Hugo, Choses vues - Il a volé un pain !…

Entraide scolaire

43 réponses · Page 2 / 3

Bonjour Pauline,

L'art du journaliste qui utilise et arrange une scène de rue pour agir sur son lecteur.
ou bien
L'écrivain romantique social : le journaliste, le penseur et le prophète.
Je pense prendre la première !!Merci beaucoup, je vais enfin pouvoir finir ma conclusion =) !!
Bonjour à toutes et à tous,

je dois rendre un commentaire à propos du texte "Choses vues" de Victor Hugo et je dois tout d'abord trouvé une problématique (ou deux) avec deux axes mais je n'y arrive pas du tout, je n'ai aucune idée. J'avais bien pensé à la problématique : "En quoi ce texte est-il un apologue ?" ou encore "En quoi ces notes sont-elles un travail de témoin (journaliste) ?" ou bien encore de "En quoi ce texte illustre-t-il la situation en France au XIXe siècle ?" mais après je ne sais pas quels axes mettre. Si quelqu'un pourrait m'éclairer et m'aider ça serait vraiment sympa.

Merci.
Bonjour juliette08.
Je suppose que le texte est le même que celui qui avait été présenté au début des discussions sur cette ligne. Mais pourquoi ? Pourquoi pas n'importe quel autre texte extrait de cette collection de souvenirs ?
Je ne connais pas la réponse. D'ailleurs, elle importe peu pour commenter un texte. N'importe quel texte peut être commenté.

A - Mais il y a un début de commentaire fait par Victor Hugo lui-même. Il a classé, et il a classé ce texte avec d'autres sous le titre de "Choses vues". C'est une première piste.
1 - Ce sont des choses, c'est-à-dire n'importe quoi. Ces choses n'ont rien de remarquable qui permettrait de leur donner un autre nom. Ce ne sont que des choses.
2 - Mais elles sont vues. C'est ce qui les caractérise. C'est à ce titre qu'elles sont notées. Il note des choses qu'il a vues parce qu'il les a vues.
Alors, ce n'est pas du journalisme, ce n'est pas du journal intime, ni rien d'autre qui évoquerait un genre. Car Victor Hugo sait fort bien ce qu'est un genre et en parle, et copieusement (le théâtre, la poésie, etc…). Mais ici, il n'est pas question de cela. La question du genre est écartée, et il s'agit de notations qui ne relèvent d'aucun genre: choses vues, un point c'est tout.

B - Alors, le texte. C'est une vision transposée. Rien de plus et rien d'autre. Cette vision procède d'un regard et on trouve un regard qui répond à un autre regard. Il y a échange de regards.

C - Qu'en penser ? Que penser de cette manière de saisir des regards, de les croiser, de les noter ? Sans arrière-pensée, sans idée de le faire entrer dans un genre ?
Juliette, est-ce que Putakli a raison ? Est-ce exactement le même texte que celui de la page 1 ?Dans ce cas il y a des éléments d'analyse au début de ce post, et une problématique intéressante. Et je te conseillerais de te pencher dans un des axes sur le travail du "poète" au sens large, qui part du récit d'un fait anodin et qui transfigure la réalité à partir de ce "témoignage" pour en tirer une forme de leçon sur la société, voire l'humanité.
Merci beaucoup pour vos réponses et oui, c'est bien le même texte qui a été posté précédemment. Vous m'avez déjà beaucoup aidé mais ma prof me demande dans un premier travail de trouver une problématique, de dire la question et après de faire deux axes et de les développer mais je n'arrive pas vraiment à trouver une question valable et les deux axes malgré vos réponses. Est-ce vous pourriez m'aider svp ?
Bonsoir Juliette,

Je suis surpris que tu n'aies pu définir une problématique à la lecture de tout ce qui précède.

Je te mets sur la voie pour la problématique : Comment le promeneur se transforme-t-il en justicier ?
ou
Comment une scène de rue devient-elle une méditation morale (ou sociale) ?
Pour la problématique, je vais mettre mon grain de sel en prenant un autre exemple car je n'ai jamais été professeur de lettres, mais conseil d'entreprise. Prendre un autre exemple pourrait, j'espère, aider à comprendre ce qu'est une problématique.

