Les mots qui fâchent

Langue française

395 réponses · Page 7 / 20

Portia a écrit :Le mot revanche peut avoir un petit air de lutte des classes.
C'est vrai. Je pense que ce sont plutôt des mots ou expressions que l'on utilise à l'écrit comme "Certes" ou encore "De plus"
J'utilise de plus très souvent, mais c'est parce que j'ai toujours un argument à ajouter ! 😂
Je n'ai jamais utiliser "de plus" à l'oral mais je l'utilise très souvent à l'écrit comme je l'ai dit avant. C'est vrai que quand on utilise ce mot c'est très souvent pour argumenter alors que "certes" et "en revanche" sont plutôt faits pour contre-argumenter 🙂
"De plus" n'est pas terrible, je l'évite plutôt. J'ai du mal parfois à me passer des "en outre" ou "par ailleurs", trop journalistiques à mon goût. D'une manière générale, j'aime mieux les liaisons discrètes et simples "mais", "et", voire l'absence de liaison marquée.

Mais voici qui me fâche davantage :
Kat0uu a écrit :C'est vrai que
🙂 En même temps, chacun à sa façon de voir les choses. En général, les gens n'aiment pas les expressions trop utliser et comme tu dis "journalistiques". On a tous un mot ou une expressions qui nous fâche, c'est la vie…
Kat0uu a écrit :En revanche est une expression que je déteste!! Je ne sais pas pourquoi mais ça me paraît bourgeois
Pourquoi pas. Mais quand on veut indiquer une différence ou une opposition, il faut bien le faire d'une manière ou d'une autre. Pour ma part, j'emploie beaucoup " par contre " : pratiques langagières acquises dans ma petite enfance, sans doute. Or, j'ai découvert il y a peu que cette locution était critiquée par les puristes, qui préconisent… " en revanche ". Et maintenant que j'y suis attentif, j'observe que tous les journalistes et tous les interviewés de quelque importance s'appliquent (?) à n'employer que " en revanche " et qu'on n'entend que très rarement " par contre "… Tous de sales bourgeois, ou tous des gauchistes dans l'attente du grand soir ?! Plus sérieusement, ne peut-on considérer qu'ils font quand même attention à ne pas tout à fait parler " n'importe comment " et qu'ils se conforment, non pas forcément à la norme, mais à ce qu'ils croient être la norme ? Auquel cas, on pourrait également penser que ce n'est que par ignorance qu'ils disent les "zandicapés ". (?)
Volapuk a écrit :on pourrait également penser que ce n'est que par ignorance qu'ils disent les "zandicapés ". (?)
Une norme ignorée de ceux à qui elle devrait s'appliquer cesse par là-même d'être une norme.
Il y toute une série d'autres mots, comme "toutefois", "cependant", "néanmoins" qu'on peut enployer de façon à peu près équivalente, avec un peu moins d'emphase que "par contre" et "en revanche". Je ne vois pas de raison autre que musicale de choisir. Est-ce qu'il y a des allergies ?
Il y a toute une série d'autres mots, comme "toutefois", "cependant", "néanmoins" qu'on peut employer de façon à peu près équivalente, avec un peu moins d'emphase que "par contre" et "en revanche".
Même si bien sûr il peut arriver d'être emphatique en employant "par contre" ou "en revanche", l'emphase n'est nullement inhérente à ces deux termes. On peut aussi les employer sans emphase.

De même, les autres termes proposés ne sont nullement "un peu moins emphatiques" par essence.
Volapuk a écrit :
Kat0uu a écrit :En revanche est une expression que je déteste!! Je ne sais pas pourquoi mais ça me paraît bourgeois
Pourquoi pas. Mais quand on veut indiquer une différence ou une opposition, il faut bien le faire d'une manière ou d'une autre. Pour ma part, j'emploie beaucoup " par contre " : pratiques langagières acquises dans ma petite enfance, sans doute. Or, j'ai découvert il y a peu que cette locution était critiquée par les puristes, qui préconisent… " en revanche ". Et maintenant que j'y suis attentif, j'observe que tous les journalistes et tous les interviewés de quelque importance s'appliquent (?) à n'employer que " en revanche " et qu'on n'entend que très rarement " par contre "… Tous de sales bourgeois, ou tous des gauchistes dans l'attente du grand soir ?! Plus sérieusement, ne peut-on considérer qu'ils font quand même attention à ne pas tout à fait parler " n'importe comment " et qu'ils se conforment, non pas forcément à la norme, mais à ce qu'ils croient être la norme ? Auquel cas, on pourrait également penser que ce n'est que par ignorance qu'ils disent les "zandicapés ". (?)
Je pense que l'opposition "Par contre" est, certes, courante mais comme le dit Putakli, on peut très bien utiliser des oppositions comme "néanmoins", "toutefois",… Je ne prend pas forcément le soin d'employer des mots qui sont utilisés par des politiques, journalistes et j'en passe. Je ne change pas d'avis sur le fait que "en revanche" est, pour moi, une oppsition très fâcheuse
Selon le TLF, Grevisse décèle une nuance entre "par contre" et "en revanche" :
Grevisse (1969, § 980) observe que, à la différence de en compensation ou en revanche qui ajoutent à l'idée d'opposition une idée particulière d'équilibre heureusement rétabli, par contre exprime d'une façon toute générale l'idée d'opposition et a le sens nu de mais d'autre part,mais d'un autre côté.
Cette nuance me semble pertinente.
Le hic, c'est qu'elle est rarement respectée par les utilisateurs…
J'ai souvent entendu certaines personnes mettre tout le temps "par contre" quand ils avaient quelque chose de désagréable à dire. C'était un peu comme s'ils disaient "tout va bien, par contre…" Ce tic m'a complètement fâché avec cette locution.
Dame… "Par contre" est idéal pour contredire !

