Conseils de lecture - Philosophie au lycée
125 réponses · Page 5 / 7
Ce qu'il y a de primordial, c'est la Généalogie de la morale. Donc si ça te tente…
Et puis ce n'est franchement pas compliqué, comme texte !
Mes profs de philo m'ont toujours dit et conseillé d'aborder Nietzsche par La Généalogie de la morale, oeuvre la plus "simple" et accessible. Lire Zarathoustra sans l'orientation précise d'un prof, ça me semble plutôt hasardeux et inutile
Merci du conseil Pleonasme. Je m'attaquerai donc à la Généalogie de la morale. Je suppose qu'il est nécessaire de lire quelques oeuvres de Platon n'est-ce pas ?
Vis à vis de la Généalogie, non, pas vraiment.
Friedrich a écrit :
PS : Je ne vois guère la pertinence à estimer que les scientifiques lisent moins ou sont moins aptes à la philosophie. Les clichés ont la dent dure, je vous renvoie aux statistiques de la Sorbonne : [Lien en 404]
Je ne pensais pas que les scientifiques ne lisent pas de philo, au contraire. Je les trouve souvent meilleurs lecteurs que les littéraires (au moins dans mon entourage), c'est juste qu' on donne rarement aux S de lectures de vacances en philo 🙂
Il y a peut être deux angles d'attaques qu'il s'agit de distinguer :
- Soit l'on veut se préparer plus au programme que l'on va aborder à la rentrée prochaine et alors je recommande plutôt une anthologie qui donne une idée des tenants et des aboutissants délimitant la sphère philosophique, comme Lire les philosophes de G. Chomienne ou La Philosophie pour les nuls de C. Godin, qui, je trouve donne une bonne vue aérienne de l'histoire de la Philosophie occidentale.
- Soit, s'il on veut voire à quoi ça ressemble de la philosophie en soi, il faut alors se plonger dans une oeuvre à lire dans le texte. Ainsi, l'Existentialisme est une humanisme de Jean-Paul Sartre me semble une bonne porte d'entrée de part le thème qu'il aborde (la liberté, qui nous parle tous, surtout à 17 ans) et part la visée même de l'ouvrage (on peut le dire, c'est une vulgarisation de l'Etre et le Néant).
Tout juste sortie de terminale, et fervente adoratrice de la philo, je te conseillerais en premier lieu L'Apologie de Socrate de Platon. Facile à lire, fascinant, bref, de quoi aimer la philo avant d'avoir commencé. Ne te lance pas tout de suite dans La République, tu serais peut être vite découragée… Avec ça, quelques textes de Montaigne et de Claude Bernard. De quoi explorer plusieurs domaines, des extraits du Banquet de Platon, et c'est suffisant pour les vacances !
Lire des livres énormes et compliqués ne ferait que te rendre allergique à une discipline qui ne le mériterait pas ! Familiarise toi d'abord avec les auteurs dont on te parlera dès la rentrée, tels que Platon ou Descartes. Ce qu'il faut, c'est avant tout comprendre pourquoi et comment ils ont fait avancer la pensée. Pas la peine de connaître les Médiations Métaphysiques par coeur, commence par t'intéresser à ce qui a mené tel ou tel auteur à dire telle ou telle chose.
Et un pour développer l'amour de la philosophie, rien de tel que ramener la travail d'un auteur à ce qui te passionne ! Si tu aimes ce qui se rapporte à la médecine, penche toi sur les travaux de Descartes sur l'âme et le corps, par exemple; si tu as soif de liberté, ben ma foi là t'as le choix… etc.
C'est aussi très important, quand tu lis, de confronter plusieurs idées à celle de l'auteur. Certes, Kant est très convaincant, mais il y a toujours une faiblesse à un raisonnement philosophique… Juste histoire de ne pas tomber dans le fanatisme, la meilleure façon de prendre un 8 au bac 😉
Sur ce, bonne lecture,
je te souhaite une excellente année 🙂
Mon conseil est de prendre une bonne anthologie (celle de Chatelet et peu importe si Pascal n'est pas présent !) pour bien réciter ton cours (et tout l'enjeu d'une dissertation réside dans le fait de feindre de ne pas le réciter tout en le faisant) ; les lectures personnelles, ce n'est que de l'effort "en plus".
Je me souviens avoir un ami en prépa qui n'hésitait pas à intégrer des philosophies asiatiques dans ses copies ; bien entendu, comme le correcteur (même normalien) n'y connaissait rien, il n'avait pas de très bonnes notes.
