Molière, Les Femmes savantes, acte II, scène 7

Entraide scolaire

27 réponses · Page 2 / 2

Bonsoir et merci pour votre apport.

"Un bon début d'analyse" : il en reste encore beaucoup ? 😐 Mes axes sont-ils cohérents ? J'ai un peu de mal avec cette œuvre…

En effet, je n'avais pas pensé à ajouter le registre comique voire pathétique de la scène.
J'ai ajouté quelques éléments (en gras) grâce à votre réponse, mais je ne vois pas trop où vous voulez en venir :
- la trivialité des propos qui affaiblit le bon sens étriqué bourgeois
- le sens de la mesure, la morale de l'honnête homme,
- le partage des tâches, l'autorité, le respect dans le couple


J'ai relu l'œuvre, je ne parviens pas à trouver d'arguments d'autorité… 🙄

Merci ! 🙂



I – Un réquisitoire virulent contre l’aspiration des femmes à devenir savantes
- Longue tirade (+ 50 vers)
- Première personne : je
+ verbes de locution : « parler », « dire ».

- Chef de la maison / maître :
« j’ai des serviteurs » (602)
« toute ma maison » (597)
« mes gens » (595)

Didascalie : « À Bélise » (sa sœur)
Vers 607 : « Je vous le dis, ma sœur »
→ vraie destinataire : Philaminte

→ Registre comique : → s’adresse à sa sœur : apeuré à l’idée d’affronter sa femme
→ Chrysale, qui se doit normalement de répondre au rôle du chef de famille, est dépassé par les événements qu’il n’arrive plus à gérer


→ Registre polémique : va tout faire pour dévaloriser ce qui attrait au savoir / à l’éducation / aux connaissances.

II – Un plaidoyer en faveur d’une éducation passéiste.
- Vers 568-570 : Chrysale se livre et déballe tout ce qu’il a sur le cœur

1ère cible : les livres (< Antiquité)
→ « Vous devriez brûler tout ce meuble inutile » = conditionnel.
→ verbe « brûler » : fort / puissant
→ autodafé
→ Exception : un livre peut avoir une fonction pratique / matérielle.

- Priorité de Chrysale : le confort matériel
→ avoir le col bien plié, pouvoir manger un rôti qui ne soit pas brûlé, pouvoir faire ses besoins, etc. = préoccupations triviales
≠ aspirations intellectuelles des deux femmes : littérature et astronomie (vers 591).

- Antithèse : « On y sait » (vers. 591) ≠ « On ne sait » (vers. 594).
- Énumération vers 591-592.

→ Situation paradoxale vers 597-598
→ Métaphore dévalorisante : compare cela à un virus (vers 601-604).
→ Vers 609-614 : Portrait dans lequel il blâme Tissotin.
→ Termes virulents : « le timbre un peu fêlé »…

- Programme d’éducation utopique selon Chrysale (ce qui « doit être son étude et sa philosophie ») :
→ « Former aux bonnes mœurs l’esprit de ses enfants »
→ « Faire aller son ménage et avoir l’œil sur ses gens »
→ « Régler la dépense avec économie »


- Arguments d’autorité : ??????
Bonjour,

Où veux-je en venir ?
C'est l'angle d'attaque qui est à revoir. C'est une scène comique. Quand j'ai parlé de pathétique chez Chrysale, il s'agit bien entendu d'ironie : le bonhomme fait pitié. Un homme qui ne porte pas culotte fait rire de lui.
Il te faudrait reprendre ton plan de la manière suivante, en allant du plus évident au moins évident :
- 1 En quoi les femmes savantes sont risibles ?
- 2 En quoi Chrysale est ridicule ?
- 3 En contrepoint, et sans l'exprimer explicitement, Molière trace un idéal possible pour le couple humain
respect des personnes
répartition des tâches qui permette l'épanouissement
projet de vie qui ne soit pas terre-à-terre mais qui ne soit pas non plus déconnecté de la réalité
morale de l'honnête homme (recherche ce terme) caractéristique de Molière…

Pour des arguments d'autorité regarde les trois premiers vers : solécisme, livres éternels, Plutarque.
Je vais tenter d'adjoindre vos précisions à mon plan.
Pensez-vous que je devrais tout recommencer depuis le début ?
Je pense que vous l'avez remarqué, les analyses de textes ne sont pas mon point fort. :/

J'ai ajouté une conclusion et quelques éléments.
Je n'arrive pas à discerner l'idéal du couple selon Molière…



I – Un réquisitoire virulent contre l’aspiration des femmes à devenir savantes.
- Longue tirade (+ 50 vers)
- Première personne : je
+ verbes de locution : « parler », « dire ».