Dans une entreprise, la politique d'entretien se résume à ceci:
1 - J'attends la panne ou je fais quelque chose ?
2 - Si je fais quelque chose, je regarde ou je remplace ?
3 - Et, si je remplace, est-ce que je remplace un ensemble ou un sous-ensemble ?

Tout est là, en ce qu'il ne peut rien y avoir en dehors de ça.

Alors ici:
1 - Je laisse passer ou j'interviens ?
2 - Je médite ou j'agis ?
3 - Si j'agis, j'agis sur quoi ? Le bourreau ou l'opinion publique ou autre chose ?

C'est ça, une problématique.
Bonjour,j'aurai un petit problème à trouver le type de texte de cette oeuvre.Merci d'avance .
C'est un texte narratif, il raconte une scène de rue. Il est aussi descriptif, la description est une pause dans le récit.
Et puis regarde bien les pages 1 et 2, beaucoup de choses ont été dites…
C'est la première fois que je fais un commentaire littéraire et je peux vous dire que je galère.
Voici le texte à étudier:

Il a volé un pain !

Hier, 22 février 1846, j'allais à la Chambre , il faisait froid, malgré le soleil et midi. Je vis venir rue de Tournon un homme que deux soldats emmenaient. Cet homme était blond, pâle, maigre, hagard ; trente ans à peu près, un pantalon de grosse toile, les pieds nus et écorchés dans des sabots avec des linges sanglants roulés autour des chevilles pour tenir lieu de bas ; une blouse courte, souillée de boue derrière le dos, ce qui indiquait qu'il couchait habituellement sur le pavé ; la tête nue et hérissée. Il avait sous le bras un pain. Le peuple disait autour de lui qu'il avait volé ce pain et que c'était à cause de cela qu'on l'emmenait. En passant devant la caserne de gendarmerie, un des soldats y entra et l'homme resta à la porte, gardé par l'autre soldat.

Une voiture était arrêtée devant la porte de la caserne. C'était une berline armoriée portant aux lanternes une couronne ducale, attelée de deux chevaux gris, deux laquais en guêtres derrière. Les glaces étaient levées, mais on distinguait l'intérieur tapissé de damas bouton d'or. Le regard de l'homme fixé sur cette voiture attira le mien. Il y avait dans la voiture une femme en chapeau rose, en robe de velours noir, fraîche, blanche, belle, éblouissante, qui riait et jouait avec un charmant petit enfant de seize mois enfoui sous les rubans, les dentelles et les fourrures.

Cette femme ne voyait pas l'homme terrible qui la regardait.

Je demeurai pensif.

Cet homme n'était plus pour moi un homme, c'était le spectre de la misère, c'était l'apparition, difforme, lugubre, en plein jour, en plein soleil, d'une révolution encore plongée dans les ténèbres, mais qui vient. Autrefois le pauvre coudoyait le riche, ce spectre rencontrait cette gloire ; mais on ne se regardait pas. On passait. Cela pouvait durer ainsi longtemps. Du moment où cet homme s'aperçoit que cette femme existe, tandis que cette femme ne s'aperçoit pas que cet homme est là, la catastrophe est inévitable. https://www.matisse.lettres.free.fr/rubriqueeaf/autre.htm
Mon introduction:

Victor HUGO est l'un des plus important écrivains romantiques de langue française, du 19ème siècle, engagé dans la lutte contre la misère. Lorsque en 1846, l'auteur écrit « il a volé un pain », la France vit les dernières années de la monarchie de Juillet. Louis-Philippe, une note nous le rappelle, alors Roi, sera détrôné deux ans plus tard par la révolution de 1848. Hugo qui s'intéresse de plus en plus aux questions sociales et politiques, d''où son engagement à la chambre des Pairs(L.1), exprime ici le pressentiment de cette chute. En effet, l'auteur des Misérables et des Contemplations avait entrepris de noter dans un journal personnel intitulé « Choses Vues », ce qu'il voyait de plus frappant autour de lui. Cette œuvre ne fut divulguée qu'après sa mort. Ce court récit résume la situation de la société française en 1846 en construisant le texte à la manière d'une argumentation, qui s'appuie sur un exemple emprunté à la réalité. Il oppose la description de deux personnages complètement différents : une bourgeoise, un pauvre homme qui vole un pain pour pouvoir se nourrir.
Nous nous intéresserons, tout d'abord, avec deux portraits en opposition, puis nous étudierons le jeu des regards.