Vraiment, apprends ton Platon, ton Descartes, ton Kant, ton Nietzsche et ton Sartre par coeur, c'est tout ce qu'on te demande en philo en France. 🙂
L'idéal en apprenant par coeur tout les philosophes ; c'est qu'à la fin tu peux placer, ni vu ni connu j't'embrouille des passages entier de leur œuvres. Hop ! Va s'y que j'te mets une rasade de Métaphysique des moeurs, voilà t'y pas que j'te glisse trois ligne de la Monadologie . Bon, par contre, ne pas mettre du Heidegger ; faut pas déconner non plus, on veut bien baisser le niveau mais y'a des limites…
Un truc qui marche encore mieux et qui évite de s'user les yeux sur les anthologie dont, au fond, on ne pige rien ; inventer des philosophes. Ça en jette et on croirait presque dire des trucs intelligents. Un nom exotique, deux trois ligne mals traduites de mandarin, une syntaxe affreuse et des mots de plus de treize syllabes.
De toute façon, fondamentalement, l'important est d'en mettre le plus vite possible plein la vue, d'être incompréhensible sans en avoir l'air. Les professeurs de philosophie étant pour la plupart des benêts avalant tout ce qu'on peut dire tant que c'est dit avec style, le jeu consiste plus à écrire en deux lignes ce qui tient en une phrase, que de tenter d'écrire des choses profondes et intelligentes 🙄
Edit : Sérieusement :
Le Mythe de Sisyphe de Camus ; très prenant et très puissant - il donne de quoi penser. La littérature de Camus et de Sartre est une bonne porte d'entrée ; on trouve parfois autant d'étincelles dans le théatre de Camus que dans un essai d'Heidegger. L'avantage c'est qu'on est pas obligé d'avoir un énorme bagage intellectuel et philosophique pour aborder la littérature de Camus ou de Sartre. Les Chemins de la liberté de Sartre ou les romans de Camus sont vraiment très fort de ce point de vue là.
Je ne peux pas ne pas citer Kafka ; on trouve tant d'angles d'attaques à ses livres, qu'ils sont aussi riches d'interprétations et de profondeurs que des ouvrages proprement philosophique - je trouve qu'aborder la philosophie par la littérature "philosophique" à l'avantage de donner à penser sans ouvrir toute les portes.
La Monadologie est plutôt sympa à lire et les différents niveaux de compréhension permette de ne pas trop avoir l'impression de ne rien y comprendre.
Les "Qu'est-ce que…" de chez Folio ("Qu'est-ce que l'esthétique ?" "Qu'est-ce que l'art moderne ?") donnent de très bonne vue d'ensemble d'une question et permette d'avoir des références un peu autre que les sempiternels Kant et Hegel. Les corpus de chez GF sont aussi pas mal en ce sens ; l'introduction est souvent très réussi et permet d'accrocher une notion par l'ensemble de ses cornes 😀
L'anthropologie de la morale de Nietzsche à la limite, mais en ayant bien conscience qu'on ne saisit pas tout et qu'on comprend mal presque l'ensemble 😜
Les dialogues de Platon sont bien plus difficile que ce qu'il semble ; la facilité de la lecteur est souvent un leur et la complexité de l'argumentaire et les tournants et les impasses de la maïeutique ont tôt fait de perdre l'aventurier sans armes 😀
L'anthropologie de la morale de Nietzsche à la limite, mais en ayant bien conscience qu'on ne saisit pas tout et qu'on comprend mal presque l'ensemble
Les professeurs ne l'aiment pas trop, a fortiori dans une copie d'examen je crois…
Sullyvan a écrit :L'anthropologie de la morale de Nietzsche à la limite, mais en ayant bien conscience qu'on ne saisit pas tout et qu'on comprend mal presque l'ensemble
Les professeurs ne l'aiment pas trop, a fortiori dans une copie d'examen je crois…
J'avais cru lire quelque posts plus haut :
Sullyvan a écrit :Ce qu'il y a de primordial, c'est la Généalogie de la morale. Donc si ça te tente…
Et puis ce n'est franchement pas compliqué, comme texte !
Mais, qu'importe… 😀
Je crois de toute façon qu'il est impossible de tirer ce genre de conclusions ; un "bon" professeur de philosophie ne s'intéresse pas à ses propres "goûts", mais à la profondeur de la réflexion et à l'intelligence de l'argumentation.
