Les mots qui fâchent

Langue française

395 réponses · Page 4 / 20

Continuons notre discussion pointue sur aiguiser ! =)
Certes, mon Robert est le plus récent, c'est l'édition 2009.
Mais mon Larousse, qui date de 2001, n'indique lui aussi qu' "è-ghi-zé"..
En revanche, la vieille édition 1940 du même Larousse précisait encore :"è-gu-i-zé"…
Il semble qu'au cours des siècles (voir précédemment ce qu'en disait Littré) la prononciation du mot n'a cessé de jouer au yoyo !

Quant au verbe faire, c'est sûrement le plus polysémique des verbes du français, vraiment le verbe à tout faire, utilisé dans une multitude de locutions consacrées : voir la longueur des articles dans le TLF ou le Robert ! Il n'est donc pas très étonnant de le rencontrer dans de tels emplois.

Accessoirement, on peut remarquer qu'en langage châtié, c'est lui qu'on utilise en "pro-verbe" (comme on dit "pro-nom") pour éviter la répétition de n'importe quel verbe : "Je me pris à considérer les Haudouin et les Maloret un peu comme j'aurais fait des Gaulois." (AYMÉ)
Jehan cite:
"Je me pris à considérer les Haudouin et les Maloret un peu comme j'aurais fait des Gaulois." (AYMÉ)
A première vue, on peut dire que le verbe faire est pris comme équivalent d'un autre verbe, voire de n'importe lequel.
Mais il me semble que dans ce cas, il n'est pas pro-verbe, comme on dit pro-nom. Il ne s'applique ni au verbe prendre, ni au verbe considérer, mais à une fabrication verbale: "je me pris à considérer".
Il me semble qu'on est dans le même registre que dans l'expression "Ne t'en fais pas", où le verbe faire n'est pas un auxiliaire, mais un verbe plein de sens propre, comme dans d'autres expressions: "il ne faut pas me la faire"
Ne chicanons pas : "se prendre à considérer" est bien une locution verbale… Pas une fabrication. C'est le verbe "considérer", avec l'auxiliaire d'aspect "se prendre à", aspect inchoatif.
mon problème c'est le mot conjecturer
je sais pas pourquoi mais ca me glace d'horreur
De quoi se perdre en conjectures.
Izazie a écrit :Bonjour, Volapuk!
Y aurait-il quelque ironie dans cette dernière phrase? 😂
En tout cas, mon Larousse donne les deux prononciations, mais je l'ai acheté voilà au moins quinze ans.

Autre chose: les mots transposés directement de l'anglais, avec divers effets pervers.
- "actually", qui signifie "en fait", est "traduit" par "actuellement", le plus souvent avec le sens anglais.
- "definitely", dont le sens est "sans aucun doute", a créé une nouvelle mode, lui aussi: on met maintenant "définitivement" à toutes les sauces.
- "opportunity", qui veut dire "occasion", mais est hélas utilisé en ce sens en Français, alors que l'"opportunité" est en fait le caractère de ce qui est convenable ou approprié!
"actually" veut plutôt dire en réalité pas "en fait"
Lucretius a écrit :De quoi se perdre en conjectures.
reçu cinq sur cinq
Pour revenir à Welcome je ne peux pas croire qu'un metteur en scène n'a pas à sa disposition tous les trucages possibles et changer quelques lettres sur un paillasson me parait d'un niveau primaire . Je laisserai toutefois cet exemple de côté , vu l'abondance des exemples qui de Quantum of Solace à Basic Instinct , de Chicken Run à Fast and Furious se ramassent à la pelle.
tassure a écrit :"actually" veut plutôt dire en réalité pas "en fait"
Pourrais-tu (ou pourriez-vous, si vous préférez) m'expliquer pourquoi "actually" ne peut se traduire aussi par "en fait"? S'il y a une telle différence de sens entre "en réalité" et "en fait", auriez-vous la gentillesse de me préciser laquelle?
Et si quelqu'un éprouve la même perplexité que moi, ou abonde dans le sens de Tassure, qu'il ou elle n'hésite pas à me le faire savoir.
De préférence avec des arguments.
Merci d'avance! =)

