est apparu que de ne pas le mentionner aurait été illégal, )le plan normalement encadre le licenciement en obligeant à chercher des solutions et en donnant des avantages spécifiques aux salariés, congé de reclassement etc.
Il y a eu un grand nombre de plans sociaux qui ont fait le bonheur de beaucoup de salariés avec le système des préretraites subventionnées par l'état mais c'est une autre histoire. Pour trouver des firmes qui ne licencient jamais il faudrait refaire le système soviétique. Le mot plan social n'est pas de la langue de bois.

Une firme qui licencie n'est pas forcément une firme qui utilise un prétexte. Si elle est au bord du dépot de bilan (il y a environ 70 % des nouvelles firmes qui ne passent pas les 3 ans d'existence), le licenciement peut être une obligation et il y a bien plus d'entreprises de petite taille que de grandes qui font des bénéfices énormes et licencient. Cela non plus n'est pas de la langue de bois.
Bonsoir!
Portia a écrit :(..) une charrette faisait penser aux exécutions de la Terreur, un plan social, lui suggère un accompagnement des futurs chomeurs ce qui leur rendra la transition plus facile.
C'est exactement à cela que je voulais en venir.
Lorsque l'expression "plan social" est apparue, on faisait au moins semblant d'essayer de recaser les employés qu'on licenciait. (J'ai dit "au moins", signifiant par là que certains employeurs faisaient vraîment l'effort.) Parfois même on y parvenait.
Maintenant, l'expression est restée, mais les fameuses mesures d'accompagnement sont le plus souvent (toujours?) inapplicables, irréalistes, voire inexistantes.
Mais voilà longtemps qu'un plan social n'a plus rien de social!
Voyez ce qui se passe en ce moment avec telle grosse firme pétrolière T. ou tel fabricant de pneus C. Voyez combien il est difficile de retrouver un emploi. Est-ce que cela ne justifie pas pleinement l'emploi du mot "charrette", en référence aux charrettes des condamnés pendant la Terreur? Quand on sait qu'une femme salariée a tué ses deux filles avant de se suicider parce qu'elle ne pouvait plus les faire vivre; qu'un homme, salarié lui aussi, est mort de froid dans sa voiture, où il passait la première nuit suivant son expulsion; quand une beaucoup de salariés sont sans abri; est-ce qu'un licenciement n'équivaut pas trop souvent à une condamnation à plus ou moins long terme?
Portia a écrit :Une firme qui licencie n'est pas forcément une firme qui utilise un prétexte.
C'est tout à fait vrai, tu as raison. Je n'ai pas été assez précise dans mon message précédent. Le monde n'est pas peuplé uniquement de victimes et de bourreaux.
Mais je veux simplement souligner le fait que des expressions "politiquement correctes", si elles ne sont pas obligatoirement fausses ou inutiles, servent trop souvent à édulcorer la réalité.
On a beau se cacher derrière son petit doigt, changer le nom ne change pas la chose.
"On" ne désigne personne dans cette discussion, je tiens à le préciser. 🙂
Ceci dit, j'aurais voulu être capable d'exprimer les choses aussi justement clairement que Volapük l'a fait. 🙂
Bonsoir

Il y a une rigidité telle dans le système français que le licenciement devient un mot lourd de menaces mais il est tout de même inscrit dans le Code du travail et soumis à toute une série de réglementations. Le mot existe juridiquement tout comme le plan social et des avantages valent mieux que rien du tout.
Portia a écrit :Il y a une rigidité telle dans le système français que le licenciement devient un mot lourd de menaces mais il est tout de même inscrit dans le Code du travail et soumis à toute une série de réglementations. Le mot existe juridiquement tout comme le plan social et des avantages valent mieux que rien du tout.
Allons allons ! Pas de mots obscènes ! Vous avez dit " Code du travail " ? Mais en pensant, comme l’a si joliment dit Laurence P., que « La liberté de penser s’arrête là où commence le Code du travail », ou bien est-ce que je suis en train de vous faire un vilain procès d’intention ? =D

