Les gens n'aiment pas les hiatus.
Les mots qui fâchent
395 réponses · Page 6 / 20
Lucretius a écrit :Les gens n'aiment pas les hiatus.Les "hiatus", ou les "ziatus" ? =)
Spontanément je dis : [lejatys], et non pas [lezjatys]. De fait, la semi consonne [j] empêche tout hiatus. Par contre [leâdikape] est peu plaisant à mon oreille, ce qui fait que [lezâdikape] ne me choque pas.
Lucretius a écrit :Spontanément je dis : [lejatys], et non pas [lezjatys]. De fait, la semi consonne [j] empêche tout hiatus. Par contre [leâdikape] est peu plaisant à mon oreille, ce qui fait que [lezâdikape] ne me choque pas.Warum nicht. Mais quid des "zérissons" et des "ziboux" ?
Lucretius a écrit :Mais pour "Les handicapés d'Orléans", tu ne vas sûrement pas jusqu'à prononcer "Orlézans" pour mieux charmer ton oreille délicate… =)
Par contre [leãdikape] est peu plaisant à mon oreille.
Jehan a écrit :😉 =D 🙂 =)Lucretius a écrit :Mais pour "Les handicapés d'Orléans", tu ne vas sûrement pas jusqu'à prononcer "Orlézans" pour mieux charmer ton oreille délicate… =)
Par contre [leãdikape] est peu plaisant à mon oreille.
Je m'attendais à ce genre de riposte de ta part, Jehan. Avec Orléans, le mot est ainsi, on n'a pas le choix, même si je ne serais pas étonné que dans deux ou trois siècles, on le prononce [orljâ], comme il arrive parfois aujourd'hui. Dès que c'est possible, on aura tendance en français à éliminer les hiatus, quitte à revenir sur des vieilles "aspirations" qui ne correspondent plus à grand chose. En dehors des liaisons, la voyelle en hiatus à l'intérieur d'un mot a tendance à se consonnifier. Ces phénomènes naturels ont été ralentis par l'alphabétisation, et sont par ailleurs d'inégale force selon les accents locaux. Mais je ne vois pas au nom de quoi on déciderait de figer l'évolution phonétique normale.
Volapuk
Pour ma part je prononce toujours "leerison" et "leibu", je reconnais donc que ce n'est pas très cohérent. En somme je ne fais que suivre l'usage courant où la "faute" de liaison se rencontre beaucoup plus souvent à "handicapé" qu'à "hibou". Mais somme toute, si à l'avenir la liaison se fait aussi pour ces mots, ce ne sera pas illogique, et il n'y aura pas de quoi se récrier.
Volapuk
Pour ma part je prononce toujours "leerison" et "leibu", je reconnais donc que ce n'est pas très cohérent. En somme je ne fais que suivre l'usage courant où la "faute" de liaison se rencontre beaucoup plus souvent à "handicapé" qu'à "hibou". Mais somme toute, si à l'avenir la liaison se fait aussi pour ces mots, ce ne sera pas illogique, et il n'y aura pas de quoi se récrier.
Dans le monde des entreprises - je ne parle pas du reste du monde - il est extraordinairement rare que quelqu"un "se proclame" décideur. Si cela se produisait, l'entreprise péricliterait du jour au lendemain. C'est la loi du marché. Dans les entreprises, tout le monde le sait.
C'est seulement en dehors de la loi du marché, qu'à l'abri d'une protection, quelqu'un peut "se proclamer" décideur, ou, du moins, faire semblant, car, en réalité, il bien fallu qu'il ait été "institué" décideur.
Cela ne tient qu' autant que tient le protecteur qui l'a institué.
C'est une erreur monumentale que de transposer le mode de pensée institué dans les institutions protégées du risque dans le monde du risque.
C'est une autre erreur que de prendre pour soi des remarques qui ont un caractère impersonnel et général.
C'est seulement en dehors de la loi du marché, qu'à l'abri d'une protection, quelqu'un peut "se proclamer" décideur, ou, du moins, faire semblant, car, en réalité, il bien fallu qu'il ait été "institué" décideur.
Cela ne tient qu' autant que tient le protecteur qui l'a institué.
