Molière, Les Femmes savantes, acte II, scène 7

Entraide scolaire

27 réponses · Page 1 / 2

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour.
J'ai un commentaire littéraire à faire sur cette tirade de Chrysale:
Il n'est pas bien honnête, et pour beaucoup de causes,
Qu'une femme étudie et sache tant de choses.
Former aux bonnes mœurs l'esprit de ses enfants,
Faire aller son ménage, avoir l'œil sur ses gens,
Et régler la dépense avec économie,
Doit être son étude et sa philosophie.
Nos pères sur ce point étaient gens bien sensés,
Qui disaient qu'une femme en sait toujours assez
Quand la capacité de son esprit se hausse
580 À connaître un pourpoint d'avec un haut de chausse.
Les leurs ne lisaient point, mais elles vivaient bien ;
Leurs ménages étaient tout leur docte entretien,
Et leurs livres un dé, du fil et des aiguilles,
Dont elles travaillaient au trousseau de leurs filles.
Les femmes d'à présent sont bien loin de ces mœurs :
Elles veulent écrire, et devenir auteurs.
Nulle science n'est pour elles trop profonde,
Et céans beaucoup plus qu'en aucun lieu du monde :
Les secrets les plus hauts s'y laissent concevoir,
590 Et l'on sait tout chez moi, hors ce qu'il faut savoir.
Malheureusement je ne suis pas très forte en français et il faut d'abord que j'établisse le plan détaillé du commentaire.
J'ai trouvé comme deux premiers axes:

- Une antithèse entre les femmes de la génération d'avant et d'aujourd'hui

- Le caractère sexiste de Chrysale.

Je ne pense pas que mes axes soient très pertinents et j'ai vraiment du mal à trouver des sous-parties.

Merci d'avance pour votre éventuelle aide..
Bonjour Tartuffe.

Selon moi, l'antithese est bien vue, mais il y a aussi antithese entre le lexique de la bonne menagere et celui de la femme savante: releve les termes qui representent les deux champs lexicaux, surtout lorsque leur opposition est mise en valeur par leur proximite dans un vers (ex. vers 582-583).
En revanche, attention quand tu parles de "sexisme": n'oublie pas qu'au XVIIe siecle, c'est la norme. C'est plutot le "feminisme" (notion anachronique) qui passe pour une bizzarerie. Chrysale decrit l'idee qu'il se fait d'un comportement "honnete", par opposition a ce qui se passe chez lui (c'est un mari faible et domine par sa femme).

Continue, tu m'as l'air sur la bonne voie. Bon courage! et n'oublie pas que si tu as besoin d'elements de methode, il y a de tres bonnes fiches disponibles sur le site, dans la rubrique "outils".
D'accord merci pour votre élément de réponse.

Mais juste quand vous dîtes qu'il y a aussi antithèse entre le lexique de la bonne ménagère et celui de la femme savante nous ne le savons pas puisqu'il faut étudier que le passage de la tirade et non toute la scène…
Nous ne le savons pas? Tu en es sure?

Former aux bonnes mœurs l'esprit de ses enfants,
Faire aller son ménage, avoir l'œil sur ses gens,
Et régler la dépense avec économie,
Doit être son étude et sa philosophie.
Nos pères sur ce point étaient gens bien sensés,
Qui disaient qu'une femme en sait toujours assez
Quand la capacité de son esprit se hausse
580 À connaître un pourpoint d'avec un haut de chausse.
Les leurs ne lisaient point, mais elles vivaient bien ;
Leurs ménages étaient tout leur docte entretien,
Et leurs livresun dé, du fil et des aiguilles,
Dont elles travaillaient au trousseau de leurs filles.
Les femmes d'à présent sont bien loin de ces mœurs :
Elles veulent écrire, et devenir auteurs.
Nulle science n'est pour elles trop profonde,
Et céans beaucoup plus qu'en aucun lieu du monde :
Les secrets les plus hauts s'y laissent concevoir,
590 Et l'on sait tout chez moi, hors ce qu'il faut savoir.
(et encore, je n'ai pas tout souligne)
Ah d'accord j'ai compris ce que vous vouliez dire.

J'ai un peu avancé dans mon plan, le voici:

AXE 1: Une tirade révélatrice du caractère misogyne de Chrysale

Argument 1: il ne souhaite pas que les femmes puissent se cultiver, étudier

Exemple 1:"il n'est pas honnête, et pour beaucoup de causesn qu'une femme étudie et sache tant de choses".

