Conseils de lecture - Philosophie au lycée

Entraide scolaire

125 réponses · Page 3 / 7

J'ai terminé Présentations de la philosophie d'André-Comte Sponville. Et il est effectivement très clair, et semble assez exhaustif tout en restant simple d'accès pour les cancres dans mon genre.

Alors toute a l'heure j'ai feuilleté L'existentialisme est un humanisme de Sartre (je vais le commencer ce soir) et … pardonnez ma bassesse d'esprit mais… ça me fait flipper !!


C'est là que je me sens seul, très très très seul… =(
Alors toute a l'heure j'ai feuilleté L'existentialisme est un humanisme de Sartre (je vais le commencer ce soir) et … pardonnez ma bassesse d'esprit mais… ça me fait flipper !!
Ce n'est pas étonnant d'être angoissé à l'idée de commencer un ouvrage philosophique inconnu, mais, dans le cas de l'existentialisme est un humanisme, tu te rendras vite compte qu'il n'y avait pas de quoi s'inquiéter 😉.
Comme j'espère vite vous donner raison… :/ Mais vous savez, mon niveau est tellement pourri, je suis capable de trouver compliqué ce que le commun des mortels qualifierait de très simple.


Moment de déprime, excusez moi.
Evitez Jankélévitch 😉 !
Âpre expérience…

Il n'est toujours pas terminé en parlant de ça !
Merci pour le non-conseil =D
Je conseillerai le contrat socialde Rousseau , qui est abordable et cependant conceptuel, incontournable pour qui s'intéresse à l'état.
Pour Jankélévitch, j'ai connu des amateurs qui n'essayent pas de le lire et préfèrent l'écouter (ses cours sont enregistrés et se trouvent en cassettes dans les bibliothèques).
Je n'en ai pas fait l'expérience mais cela ne m'étonne pas du tout car nombre de mélomanes ne savent pas lire la musique mais aiment l'entendre, et Jankélévitch est hanté par la musique de Fauré.

Il y a une différence fondamentale mais systématiquement masquée entre deux modes de perceptions combinées: visuelle-tactile et verbale-auditive que l'on peut figurer sur une échelle:
musique-chant-parole-écrit-arabesque-dessin-peinture/sculpture.

Comme cette différence est systématiquement masquée, il faut la découvrir. Personnellement, j'ai découvert que je ne savais pas regarder le jour où je suis entré dans un atelier avec du papier Ingres et un fusain pour dessiner un plâtre ou un nu. J'imagine que pour d'autres, l'étude du solfège et la découverte que la musique est aussi une écriture peut provoquer une prise de conscience aussi fondamentale.
Bonjour !

J'entre en term S l'an prochain, et j'aimerais me préparer un peu à la terrible philo en lisant une dizaine de bouquins cet été.
Je voudrais avoir vos conseils, histoire de trouver un juste milieu entre Le monde de Sophie et La critique de la raison pure

J'ai pensé notamment aux Confessions de Saint-Augustin, à la République de Platon, à Sartre, Descartes (Méditations Métaphysiques) et Rousseau (Le Contrat Social), qui sont peut-être plus abordables…

Merci d'avance !

Anna
Un avis qui n'engage que moi : entre le Monde de Sophie et Kant, il y a un bon ouvrage de vulgarisation, qui est
Apprendre à vivre de Luc Ferry. Le titre est un peu pompeux, il s'agit en fait d'une histoire de la philosophie brossée à grands traits, dans laquelle l'auteur s'adresse directement au lecteur. Il présente quelques grands systèmes de pensée en mettant bien en valeur les grandes étapes de l'histoire de la pensée. Ca se trouve en poche.
En effet Luc Ferry ancien ministre de l'Education à la base est agrégé de philo.
Après ce n'est pas forcément une référence à citer car son seul nom hérisse le poil de mes collègues, encore très remonté contre le ministre qu'il était
Mais c'est un bon livre, que je recommande souvent, abordable puisque destiné à des jeunes gens curieux de découvrir la philosophie. C'est quand même un essai, un peu un plus exigeant que le Monde de Sophie.
la terrible philo
Pfffffffffffffffff, n'importe quoi. 😉


Je plussoie pour Apprendre à vivre (et le rôle déterminant qu'il aura joué dans mon année).