C'est une erreur monumentale que de transposer le mode de pensée institué dans les institutions protégées du risque dans le monde du risque.
C'est une autre erreur que de prendre pour soi des remarques qui ont un caractère impersonnel et général.
Pourtant, la terme "décideur" adapté au secteur privé ne semble pas éradiqué de la prose du MEDEF. Voici par exemple ce que je trouve sur leur site:
Car aujourd’hui pour un décideur, qu’il soit public ou privé, le leadership a changé de nature. Plus que la capacité à diriger, c’est sa capacité à faciliter, à intégrer tous les points de vue qui prend le dessus.
Certes, il semble qu'il y ait une réflexion sur la prise de décision, celle-ci ne devant pas se faire de manière autocratique, et sans consultation. Mais du moins la fonction de décideur reste présente dans le discours patronal, et ne semble pas radicalement contradictoire avec le monde de l'entreprise. Naturellement personne ne va commencer par se proclamer décideur, simplement certains parviennent à faire en sorte qu'on les proclame. Et une fois la chose faite, ils se rendent à l'avis général, et se proclament aussi.
Car aujourd’hui pour un décideur, qu’il soit public ou privé, le leadership a changé de nature. Plus que la capacité à diriger, c’est sa capacité à faciliter, à intégrer tous les points de vue qui prend le dessus.
Certes, il semble qu'il y ait une réflexion sur la prise de décision, celle-ci ne devant pas se faire de manière autocratique, et sans consultation. Mais du moins la fonction de décideur reste présente dans le discours patronal, et ne semble pas radicalement contradictoire avec le monde de l'entreprise. Naturellement personne ne va commencer par se proclamer décideur, simplement certains parviennent à faire en sorte qu'on les proclame. Et une fois la chose faite, ils se rendent à l'avis général, et se proclament aussi.
C'est une erreur monumentale que de transposer le mode de pensée institué dans les institutions protégées du risque dans le monde du risque.C'est quoi, les "institutions protégées du risque" ?
Pardonnez mon ignorance monumentale…
C'est une autre erreur que de prendre pour soi des remarques qui ont un caractère impersonnel et général.Je fais donc sûrement une erreur de prendre pour moi cette remarque d'ordre impersonnel et général.
Pour revenir sur le décideur, il est normal qu'il tranche, vite et au mieux pour la survie de l'entreprise. Ce qui peut poser problème ce sont les critères pour le "au mieux".
A propos de mots empruntés à l'anglais je trouve très intéressante la démarche de l'Office québécois de la langue française. Ils n'hésitent pas à fabriquer des équivalents aux mots anglais, de la check-list aux stock-options. Si on ne sait pas ce que veut dire un mot, on sait encore moins ce qu'il recouvre.
A propos de mots empruntés à l'anglais je trouve très intéressante la démarche de l'Office québécois de la langue française. Ils n'hésitent pas à fabriquer des équivalents aux mots anglais, de la check-list aux stock-options. Si on ne sait pas ce que veut dire un mot, on sait encore moins ce qu'il recouvre.
Je m'attendais à ce genre de riposte de ta part, Jehan.Bien sûr. C'était juste une boutade, tu l'as compris. =)
Avec Orléans, le mot est ainsi, on n'a pas le choix…
Cependant…
Je me demande pourquoi la ville, qui s'est d'abord appelée Orliens,sans hiatus, conformément à l'étymologie Aurelianum, s'est vue seulement par la suite gratifiée de ce(t) hiatus ?
Déjà, dès le premier siècle, le i en hiatus doit se consonnifier.
Ce qui donne [Aurelyanu]
Très vite le "e" prétonique interne a dû chuter
[Aurlyanu] puis, avec la mutation du système vocalique [aurlyano]
Je fais l'hypothèse que la présence du r devant l n'a pas empêché la palatalisation du "l" devant y, mais que cela s'est dépalatalisé ensuite à cause de la position du "l" derrière "r". (familia devient famille, on passe du ly, au l mouillé par palatalisation, puis à une simplification en y - mais cette évolution normale est plus délicate après un r).