Argument 2: les femmes ne doivent se cantonner qu'aux taches quotidiennes

Ex 2: "Faire aller son ménage, avoir l'oeil sur ces gens…"

Argument 3:Son mépris pour les femmes est renforcé par son état de colère qui amène chez lui un trait de carctère dominateur et dirigiste

Exemple 3 :"Former aux bonnes moeurs…"
"Faire aller son ménage…"
"Doit être son étude et sa philosophie"
"Régler la dépense avec économie"
Il emploie des verbes à l'indicatif comme pour donner des ordres

AXE 2 : Une véritable antithèse entre les femmes du temps de son père et les femmes d'aujourd'hui pour ainsi faire ressortir cette opposition

Argument 1: On trouve aussi une antithèse entre le lexique de la bonne ménagère et celui de la femme savante

Exemple 1:"Leur ménage étaient tout leur docte entretien, et leurs livres un dé, du fil et des aiguilles"

Mais j'ai des soucis pour trouver le troisième axe et surtout d'autres arguments pour l'axe 2 .

Est-ce que ce début de plan pourrait aller franchement ?
Salut jai a faire exactement le meme devoir moi jai trouvé comme 3 axes relation homme femme, le femme objet, la réaction des femmes
mais les tiens sont bien!
Moi aussi jai bcp de mal en francais
d'accord mais juste une petite question au sujet de ton 3ème axe :
Comment vas-tu justifier ou argumenter au sujet de la réaction des femmes ?
Grace aux dernières phrases de la tirade, elles veulent apprendre, accéder a un rang social égal a celui des hommes, "devenir auteur" et ne se soumettent plus "les secrets les plus haut"…
bonjours moi je suis un eleve de 3eme et j'ai un autre probleme sur les femmes savantes… après pleins de question sur l'acte 2 scene 7(la tirade de Chrysale) on me demande une redaction !!
(si dessous sujet+ tirade)

voici le sujet:Imaginez la reponse qu'une femme vivant de votre epoque pourrait opposer a la thirade de Chrysale. vous présenterez votre these , developpperez votre argumentation en organisant vos arguments, en choisissant votre lexique et une startegie argumentative


S'il vous plaît aider moi je ne m'en sors pas =(


voici la tirade de chrysale:
— C'est à vous que je parle, ma sœur.
Le moindre solécisme en parlant vous irrite ;
Mais vous en faites, vous, d'étranges en conduite.
(à Philaminte.)
Vos livres éternels ne me contentent pas,
Et hors un gros Plutarque à mettre mes rabats,
Vous devriez brûler tout ce meuble inutile,
Et laisser la science aux docteurs de la ville ;
M'ôter, pour faire bien, du grenier de céans
Cette longue lunette à faire peur aux gens,
Et cent brimborionsbabioles dont l'aspect importune ;
Ne point aller chercher ce qu'on fait dans la lune,
Et vous mêler un peu de ce qu'on fait chez vous,
Où nous voyons aller tout sens dessus dessous.
Il n'est pas bien honnête, et pour beaucoup de causes,
Qu'une femme étudie et sache tant de choses.
Former aux bonnes mœurs l'esprit de ses enfants,
Faire aller son ménage, avoir l'œil sur ses gens,
Et régler la dépense avec économie,
Doit être son étude et sa philosophie.
Nos pères sur ce point étaient gens bien sensés,
Qui disaient qu'une femme en sait toujours assez
Quand la capacité de son esprit se hausse
À connaître un pourpoint d'avec un haut de chausse.
Les leurs ne lisaient point, mais elles vivaient bien ;
Leurs ménages étaient tout leur docte entretien,
Et leurs livres un dé, du fil et des aiguilles,
Dont elles travaillaient au trousseau de leurs filles.
Les femmes d'à présent sont bien loin de ces mœurs :
Elles veulent écrire, et devenir auteurs.
Nulle science n'est pour elles trop profonde,
Et céans beaucoup plus qu'en aucun lieu du monde :
Les secrets les plus hauts s'y laissent concevoir,
Et l'on sait tout chez moi, hors ce qu'il faut savoir ;
On y sait comme vont lune, étoile polaire,
Vénus, Saturne et Mars, dont je n'ai point affaire ;
Et, dans ce vain savoir, qu'on va chercher si loin,
On ne sait comme va mon pot, dont j'ai besoin.
Mes gens à la science aspirent pour vous plaire,
Et tous ne font rien moins que ce qu'ils ont à faire ;
Raisonner est l'emploi de toute ma maison,
Et le raisonnement en bannit la raison :
L'un me brûle mon rôt en lisant quelque histoire ;
L'autre rêve à des vers quand je demande à boire ;
Enfin je vois par eux votre exemple suivi,
Et j'ai des serviteurs, et ne suis point servi.
Une pauvre servante au moins m'était restée,
Qui de ce mauvais air n'était point infectée,
Et voilà qu'on la chasse avec un grand fracas,
À cause qu'elle manque à parler Vaugelas.
Bonjour tout le monde 🙂

Il faut dire que je ne suis pas très forte en français je fais donc appelle à votre aide .