Et se fâcher, c'est très moche.

En revanche, être d'accord, c'est rudement chouette.
Lucretius a écrit :"De plus" n'est pas terrible, je l'évite plutôt.
Peut-être, mais pourquoi, Lucretius ? J'ai le sentiment qu'il est extrêmement répandu. Et quand dans un texte où il faut argumenter on a déjà largement utilisé les " en outre " et les " par ailleurs ", c'est une variante utile.
Que disent les dictionnaires ?
On trouve dans le Tlf : " Absol. De plusEn outre (pour renchérir sur ce qui vient d'être dit). Synon. il y a plus, je dirais même plus, bien plus, (et) qui plus est (supra 2 b); en plus (infra). Il a pris son parti, et de plus il m'a prouvé, sans réplique, que je devais prendre le mien (Senancour, Obermann, t.2, 1840, p.187). Yves s'acquittait très bien de ce service. De plus, nous nous rencontrions journellement pour la manoeuvre (Loti, Mon frère Yves, 1883, p.42). "
Les exemples rapportés (1840 & 1883) attestent un usage déjà ancien.
De plus est une version améliorée de en plus, qui a quelque chose de naïf et de puéril. De plus est admissible, mais à petite dose. Moi, je ne l'utilise jamais, et je préfère en tous les cas ne pas faire apparaitre trop visiblement les joints.
Diantre…j'utilise beaucoup "de plus", ainsi que en outre, en plus, en sus, etc…
La faute en est à ma naïveté (aucune ironie, je t'assure) …et à la longueur excessive de mes phrases!

J'utilise aussi beaucoup "c'est vrai que"…et j'ai vu que cette expression fâchait beaucoup Lucretius.
J'aimerais bien savoir pourquoi… Il n'est jamais trop tard pour apprendre et s'améliorer. =)
Jehan a écrit :En revanche, être d'accord, c'est rudement chouette.
Tout à fait d'accord. Surtout après une discussion amicale, comme nous en avons ici.

Ah, au fait, un autre mot: "manager", aussi malvenu comme nom que comme verbe.
il y a trois ou cinq ans, je n'entendais pas une personne qui ne commence une phrase par "c'est vrai que", et cette répétition même m'a horripilé. Ce qui m'ennuie beaucoup dans "c'est vrai que", c'est qu'il est la plupart du temps inutile au propos. C'est une cheville superflue. Généralement "c'est vrai que", souligne que la chose qui va être dite est communément admise, que c'est une évidence. On s'attend donc à une banalité. On est rarement déçu. Mais enfin, je reconnais que dans le genre il y a pire : "c'est clair que…".
Le terme de "manager", d'abord comme verbe, a été emprunté aux américains pour distinguer une manière de faire qui se distinguait de "diriger", qui se distinguait déjà de "commander".
C'est une manière de faire qu'on peut apprécier de façon critique ou approbative, mais qu'il est utile de savoir désigner. Elle procède d'un esprit qu'on pourrait qualifier de "colonial", et qui consiste à faie avaler en douceur.
Il faut distinguer ce qui procède de la désignation (précise ou imprécise), de ce qui procède de la qualification (élogieuse ou critique).
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C'est vrai que indique une concession: "je vous concède que…cependant…"
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Zizanie a écrit:
Jehan a écrit :

En revanche, être d'accord, c'est rudement chouette.

Tout à fait d'accord. Surtout après une discussion amicale, comme nous en avons ici.
Je pense tout le contraire. C'est rudement chouette de ne pas être d'accord, surtout dans une discussion amicale, et précisément parce qu'étant amicale elle est non seulement tolérante, mais curieuse de connaitre les différents points de vue.
Citons à la fois Izazie & Lucretius.

Izazie : " J'utilise aussi beaucoup "c'est vrai que"…et j'ai vu que cette expression fâchait beaucoup Lucretius. "

Lucretius : " Il y a trois ou cinq ans, je n'entendais pas une personne qui ne commence une phrase par "c'est vrai que", et cette répétition même m'a horripilé. Ce qui m'ennuie beaucoup dans "c'est vrai que", c'est qu'il est la plupart du temps inutile au propos. C'est une cheville superflue. "

Je vais faire de la peine à Izazie, je suis entièrement d'accord avec Lucretius. Sauf sur un point : pourquoi " il y a trois ou cinq ans " ? Parce que aujourd'hui il y aurait une heureuse tendance à moins employer cette " cheville " (le plus souvent, en effet, c'en est bien une) ? L'emploi de " C'est vrai que " et " c'est clair que " me semble au contraire progresser (si j'ose dire), avec celui de " en fait ", que je trouve presque plus horripilant. Et il y a aussi, quoique moins fréquent, le très stupide et très vilain " bien évidemment ".

En fait, c'est clair que, bien évidemment, tout cela a de quoi fâcher, énerver, horripiler. En fait, j'veux dire, donc voilà. 😜
Putakli
C'est vrai que peut effectivement indiquer la concession, sachant qu'il existe de tournures moins gauches pour cela. Mais, souvent, c'est employé au hasard. Je cite :

Je n'ai jamais utiliser "de plus" à l'oral mais je l'utilise très souvent à l'écrit comme je l'ai dit avant. C'est vrai que quand on utilise ce mot c'est très souvent pour argumenter alors que "certes" et "en revanche" sont plutôt faits pour contre-argumente

Volapuk: le tic est toujours présent, mais pas aux proportions inimaginables qu'il a eu un certain temps.