Ensuite, la présence de la palatale devant le "a" accentué a une influence particulière appelée "effet bartsch".
Normalement, le a libre accentué donne la diphtongaison suivante:
a > aa > aè >aé > èé > éé > é
ex amare > aimer
Mais une palatale a une influence fermante sur le premier segment de la diphtongue formée.
donc a > aa > èa > éa …
Au 6° siècle, la diphtongue "au" se simplifie, et au 7° le y après consonne disparait. On obtiendrait donc alors
[orléan]
Mais la chose se complique par l'influence de la nasale qui suit.
il se peut que la nasalisation du 10° siècle ait empêché le"a" de se fermer au contact du "é". Il se peut ensuite que le é placé devant cette voyelle très ouverte, soit se maintienne tel que, soit se ferme davantage par différentiation, et finisse par se consonnifier.
Si au moyen âge, "orliens" est attesté, les graphies autant que les prononciations devaient être assez fluctuantes, et un "orleens" ne m'étonnerait pas plus que ça. Il n'est pas impossible de songer à un mouvement de va et vient : d'abord "orlian" par différenciation, puis orléan par assimilation régressive. Cette évolution n'est possible que si le "i" ne s'est pas consonnifié (ce qui arrive pourtant régulièrement au 12°). En tout cas, à cause de la palatale et de la nasale, c'est un mot particulièrement délicat du point de vue phonétique, et pour lequel mes connaissances ne sont pas assez précises.
Ce qui donne [Aurelyanu]
Très vite le "e" prétonique interne a dû chuter
[Aurlyanu] puis, avec la mutation du système vocalique [aurlyano]
Je fais l'hypothèse que la présence du r devant l n'a pas empêché la palatalisation du "l" devant y, mais que cela s'est dépalatalisé ensuite à cause de la position du "l" derrière "r". (familia devient famille, on passe du ly, au l mouillé par palatalisation, puis à une simplification en y - mais cette évolution normale est plus délicate après un r).
Ensuite, la présence de la palatale devant le "a" accentué a une influence particulière appelée "effet bartsch".
Normalement, le a libre accentué donne la diphtongaison suivante:
a > aa > aè >aé > èé > éé > é
ex amare > aimer
Mais une palatale a une influence fermante sur le premier segment de la diphtongue formée.
donc a > aa > èa > éa …
Au 6° siècle, la diphtongue "au" se simplifie, et au 7° le y après consonne disparait. On obtiendrait donc alors
[orléan]
Mais la chose se complique par l'influence de la nasale qui suit.
il se peut que la nasalisation du 10° siècle ait empêché le"a" de se fermer au contact du "é". Il se peut ensuite que le é placé devant cette voyelle très ouverte, soit se maintienne tel que, soit se ferme davantage par différentiation, et finisse par se consonnifier.
Si au moyen âge, "orliens" est attesté, les graphies autant que les prononciations devaient être assez fluctuantes, et un "orleens" ne m'étonnerait pas plus que ça. Il n'est pas impossible de songer à un mouvement de va et vient : d'abord "orlian" par différenciation, puis orléan par assimilation régressive. Cette évolution n'est possible que si le "i" ne s'est pas consonnifié (ce qui arrive pourtant régulièrement au 12°). En tout cas, à cause de la palatale et de la nasale, c'est un mot particulièrement délicat du point de vue phonétique, et pour lequel mes connaissances ne sont pas assez précises.
Merci d'avoir apporté les lumières de ton érudition !
Tout ceci est vraiment très subtil.
Tout ceci est vraiment très subtil.
Lucretius, ave !
Belle bataille d’experts, que les plébéiens moins savants de mon espèce ne pourront qu’apprécier. Et dire que tout ça est arrivé parce que j’ai indiqué que j’étais fâché d’entendre continuellement dire « les zandicapés » …
Je ne suis qualifié pour parler ni de palatalisation ni de dépalatalisation. Je ne suis qu’un modeste citoyen dont, par le hasard de la naissance en France, le français est la langue, c'est-à-dire le moyen de communiquer avec ceux qui sont supposés parler la même. Je suis convaincu que quand tout le monde se met à dire/écrire n’importe quoi n’importe comment, c’est vite Babel. Il faut donc une norme, des règles. La norme et les règles sont dans les grammaires et les dictionnaires, et d’une façon générale dans tous les livres dont le sujet est la langue et qui sont écrits par des personnes dont la compétence est reconnue (la précision n’est pas inutile, car il y a aussi quelques sacrés zinzins…). La norme et les règles s’imposent à tous. Quand, délibérément, on les transgresse, on sait où ça commence, mais qui dira où ça doit s'arrêter ? Pourquoi le sabir de l'un serait moins respectable que le volapük de l'autre, et le verlan ou le louchebem moins respectables que le français standard ?