- Chef de la maison / maître :
« j’ai des serviteurs » (602)
« toute ma maison » (597)
« mes gens » (595)

Didascalie : « À Bélise » (sa sœur)
Vers 607 : « Je vous le dis, ma sœur »
→ vraie destinataire : Philaminte

→ Registre comique : s’adresse à sa sœur de peur d’affronter sa femme
trivialité des propos

→ Registre polémique : va tout faire pour dévaloriser ce qui attrait au savoir / à l’éducation / aux connaissances.

II – Un plaidoyer en faveur d’une éducation passéiste.
- Vers 568-570 : Chrysale se livre et déballe tout ce qu’il a sur le cœur

1ère cible : les livres (< Antiquité)
→ « Vous devriez brûler tout ce meuble inutile » = conditionnel.
→ verbe « brûler » : fort / puissant
→ autodafé
→ Exception : un livre peut avoir une fonction pratique / matérielle.

- Femmes savantes risibles selon Chrysale :
→ vers 559-560
→ vers 568 à 570


- Priorité de Chrysale : le confort matériel
→ avoir le col bien plié, pouvoir manger un rôti qui ne soit pas brûlé, pouvoir faire ses besoins, etc. = préoccupations triviales
≠ aspirations intellectuelles des deux femmes : littérature et astronomie (vers 591).

- Antithèse : « On y sait » (vers. 591) ≠ « On ne sait » (vers. 594).
- Énumération vers 591-592.

→ Situation paradoxale vers 597-598
→ Métaphore dévalorisante : compare cela à un virus (vers 601-604).
→ Vers 609-614 : Portrait dans lequel il blâme Tissotin.
→ Termes virulents : « le timbre un peu fêlé »…

- Programme d’éducation utopique selon Chrysale (ce qui « doit être son étude et sa philosophie ») :
→ « Former aux bonnes mœurs l’esprit de ses enfants »
→ « Faire aller son ménage et avoir l’œil sur ses gens »
→ « Régler la dépense avec économie »

- Arguments d’autorité :
→ vers 561 à 563 : livres ne doivent servir qu’à aplatir les rabats (= cols).


III – Implicite vision idyllique du couple selon Molière.
- Considération mutuelle
- Péréquation des tâches
→ Femmes n’ont pas besoin d’apprendre car elles en savent toujours assez
- Dessein de vie convenable (ni terre-à-terre ni déconnecté de la réalité)
→ Le bien-être est prioritaire


=> Conclusion : Chrysale incarne un chef de famille représentatif des hommes et des bourgeois de cette époque ; cependant, celui-ci attire la commisération de part son statut qu’il n’assume pas pleinement.
En tout cas, si c'est comme tu le dis pour un oral de dix minutes, il me semble que tu as largement de quoi tenir. Tu te trouves vraiment trop concis ?
Le tout, c'est d'acquérir l'aisance d'expression et de mettre tout cela en phrases.
Bon courage !
Dans la conclusion il faudrait aussi montrer que Molière met en œuvre la devise de la grande comédie classique, castigat ridendo mores.
Tu as fourni un bon travail, garde confiance en toi.
Jehan a écrit :En tout cas, si c'est comme tu le dis pour un oral de dix minutes, il me semble que tu as largement de quoi tenir. Tu te trouves vraiment trop concis ?
C'est plus précisément pour un oral de français de première générale (je ne suis pas en série Littéraire), composé de :
- 10 minutes durant lesquelles je parle du texte.
- 10 minutes d'entretien avec le juré, où je réponds à des questions ciblées.

Je ne sais pas, à vrai dire…
Laoshi a écrit :Le tout, c'est d'acquérir l'aisance d'expression et de mettre tout cela en phrases.
Bon courage !
Oui, je me doute. Je pense déjà avoir cette aisance orale, comme écrite. 🙂
Jean-Luc a écrit :Dans la conclusion il faudrait aussi montrer que Molière met en œuvre la devise de la grande comédie classique, castigat ridendo mores.
Tu as fourni un bon travail, garde confiance en toi.
Merci à vous, j'ajoute cela. 🙂
Je vous avoue que cet oral me stresse un peu, même s'il n'est qu'en juin, et je voudrais ne rien oublier dans les analyses.
Néanmoins, pouvez-vous m'expliquer rapidement en quoi les mots que vous avez cités dans les premiers vers du texte sont des arguments d'autorité s'il vous plaît ? 😀 Je n'arrive pas trop à comprendre, et cela m'a quand même l'air important. 🆒
Merci.