Majuscules aux noms propres devenus communs

Langue française

19 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Existe-t-il une règle qui exige l'utilisation de la minuscule lorsqu'un nom propre devient commun ?
Je consulte le TLF et je vois, par exemple, que le nom commun "Hercule" ("C'est un Hercule") commence parfois par une majuscule et parfois par une minuscule ; en revanche, le nom propre Cerbère devenu commun commence systématiquement par une minuscule.
Quelle est donc l'orthographe correcte ?
Merci.
Cordialement,
Isabo
Bonsoir.

Si tu relis attentivement l'article "Hercule" du TLF, tu peux trouver la réponse.
Tu constateras que la majuscule n'est utilisée que
si le mot désigne vraiment le demi-dieu ou sa représentation sculptée (sens 1A) :
"l'Hercule dompteur des monstres"
"L'art romain nous a laissé beaucoup d'Hercules."
"Par Hercule! "

Au sens figuré 1B d' "homme de forte carrure doué d'une grande force physique"
et d' "homme faisant des tours de force dans les spectacles forains",
c'est un nom commun à part entière qui s'écrit sans majuscule :
"Bâti, taillé en hercule; fort comme un hercule; bras, épaules, poings d'hercule; c'est un hercule."
Bonjour,

Dans le Littré, on lit :
"Familièrement. Homme fort et robuste. C'est ]un Hercule. Il y a des hommes beaucoup plus robustes que les autres ; il y a aussi des Hercules en fait de pensées ; mais, au fond, cette supériorité est fort peu de chose, VOLT. Philos. ignor. Quest. 9. Personnage des spectacles forains, remarquable par sa force. L'Hercule de la troupe."
Autre exemple, dans le TLF (pour Narcisse) :
"Mais, les heureux jours d'exercices, Il faut voir zouave et turco Venir là, faire les narcisses, Et se mirer dans ce coco [de la Mère aux Zouaves] (Montesquiou, Hort. bleus, 1896, p.57). Quelques Narcisses possédaient bien de petits miroirs de poche dont ils se servaient en grand mystère. Mais Joanny n'était pas de ceux-là" (Larbaud,
On trouve les deux un peu partout.
Ma question est donc : existe-t-il une règle ?

Merci.

Cordialement,

Isabo
Voici ce que dit mon guide typographique :
Lorsqu’il n’y a pas référence au personnage et que le nom ne sert plus qu’à rappeler une qualité ou un défaut caractéristique, ce nom devient nom commun et prend une minuscule (et la marque du pluriel le cas échéant) : quel nicomède ! un mécène est intervenu (…)
La nuance est souvent difficile à saisir, et il vaut mieux adoptée la majuscule dès que la référence au personnage est présumée : c'est un vrai Nicomède, un nouveau Mécène…
Merci Anne ! Je vais donc adopter la majuscule.
Quelle est la référence de ce guide qui me paraît fort utile ?

Cordialement,

Isabo
Mon guide est le Mémento typographique de Ch. Gouriou aux Éditions du Cercle de la Librairie.
Mais aujourd'hui on trouve tout ce qu'il faut sur le net.
Pourquoi systématiquement la majuscule ?
Lorsqu’il n’y a pas référence au personnage et que le nom ne sert plus qu’à rappeler une qualité ou un défaut caractéristique, ce nom devient nom commun et prend une minuscule (et la marque du pluriel le cas échéant) : quel nicomède ! un mécène est intervenu (…)
La nuance est souvent difficile à saisir, et il vaut mieux adopter la majuscule dès que la référence au personnage est présumée : c'est un vrai Nicomède, un nouveau Mécène…
Certes. Mais pour mieux saisir la nuance, un procédé simple :
On peut sans crainte utiliser la minuscule quand on peut remplacer le nom par un nom commun de sens proche ou équivalent.

hercule = colosse
mécène = donateur
amphitryon = hôte
cerbère = gardien
apollon = bellâtre
narcisse = égocentrique
etc.