Donc, la norme et les règles s’imposent à tous, et d’abord à ceux dont on est en droit d’attendre qu’ils les fassent respecter : enseignants, médias, responsables (décideurs !) . Aussi, quand c’est mon voisin qui dit « les zandicapés », j’y fais à peine attention. Mais quand ce sont des journalistes, par ailleurs exagérément attentifs à bien faire toutes les liaisons, y compris celles qui n’existent pas, alors, oui, cela me fâche. Et je ne crois pas que les enseignants, quoi qu’ils en pensent, puissent enseigner autre chose que ce qui est encore la règle, qu’elle leur convienne ou pas.
A part ça, et si on supprimait la lettre « h » à chaque fois qu’elle est au début d’un mot ? L’orthographe s’en trouverait simplifiée sans que cela nuise au sens, et la question de la liaison, pour les mots concernés, serait résolue…
Merci pour tes brillantes explications et pour ton honnêteté, et accepte mes excuses pour tous ces lieux-communs, toutes ces banalités.
Vale.
Putakli !
Il n’y a pas, sur cette terre, que des multinationales de 30 000 salariés, entourées de conseils et de diagnostiqueurs qui sont là autant pour les sucer que pour les conseiller. La très grande majorité des entreprises sont de très petites entités dans lesquelles le patron (c’est comme ça que ça s’appelle) n’a été ni nommé, ni élu, ni choisi. Ou bien il était le fils de son père, ou bien il ne savait rien faire d’autre (mais là, parce que c’est plus fort que moi, je suis dans la provoc’ gratuite !) Il décide sans se demander s'il est un décideur ou pas. D'ailleurs, parfois, il ne connaît même pas le mot ! Il est patron de droit divin et ne demande l’avis de personne quand il faut décider. Et même quand il est impossible de se tromper, il arrive qu’il se trompe.
Par ailleurs, c’est dommage qu’on ne soit pas sur un forum d’économie : on aurait pu discuter un peu de la soi-disant « loi du marché ». La remarque n’est ni gratuite, ni déplacée, car avec cette « loi du marché », me voilà ainsi revenu au sujet de cette discussion : les mots qui fâchent ! Je sais, Jehan, je sais, c’est le signifié qui m’énerve (en fait, qui me fait rire !), pas les mots en eux-mêmes envisagés du seul point de vue de la langue. Tu prédisais (page 1) « des discussions passionnantes autant que passionnées. », il ne faut pas que la flamme faiblisse !
Belle bataille d’experts, que les plébéiens moins savants de mon espèce ne pourront qu’apprécier. Et dire que tout ça est arrivé parce que j’ai indiqué que j’étais fâché d’entendre continuellement dire « les zandicapés » …
Je ne suis qualifié pour parler ni de palatalisation ni de dépalatalisation. Je ne suis qu’un modeste citoyen dont, par le hasard de la naissance en France, le français est la langue, c'est-à-dire le moyen de communiquer avec ceux qui sont supposés parler la même. Je suis convaincu que quand tout le monde se met à dire/écrire n’importe quoi n’importe comment, c’est vite Babel. Il faut donc une norme, des règles. La norme et les règles sont dans les grammaires et les dictionnaires, et d’une façon générale dans tous les livres dont le sujet est la langue et qui sont écrits par des personnes dont la compétence est reconnue (la précision n’est pas inutile, car il y a aussi quelques sacrés zinzins…). La norme et les règles s’imposent à tous. Quand, délibérément, on les transgresse, on sait où ça commence, mais qui dira où ça doit s'arrêter ? Pourquoi le sabir de l'un serait moins respectable que le volapük de l'autre, et le verlan ou le louchebem moins respectables que le français standard ?
