On est arrivé (arrivés) sur la rive à la nage.
On en avait (avaient) déjà parlé lors de notre dernière rencontre…
La forme doit-elle rester invariable ou doit-elle être conjuguée?
Bonsoir.
Le pronom "on" est un pronom de la troisième personne du singulier.
Même quand il désigne plusieurs personnes ("nous", par exemple) le verbe dont il est sujet se conjugue à cette troisième personne du singulier :
"On en avait déjà parlé."
(D'ailleurs, on ne dit pas "On en ont parlé", mais "On en a parlé", évidemment !)
Le participe conjugué avec être , lui, s'accorde comme c'est la règle en genre et en nombre avec le sujet. Donc :
On est arrivés. (Nous sommes arrivés, nous les hommes.)
On est arrivées. (Nous sommes arrivées, nous les femmes.)
Merci. En effet, ça paraît logique; mais n'est-il pas pour le moins singulier de rencontrer dans un seul et même paragraphe un groupe défini de personnes (ici représentées par "on") et de les retrouver tantôt au singulier, tantôt au pluriel?
Cela peut paraître étrange, mais c'est tout de même plus logique, par exemple, que les termes qualifiant "gens", qui sont féminins avant le nom, et masculins après : " Il n'y a que les petites gens qui sont obligés de travailler pour vivre." (H. BAZIN)
Pour en revenir à on, l'on, l'étymologie (latin homo) explique qu'il soit un sujet singulier.
Et quand il a le sens de "nous", le participe, l'adjectif attribut ou le nom attribut choquent sûrement moins au pluriel qu'au singulier :
"On est égal égaux, toi et moi."
"On est le champion les champions !"
Bonjour.
Sauf votre respect, messire Jehan, je ne pense pas qu'on puisse dire que " Le pronom "on" est un pronom de la troisième personne du singulier " (en soulignant singulier). " Ne doit-on pas plutôt considérer que on n'est pas affecté par la catégorie du nombre (Arrivé), ou qu'il a un nombre " fixé discursivement par la nature du référent ", ainsi que son genre, d'ailleurs (Riegel) ?
Bien entendu, cela ne change pas les règles d'accord du pp. telles que vous les exposez.
Certes, pour ne pas te fâcher, =) on pourrait simplement dire que on, à l'instar de il et elle, est un pronom personnel de la personne P3, entraînant la terminaison verbale ad hoc. Cette personne qu'en conjugaison, on a l'habitude d'appeler plus classiquement "3e personne du singulier". C'est d'ailleurs dans cette case-là (3e personne du singulier) que Riegel (édition 2005) le classe, dans son tableau des pronoms personnels, p. 199. Alors, ma foi…
Non non, ça ne me contrarie pas ! Mais ça me laisse songeur. Soyons bien d'accord : je suis ici pour m'instruire, pas pour donner les leçons que rien ne m'autorise à donner (ni prof, ni instit, ni écrivain, ni linguiste ou grammairien professionnel, et pas de diplôme de lettres ; on a l'instruction et les diplômes qu'on peut). Alors ? Eh bien merci de m'avoir donné ces précisions.
Allons, allons… Tu ne vas pas me faire croire que tu es inculte, tout de même. 😉 Et puis, qui a commencé à citer Riegel, je te le demande ?
Bon, c'est vrai que ce "On" peut sembler étrange par certains côtés.
Mais après tout, dans "Tout le monde est content", le sujet représente bien aussi plusieurs personnes, et ça n'empêche pas le verbe d'être là aussi au singulier…
Jehan a écrit :Mais après tout, dans "Tout le monde est content", le sujet représente bien aussi plusieurs personnes, et ça n'empêche pas le verbe d'être là aussi au singulier…
Sur ce point, aucun problème. Ce qui me laisse songeur, c'est la contradiction suivante (apparente ?)
dans l'énoncé, et seulement cette apparente contradiction :
1 -
Onest singulier ;
2 - le participe passé du verbe
être s'accorde (en genre et) en nombre avec le sujet ;
3 - donc, je peux mettre le participe au pluriel quand le sujet est on.
Pour le reste, dans l'utilisation fréquente que je fais de
on (dénoncé par certains puristes), il y a longtemps que je n'ai plus de problème. Merci encore d'avoir attiré mon attention sur la page 199 de Riegel.
@Jehan Mais après tout, dans "Tout le monde est content", le sujet représente bien aussi plusieurs personnes, et ça n’empêche pas le verbe d’être là aussi au singulier…
C’est effectivement la règle, qui ne pose en général aucune difficulté. Néanmoins, je suis tombé sur une phrase de Colette qui passe moins bien, à mon avis :
-- Qu’est-ce que tu as ?
-- J’ai que tout le monde est des salauds.
(La Fin de Chéri, Garnier-Flammarion, p. 77)
Deux pages plus loin, Chéri dit : "Je voudrais que les gens ne soient pas des salauds, je veux dire pas uniquement des salauds".
Cette fois-ci, pas de problème. Mais dans la première phrase, je trouve que le singulier grammatical de "tout le monde est" a du mal à cohabiter avec le pluriel "des salauds".
@lamaneur
Je suis d’accord avec toi :
-- Qu’est-ce que tu as ?
-- J’ai que tout le monde est des salauds.
Incorrect. Cela dit, je ne vois pas bien le passage. Tout dépend de la personne que Colette fait parler (niveau de langue, etc.).
Cela dit, que dirions-nous, sans contexte ?
La réponse telle quelle est impossible.
On pourrait dire : " Tous les gens sont des salauds."
On peut supposer un dialogue familier.
Contexte :Elle lui posa une main sur l’épaule, et baissa le ton avec intelligence : – Qu’est-ce que tu as ? Il ne supporta pas le poids interrogateur de cette main, et se leva, s’agita, d’une manière incohérente. – J’ai que tout le monde est des salauds. Non, supplia-t-il en voyant sur le visage maternel une hauteur apprêtée, non, ne recommencez pas. Non, les personnes présentes ne sont pas exceptées. Non, je ne comprends pas que nous vivons un temps magnifique, une aube comme ci et une résurrection comme ça. Non, je ne suis pas en colère, je ne vous aime pas moins, je n’ai pas mal au foie. Mais je crois bien que je suis à bout.
Merci Jehan. Dans le contexte, on comprend bien que Monsieur X est en colère, s’énerve, est relativement incohérent et dit n’importe quoi. Je pense que Colette est entrée dans son personnage (normal) et savait TB que son style était incorrect.
Si je puis me permettre une remarque : "tout le monde est des salauds" choque effectivement l’oreille. Mais, simple question, est-ce que : "tout le monde sont des salauds" ne la choquerait-il pas tout autant ? Ce n’est pas ici un problème d’accord, c’est un problème (?) de construction. C’est évidemment voulu par l’auteur.