Il faut que je reformule les arguments de Chrysale dans l'acte II de Molière, Les femmes savantesPour l'instant, j'ai trouvé que Chrysale ne souhaite pas que les femmes s'instruisent et se cultivent.
Mais je n'arrive pas à aller plus loin …

Merci pour ceux qui prendront de leur temps pour m'aider
Ce que tu mentionnes c'est la thèse qu'il défend, c'est son opinion. Ce qu'on te demande, ce sont les arguments qu'il emploie pour défendre cette thèse. Pourquoi ne veut-il pas que les femmes s'instruisent ? Cherche cela dans ton texte.
Bonjour Ammy,

Il ne veut pas qu'elles s'instruisent car elles sont "destinées" à s'occuper de l'éducation de leurs enfants et de l'entretien du foyer.
Cela est juste ?
A priori, mais je n'ai pas le texte…
Voici la tirade de Chrysale :
Il n'est pas bien honnête, et pour beaucoup de causes,
Qu'une femme étudie et sache tant de choses.
Former aux bonnes mœurs l'esprit de ses enfants,
Faire aller son ménage, avoir l'œil sur ses gens,
Et régler la dépense avec économie,
Doit être son étude et sa philosophie.
Nos pères sur ce point étaient gens bien sensés,
Qui disaient qu'une femme en sait toujours assez
Quand la capacité de son esprit se hausse
À connaître un pourpoint d'avec un haut de chausse.
Les leurs ne lisaient point, mais elles vivaient bien ;
Leurs ménages étaient tout leur docte entretien,
Et leurs livres un dé, du fil et des aiguilles,
Dont elles travaillaient au trousseau de leurs filles.
Les femmes d'à présent sont bien loin de ces mœurs :
Elles veulent écrire, et devenir auteurs.
Nulle science n'est pour elles trop profonde,
Et céans beaucoup plus qu'en aucun lieu du monde :
Les secrets les plus hauts s'y laissent concevoir,
Et l'on sait tout chez moi, hors ce qu'il faut savoir
"Nos pères sur ce point étaient gens bien sensés,
Qui disaient qu'une femme en sait toujours assez
Quand la capacité de son esprit se hausse
À connaître un pourpoint d'avec un haut de chausse.
Les leurs ne lisaient point, mais elles vivaient bien ;
Leurs ménages étaient tout leur docte entretien,
Et leurs livres un dé, du fil et des aiguilles,
Dont elles travaillaient au trousseau de leurs filles."
Un autre argument important se trouve ici : il se fonde sur le passé, et estime que les gens étaient très heureux quand les femmes n'étaient pas instruites.
Ah d'accord
Merci pour ton aide 🙂
Bonsoir,