Autre chose: que pensez vous, les uns et les autres, des mots "décideur" et "décisionnaire"?
Dans le sens de "personne habilitée à prendre des décisions pour un groupe ou une communauté", s'entend.
Personnellement, je n'aime ni l'un ni l'autre. (Le second encore moins que le premier.)
Il doit bien y avoir un équivalent en bon français, tout de même…

Edit
Je viens de penser à un équivalent possible: ordonnateur.
vous avez raison Izazie j'y avais pas bien reflechi c'est le meme chose et ne m'en voulez surtout pas le francais c'est pas ma langue maternelle
cordialement
Izazie a écrit :
tassure a écrit :"actually" veut plutôt dire en réalité pas "en fait"
Pourrais-tu (ou pourriez-vous, si vous préférez) m'expliquer pourquoi "actually" ne peut se traduire aussi par "en fait"? S'il y a une telle différence de sens entre "en réalité" et "en fait", auriez-vous la gentillesse de me préciser laquelle?
Et si quelqu'un éprouve la même perplexité que moi, ou abonde dans le sens de Tassure, qu'il ou elle n'hésite pas à me le faire savoir.
De préférence avec des arguments.
Merci d'avance! =)

Autre chose: que pensez vous, les uns et les autres, des mots "décideur" et "décisionnaire"?
Dans le sens de "personne habilitée à prendre des décisions pour un groupe ou une communauté", s'entend.
Personnellement, je n'aime ni l'un ni l'autre. (Le second encore moins que le premier.)
Il doit bien y avoir un équivalent en bon français, tout de même…

Edit
Je viens de penser à un équivalent possible: ordonnateur.
je trouve ordonnateur plus barbare que decideur
C'est vrai qu'ordonnateur est bien plus "lourd" que décideur, mot clair et parfaitement bien formé.

De plus, décider n'est pas synonyme d'ordonner.

Et ordonnateur, ça existe déjà… C'est une personne qui met en ordre, qui dispose. C'est aussi un terme de comptabilité désignant certain titre administratif bien précis.

Et puis, il y a l'ordonnateur des pompes funèbres…

Je concède que décisionnaire est inutile quant au sens, et qui plus est chargé de connotations peu souriantes. Quant à sa laideur… Pas plus que dictionnaire, commissionnaire ou visionnaire… Sans parler des chenilles processionnaires déambulant d'un pas débonnaire.
tassure a écrit :vous avez raison Izazie j'y avais pas bien reflechi c'est le meme chose et ne m'en voulez surtout pas le francais c'est pas ma langue maternelle
cordialement
Ne vous inquiétez pas, Tassure. Comment pourrais-je vous en vouloir? Et surtout pourquoi vous en voudrais-je? Nous sommes ici, non seulement pour partager ce que nous savons, mais surtout pour apprendre des autres…et au besoin corriger nos erreurs!
Vous parlez parfaitement ma langue, alors que je suis incapable de parler la vôtre aussi bien que vous, la mienne.

Pour en revenir à ordonnateur, c'est, selon le TLF:
- Une "personne qui ordonne, met en ordre, dispose selon un certain ordre."
- "Ordonnateur (de l'univers, des mondes, du monde); ordonnateur-suprême" .Dieu.
- "Ordonnateur (des pompes funèbres). Personne qui accompagne les convois et dirige les cérémonies mortuaires."
- "Ordonnateur général des bâtiments. Chef des architectes des rois de France."
- "Commissaire ordonnateur, ou p. ell. du déterminé, ordonnateur, subst. masc. Commissaire qui ordonnançait les dépenses de l'armée. "
- " Administrateur compétent pour ordonnancer le paiement d'une dépense engagée et liquidée." Selon la loi française, l'ordonnateur, du moins dans l'Administration, est celui qui décide de la nécessité d'une dépense, ne doit pas être en même temps le comptable, celui qui dispose des fonds.