Citer Nietzsche n'est ni bon ni mauvais en soi - j'ose espérer que la majorité des profs de philo savent s'abstraire de leurs inclinations philosophiques pour corriger leur copie -, simplement, je pense que la difficulté du Monsieur n'aide pas forcément à la référence intelligente et que la mode consistant à se dire "nietzschéen" sans connaître les subtilités de la pensée de notre cher - ou pas - Friedrich est profondément agaçante pour les correcteurs.
En outre, nous ne sommes pas obligé de lire un livre de philosophie dans l'optique seule de le citer (et ouais 😀) ! Confronter ses pensées à d'autres, trouver dans des lignes étrangères la familiarité d'idées qui ne se formulaient pas en nous, découvrir des trésors à demi-enfouis dans les mots et sentir, en soi, la curiosité d'aller voir plus loin, voilà des choses qui se trouve dans les pages mais qui ne se "cite" pas. Il me semble pourtant, que cette richesse particulière qui suinte d'une lecture passionnée et passionnante ouvre, à terme - puisqu'on semble être totalement dans cette optique :/ -, de belles perspectives en dissertation…
(J'ai lu entre les lignes, mieux vaut prévenir)
Je savais que tu aurais - malheureusement - pris cet angle pour réagir (tes remarques ont d'ailleurs toujours quelque chose de nietzschéen, ne t'en déplaise 😜). Tout d'abord, la citation, hors de son contexte, est tout à fait inopportune ici puisqu'on se demandait ce qu'il est bon de lire chez Nietzsche, pas ce qu'il est bon de lire pour découvrir la philosophie. Et pour être honnête, je doute franchement que s'initier par Nietzsche soit prendre un
bon départ ; il ne m'a pas semblé, peut-être parce qu'il est assez subversif dans sa démarche, que ce soit un philosophe très formateur pour des élèves au lycée. Encore que je revendique appartenir à cette école de la
confrontation au texte, ce philosophe-là est sûrement plus dangereux pour des élèves qui, d'une part, pensent le comprendre parfaitement, et qui, d'autre part, prennent les tribulations de sa plume pour des vérités à portée universelle, qu'il n'est vecteur d'une active réflexion critique… On trouve même des formules assez surprenantes dans certaines copies, tel "dans le paradigme nietzschéen" (ce dont lui-même aurait bien ri, j'imagine, mais tu peux me contredire). En disant donc qu'il n'est pas apprécié des professeurs en copie de baccalauréat, je voulais signifier que lire Nietzsche en terminale, et donc supposer l'avoir compris (il est quand même assez tentant, il faut bien le lui concéder : style clair, vocabulaire peu complexe, pensée structurée, etc.), c'est le ressortir à toutes les sauces, au risque de dénaturer sa propre réflexion.
En outre, nous ne sommes pas obligé de lire un livre de philosophie dans l'optique seule de le citer (et ouais big_smile) ! Confronter ses pensées à d'autres, trouver dans des lignes étrangères la familiarité d'idées qui ne se formulaient pas en nous, découvrir des trésors à demi-enfouis dans les mots et sentir, en soi, la curiosité d'aller voir plus loin, voilà des choses qui se trouve dans les pages mais qui ne se "cite" pas. Il me semble pourtant, que cette richesse particulière qui suinte d'une lecture passionnée et passionnante ouvre, à terme - puisqu'on semble être totalement dans cette optique hmm -, de belles perspectives en dissertation…
Je m'efforce bien trop à lire et comprendre les philosophes, et m'y bien assez les cheveux de frustration, pour ne pas prendre garde à ces remarques. Et je cite rarement en dissertation, d'une parce que je ne suis pas toujours très doué pour mettre en perspective, de deux parce qu'accumuler des formules passe-partout, ce n'est pas de la philosophie. Merci 🙂 !
Nous sommes donc d'accord 😀
On peut gloser deux ou trois pages en lançant une polémique si ça te tente 🆒
"Ne lisez pas Nietzsche : c'est un con !"
"On peut écrire comme un pied et devenir philosophe : regardez Kant !"
"Ne gardez pas Sakharov !"
On peut aller dans le plus subtil encore :
"Il faut quand même dire qu'à Ulm, ils sont rudement plus intelligent qu'ailleurs"
"La Sorbonne n'est qu'un repère de fakheux crasseux dont le niveau intellectuel est presque aussi déplorable que celui des sous-normaliens lyonnais"
"La prépa c'est quand même vachement mieux"
"On vous embrigade ! On vous empoisonne ! On vous manipule ! Prépateux de tout les pays ; révoltez-vous !"