Je ne suis pas d'accord pour le titre, ce n'est pas pompeux. Je trouve qu'il fait plutôt ouvrage de psychologie… Mais il est expliqué dès les premières pages, et là on est censé comprendre que ce n'est pas si pourri comme titre.

Comte-Sponville le dit également, quand il parle de la philosophie : "Il s'agit d'apprendre à vivre". Vous êtes tant que cela en désaccord ? 😜


Et puis, si on regardait un peu plus ce qui est écrit, plutôt que qui l'écrit… 😀


Mais oui, Apprendre à vivre, ceux qui ont peur de la philo, jetez vous dessus !

Et puis les Présentations de la philosophie de ce même André Comte-Sponville, que l'on m'avait conseillé ici et qui m'a bien aidé. 😉
Mais non tu verras, c'est pas si terrible que ça , au contraire 😉
La philo , c'est vraiment la matière qui te permet de réfléchir sur des questions que les hommes se posent depuis des siècles.
Mais puisque tu es une petite scientifique je te pardonne
En ce qui concerne tes lectures , déjà je dis bravo parce que même les littéraires confirmés ne lisent pas toujours des bouquins de philo pendant les vacances . Si tu es motivée, tu peux toujours lire l'Existentialisme est un humanisme de ce cher Sartre ( le titre n'est pas super attractif, mais c'est vraiment intéréssant et court ) , ou le Discours sur la méthode de Descartes. Mais ne t'en fais pas, ton prof te donnera sûrement des oeuvres à lire durant l'année et pour une S, ce sera bien suffisant 🙂
Je conseillerais - ça n'engage que moi - d'aborder la discipline par Platon que je trouve très pédagogique (même si ce n'est pas toujours limpide, loin de là). Pas la République bien sûr (la longueur pourrait t'effarer), mais pourquoi pas le Banquet ou l'Apologie de Socrate ? C'est ce que j'avais fait et je m'en suis pas trop mal sorti 🙂 !
L'existentialisme… Simple en soi, mais sans aucune notion de philosophie, ça reste difficile. 😉

Je le conseillerais pendant l'année, plutôt.
Platon. 🙂
Le Gorgias de Platon, c'est une bonne entrée, le dialogue possède plusieurs niveaux d'argumentations, beaucoup d'humour, et une problématique facile à voir.

Sinon Camus, plus ou moins tout de lui. Hume, trop souvent oublié mais pourtant très clair : Enquête sur l'entendement humaine, GF.

Enfin, un livre qui n'est pas dans la liste d'auteur de Term, mais que je trouve remarquable en introduction : Forme et Contenu de Moritz Schlick, Agone. Il s'agit de 3 conférences, dans un langage clair, soulevant des problèmes qui seront proches des sciences.

Aussi, peut-être, A. Chalmers, Qu'est-ce que la science ?, en Poche. Ça donne un panorama des grandes problématiques du dernier siècle en épistémologie, toujours dans un langage d'une grande clarté.

Sinon, Sartre, outre le théâtre, je déconseille vivement en philosophie, du moins à ce niveau là, L'être et le Néant est beaucoup trop difficile, et sa critique n'en parlons pas. Le Contrat Social, c'est le grand classique, qu'on fait toujours lire, mais qui en réalité est bien plus dur que ce qu'il paraît, du coup, mieux vaut lire les 2 discours et l'Emile pour commencer, et s'y attaquer ensuite.

Ne cherche pas à en lire trop, ni à te forcer non plus.

PS : Je ne vois guère la pertinence à estimer que les scientifiques lisent moins ou sont moins aptes à la philosophie. Les clichés ont la dent dure, je vous renvoie aux statistiques de la Sorbonne : https://lettres.sorbonne-universite.fr/ [Lien invalide.]
Bonjour,

Ferry est un bon vulgarisateur, mais dès fois, c'est quand même léger (mais je n'ai pas lu Apprendre à vivre).