Donc, la norme et les règles s’imposent à tous, et d’abord à ceux dont on est en droit d’attendre qu’ils les fassent respecter : enseignants, médias, responsables (décideurs !) . Aussi, quand c’est mon voisin qui dit « les zandicapés », j’y fais à peine attention. Mais quand ce sont des journalistes, par ailleurs exagérément attentifs à bien faire toutes les liaisons, y compris celles qui n’existent pas, alors, oui, cela me fâche. Et je ne crois pas que les enseignants, quoi qu’ils en pensent, puissent enseigner autre chose que ce qui est encore la règle, qu’elle leur convienne ou pas.
A part ça, et si on supprimait la lettre « h » à chaque fois qu’elle est au début d’un mot ? L’orthographe s’en trouverait simplifiée sans que cela nuise au sens, et la question de la liaison, pour les mots concernés, serait résolue…
Merci pour tes brillantes explications et pour ton honnêteté, et accepte mes excuses pour tous ces lieux-communs, toutes ces banalités.
Vale.
Putakli !
Il n’y a pas, sur cette terre, que des multinationales de 30 000 salariés, entourées de conseils et de diagnostiqueurs qui sont là autant pour les sucer que pour les conseiller. La très grande majorité des entreprises sont de très petites entités dans lesquelles le patron (c’est comme ça que ça s’appelle) n’a été ni nommé, ni élu, ni choisi. Ou bien il était le fils de son père, ou bien il ne savait rien faire d’autre (mais là, parce que c’est plus fort que moi, je suis dans la provoc’ gratuite !) Il décide sans se demander s'il est un décideur ou pas. D'ailleurs, parfois, il ne connaît même pas le mot ! Il est patron de droit divin et ne demande l’avis de personne quand il faut décider. Et même quand il est impossible de se tromper, il arrive qu’il se trompe.
Par ailleurs, c’est dommage qu’on ne soit pas sur un forum d’économie : on aurait pu discuter un peu de la soi-disant « loi du marché ». La remarque n’est ni gratuite, ni déplacée, car avec cette « loi du marché », me voilà ainsi revenu au sujet de cette discussion : les mots qui fâchent ! Je sais, Jehan, je sais, c’est le signifié qui m’énerve (en fait, qui me fait rire !), pas les mots en eux-mêmes envisagés du seul point de vue de la langue. Tu prédisais (page 1) « des discussions passionnantes autant que passionnées. », il ne faut pas que la flamme faiblisse !
Le Medef qu'invoque Lucrétius est une bureaucratie qui se rattache bien plus au monde des politicards qu'au monde des entreprises. Il voudrait bien représenter le patronat et essaye de se pousser avec cette prétention. Mais ce n'est qu'une confédération de syndicats patronaux, obnubilés par la recherche d'adhérents pour avoir des cotisations. Et comme ils rendent très peu de services, ils ont peu d'adhérents et n'accèdent à l'existence que par le tapage journalistique qu'orchestre le Medef.
La nécessité d'utiliser le terme de "décideur" vient de ce que celui-ci est distingué du patron, et si, au lieu de penser au patron, on pense au juge qui doit trancher entre deux plaideurs qui se disputent sur une cause qui lui est complètement étrangère, on est beaucoup plus près du problème de la décision. Et il ne faut pas croire que les gens aient envie d'être des décideurs. Tout au contraire, ils se défilent autant qu'ils le peuvent.
Quant à l'omnipotence et au pouvoir discrétionnaire, c'est un fantasme qui ne peut se développer qu'en se projetant dans un monde imaginaire construit en dehors de la réalité. C'est généralement un monde réel, mais où l'on n'a jamais mis les pieds et dont on ignore tout, le monde de l'ouï-dire dont parle si bien Rabelais (Pantagruel V-30)
J'aurais du parler du monde de l'action plutôt que du monde de l'entreprise, car, dans quelque domaine que ce soit, l'action a des exigences avec lesquelles il est impossible de composer, et la principale est celle de décider.