Après cette boutade provocatrice, essayons de comprendre ce que vous voulez dire.
« Il y a une rigidité telle dans le système français que le licenciement devient un mot lourd de menaces. » Doit-on comprendre que si le système français était moins rigide, le mot licenciement serait moins lourd de menaces ? Et que la plupart des licenciements ne seraient plus alors que de joyeux moments de l’existence vécus dans l’allégresse ? Une belle occasion de " rebondir " en suivant à 50 ans, après une bonne trentaine d’années d’usine, une formation enthousiasmante de n’importe quoi qui ne débouchera sur rien à part le RMI avant une préretraite de misère, mais aura procuré un enrichissement personnel considérable ! =)

Pour ce qui est des réglementations, certes, il y en a. Mais même les grandes entreprises parviennent quelquefois à les contourner. Pour les petites, n’en parlons pas. N’importe quel conseil juridique sait monter un dossier de licenciement sans cause réelle et sérieuse effective, mais avec au moins une cause sérieuse et réelle sur le papier. Vous savez ce qui encombre les conseils de prud’hommes ? Licencier, c’est facile, ça ne rapporte pas forcément gros, mais ça ne coûte pas toujours aussi cher que certains essaient de le faire croire.

Et pour finir, " avantages ". Le mot n'est-il pas particulièrement malvenu, quand il serait préférable de parler de maigres compensations ? Il doit y avoir une confusion avec bonus de sortie et parachute doré. Ah ! Le bel avantage que d'avoir 20 000 € d’indemnité quand, viré à 50 ans, on a encore 40 000 € d’emprunt immobilier à rembourser, des enfants scolarisés, un ou deux crédits à la consommation, une voiture en fin de parcours, et qu’on sait qu’on ne retrouvera pas de travail

C'était " les mots qui fâchent ", suite. J'ai été un peu long : pardon à tous.
Entendu aujourd'hui encore: "soi-disant" pour "prétendu".
Celui-là me rend folle de rage!
"Un soi-disant malade", rien de plus normal. Un individu se prétend malade, il le dit, d'où "soi-disant".
Mais quoi de plus ridicule qu'un "soi-disant cancer? Alors, non content de nous gâcher la vie, le cancer parle, maintenant? :roll:
Allez…

Quoique je puisse comprendre ton irritation, je vais me faire à nouveau l'avocat du diable. Ou plutôt, je laisse la place au grammairien Hanse, cité par le TLF à la fin de l'article soi-disant :
Au départ, soi-disant ne pouvait se dire que des êtres doués de la parole et ne pouvait s'appliquer qu'à une qualité qu'ils s'attribuaient eux-mêmes: De soi-disant docteurs. Une soi-disant marquise. Les soi-disant héritiers. Si l'on s'en tient à ce sens premier, il est absurde d'appliquer soi-disant à des choses ou à des défauts: Une soi-disant expérience. Une soi-disant escroquerie. À cela on peut opposer l'évolution sémantique qui, pour bien des mots, les éloigne de leur sens premier (…) L'Académie elle-même a défini Empirique: "Qui s'appuie sur une soi-disant expérience"
Pour que ce débat ait un sens, il faut distinguer les mots qui fâchent des idées qui fâchent. Quand Volapuk écrit :
"Doit-on comprendre que si le système français était moins rigide, le mot licenciement serait moins lourd de menaces ?"
Il ne s'agit plus de mot mais d'idée.

Pour ce qui concerne "soi-disant", l'exemple que donne le grammairien Hanse contredit ce qu'il énonce.
Pour ce qui concerne "soi-disant", l'exemple que donne le grammairien Hanse contredit ce qu'il énonce.
Non. Hanse explique simplement qu'un sens peut évoluer.
L'énoncé de l'Académie ne pourrait être qualifié d'absurde
que dans la mesure où l'on refuserait aux mots le droit d'évoluer sémantiquement.

Dans cette optique, vous serait-il possible d'expliquer en quoi l'exemple "une soi-disant expérience" contredit l'énoncé de Hanse ?