Marron

Langue française

6 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Je suis intriguée par l'origine du mot "marron", en particulier quand il est utilisé comme adjectif.

En tant que nom, il peut désigner:
- différents fruits (châtaigne, marron d'inde, macre…)
- un coup (dans le sens de "gnon" )
…et bien d'autres choses.

En tant qu'adjectif:
- couleur de marron, bien sûr.
- dupé, en argot. ("être fait marron")
- malhonnête ou illégal .(avocat ou médecin marron)
- fugitif (les "nègres marrons"…ne voyez là aucun racisme de ma part; comme vous le savez sûrement, c'est simplement l'expression consacrée.)

Quelqu'un connaît-il l'étymologie du mot en lui-même?
Y aurait-il une origine commune à toutes ces expressions, * "marron" ayant alors en soi une mauvaise connotation?

J'ai bien pensé à l'expression "tirer les marrons du feu" pour expliquer "être fait marron", mais je doute que les truands qui ont inventé l'expression aient eu à cœur de rendre hommage à La Fontaine…

À votre avis? S'il vous plaît…

Edit.

*C'est peu probable, je sais, mais sait-on jamais?
Tous les "marron" n'ont pas la même origine. Vois le TLF marron. L'étymologie est en fin d'article.
Bonjour.

Il y a deux mots "marron", d'origine tout à fait différente.

Le premier, sans doute dérivé d'un très ancien radical préroman marr- ("rocher, pierre"… que l'on retrouve aussi dans marelle.) a donné le nom du fruit, le marron, comparé à une petite pierre dure. Le nom de la couleur est évidemment dérivé de celui du fruit. Le sens de "coup" aussi. A l'origine, on parlait d'un coup sur le "marron" (la tête dure). Puis le mot a désigné le coup lui-même (comme la "châtaigne", d'ailleurs !)

Le second marron, lui, est une forme raccourcie de l'espagnol "cimarron", qui désignait un animal redevenu sauvage. Les colons s'en sont servi pour qualifier un esclave fugitif. C'est ce sens-là qui a donné le sens d' "illégal" ou de "malhonnête".

Quant à l'origine de l'emploi de l'adjectif marron au sens de "dupé", son explication est incertaine.
Voici les pistes suggérées par le Trésor de la Langue française :
Orig. incertaine. Un rapprochement avec l'expr. rôti comme un marron «qui est sorti du jeu» ou «qui n'a plus d'argent» (1752, Le Roux), hypothèse proposée par Esnault, semble peu convaincant. Il est préférable de voir dans le mot une extension de sens du 2e "marron", par l'intermédiaire de l'expression être paumé marron «être appréhendé comme un esclave fugitif». De nos jours "être fait marron" a perdu son sens premier au profit de celui de «dupé, trompé», peut-être en raison d'un rapprochement avec l'expression être chocolat*.
Une evolution amusante de l'expression "tirer les marrons du feu": a partir du premier sens ("prendre des risques pour le profit de qqun d'autre"), on observe aujourd'hui une inversion totale (l'expression n'etant peut-etre plus comprise), et on entend souvent les journalistes l'employer dans le sens de "recueillir le profit du travail d'un autre". Tout la question est de savoir si, quand on "tire les marrons du feu", on voit d'abord le risque (les marrons chauds, ca pete!) ou le profit 😉

A propos de tirer, autre expression qui m'intrigue: "tirer les vers du nez"… les vers, pluriel de ver, ou les vers comme un alexandrin? Quelqu'un sait-il?
@Anne345:

Merci pour ce lien, je l'ai ajouté à mes favoris.
Et bien entendu, merci de m'avoir répondu! =)

Jehan:

Merci beaucoup pour l'étymologie du mot lui-même! C'est exactement ce que je cherchais! 🙂
Je suis toujours à la recherche de ces racines ni latines ni grecques. Celle-ci serait-elle celtique?

@AristoFan:
Comme on se retrouve! Bonjour, ma copine! =)

Il me semble avoir vu plusieurs explications, toutes plus drôles les unes que les autres.

L'un prétend que l'expression vient de la pratique "médicale" des charlatans, qui prétendaient guérir les gens en public et exhibaient fièrement un ver prétendument retiré du nez du malade.

L'autre dit que certaine maladie était provoquée par la présence de vers dans le nez, et que les malades étaient tellement honteux de leur maladie que le médecin devait leur arracher la vérité avant de pouvoir les soigner..bref, leur tirer les vers du nez.

Plus prosaïquement, "ver" pourrait venir du latin "verus", vrai. Mais dans ce cas, que vient faire le nez dans l'affaire?
Tu peux avoir facilement accès à la définition d'un mot dans le TLF (et dans d'autres) en utilisant le moteur de recherche en haut de la page.
Tu tapes le mot recherché et tu choisis la rubrique "Dictionnaires".

Pour "marr-" j'ai évoqué une racine "préromane", donc antérieure au latin… Mais ce peut être même plus ancien que le celte !

Pour "Tirer les vers du nez", il semble bien qu'aucune explication ne soit satisfaisante. C'est une des rares locutions à garder jalousement son mystère. On n'est pas près… de lui tirer les vers du nez ! 😉