Je pense que mon intro n'est pas assez riche. Qu'en pensez-vous ?

Mon développement:

Premier axe: Deux portraits en opposition

Désireux de montrer l'opposition entre pauvreté et richesse, l'auteur conçoit deux descriptions contradictoires, pourtant le narrateur a choisit de ne faire qu'un portrait physique des deux personnages. Tout d'abord, l'absence de prénoms et de noms, nous amène à leur attribuer une valeur générale: L'homme représente le pauvre qui vole pour pouvoir manger tandis que la femme représente l'aristocrate indifférente à la misère qui l'entoure.
En premier lieu, Victor Hugo dresse un portrait physique, détaillé du miséreux: « blond[…]hérissée ». Ce passage suscite la pitié du lecteur.


A COMPLETER


Ici, je coince. Il faudrait qu'on m'aide pour finir le plan du 1er axe.

Deuxieme axe: Le jeu des regards
Le champ lexical du regard avec les verbes « voir »(2fois), «distinguer », « regarder », « apercevoir » et les noms « regards » , « apparition » montre qu'il s'agit d'un témoignage personnel de l'auteur. Victor Hugo raconte une scène dont il a été le témoin oculaire. Nous analyserons le regard du narrateur, puis le celui du miséreux sur la bourgeoise et enfin le regard absent de celle-ci.
La présence d'indices de premières personnes avec les pronoms personnels « je » et « moi » et l'adjectif possessif « le mien » prouve que le narrateur fait partie intégrale de la scène. De plus, l'expression « J'allais à la Chambre des Pairs » incite le lecteur à identifier le narrateur avec l'auteur . Le titre de l'ouvrage le confirme. « Choses vues » est un livre de témoignage. D'autre part, l'emploi du pronom indéfini « on » (« on distinguait » ligne 13) désigne le « peuple »(ligne 7) rassemblés autour de l'homme parmi lequel il s'inclut. Par ailleurs, Victor Hugo nous livre ses réflexions: « Je demeurai pensif », « Cet homme n'était plus pour moi un homme ». Le récit est donc entièrement mené du point de vue du narrateur.

La scène est aussi l'histoire d'un regard. C'est le regard du pauvre sur la jeune femme assises dans la calèche qui attire celui du narrateur : « Le regard de l'homme fixé sur cette voiture attira le mien ». « L'homme terrible qui la regardait » est une des pensées du narrateur. Il comprend alors que le pauvre est envieux de toute cette richesse, lui qui « couche sur des pavés ».

A l'inverse, la jeune femme assise dans la calèche « ne voit pas » celui qui l'observe. Toute son attention est captivée par l'enfant. Le narrateur note à deux reprises l'opposition d'attitude entre les deux personnages. Dans la première de ces phrases, l'antithèse est seulement marquée par la proposition relative : « Cette femme ne voyait pas l’homme qui la regardait ». Alors que la dernière phrase du texte reprend l'idée sur une forme différente.  « Du moment où cet homme s’aperçoit que cette femme existe, tandis que cette femme ne s’aperçoit pas que cet homme est là, la catastrophe est inévitable ». Dans cette phrase, l’opposition est fortement soulignée par la locution conjonctive « tandis que »

Je pense que je ne suis pas assez précise.

Conclusion :Je ne l'ai pas encore faite.

J'ai besoin de votre aide. Merci. N'hésitez pas à donner votre avis! 😀
Bonsoir,

Tu peux regarder cette discussion
https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/1761/hugo-choses-vues-il-a-vole-un-pain

Ce que tu as trouvé est très pertinent.
Deux choses qui coincent pour l'intro : évite les jugements de valeur, tu dois reformuler ta phrase d'accroche. Dire qu'Hugo est "l'un des auteurs les plus importants du.." c'est :

1) trop banal.
2) trop grandiloquent.