Pour ma part, je conseille à mes élèves : Simon Blackburn, Penser. Une irrésistible introduction à la philosophie, Champs Flammarion. C'est à la fois drôle, intelligent, documenté et cela correspond assez bien à ce que vous ferez en cours en Terminale (il illustre bien comment on peut s'appuyer sur des auteurs pour développer une réflexion personnelle).

Sinon, parmi les classiques, Platon bien sûr, les dialogues de jeunesse comme l'Hippias Majeur, le Gorgias, et si vous êtes accro, la République, le Phédon, le Phèdre et le Banquet ; Rousseau, le Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes ; Descartes, le Discours de la méthode (plutôt que les Méditations métaphysiques qui sont trop ardues pour une initiation). Et, comme l'a rappelé Friedrich, Hume, l'Enquête sur l'entendement humain, facile à lire et stimulant.
Je ne peux résister à l'idée de vous faire partager un extrait de celui que je considère, avec Maurice Blondel, comme le plus grand métaphysicien depuis au moins saint Thomas d'Aquin (rien que ça !), Claude Tresmontant, dont je ne conseille pas de placer le nom dans les copies de philo (s'ils veulent des bonnes notes) pour celles ou ceux qui rentreront en prépa :
La philosophie française contemporaine est formée, depuis des générations, dans une matrice qui est commandée d'abord par les grands ancêtres : Platon, Descartes et Kant. Vous observez qu'il ne s'agit pas d'Aristote ni de saint Thomas ni de Bergson.
La philosophie française, depuis des générations, c'est d'abord Platon, Descartes et Kant. Puis, viennent les systèmes de l'idéalisme allemand, en particulier Hegel. Puis, vient Nietzsche, un maître à penser qui a eu énormément de succès auprès des étudiants d'extrême-gauche, il y a quelques années et qui reste le maître à penser de la Nouvelle Droite, aujourd'hui.
L'influence de Martin Heidegger est considérable, elle aussi. Lisez Heidegger, lisez Sartre : vous verrez qu'ils ne se sont jamais intéressés un seul instant à la grande aventure de la cosmologie, c'est-à-dire de l'astrophysique, à la grande aventure de la biologie, de la biochimie et de la neurophysiologie.
Les étudiants en philosophie en France ont été formés pendant des générations dans ce qu'on appelait encore les Facultés de Lettres. Ils ne reçoivent pas de formation scientifique expérimentale. Ils continuent à raisonner comme leurs maîtres, c'est-à-dire qu'ils ne réfléchissent pas sur les grandes découvertes modernes. L'athéisme contemporain est un athéisme essentiellement littéraire, c'est-à-dire en fin de compte verbal.
Ce que Nietzsche dit de l'éternel retour, c'est de la littérature, bonne ou mauvaise selon les goûts.


Problèmes de notre temps.
C'est à la fois vrai et faux.

Si je compare les cours que j'ai eu sur les auteurs cités en quantité, Platon ne dépasse pas Aristote, ni Descartes Bergson. Il est vrai qu'en prépa les classiques sont plus souvent mobilisés que les contemporains, mais ça n'est plus du tout valable à l'université, il suffit de voir l'importance en France des écoles doctorales relatives à la philosophie des sciences (mathématique/physique/logique/vivant), à la philosophie de l'esprit, du langage ou de l'action, voire à la métaphysique dite "contemporaine".

De même pour Heidegger, Sartre et Nietzsche, il y a des profs qui les enseignent….D'autres qui rient en entendant ces noms.

Bref, c'est une généralité qui n'est plus actuelle à partir de la L3, mais qui reste effectivement vraie en prépa (et dans une certaine mesure aux concours de l'agreg/capes).
Question curieuse : d'Aristote ou de Bergson, tu as étudié quel(s) ouvrage(s) ?
Plus ou moins tout d'Aristote ( La métaphysique et l'organon par passage), de même pour Bergson. Mais il faut dire qu'ils sont tombés aux concours ces dernières années.