Dés que cette exigence s'éloigne, ne serait-ce que de peu, on passe dans un autre monde qui, en France, est bien caractérisé. La règle de ne pas se fâcher, puis de ne pas parler de ce qui fâcherait, développe, de degrés en degrés, une dynamique qui détourne les animosités vers un ennemi extérieur, ou vers un intérêt commun pour éviter des conflits d'intérêts entre les participants, au point quelquefois de susciter un ennemi extérieur ou un intérêt commun imaginaires qui n'existent que pour les besoins du fonctionnement de la réunion, et c'est ainsi qu'une institution protège, et c'est ainsi que les français en viennent à s'indigner de tout sans jamais s'opposer à rien.
Mais les gens qui confondent le désaccord avec le conflit n'ont devant les yeux que la paix civile, et pour intègrer toutes les données d'un problème afin de décider, il faut aussi prendre en considération celles qui fâchent. Les décisions ne peuvent être prises que par des gens qui ne confondent pas le désaccord avec le conflit.
D'ailleurs, il se dégage de la discussion à propos des mots qui fâchent que ce qui fâche peut être seulement un mot. Et, précisément, utiliser l'expression "loi du marché" consiste à priver son interlocuteur du mot "loi" qu'il brandit ou auquel il se réfère pour mettre la conversation hors la loi par un simple jeu de mots.
Mais si on veut fâcher vraiment, le plus sûr est de parler en termes élogieux d'un bouc émissaire. Le feu prend tout de suite.
La nécessité d'utiliser le terme de "décideur" vient de ce que celui-ci est distingué du patron, et si, au lieu de penser au patron, on pense au juge qui doit trancher entre deux plaideurs qui se disputent sur une cause qui lui est complètement étrangère, on est beaucoup plus près du problème de la décision. Et il ne faut pas croire que les gens aient envie d'être des décideurs. Tout au contraire, ils se défilent autant qu'ils le peuvent.
Quant à l'omnipotence et au pouvoir discrétionnaire, c'est un fantasme qui ne peut se développer qu'en se projetant dans un monde imaginaire construit en dehors de la réalité. C'est généralement un monde réel, mais où l'on n'a jamais mis les pieds et dont on ignore tout, le monde de l'ouï-dire dont parle si bien Rabelais (Pantagruel V-30)
J'aurais du parler du monde de l'action plutôt que du monde de l'entreprise, car, dans quelque domaine que ce soit, l'action a des exigences avec lesquelles il est impossible de composer, et la principale est celle de décider.
Dés que cette exigence s'éloigne, ne serait-ce que de peu, on passe dans un autre monde qui, en France, est bien caractérisé. La règle de ne pas se fâcher, puis de ne pas parler de ce qui fâcherait, développe, de degrés en degrés, une dynamique qui détourne les animosités vers un ennemi extérieur, ou vers un intérêt commun pour éviter des conflits d'intérêts entre les participants, au point quelquefois de susciter un ennemi extérieur ou un intérêt commun imaginaires qui n'existent que pour les besoins du fonctionnement de la réunion, et c'est ainsi qu'une institution protège, et c'est ainsi que les français en viennent à s'indigner de tout sans jamais s'opposer à rien.
Mais les gens qui confondent le désaccord avec le conflit n'ont devant les yeux que la paix civile, et pour intègrer toutes les données d'un problème afin de décider, il faut aussi prendre en considération celles qui fâchent. Les décisions ne peuvent être prises que par des gens qui ne confondent pas le désaccord avec le conflit.
D'ailleurs, il se dégage de la discussion à propos des mots qui fâchent que ce qui fâche peut être seulement un mot. Et, précisément, utiliser l'expression "loi du marché" consiste à priver son interlocuteur du mot "loi" qu'il brandit ou auquel il se réfère pour mettre la conversation hors la loi par un simple jeu de mots.
Mais si on veut fâcher vraiment, le plus sûr est de parler en termes élogieux d'un bouc émissaire. Le feu prend tout de suite.
Pour ce qui est des décisionnaires, je commence à me demander sur quoi précisément porte la discussion.