Et ensuite, je ne vois pas de problématique et c'est très embêtant puisque sans problématique tes deux parties ne sont rattachées à rien. La problématique permet justement de voir quel est l'intérêt de l'extrait.

Sinon, pour un premier commentaire, tu fais preuve d'un sens du détail qui est très bien senti, tu fais une analyse microscopique c'est très prometteur !
Je trouve aussi que c'est un bon travail, en même temps il est très fortement inspiré par un corrigé de commentaire de ce texte que l'on trouve sur le net… Qui laissait justement la I "à compléter".

Pour voir si tu as compris comment faire toute seule, essaie de rédiger cette fin de I en observant les adjectifs accumulés pour décrire la femme, ainsi que toutes les expansions du nom (prête aussi attention au jeu des sonorités), et analyse en quoi cela s'oppose aux termes qui décrivent l'homme (tu peux être par exemple attentive aux couleurs, entre autres). Ensuite tu peux analyser les antithèses de la fin du texte.
Voici mon axe 1:

Désireux de montrer l'opposition entre pauvreté et richesse, l'auteur conçoit deux descriptions contradictoires.
Pourtant, le narrateur a choisit de ne faire qu'un portrait physique des deux personnages. L'absence de prénoms, de noms nous amène à leur attribuer une valeur générale: L'homme représente le pauvre qui vole pour pouvoir manger tandis que la femme représente l'aristocrate indifférente à la misère qui l'entoure.
Dès les premières phrases, l'utilisation du champ lexical de la pauvreté: «maigre, hagard  »(l.3), « de grosse toile »(l.3), « nus »(l.4), « sabots »(l.4), « linges sanglants »(l.4), « souillée de boue »(l.5), « la tête nue »(l.6) nous amène à éprouver de la pitié. Tout au long de cette description, le narrateur renforce ce sentiment: « pieds nus écorchés » ; « linges sanglants » ; « il couchait habituellement sur le sol » . Ce procédé permet de mettre en exergue les conditions de vie déplorable de cet homme.
Si, pour le portrait du misérable, Victor Hugo a choisit de débuter par sa description physique: «Cet homme était blond, pâle, maigre, hagard ; trente ans à peu près»(l.3) puis de décrire ses vêtements, ses haillons: «sabots »(l.4), « linges sanglants roulés autour des chevilles pour tenir lieu de bas » « une blouse courte, souillée de boue », ce n'est pas le cas de la bourgeoise. En effet, l'auteur énumère ses biens: « berline armoriée portant aux lanternes une couronne ducale » »attelée de deux chevaux gris ,deux laquais en guêtres», « tapissé de damas bouton d'or », puis brosse un portrait plutôt superficiel de la jeune femme en utilisant une succession d'adjectifs mélioratifs, flatteurs: « fraîche, blanche, belle, éblouissante ».
Ces deux représentations contraires démontrent un mode de vie, une classe sociale différentes. Effectivement, l’homme se déplace à pied tandis que la femme est la propriétaire d'un carrosse, l’homme est habillé de haillons alors que la femme est vêtue d'une robe en velours noir, l’homme est un vagabond obligé de voler pour se nourrir alors que au contraire la femme est en sécurité financièrement. La misère de cet individu s'intensifie au fil du récit tandis que la description, au départ, avantageuse de la femme accentue son égoïsme et son manque de réflexion.

Qu'en pensez vous ?
😀
Oui, c'est un bon travail
Dois-je rajouter des choses dans l'axe 1? Dans le commentaire littéraire en général ? 🙂 Si qqn pourrait me répondre, ce serait sympa 😉
bonjour,
j'aurai besoin d'aide pour faire les 3 parties de ma lecture analytique sur le texte choses vues, 22 février 1846 avec la problématique suivante: "en quoi ce texte est-il éminemment politique?"
je vous remercie d'avance 🙂
I. Une situation d'énonciation :
Qui parle ? Fonctions de Hugo ?
Un lieu. Une situation.
Des destinataires

II. Un récit chargé de sens.
Deux personnages et leur représentation.
L'art du tableau antithétique
Le regard de Hugo. le regard de l'homme

III. Un texte engagé
Le thème de la misère
Un récit au service d'idées sociales
Un registre