Dans tous les cas, me semble t-il, se retrouve la notion de disposer les choses, de les ordonner, (=mettre en ordre) de décider de ce qu'il est convenable de faire.

Edit:
Désolée, Jehan. J'ai été si longue à rédiger mon message que tu as eu mille fois le temps de rédiger le tien!
A propos de actually : l'erreur serait de traduire par actuellement.
Bonjour Portia!
C'est bien ce que je disais dans mon message: non seulement on a tendance à traduire "actually" par "actuellement", mais dans les cercles "culturés", on commence à donner à "actuellement" le sens d'"actually"… =(

Encore entendu hier: "blanchiment" :mad:
Celui-là, je le déteste de tout mon cœur.
Le mot correct est "blanchissement", bien sûr, mais on a pris l'habitude de dire (et d'écrire) le "blanchiment de l'argent sale", et maintenant, dans les media, "blanchiment" prend la place de "blanchissement"!
Un autre petit détail: le suffixe -ment indique un état, alors que le suffixe -age, indiquant une action, aurait dû être utilisé…Si tant est qu'on soit tenu d'appliquer une quelconque règle quand on crée un tel monstre.
Décidément, tout dans ce mot me hérisse. :mad:
Bonjour Izazie

Le blanchiment est d'après le TLF un très vieux mot, on l'utilisait il y a des siècles pour les métaux et on l'utilise dans la cuisine aussi. Je suppose que l'usage a été le plus fort.
Vraîment? Je l'ignorais!
Merci beaucoup pour ces précisions.
Ce qui ne change rien au fait que je n'aime pas ce mot…😉
Izazie a écrit :
Un autre petit détail: le suffixe -ment indique un état, alors que le suffixe -age, indiquant une action, aurait dû être utilisé
C'est inexact.

A partir de verbes, le suffixe -age forme certes souvent un nom d'action, mais aussi le nom de son résultat : assemblage, échafaudage, pavage, carrelage, étalage…

De même, à partir de verbes, le suffixe -ment sert à former tout autant l'action que son résultat : tremblement, écrasement, maniement, paiement, nettoiement, bâtiment, sentiment, châtiment, agrément…

Par ailleurs, le Robert distingue bien :

blanchiment : action de blanchir, de rendre blanc (attesté en 1600). Blanchiment des murs; blanchiment de tissus; blanchiment de fonds.
blanchissement : fait de blanchir, de devenir blanc. Le blanchissement des cheveux avec l'âge.

Et le petit Larousse fait la même distinction.

Je trouve donc curieux que tu puisses te hérisser devant "un tel monstre"… En fait, ne serait-ce pas plutôt l'action peu recommandable de blanchir de l'argent qui te hérisse ? ( légitimement, d'ailleurs) Encore une fois, ne pas confondre automatiquement le mot et la chose dans la même réprobation… Cela semble souvent le cas sur ce fil. C'est d'ailleurs très humain ! =)
Ca y est, tout le monde est fâché ? 😜
Encore un : circulariser/circularisation, employé dans les cabinets comptables - anglo-saxons en particulier - pour "envoyer une circulaire" (de demande d'informations, aux clients, aux fournisseurs, aux banques des entreprises clientes). Le verbe est employé comme transitif direct : "circulariser les fournisseurs". C'est du grand style, non ? =)
Bonsoir, Volapuk.

C'est vrai : on peut se demander si en circularisant à tout va, l'entreprise va tourner forcément plus rond ?! 😉
Bonsoir Jehan.
Jehan a écrit :Bonsoir, Volapuk. C'est vrai : on peut se demander si en circularisant à tout va, l'entreprise va tourner forcément plus rond ?! 😉
Excellent. Et au quart de tour !