Sinon, pour les zandicapés:
La notion de "loi phonétique" rend compte d'une part que les prononciations aient changé, d'autre part que ces changements ne se sont pas fait dans tous les sens, ni au hasard. Au contraire les modifications affectent la langue parlée par la population entière, à une date donnée, dans des limites données.
Le fait que la langue soit partagée par tous n'implique pas qu'elle soit figée une bonne fois pour toutes. L'évolution phonétique montre précisément qu'une évolution peut concerner la langue que tout le monde partage, et constituer un phénomène aussi général qu'une règle établie depuis des millénaires.
Sinon, pour les zandicapés:
Je suis convaincu que quand tout le monde se met à dire/écrire n’importe quoi n’importe comment, c’est vite Babel. Il faut donc une norme, des règles. La norme et les règles sont dans les grammaires et les dictionnaires, et d’une façon générale dans tous les livres dont le sujet est la langue et qui sont écrits par des personnes dont la compétence est reconnue (la précision n’est pas inutile, car il y a aussi quelques sacrés zinzins…). La norme et les règles s’imposent à tous. Quand, délibérément, on les transgresse, on sait où ça commence, mais qui dira où ça doit s'arrêter ?Je ne pense pas que les modifications qui se font spontanément et généralement soient "n'importe quoi". Si tu es choqué par les zandicapés, c'est que tu entends souvent cette prononciation. Si quelqu'un fait une faute isolée, cela est sans conséquence générale, ça ne concerne que lui, et il n'y a pas de risque de babélisation. Si la faute de prononciation est très répandue, et s'accroit au fur et à mesure du temps, ce n'est pas le fait d'une décision arbitraire, mais au contraire d'un processus naturel et général, qu'on appelle loi phonétique. Là non plus on ne va pas vers Babel, puisque c'est l'ensemble des locuteurs d'une langue donnée qui tous, vont finir par modifier leur prononciation de la même manière que les autres (les contagions se font vite). Cela ne produit des variantes dialectales que dans la mesure où les populations sont isolées. C'est ainsi que les québécois commencent presque à parler une autre langue que la notre.
La notion de "loi phonétique" rend compte d'une part que les prononciations aient changé, d'autre part que ces changements ne se sont pas fait dans tous les sens, ni au hasard. Au contraire les modifications affectent la langue parlée par la population entière, à une date donnée, dans des limites données.
Le fait que la langue soit partagée par tous n'implique pas qu'elle soit figée une bonne fois pour toutes. L'évolution phonétique montre précisément qu'une évolution peut concerner la langue que tout le monde partage, et constituer un phénomène aussi général qu'une règle établie depuis des millénaires.
Bonjour
Nous sommes tous appelés à prendre des décisions et personne ne nous apprend dans la vie courante comment décider, c'est tout juste si on sait éviter les erreurs les plus grossières dans les choix. S'entrainer à décider n'existe pas vraiment non plus sauf sur des cas en économie. Qu'un mot comme décideur montre l'importance de l'action au dépens des tergiversations, des multiples études, enquêtes et autres phénomènes intellectuels dans n'importe quel domaine y compris la vie privée est salutaire.
Au moins la définition de décideur est claire , un décideur agit, il décide. Ce qui m'énerve ce sont les mots de journalistes qui jettent un manteau de Noé sur les réalités : ex sensibles pour quartiers sensibles.
Nous sommes tous appelés à prendre des décisions et personne ne nous apprend dans la vie courante comment décider, c'est tout juste si on sait éviter les erreurs les plus grossières dans les choix. S'entrainer à décider n'existe pas vraiment non plus sauf sur des cas en économie. Qu'un mot comme décideur montre l'importance de l'action au dépens des tergiversations, des multiples études, enquêtes et autres phénomènes intellectuels dans n'importe quel domaine y compris la vie privée est salutaire.
Au moins la définition de décideur est claire , un décideur agit, il décide. Ce qui m'énerve ce sont les mots de journalistes qui jettent un manteau de Noé sur les réalités : ex sensibles pour quartiers sensibles.
En revanche est une expression que je déteste!! Je ne sais pas pourquoi mais ça me paraît bourgeois
Le mot revanche peut avoir un petit air de lutte des classes.