"Plus chiant que Balzac ? J'ai du Flaubert ou du Proust"
"Vous avez oublié un "s" à stupidité"
"Le latin, de toute façon, c'est qu'une langue morte"
"Thé ou café ?"
Et enfin :
"Pour le retour de la messe en latin"
…ça doit être mon coté Nietzschéen…ou mon coté niais 🙄
Je m'excuse pour mon angle d'attaque ; je ne choisis pas encore mon regard 😂
Quant à mon coté Nietzsche ; je crains devoir mourir de peine et je commence d'ailleurs à sentir poindre les premiers sanglots !
Ce n'est pas plutôt la Généalogie de la morale? L'anthropologie de la morale serait elle un mélange entre Kant et Nietzsche, avec une finalité pragmatique? Sinon, Nietzsche est un auteur que la plupart des profs de philo considèrent comme important.
Lucretius a écrit :Ce n'est pas plutôt la Généalogie de la morale? L'anthropologie de la morale serait elle un mélange entre Kant et Nietzsche, avec une finalité pragmatique?
Ce n'était évidemment pas une erreur, mais la délimitation du champ propre de l'horreur ; un visage mi-Kant mi-Nietzsche. Un monstre de sang, de ligne et d'encre, rodant parfois dans les faubourgs de Königsberg et mangeant les chats égarés. Implacable en dissertation, incalable lors d'une discussion ; mélange brumeux de verbes sans sens aucun et d'envolées lyriques où le
lire se perd et où l'ictère des pages s'époudrent dans nos mains ! Histoire qu'aux enfants on raconte, aux sorgues où le jour démonte l'ombre du grand espace, terreur nocturne, angoisse, n'est-ce pas l'impératif qui insidieusement me glace ? Ou serait-ce plutôt l'Aurore que je sens poindre ?
Comment pourrais-je citer celui-là si celui-ci s'y perd ? De quels mains viennent ces lignes ; est-ce de lui ou de l'autre ? Dilemme cruel de l'homme qui cherche le site des exploits du démon, Jekyll n'est pas lisible et Mister Hyde est mort ! Voyez comme les yeux sont à la fois trouble et vide ; voyez comme la moustache relève peu sa truffe ; voyez comme une tâche nappe sa crinière ; voyez sa triste mine et sa face livide…
Si tu estimes que ce que j'ai pu dire de Nietzsche (je n'avais pas saisi le jeu de mot) n'est qu'un ramassis de clichés, autant me le faire remarquer clairement. Je ne suis pas susceptible 😉 !
Sullyvan a écrit :Si tu estimes que ce que j'ai pu dire de Nietzsche (je n'avais pas saisi le jeu de mot) n'est qu'un ramassis de clichés, autant me le faire remarquer clairement. Je ne suis pas susceptible 😉 !
Euuuh…non…absolument pas…je ne vois pas où j'ai laissé entendre ça…
Je crois que tu as un peu surinterprété mon catalogue de polémiques en germes. Je ne vois pas comment dire plus clairement que je suis d'accord avec toi qu'en disant, comme je l'ai dit, "nous sommes donc d'accord"…m'enfin, je ne saisis pas toute les subtilités du langage policé 😀
PS : Pour le jeu de mot, je ne l'avais pas saisi non plus, rassure toi…
Leihe a écrit :Sullyvan a écrit :Si tu estimes que ce que j'ai pu dire de Nietzsche (je n'avais pas saisi le jeu de mot) n'est qu'un ramassis de clichés, autant me le faire remarquer clairement. Je ne suis pas susceptible 😉 !
Euuuh…non…absolument pas…je ne vois pas où j'ai laissé entendre ça…
Je crois que tu as un peu surinterprété mon catalogue de polémiques en germes. Je ne vois pas comment dire plus clairement que je suis d'accord avec toi qu'en disant, comme je l'ai dit, "nous sommes donc d'accord"…m'enfin, je ne saisis pas toute les subtilités du langage policé 😀
PS : Pour le jeu de mot, je ne l'avais pas saisi non plus, rassure toi…
J'ai toujours tendance à percevoir de l'ironie là où il n'y en a pas quand je n'ai pas la personne en face de moi. Excuse-moi 🙂 !
Bonjour, j'espère que je poste mon message au bon endroit, voilà je passe en TS l'année prochaine et tout comme pour le français je me demande si il y a des livres à lire pour la philo, si oui lesquels me conseillez vous ? merci d'avance!! 😀
N'importe quel dialogue de Platon, Le Discours de la méthode , Le Fondement de la métaphysique des moeurs, par exemple … 🙂