Exemples : "un généreux mécène" (un généreux donateur)
Mais : "C'est un vrai Mécène." (On ne dirait pas ici : "C'est un vrai donateur")
Bonjour,

Pour le titre d'une chanson, doit -on mettre une majuscule ou une minuscule au mot "bonheur" dans le titre suivant?

Le bateau du Bonheur

Merci de bien vouloir m'aider.
Re-bonjour…

Seul le premier nom prend la majuscule : "Le Bateau du bonheur."
Merci.
A l'inverse, comment appelle-t-on cette figure de style déjà ?
Une antonomase.
Bonjour,
Je suis actuellement étudiante. 🙄
Je me suis posé une question à laquelle je ne saurais pas répondre :
Dans la mythologie grecque, le nom du gardien des Enfers (Cerbère), sans majuscule, est devenu un nom commun.
Que signifie celui-ci ? (Que signifie cerbère, sans majuscule.)
Merci de votre compréhension,
Cordialement.
Bonjour.

Un dictionnaire usuel aurait pu te renseigner.
Le redoutable chien Cerbère était effectivement le gardien de la porte des Enfers.
Et par comparaison, tout naturellement, un cerbère (nom commun) désigne un portier ou un gardien très peu aimable, sévère et intraitable.
Bonjour,

J'écris des poèmes dans lesquels je fais souvent référence à des situations ou des personnages de religion. Je viens de lire la définition d'une antonomase, dans mon cas remplacer un nom propre par un nom commun, mais je n'ai rien trouvé sur les articles définis ou indéfinis pluriel. Dans mes écrits, je fais par exemple référence à "des christ(s)" ou bien "les avé(s) Maria" ou encore "des hégires". Je suis embêtée car c'est assez complexe, dois-je garder les majuscules des noms propres, dois-je les accorder au pluriel? (j'ai des doute sur "avé" par exemple)

Merci d'avance pour vos réponses 🙂
Voir ici
Il suffit de vérifier dans un dictionnaire. Selon Larousse, Ave Maria est invariable, contrairement à christ et à hégire.
On mélange ici des choses différentes.
Le dictionnaire précise que Ave Maria est invariable, précisément parce qu'il se met couramment au pluriel ; réciter des Ave Maria.
Le dictionnaire ne précise pas cette invariabilité pour hégire, parce que le mot ne se met pas au pluriel, en principe. Quel serait le sens de "hégires" dans tes écrits, Alison ?
Pour Ave / avé (avec majuscule et sans accent ou avec minuscules et accent, tout dépend du sens :

[lien invalide]


Christ nom commun désigne une représentation du Christ :
https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/christ/15764/difficulte,
ce qui laisse suggérer que contrairement à par exemple Harpagon / harpagon(s), ce terme n’est pas entré dans la langue pour désigner des êtres humains qui auraient les caractéristiques du Christ.
Auquel cas, il semblerait qu’il faille conserver la majuscule, mais en revanche l’accord en nombre est possible. Toutefois, les choses ne semblent pas complètement bien fixées.

Voir ici :

https://books.google.fr/books?id=dIx2AgAAQBAJ&pg=PA146&lpg=PA146&dq=antonomase+majuscule+singulier+les+mozarts&source=bl&ots=nkcPIchpdZ&sig=kQs-hhMVObaNsnw5XHJ-wfrYoiQ&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwje9KG1-73MAhVIAxoKHVUAAqUQ6AEIKjAC#v=onepage&q=antonomase%20majuscule%20singulier%20les%20mozarts&f=false

et là
Dans le cas de métaphores relativement récentes ou transparentes, qui ne figurent pas comme telles dans les dictionnaires, la majuscule est le plus souvent conservée, même si la minuscule pourrait se justifier en principe. Il est recommandé de donner, le cas échéant, la marque du pluriel à ces emplois métaphoriques :
les Mozarts du jeu d'échecs (les enfants prodiges du jeu d'échecs)
[lien invalide] Babylones modernes (les lieux de perdition modernes)