pouvez-vous m'aider à analyser cet extrait, s'il vous plaît ? Merci.
C’est à vous que je parle, ma sœur.
Le moindre solécisme en parlant vous irrite :
560 Mais vous en faites, vous, d’étranges en conduite.
Vos livres éternels ne me contentent pas,
Et hors un gros Plutarque à mettre mes rabats,
Vous devriez brûler tout ce meuble inutile,
Et laisser la science aux docteurs de la ville ;
565 M’ôter, pour faire bien, du grenier de céans,
Cette longue lunette à faire peur aux gens,
Et cent brimborions dont l’aspect importune :
Ne point aller chercher ce qu’on fait dans la lune,
Et vous mêler un peu de ce qu’on fait chez vous,
570 Où nous voyons aller tout sens dessus dessous.
Il n’est pas bien honnête, et pour beaucoup de causes,
Qu’une femme étudie, et sache tant de choses.
Former aux bonnes mœurs l’esprit de ses enfants,
Faire aller son ménage, avoir l’œil sur ses gens,
575 Et régler la dépense avec économie,
Doit être son étude et sa philosophie.
Nos pères sur ce point étaient gens bien sensés,
Qui disaient qu’une femme en sait toujours assez,
Quand la capacité de son esprit se hausse
580 À connaître un pourpoint d’avec un haut de chausse.
Les leurs ne lisaient point, mais elles vivaient bien ;
Leurs ménages étaient tout leur docte entretien,
Et leurs livres un dé, du fil, et des aiguilles,
Dont elles travaillaient au trousseau de leurs filles.
585 Les femmes d’à présent sont bien loin de ces mœurs,
Elles veulent écrire, et devenir auteurs.
Nulle science n’est pour elles trop profonde,
Et céans beaucoup plus qu’en aucun lieu du monde.
Les secrets les plus hauts s’y laissent concevoir,
590 Et l’on sait tout chez moi, hors ce qu’il faut savoir.
On y sait comme vont lune, étoile polaire,
Vénus, Saturne, et Mars, dont je n’ai point affaire ;
Et dans ce vain savoir, qu’on va chercher si loin,
On ne sait comme va mon pot dont j’ai besoin.
595 Mes gens à la science aspirent pour vous plaire,
Et tous ne font rien moins que ce qu’ils ont à faire ;
Raisonner est l’emploi de toute ma maison,
Et le raisonnement en bannit la raison ;
L’un me brûle mon rôt en lisant quelque histoire,
600 L’autre rêve à des vers quand je demande à boire ;
Enfin je vois par eux votre exemple suivi,
Et j’ai des serviteurs, et ne suis point servi.
Une pauvre servante au moins m’était restée,
Qui de ce mauvais air n’était point infectée,
605 Et voilà qu’on la chasse avec un grand fracas,
À cause qu’elle manque à parler Vaugelas.
Je vous le dis, ma sœur, tout ce train-là me blesse,
(Car c’est, comme j’ai dit, à vous que je m’adresse) ;
Je n’aime point céans tous vos gens à latin,
610 Et principalement ce Monsieur Trissotin.
C’est lui qui dans des vers vous a tympanisées,
Tous les propos qu’il tient sont des billevesées,
On cherche ce qu’il dit après qu’il a parlé,
Et je lui crois, pour moi, le timbre un peu fêlé.
Voici mon analyse, que je trouve assez maigre :

I – Un réquisitoire virulent contre l’aspiration des femmes à devenir savantes.
- Longue tirade (+ 50 vers)
- Première personne : je
+ verbes de locution : « parler », « dire ».

- Chef de la maison / maître :
« j’ai des serviteurs » (602)
« toute ma maison » (597)
« mes gens » (595)

Didascalie : « À Bélise » (sa sœur)
Vers 607 : « Je vous le dis, ma sœur »
→ vraie destinataire : Philaminte

→ Registre polémique : va tout faire pour dévaloriser ce qui attrait au savoir / à l’éducation / aux connaissances.

II – Un plaidoyer en faveur d’une éducation passéiste.
- Vers 568-570 : Chrysale se livre et déballe tout ce qu’il a sur le cœur

1ère cible : les livres (< Antiquité)
→ « Vous devriez brûler tout ce meuble inutile » = conditionnel.
→ verbe « brûler » : fort / puissant
→ autodafé
→ Exception : un livre peut avoir une fonction pratique / matérielle.

- Priorité de Chrysale : le confort matériel
→ avoir le col bien plié, pouvoir manger un rôti qui ne soit pas brûlé, pouvoir faire ses besoins, etc. = préoccupations triviales
≠ aspirations intellectuelles des deux femmes : littérature et astronomie (vers 591).

- Antithèse : « On y sait » (vers. 591) ≠ « On ne sait » (vers. 594).
- Énumération vers 591-592.

→ Situation paradoxale vers 597-598
→ Métaphore dévalorisante : compare cela à un virus (vers 601-604).
→ Vers 609-614 : Portrait dans lequel il blâme Tissotin.
→ Termes virulents : « le timbre un peu fêlé »…

- Programme d’éducation utopique selon Chrysale

Merci à vous. 😀
Ce n'est pas maigre. L'essentiel y est.
Merci pour votre réponse.

Néanmoins, il me paraît bizarre que je sois capable de tenir un oral de 10 minutes avec une analyse aussi concise…

De plus, vu mon niveau en français, cela m'étonnerait que je n'aie rien oublié.
Bonsoir,

C'est un bon début d'analyse.
Mais il manque
- l'analyse des ressorts comiques :
par ex. Chrysale s'adresse à sa soeur de peur d'affronter sa femme
la trivialité des propos qui affaiblit le bon sens étriqué bourgeois
le bonhomme Chrysale n'est plus maître chez lui
- le sens de la mesure, la morale de l'honnête homme,
- le partage des tâches, l'autorité, le respect dans le couple…

En résumé, il faut analyser cette scène comme du grand art comique selon la fameuse formule castigat ridendo mores, (la comédie) châtie les moeurs en faisant rire. Il faut donc examiner tous les ridicules.