Ah, tiens, puisqu’on en parle… ami lamaneur, pourrais-tu à l’occasion nous sortir les statistiques concernant la résilience ? Dans le discours présidentiel, son occurrence semble encore plus forte que celle de « Joe Biden » dans la bouche de Trump ! 🙄
Ce qu’il y a de remarquable avec cette nouvelle génération de journalistes et de « communiquants », c’est que lorsqu’ils trouvent un mot nouveau, ils l’emploient en boucle - ou plutôt devrais-je dire ad nauseam . Les pauvres sont tellement prévisibles… 😅
https://books.google.com/ngrams/graph?content=r%C3%A9silience&year_start=1980&year_end=2019&corpus=19&smoothing=3La résilience a été popularisée par Boris Cyrulnik dans ses livres et ses nombreux passages à la télévision depuis des années.C’est un livre aussi qui avait sans doute lancé lancé l’expression la France périphérique en 2014 mais cela date un peu.Le mot territoire lui est souvent utilisé en géographie et en politique . C’est inévitable qu’on l’utilise bien plus actuellement.A la fin de l’année 2019 deux adjectifs avaient envahi la télévision : systémique et paramétrique pour disparaître par la suite. Ces termes ne m’avaient pas déplu même si, alors, leur utilisation était devenue systématique.
Ah oui, "résilience", c’est carrément l’explosion depuis quelques années.
Portia, ton graphique s’arrête en 2012 et donne une image tronquée. Voilà l’image plus éloquente jusqu’en 2019 :
[upl-image-preview url=https://imgbb.com//rp4rcsv/Capture.png]
On y voit bien l’explosion à la fin des années 1990, explosion portée par le vocabulaire de la sociologie et de la psychologie, et le goût des journalistes pour les mots savants.
Naturellement, la France n’a fait qu’embrayer dans le mouvement international qui a porté cette nouvelle valeur à cette époque, comme on le voit aussi sur ce graphique des mots anglais correspondants resiliency/resilience :
[upl-image-preview url=https://imgbb.com//SX8L1zs/Capture2.png]
C’est aussi dans les années 90 que l’anglais resilience a soudain pris son essor, laissant derrière lui son doublet resiliency.
Oui je me suis risquée à utiliser Ngram. J’avais l’idée que le mot était devenu omniprésent vers les années 2000 et pour cette raison je n’ai pas mis le départ en 1800. J’ai voulu alors changer le 2012 mais je n’y suis pas arrivée.
J’étais allée voir auparavant cercle vertueux sans le comparer à cercle vicieux et la montée récente était impressionnante mais là 2019 s’affichait automatiquement
https://books.google.com/ngrams/graph?content=cercle+vertueux+&year_start=1800&corpus=26&smoothing=3&year_end=2019&direct_url=t1%3B%2Ccercle%20vertueux%3B%2Cc0
Néanmoins, chère Portia, ton dernier graphique montre la présence de "cercle vertueux" dans les livres anglais ! Pour les livres français, le graphique est différent !
Oui en anglais car je ne suis pas arrivée à avoir le corpus afficher français 2019 et j’ai testé divers changements.
Ajoutons :en présentiel (pour les examens de cette année)co-working espace de travail => bureau, c’est démodé évidemment ! Ce qui donne par exemple : "Après avoir amené mon fils au lycée pour son examen en présentiel, je me suis rendu dans mon espace de travail pour le co-working." Étrange ! 🤨
Présentiel est cité dans le fil sur les nouveaux mots du confinement.> @""#p547823 Épinglé par Le petit Dicoronavirus hebdomadaire du dernier "Canard" :Présentiel. Ne dites pas: "Les enfants retournent à l'école". Préférez : "Polémique sur la reprise progressive des cours en présentiel".Je lui aurais bien vu un pendant abstentiel, mais c’est généralement distanciel qui est préféré. https://savoirs.rfi.fr/fr/apprendre-enseigner/langue-fran%C3%A7aise/distanciel-et-presentielPour espace de travail, ben, non, ce n’est pas un bureau. C’est ce qui existe dans de plus en plus d’endroits où l’on n’a pas de bureau fixe. On vient se poser, soit dans l’entreprise, soit à l’extérieur de l’entreprise, avec son ordinateur portable à un endroit quelconque où l’on peut se connecter et travailler.
Lamaneur, tu n’écoutes pas toutes les débilités télévisuelles, heureusement pour toi ! Je t’assure que dans une émission que je ne veux pas citer, un monsieur vantait les qualités d’une maison en précisant qu’une petite pièce pouvait servir "d’espace de travail" !
L’anglicisme sécure est de plus en plus utilisé sur les plateaux depuis quelques années et on le rencontre dans la langue de tous les jours désormais, peut-être parce que sûr est considéré comme trop polysémique ? Ou peut-être par fainéantise…
Juste comme mature à la place de mûr.
C’est plus flatteur - et plus vendeur - d’avoir une peau mature qu’une vieille peau! 😂
Et c’est gentil à toi d’essayer de nous dérider, ça nous rajeunit ! 😁
Et mutique à la place de muet. Il y a une vingtaine d’années, je n’ai jamais rencontré mutique dans un roman.
Les gamins qui "plussoient" sur les forums finissent par devenir grands, et certains deviennent même journalistes.Entendu dans la bouche d’une journaliste (20-25 ans) dans un débat il y a quelques jours, en réponse à son interlocuteur : "je plussoie"Mais bon, le mot n’est pas vilain, je pense que c’est quand même un néologisme intéressant.
Elle nous Derrida… Mutique monte en flèche, mais existait depuis longtemps: https://books.google.com/ngrams/graph?content=mutique&year_start=1800&year_end=2019&corpus=30&smoothing=3
Mutique n’est mentionné ni par le Cnrtl, ni par le dictionnaire de l’Académie.
On trouve bien mutique dans le Littré, mais il semble que ce soit un simple homonyme, un terme de sciences naturelles. En effet, le sens (sans pointes ni piquant) n’a pas grand-chose à voir et l’étymologie (muticus, "qui n’a pas barbe") est semble-t-il toute différente.
Le mutique qui nous intéresse, répertorié par le Larousse et le Robert, est apparu vers 1970. C’est semble-t-il l’adjectif correspondant au terme de médecine plus ancien mutisme, attesté dès 1741. L’on distingue la mutité (le fait d’être muet pour des raisons purement physiologiques) et le mutisme (refus de parler pour cause de troubles mentaux ou de facteurs affectifs, mais sans incapacité organique).
Waouh!
Vous saurez tout, tout, tout sur le mutique… 😂
Muette, elle avança vers son interlocuteur. (on sait qu’elle n’est pas muette dans le contexte , elle peut être muette de peur, de joie, etc). On peut ajouter d’ailleurs : "Rendue muette par la peur, etc.) Mutique, elle… idem. C’est très laid, mutique.
On ne peut pas dire "Mutique de peur / par la peur, etc.
Et les héros mythiques demeurèrent mutiques…